La Taverne de Nantys Cairn Index du Forum La Taverne de Nantys Cairn
Le forum des Terres de Saïhan !
 FAQFAQ    RechercherRechercher    Liste des MembresListe des Membres    Groupes d'utilisateursGroupes d'utilisateurs  Terres de SaïhanTerres de Saïhan
 S'enregistrerS'enregistrer     ConnexionConnexion 

archive inscription
Aller à la page Précédente  1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10
 
Ce forum est verrouillé; vous ne pouvez pas poster, ni répondre, ni éditer les sujets.   Ce sujet est verrouillé; vous ne pouvez pas éditer les messages ou faire de réponses.    La Taverne de Nantys Cairn Index du Forum -> Concours de Background / Castels

Auteur Message
Skatlan
Grand Gourou


Inscrit le: 25 Sep 2006
Messages: 2531
Localisation: somewhere over the rainbow ^^

MessagePosté le : Jeu Juin 28, 2012 1:38 pm    Sujet du message : Répondre en citant

Comme d'hab, je m'inscris en retard, et avec un texte zarbi, en plus !
Au grand maitre de cérémonie de décider si c'est bon ou pas !

Nom : Skatlan
Unité : Centaures gobelyns
Type : Cavalerie légère


Silume le centaure gobelyn approchait du haut de la colline.
Son corps luisait légèrement transpiration, dûe à l'ascension comme au soleil rayonnant de ces prairies vallonnées.
Le bosquet regorgeait de vie. Des insectes grattaient, les arbres poussaient, et des buissons éclataient en couleurs chatoyantes sur les têtes perçantes d'une herbe infinie, cachant une faune gracile et sauvage.
Tous tournaient autour du fourneau paisible qu'était le corps de Silume en effort, ses muscles noueux l'emmenant à chaque pas plus près du sommet dégarni de la Colline au Mort.

Un banc de pierre s'y trouvait, ainsi que les restes d'une petite tour étrange, guère plus grande qu'un homme.
Le soleil baignait ce sanctuaire enchanteur et fort simple d'apparence, mais où Silume venait chercher une sagesse singulière.
Silume s'interrogeait sur ce qui venait "après", et qui de mieux qu'un Mort pour le renseigner ?
Il est des choses qu'aucun gobelyn ne connait, qu'aucune Sharra ne perçoit.
Parmi ces Créatures de Vie, la mort est un mystère.
Et les gobelyns savent tant de choses qu'on ne peut qu'être surpris de leur ignorance.
Créatures magiques par essence, bien peu de gobelyns s'interrogent sur cet angle mort de leur nature profonde.
Bouillonnant d'énergie et de vie insufflées par le Magyön, leur esprit pointe droit vers l'existence, et rarement sur son absence.
Se renseignant parmi ses pairs, Silume ne trouva aucune réponse à ces interrogations.
Il ne se fit que quelques Sigisbées, pour lui parler des arcanes chtoniennes, et des énigmatiques Fercs, les hommes-cerfs, rencontrant parfois au hasard des Chemins Secrets que seuls les élus gobelyns et les Sylkions savent arpenter.

La nature des Fercs est inconnue, leur domaine, ignoré de tous, mais les choses qui ne vivent plus sont chez elles en le royaume de ces puissants cervidés.
Une piste était apparue, toutefois. Parmi les traces laissées sur les Sentiers Perdus, quelques uns revenaient toujours en haut de la colline.
Les Sigisbées y étaient allés.
Et en haut de la colline se trouvait un des guerriers des Fercs, celui que ses pairs appelaient le Mort.
Un être qui n'était plus, et qui pourtant est.

La queue de Silume fouettait l'air de nervosité, ses sabots claquaient sur quelques pavés, dispersés ça et là dans l'herbe, vestige de l'édifice de pierre qui avait dû se dresser là longtemps auparavant.
Un oiseau chantait doucement le printemps. D'autres lui répondaient.
Silume le vit.
Ou plutôt le remarqua.
Ce qu'il avait pris pour une petite tour ouvragée était en fait un squelette d'homme, prisonnier de lierre et de mauvaises herbe, dépassant à peine d'une petite maçonnerie en ruines et des végétaux foisonnant tout autour.
Mâchoire pendante, crâne vers le ciel, dos voûté, os brunis par la terre, la tombe et le soleil, on ne voyait guère encore que son buste, le reste se perdant vaguement dans la nature.
Un pied dépassait de sous un buisson, le reflet d'une lame ancienne et ternie laissait deviner un bras, le Mort avait une pause achevée, qui n'appelait à aucune interrogation sur sa présence, ou son absence. Il faisait partie du sanctuaire, et c'était tout.
Silume ne s'y trompait guère, car on l'avait prévenu : l'être était tout ce qu'il y a de plus vivant.
Il appartenait juste à un autre monde.

Rien qu'à l'observer, ainsi immobile, on se demandait qui pouvait remarquer le caillou, le brin d'herbe, ou le rameau, parmi tant d'autres et dans le paysage.
Le Mort était pareil : juste là, partie intégrante d'une vision anodine.
Nulle surprise à ce que ni les gobelyns ni les Sharras ne les remarquent vraiment, depuis des millénaires.
Ce mort ne faisait pas partie de Ce Qui Vit, mais d'un autre royaume : Ce Qui Est.
Et encore... à bien le regarder, s'approchant doucement, Silume comprenait sans vraiment le cristaliser qu'il y avait là une tricherie à l'oeuvre.
Le Mort n'aurait pas dû être. Pourtant, il était.
Ce n'était pas un mensonge, mais... mais quelque chose lui échappait. Comme une loi évidente, permanente et absolue que l'on aurait jusque là ignorée.
Comme si quelqu'un était venu ici, et avait inversé le ciel et la terre, lui montrant qu'il était possible de le faire, alors même que Silume n'y aurait jamais songé ou jamais cru.

Sans avoir bougé le moins du monde, Silume sentit que le Mort le regardait.
Les orbites vides et braquées sur l'espace, personne n'aurait cru cela possible, mais Silume le sentait aussi clairement que si de vrais yeux se tournaient vers lui.
Le centaure n'avait pas peur, le Mort était paisible et attendait qu'il s'exprime, il le sentait.
Le squelette avait désormais une présence incroyable, au sein du sanctuaire.
Pas étouffante ni rayonnante, mais il semblait juste à présent plus réel que tout ce que Silume avait jamais pu concevoir.
Il aurait dû être surpris de ce changement d'état subtil mais terrifiant dans la nature des choses et de ses convictions, mais Silume était gobelyn, et les gobelyns lisent dans le Magyön.
Le Magyön n'avait absolument pas bougé autour du mort, il n'y avait eu ni vibration, ni coupure, ni changement.
Le Mort n'était pas là, puis il était plus là que Silume ne le serait jamais.
C'était une perspective étrange, que cette tricherie avec le réel...

Néanmoins rassuré et solennel, Silume inclina sa tête et ses membres antérieurs : "Chaudes larmes et salutations, paisible Mort."
Le squelette baissa la tête vers lui de la même manière, remuant les feuilles accrochés à ses os, comme de la plus normale des choses : "Murmures des Solyans, Gobelyn."
La voix était chaude et humaine, sans pour autant jaillir d'aucune gorge.
Silume savait qu'il aurait dû être apeuré, méfiant ou simplement surpris, mais il n'arrivait pas à l'être.
Il était plutôt excité de cette rencontre incroyable.
Aussi il démarra la conversation pour laquelle il avait galopé jusqu'à ce mont et l'avait escaladé :
"- Les Sigisbées de mon sang m'ont servi à vous, sir Mort, car ce qui suit la Vie obsède mon esprit.
- Accroche tes questions à l'énigme que je suis, dans ce cas, car je suis et pourtant tu ne le sais pas", répondit le Mort.
Silume pris quelques secondes pour réfléchir.
Le Mort ne bougeait plus qu'au gré d'une brise légère, de nouveau décor insouciant, aux orbites pourtant braquées sur lui.
Il prit son inspiration : "Qu'y a-t-il après la mort, noble sir ?"
Seule la mâchoire ocre à demi-fossilisée bougea : "Il n'y a rien."
Silume tiqua :
"- Rien ?! ... Mais pourtant.... vous êtes !
- Que suis-je ? Rétorqua rhétoriquement le Mort.
- Je ne sais quoi en penser...
- Alors entend-moi : les gobelyns ne perçoivent que leur point de vue de ce que vous appelez Magyön...
- Saurions-nous dans l'erreur ?
- Non pas...
- Ne nous connaitrions qu'une partie du Magyön, alors ?
- Non pas. Votre vérité est réelle, complète, et unique, mais la réalité se regarde parfois par d'autres yeux...
- Je ne comprends pas, alors, où vous vous situez...
- Au même endroit, mais les vivants n'ont pas les sens nécessaires pour nous voir.
- Alors, notre savoir est bien parcellaire ?
- Non pas, il est juste autre... Le monde et ta connaissance seraient-ils différents si tu entendais ce que tu vois, et que tu voyais ce que tu goûtes ?
- Je suppose que non.
- Nous sommes les trous entre les instants, ne cherchent pas ce que tu ne peux appréhender. Pour ce qui te ronge, la réponse est ainsi : il n'y a rien après la vie.
- Alors qui es-tu ?
- Je suis Iiule de Meraxas, chef rebelle en exil dans l'Empire Solaire. Je viens des contrées Pérénies, très loin vers l'Ouest de ces terres... mais tout cela a disparu, des coeurs, des corps et des mémoires mortelles, je le crains.
- L'Empire Solaire... cela date de millénaires avant ma propre naissance. Je suis désolé, je ne connais pas les Pérénies.
- Cela importe peu, à présent, car ce n'est pas "maintenant".
- Qu'es-tu, s'il m'est possible de le comprendre ?
- Je suis un jeu de miroir avec le temps. Je suis un "moment" absolu. Les Fercs ont distrait le Magyön de mon passé, et occulté de leurs arcanes mon avenir. En ravivant mon souvenir dans le chant du Magyön, je cesse de ne plus être, pour à jamais ne pas devenir.
- Tu as donc été rappelé... Mais qu'est-il advenu de toi, durant ces millénaires ?
- Rien.
- Tu n'étais nulle part, et tu es revenu ?
- Non pas. Le temps n'est pas un fleuve qui s'écoule, Gobelyn.
- Tu serais donc immortel ? Ou bien les Fercs le seraient-ils, s'ils échappent au temps ?
- Pas le moins du monde, et personne n'échappe au temps.
- Je ne comprends pas ta nature, ou ce qui t'anime...
- Tu n'as pas l'esprit pour en être capable, je le crains. Une magie chtonienne est à l'oeuvre, ici, prie les aïeux de ne jamais en connaitre la signification.
- Etes-vous maudit ?
- Bien au contraire, je suis béni.
- Le serais-je un jour ?
- J'en doute, tes instants sont trop noueux et meurtriers pour cela...
- Mais vous avez dit être un chef rebelle. Vous avez bien dû tuer durant ce règne, non ? Des sembables, des ennemis, des consciences étendues ?
- Des millions, oui..."

Les yeux du Mort commencèrent alors à s'illuminer.
Silume sentit la présence du squelette se faire plus réelle encore, plus dense, plus... lourde.
Il recula précipitamment, il avait l'impression de tomber en avant, droit sur le squelette.
Ce Mort avait été un seigneur de guerre sanguinaire, en son temps, Silume pouvait presque entendre les hurlements de royaumes entiers, dans l'impossible immobilité de cette gargouille d'ivoire brûlé.
Le monde semblait s'écrouler sur cet être qui n'existait pas, alors même que rien ne bougeait, et que pas un insecte n'interrompait sa course folle à la Vie.
Ne le voyaient-ils pas ?? Les oiseaux ne le percevaient-ils pas ?? Comment pouvaient-ils encore voler, dans ces instants éclatés où toutes les perspectives concentraient leurs points de fuite vers les yeux de ce mort ??
Un poids si démesuré... qui soudain disparu.
La petite tour revint dans le décor, Silume eut l'impression de se réveiller, alors même qu'il n'avait pas dormi.

Il avait eu ses réponses, mais derrière elles s'en cachaient encore d'autres, pour lesquelles il n'avait pas conscience d'avoir posé la moindre question.
Il s'enfuit de la colline au Mort en galopant aussi vite qu'il pouvait.
D'autres choses arpentaient les Chemins Secrets...
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé Visiter le site web de l'utilisateur
Traqueur
Hobereau


Inscrit le: 28 Juil 2008
Messages: 159

MessagePosté le : Jeu Juin 28, 2012 5:04 pm    Sujet du message : Répondre en citant

Nom : Saigne-Crapaud le Loup
Unité : Intendant
Type : Infanterie légère


Bibliothèque de Moloïs Bastiard, Clairière des Muants
Un parchemin parmi d'autres recueilli depuis les contrées lointaines.
Date : inconnue


Quelles que fussent nos souffrances, elles n'atteignaient point celles des Daronoans. Ils étaient beaucoup mieux habillés, armés et payés que nous. Leurs rations de vivres dépassaient également les nôtres. Ainsi, chaque soldat recevait par jour, une livre et demie de viande quand nous devions nous contenter de lanières de viande séchée un jour sur quatre.

Cependant, leurs approvisionnements se trouvaient souvent suspendus, soit par un vice d'administration, soit à cause des tempêtes et monstres gobelyns du lac Colossëus qui engloutirent un grand nombre de barges affrétées pour leur ravitaillement.

Comme ils étaient moins débrouillards que nous, à certains moments, ils mouraient littéralement de faim.Alors, ils venaient dans nos camps, offrant des rubis pour un morceau de pain rassis.

A défaut de pain dont nous manquions nous-mêmes, on leur donnait ce qu'on pouvait, surtout qu’ils payaient rubis sur l’ongle, et sans sourciller, bien qu’ils en semblent de toute manière incapables. C'était tellement amusant de voir ces hommes superbes demandant les dents serrées, la permission de se repaitre du fond de nos gamelles.

A défaut de nourriture solide, ils allaient aux cantines échanger leurs bourses de rubis indigestes contre du tord-boyau produit par la distillerie maison. L'ivresse avait bientôt dompté leur corps massifs, mais à jeun ; alors ils se couchaient n'importe où, pour ne plus se relever.

En traversant, au lever du jour, le ravin qui nous séparait de la rivière, nous rencontrions souvent des monticules de neige d'où sortaient des pans d'habits rouges. Un mal spécial, pour lequel on avait inventé un nom spécial, la fièvre d'être , ajoutait encore à la mortalité.
En vérité, cette magnifique armée daronoane, que nous avions tant jalousée au début de la campagne, semblait vouée à l'anéantissement !

Déjà, nous savions, par les discussions qui circulaient et bruissaient comme mille vents, qu’au milieu de l’hiver, il ne restait plus que huit mille hommes des vingt-trois milles expédiés des lointaines baronnies de l’est.

Nous apprîmes alors que le Haut-Seigneur Irahyan était arrivé de Rorchäl, envoyé par le roi pourpre en personne, pour faire une enquête sur les causes de cette effroyable consommation d'hommes, avec pleins pouvoir de remédier au mal. Sans doute, ce Haut-Seigneur remplit bien sa mission, car bientôt les daronoans eurent de tout en abondance.

L'hiver suivant, les rôles furent renversés. Les daronoans, logés dans des baraquements, parfaitement vêtus et nourris, ne subirent presque points de pertes ; tandis que notre intendance, convaincue que le système de camping était la perfection même, ne fit aucun progrès et livra sans défense, aux maladies et infections, des milliers d'hommes dont les fatigues et les vicissitudes d'une première année de campagne contre les gobelyns avaient épuisé la constitution.






L'alliance avec les daronoans est révolue. Les loups marchent vers leur propre destin. Mais comme ils l'ont appris, cette marche sera longue et difficile. Des organisations émergent des brumes mouvantes des marais de L'ouest..




Archive du Bureau d’intendance du Leughadair pour le suivi des dépenses
Lieu : inconnu
Date : inconnue


Séance 12

Le bureauprend note du rapport de l’intendant général Multoad Enrayul à la forteresse Erapare Dogmor tenant le Défilé Gris vers la Montagne des Larmes.

Il envoie un état des caravanes de ravitaillement pour approvisionner l’armée des Larmoyants qui ont traversé le défilé.

Il résulte qu’il est passé à travers le défilé entre mars et juin de l’an 2 pour le compte de la guilde marchande Forvacte
1178 sacs de farine
2542 sacs de riz
188 sacs de biscuits secs
587 tonneaux de froment
840 sacs de fève
93 sacs de sel
199 tonneaux d’eau de vie
257 tonneaux de viande séchée
80 tonneaux de poisson fumé
747 sacs d’orge
1257 sacs d’avoine
2300 ballots de foin
350 planches diverses

Pour le compte des Hauts-Hérauts du Leughadair des Larmoyants :
14480 flèches
1100 hampes de lance
227 selles
482 harnais
16 grandes tentes
110 lingots d’acier
251 pièces de cuirs
5 charrettes d’outils divers

Le bureau entend maintenant la lecture d’un rapport de l’ex-surintendant des armées réunies larmoyantes Bram Jiucroc.
Il avance que les approvisionnements étaient insuffisants, que les ordres du Haut Logisticien ont été exécutés trop tard et que l’ex intendance générale avait payé des prix énormes, avec des pertes et avaries importantes notamment l’orge et l’avoine.
La chaîne d’intendance selon lui manquait de tous les éléments nécessaires pour répondre à sa subsistance et celle des troupes.
On ne pouvait attendre une prompte collaboration des populations locales et la réquisition ne devait pas entraîner d'insurrection à l’arrière du front. Il fallait établir une confiance rapide par des paiements qui l’étaient tout autant.
Il pense que l’intendance des armées aurait pu s’en charger, mais la guilde marchande fut préférée. Il ajoute que ce moyen, vicieux et dispendieux a toutefois eu son succès.
Il soutient qu’en raison des circonstances on n’a pu se dispenser d’allouer à la guilde des prix élevés. Presque tout ce rapport ne contient que des réflexions générales. Il est suivi d’une esquisse de projet pour l’autosuffisance des garnisons aux Larmes et la copie de sa correspondance avec l’intendant général Multoad Enrayul.


Le bureau écoutera demain la lecture du rapport du sous-intendant Surin Vetbrure par le concerné lui-même. Ce rapport concerne l’état des stocks des armées et garnisons jusqu’à la ligne de front. La consommation journalière et enfin une estimation des contingents de troupes déployées.

Fin de la douzième séance.

_________________
Traqueur dorcha,
Tu ne me lirais pas si tu ne m'avais déjà compris.
Maître flooder, Je parle avec la pensée que je devrais me taire. Et je parle.
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé MSN Messenger
Traqueur
Hobereau


Inscrit le: 28 Juil 2008
Messages: 159

MessagePosté le : Ven Juin 29, 2012 11:40 pm    Sujet du message : Répondre en citant

Nom : Saigne-Crapaud le Loup
Unité : Fercujons et Charneux
Type : Infanterie Lourde et "tireur"


La nuit était mauvaise. Le bombardement n'avait pas cessé un instant, les daronoans envoyaient sur nos tranchées de première ligne toute la gamme de leurs projectiles, mais sans grand dommage pour nous, pour le moment.
En vue d'une attaque qui aurait pu se déclencher au petit jour, tout le monde était réveillé et était prêt : l'ennemi pouvait venir, il serait reçu avec le meilleur accueil qu’on puisse fournir !
Dans son renfoncement, le Vassal Fyrmil Logral dégustait un vin épicé qui avait laissé toute sa chaleur dans les deux trois kilomètres qu'il avait dû parcourir depuis les cuisines du commandement. Enfin, tel qu'il était et additionné de beaucoup de gnole ! Il faisait du bien quand même.
Un rocher vint s’écraser si près de l'abri que la charpente en fut toute secouée.
Tas de salauds vérolés ! Ils ne peuvent même pas nous laisser boire un verre tranquillement: hurla Brulvent, le troufion de liaison qui avait ramené le pichet. Son verre vidé, il sortit, et, bondissant derrière un remblai, il vida quelques traits d’arbalète en direction des lignes daronoanes, histoire de se détendre les nerfs.

Fyrmil Logral était un solide loup. Ce n'était pourtant pas un vassal rompu à la guerre dès sa naissance. Petit forgeron dans une tout aussi petite ville du Nord de la Vallée des Ombres, il avait quitté comme tant d’autres sa vie précédente lors de la rébellion. Sa compagnie avait alors vécu des heures glorieuses mais terribles. Il avait connu le siège de Garalhôn Cairn, les étapes douloureuses de la retraite brillamment menée en Ishter, le sublime élan de Dun…
Logral disait parfois, en riant: Quand on a passé par-là sans y rester, c’est que la mort a peur de vous.
Au milieu de tant de dangers, gaiement affrontés, il avait gagné le grade de sergent, puis le titre, à défaut de terres, de vassal par le dominant Tisse-Brume. Sa haine pour les daronoans ne désarmait point. N'avait-il pas, lui aussi subit cette sensation de botte posée sur sa gorge ! Et, au cours des assauts, cet homme, d’apparence si calme d'ordinaire, devenait effrayant d'audace et de bestialité, entrainant ses soldats avec une vigueur que rien ne pouvait briser.

Un Gardes de Procion s'approcha de Logral:
-Mon seigneur, le dominant vous demande.

Dans le réduit honteusement dénommé poste de commandement, les chefs des compagnies étaient réunis. Il y avait là Barmuve, un vieux vassal borgne et farouche qui commandait la deuxième, la première était celle de Logral. Puis c'était Pisseux, un jeune gadain qui marchait à la tête de la troisième. Enfin venait Bourdon, un sergent avec une barbe jusqu’au nombril, bourru et simple, qui menait la quatrième.
Le dominant Tisse-Brume avait sa physionomie grave et songeuse des grands jours. En mâchonnant une chique, il agitait un minuscule morceau de parchemin.
-Mes chers loupiots, dit-il avec un demi-sourire, je crois que ça va chauffer! D'après les informations que je reçois à l'instant, la charmante pluie que nous subissons depuis hier soir est le prélude d'une attaque qui, devrait se produire à l'aube. Prévenez votre compagnie. Vous, Logral, si nous pouvons lancer une contre-attaque, vous sortirez d'abord avec vos bonhommes Puis, la compagnie de Barmuve.

Ensuite... D'une voix calme, sans émoi apparent, il précisa ses ordres. On se sépara. Fyrmil Logral rassembla à son tour ses gradés et leur indiqua la marche à suivre.
S'adressant à un sergent, il dit:
-Si je tombe, vous prendrez le commandement. Si vous tombez à votre tour, ce sera Poireblette. Ensuite… chacun suivra son instinct!
Le sergent un peu pâle, reprit:
-Mon seigneur. Nous en avons vu d'autres: Nous en reviendrons !
Et Logral, ajouta:
-C'est vrai, mon brave: Nous avons eu de fichus quarts d'heure ensemble! Et la mort a plus peur de nous que nous n’avons peur d’elle... Allez maintenant !

Le jour vint, un jour glacial.. La brume, dans ce coin aride et dévasté, s'accrochait aux squelettes mutilés des arbres, telle des lambeaux de soie vaporeuse et sale. De larges gouttes d'eau tombèrent. Les hommes était posté, le doigt sur la gâchette de l’arbalète, ou de la corde de l’arc. Dans la lumière trouble, des taches noires apparurent ça et là sur le sol, de « vieux » cadavres…

Fyrmil Logral allait et venait le long du secteur qu'il avait à tenir. Un fangeux rappliqua au pas de course, tête rentrée dans les épaules.
-Mon seigneur, le dominant vous dit qu’il y a de drôles de mouvements sont chez l'ennemi, à l’orée est du bois.
A la gauche de la première compagnie, une série de traits fendirent la pluie vers le bois. Un tir d'essai.

Un gorgerin se tourna vers Logral :
-Monseigneur, j'aperçois des formes vagues qui glissent vers nous !

Se hissant pour passer les yeux au-dessus du remblai, Logral ne vit d’abord rien, plus plissant les yeux, il ne put douter de la véracité du fait. A cent vingt mètres mètres de nos tranchées, des Charneux rampaient, parmi les herbes et les branches brisées. Le fangeux repartit, toujours courant tête baissée, porter la nouvelle au dominant. On attendit. Le bombardement, qui était très sporadique depuis une demi-heure, cesse brusquement.

A voix base, très maître de soi, le vassal ordonna:
-Feu à volonté à mon ordre seulement !

De bouche en bouche l'ordre passa. On distinguait parfaitement maintenant les silhouettes des charneux. Trois ou quatre d'abord, puis dix, puis cent et davantage. Parfois une tête surgissait puis plongeait à nouveau dans les broussailles. La tranchée louve demeurait muette, et il était impossible à l'ennemi de savoir s’ils avaient été repérés. A soixante mètres du réseau de tranchées, un cri guttural et simiesque retenti et la horde vociférante des hommes singes se précipita à l'assaut.
Au même instant, le cri de Logral déchira l'air, les sergents hurlant à l’unisson :
-Feu A volonté!

Et; dans le vrombissement des cordes se détendant, les premiers rangs des assaillants s'écroulèrent. Il y eut un flottement dans l'attaque. Mais les suivants s'étaient ressaisis et chargeaient à nouveau. Une seconde volée aussi meurtrière que la première, fit une autre ligne de cadavres.
Au même instant nos ingénieurs à l’arrière mettaient en branle leurs robuffles, truots et tout ce qui était encore intact. Une pluie de pierre s’abattit à cinquante mètres de nous. Les charneux continuaient à avancer et, tant bien que mal les survivants arrivèrent jusqu’à la première tranchée..
Logral cria, dans le tumulte :
- Epées et piques !

Une nouvelle pluie de projectiles provoqua une débandade parmi les assaillants n'ayant pas encore atteint notre tranchée. Ceux ayant réussi, n'ayant pas eu un sort plus enviable. Une poignée se rangea autour d'un charneux une tête plus grand que les autres. Alors, dégainant son épée batarde, le vassal Fyrmil Logral se dressa et, terrible, d'une voix formidable, il tonna :
- En avant: ...A la charge !

Le petit groupe de charneux ne pesa pas lourd dans la tempête. Mais déjà derrière arrivait les vraies forces ennemies. Nos projectiles qui continuaient à pleuvoir avaient fait de larges coupes, mais les rangs des assaillants daronoans se reformaient et leur masse silencieuse accélérait. C'était le corps à corps. Logral, aux prises avec grand diable qui le dominait de deux bonnes têtes perça son adversaire à la hauteur du coeur. Poireblette, atteint d'un coup de lance au ventre, eut encore la force de se redresser pour jeter un rageur cri de: la Meute vaincra ! Avant de retomber pour toujours.

Logral menait la charge. Passant auprès d'un gros rocher déposé par un trébuchet, il ne fit pas attention à deux daronoans blessés qui s'étaient cachés derrière. Il n'avait pas fait trois pas qu'un cri de Brulvent: " Attention, mon seigneur ! " lui fit faire un bond sur la gauche, une dague lui frôla le cou. C'était l'un des daronoans blessés qui tentait de l’abattre par derrière. Il n'avait pas eu le temps de se rendre compte du fait, que le deuxième se projetait vers lui, la pointe de l'épée tendue vers son sternum. D'un coup instinctif, il écarta l'arme et sa lame vint s'enfoncer dans la carotide de l'assaillant, qui s'écroula pendant que, giclant de la blessure, le sang allait asperger son visage. Il reçut un carreau d’arbalète dans l'épaule dont la violence du choc le fit tournoyer sur lui-même. Il voulut se raidir contre la douleur, il lui semblait que son sang coulait à flots. En av…..! Il ne put achever et tomba.

Les loups, trop peu nombreux, durent se replier. Leur contre charge ayant au moins brisée la charge ennemie. Emporter les blessés et les morts, il n'y fallait pas songer, tant les tireurs adverses faisaient rage pour venger leurs camarades. Au reste, nos pertes étaient légères, comparées à celles de l'ennemi. La journée fut marquée par des tirs réguliers de part et d’autre. Le sergent, suivant les instructions de son supérieur, avait pris le commandement de la compagnie.

Là-bas, à quelques soixante mètres de la ligne ennemie, Fyrmil Logral, après plusieurs heures, sortit de son évanouissement. Sa tête alourdie, n’était qu’élancements aigus douleur sourde. Ses oreilles bourdonnaient, sa vue était trouble…Où était-il ? Il ne savait pas : un grand trou noir était dans sa mémoire. Il voulut remuer, se soulever, comprendre... Une douleur atroce lui mordit l'épaule. Il se rappelait... Il était blessé ! Depuis combien de temps ?
Le sang avait cessé de couler de la plaie, mais le carreau planté provoquait des tiraillements affreux. Une flèche daronoane tomba très près. Un guetteur s'était dit: " Tiens : Un loup qui remue encore !
Le soir descendait et la brume revenait, glissant sur le champ de bataille, pareille à un immense linceul. Des blessés dans l'ombre s'agitèrent. Monotone, déchirante, la plainte oppressée d'un agonisant s'éleva. Puis ce fut le silence, ce silence angoissant et lourd des fins de combat...

Des heures passèrent. Engourdi par le froid et par la souffrance Logral n'avait plus la notion exacte des choses. Une branche craque, des pas lourds ébranlent le sol. C'est une patrouille ennemie. Oh, pas le genre de patrouille destinée à reconnaître un terrain ou une position. Une patrouille dont le but n'est pas dangereux, mais profondément ignoble : achever les blessés et détrousser les cadavres !
Un lord commande, cette patrouille, un de ces hobereaux pleins de morgue dont la nation daronoane a le monopole. Sous la pression d'une patte brutale, Hugues entrouvre les yeux et frissonne. La lune, qui troue le rideau de brouillard, lui montre une figure taciturne et grise. Et la voix lourdement ironique du lord profère: Ah ! II n'est pas mort ce misérable loup : Un coup d’épée et le vassal Fyrmil Logral, blessé à nouveau, perd toute connaissance, pendant que la patrouille s'éloigne avec des ricanements satisfaits.
_________________
Traqueur dorcha,
Tu ne me lirais pas si tu ne m'avais déjà compris.
Maître flooder, Je parle avec la pensée que je devrais me taire. Et je parle.
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé MSN Messenger
Traqueur
Hobereau


Inscrit le: 28 Juil 2008
Messages: 159

MessagePosté le : Dim Juil 01, 2012 3:27 pm    Sujet du message : Répondre en citant

Hop là, j'espère que je suis encore dans les temps. Meuhh oui
En avant l'histoire ! Spéciale dédicace Smile

Compte : a sealgair sassenach
Type : Infirmier
Unité : Aryale



La nuit tombe, le feu crépite dans la cheminée. La chaleur pénètre lentement mon corps alors que je m'assois dans mon fauteuil, un verre de vin épicé avec moi.
-Allons allons les enfants, faites un peu silence si vous voulez que je vous raconte une histoire !

Lentement le silence se fait dans la marmaille étalée dans la salle, plus entrelacée et emmêlée qu'une meute de jeunes chiots.

-Et bien voilà qui est mieux, hum humm que pourrais-je vous raconter cette fois ?

Immédiatement dans la salle retenti moult cris, gestes et suppliques, chacun allant de son mot pour entendre son histoire préférée.
La voix courroucée de Feylin résonna depuis la cuisine alors que je voyais un des chats s’en échapper avec son butin, rien moins que la moitié d’un poisson.
La même voix qui me charma la première que nous nous vîmes…….





-Saloperie de désert !! Grommela Truguil alors que son pied s’enfonçait dans de nouveau dans un trou.

Quel drôle de désert, plus grêlé de trous qu’un visage de vérolé, gros, petits, remplis ou seulement cachés par le sable, deux esclaves étaient tombés hier, on n’avait pas entendu la fin de leur chute, ni essayé de les remonter, ça aurait coûté plus cher au Maître que d’en racheter deux autres.
Je me demande quel cataclysme à bien pu grêler ainsi cette terre, la rendre aride et désertique.

Hein dis moi pourquoi tu m’as entrainé la dedans ! Je pourrais être au frais dans une taverne de la citadelle à vider quelques pichets au lieu d’une eau croupie et chaude ! clama Truguil encore une fois brisant mes divagations.
Moi de lui rétorquer encore une fois :
Tu parles, tu serais déjà à sec depuis longtemps, et puis le Maître Szaty paye bien, tu devrais me remercier pour avoir convaincu le recruteur de nous prendre.

-Je me serais bien contenté d’une garde ou deux dans les postes frontières plutôt que de me demander lequel, du soleil ou du sol, sera le premier à m’emporter.

-Je ne pensais pas qu’on traverserait la moitié du continent, pour apporter je ne sais quel présent à ce fameux seigneur non plus merde ! Puis une visite diplomatique vaut mieux qu’une expédition dans les montagnes Gratyi sous une pluie de rochers et de flèches de ces barbares et je te signalerai que….

D’un seul coup, une secousse ébranla le sol, hommes, chevaux et même les palanquins ornementés du Maître et de ses bagages se retrouvèrent à étalés à terre alors qu’une gerbe de terre éclatait au milieu de la colonne.

-Mais qu’est ce que !... Aucun autre son ne s’échappa de ma bouche tandis qu’un nuage de poussière nous recouvrait et me faisait suffoquer.

-Bordel de merde ! Entendis-je hurler Truguil non loin.

Un son retentit, long et funèbre, résonnant de roches en roches en une mélodie macabre.
Surgit comme un démon devant moi, un homme, grand, basané, les cheveux bruns, vêtu en tout et pour tout d’un pagne et d’un voile sur son visage et surtout armé d’une lance à pointe large pointée en direction de mon cœur !
Je me jette de côté, évitant de peu la pointe, heurtant dans mon roulé-boulé de mes côtes, une roche en saillie, ce qui m’arracha un grognement de douleur. Pas le temps de dégager mon épée, je tire le poignard et le lance dans le même mouvement sur l’individu, la lame s’enfonce dans son biceps droit profondément dans le muscle, lui faisant lâcher sa lance, mais il n’en arrête pas pour autant son assaut, il se jette sur moi et me heurte de plein fouet alors que je me relevais encore. Tombant à la renverse, mon dos heurte le sol et s’enfonce ! Merde un trou pensais-je, avant que nous ne soyons entrainés tout les deux vers le fond et l’obscurité. Ce qui ne fut pas long, même pas le temps de repasser ma vie en revue que j’atterris dans un craquement des plus déplaisant et reconnaissable sur ma jambe droite qui évidemment céda sous mon poids. Haletant sous l’effet de la douleur, je me remets péniblement sur le dos pour voir le guerrier inconnu dans une position encore plus inconfortable que la mienne, la tête tournée dans un angle désagréable pour lui vu la fixité de son regard posé sur moi.

Même pas le temps de me reposer, pardon de souffrir en attendant la mort inéluctable au fond de mon trou avec mon joyeux compagnon que j’entends la résonnance de sabots de chevaux, chevaux qui ne furent pas long à attendre, bondissant par-dessus moi, accrochés au bouts d’un palanquin qui déversa, ou plutôt renversa sa cargaison au même moment sur ma tête, vous avez dit mauvaise journée ?

Humpffff, un élancement dans ma jambe, plutôt bon signe, je tente d’ouvrir un œil, toujours le noir, petit moment de panique avant de me rendre compte que je suis plus ou moins enseveli sous le sable, je tousse et gigote pour essayer de m’en dégager , ma main tombe sur une chose ferme et rebondie, mais en même temps douce alors que je m’extirpe péniblement. J’ouvre des yeux douloureux et secs pour constater que la chose en question n’est autre que la fesse d’une jeune fille au teint mat, et aux longs cheveux ondulés dans une robe blanche et fine au point d’être translucide, même pour mes yeux usés.
Sa peau est chaude, est-ce par le soleil ou est-elle encore en vie ? Elle semble si sereine. Maintenant que je récupère la vue, je peux voir sa frêle poitrine se soulever lentement au rythme de ses respirations. Je reste bêtement à la contempler, minute après minute, cet instant semblant durer éternellement. Mais elle finit par ouvrir les yeux, clignant plusieurs fois de ses longs cils. Son regard se pose finalement sur moi, putain ses prunelles sont de la couleur de l’ambre, un doux miel qui vous réchauffe comme les rayons dardant du soleil. Mais pour le moment c’est un regard effrayé qu’elle pose sur moi, elle recule précipitamment contre la paroi, les bras serrés contre son corps.

-Humm bonjour dis-je d’une voix enrouée et racleuse, je m’appelle Mearachd, je suis au service du Maître Szaty, vous n’avez rien à craindre.

-Un… un mercenaire de la cité de Faryon ?

-Oui tout à fait.

-Que c’est-il passé ? J’ai cru.. j’ai cru mourir.

-Eh bien, je ne sais pas trop moi-même, enfin il semble qu’on nous ai foutrement attaqué par surprise. Bon il faut sortir, de là, vous pouvez bouger ?

-Oui, je… Pour la première fois elle sembla prendre conscience de son environnement.
-Où sommes nous ? Je m’appelle Feylin Miffal.

-Dans un trou, heureusement pas le plus profond qu’il soit, enfin assez pour que je sois cassé une jambe, mais on dirait qu’une bonne partie c’est effondrée, on devrait pouvoir l’escalader.

Je veux pas passer pour un héros, mais grimper là haut ne fut pas pour moi une promenade de santé, j’en sortis en sueur et tremblant, pour découvrir un vision fort peu réconfortante. Des cadavres d’hommes et de bêtes partout où se posait mon regard et le plus effrayant, pas un seul mouvement, de blessé, de charognard, n’égaillait ce champ de bataille.
Au nom des puissances ! Ils sont tous morts ! Même le Maître, c’est impossible, qui pourrait arriver à tuer un Maître de Faryon ?

-Des gens déterminés surement murmura ma compagne d’infortune commen en réponse a mes pensés.

Humpff, n’en pouvant plus je me laisse choir sur le sable, la fracture semble vilaine, un bout d’os sort légèrement de ma peau même si le sang ne semble plus s’écouler de la plaie.

-Il faut chercher des vivres et surtout de l’eau et vite partir d’ici grognais-je.

Elle revint vite, portant plusieurs outre et un sac qui semblai bien rempli.

-Il semble que les biens ne les intéressaient pas. Ils n’y ont prêté aucune attention.

-On a au moins un peu de chance croassais-je en prenant une outre qu’elle me tendait avant de m'étouffer dans mon rire granuleux.

La marche fut laborieuse, elle me soutenait du mieux qu’elle pouvait, mais j’étais quelque peu lourd pour ses frêles épaules outre le sac et les outres et notre route ne dura pas longtemps. Jusqu’à ce qu’elle ai réussi a me trainer sous un affleurement rocheux hors de vue du massacre.

Je m écroulais tremblant de fatigue et de fièvre. La blessure semblait s’infecter anormalement vite. Je me rappelle peu de choses de cette période. C’est Fey qui m’en relata la majeur partie bien plus tard.
Inconscients, fiévreux, parfois délirant, je perdais un peu de force chaque jour, bien qu’elle ai réussi a réduire la fracture et appliquée un onguent sur la blessure. Quand elle avait rechangé le pansement, du pus c’était pourtant échappé de la plaie non refermée. Feylin restait à mon chevet, changeait mes pansements, me nourrissait, et chantait pour ma guérison. La nuit elle dormait contre moi pour me tenir chaud. A force de m’observer, elle avait l’impression de me connaitre comme une mère connaitrait son enfant. Un grand enfant..

Une nuit, elle s’éveilla alors qu’un rayon de lune tombait sur leur cachette, je tremblais, gémissais violemment, livrant ma dernière bataille avec mes dernières forces contre la fièvre. Elle s’accrocha à moins comme pour m’insuffler son énergie.

-Ne meurs pas, je t’en prie

Quand elle sentit mon corps devenir flasque entre ses mains et sa chaleur s’échapper dans la froideur nocturne elle s’écria :

J-e ne te laisserai pas mourir ! Reviens-moi !

Elle posa sa bouche sur la mienne, voulant m’insuffler la vie.. Il y eu un râle, puis un autre et enfin une inspiration, faible mais régulière.

-Tu es à moi murmura-t-elle, Tu ne partiras pas si facilement.

Au petit matin à la lueur de l’aube, je m’éveillais, conscient pour la première fois, je la sentis collée contre moi, nous échangeâmes un regard, je sentais une attirance plus forte que tout pour elle, et mon corps même affaiblit y répondait. Je vis dans son regard, un accord tacite. Elle se renversa sur moi, me guidant et m’accueillit au plus profond d’elle-même. Nous nous élevâmes vers des plaisirs et des sensations inconnues, finissant épuisés, mais emprunt d’une douce chaleur en nous.

-Je te veux, pour toujours, dis-je.

-Nous sommes déjà unis au delà de la mort me répondit-elle.





-Papy, papy !!
-Humm !!

-Tu étais encore perdu dans tes pensées, on attend notre histoire :!

-Ah oui, pardonne moi ma ptite puce, là voilà, bon, ce soir, je vais vous raconter comment nous avons vaincu une horde de liches, dans les plaines de Janorhan.

-Tout à commencé quand votre grand-mère et moi….
_________________
Traqueur dorcha,
Tu ne me lirais pas si tu ne m'avais déjà compris.
Maître flooder, Je parle avec la pensée que je devrais me taire. Et je parle.
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé MSN Messenger
Traqueur
Hobereau


Inscrit le: 28 Juil 2008
Messages: 159

MessagePosté le : Dim Juil 01, 2012 5:05 pm    Sujet du message : Répondre en citant

J'ai pas finis rahhhhhhhhhh j'ai pas finis

voilà voila tendant la feuille d'une main. L'autre s'appuyant sur son genoux. Sa poitrine se soulevant au rythme de sa respiration essoufflée :

Compte :
Type : Monstre
Unité : Ataurus

Falliniel était en train de savourer son deuxième verre de vin lorsqu’un corps vint fracasser la table où il était installé.
Il atterrit en plein milieu de celle-ci, tête la première, fendit une planche tout en envoyant valser l’assiette de ragout qui refroidissait et continua dangereusement sa route vers Falliniel qui levant les coudes pu sauver son verre mais point le pichet de la destruction.
Le corps poursuivit sa glissage sur la table pour s’encaster dans le mur. L’impact fut si fort qu’une plaque de plâtre tomba de plus haut.
Cependant, le détenteur de cette performance ne broncha pas, il dégringola de la table et finit sa chute sur le sol de la taverne dans un bruit sourd.

Falliniel tourna la tête vers sa droite, la taverne était bondée, mais que les clients s’écartaient précipitamment d’une masse d’homme se jetant sur un Ataurus d’après les cornes et la tête qui dépassaient de la mêlée.
Un des assaillants, un petit voleur malingre que Falliniel connaissait de vue s’était jeté sur le dos du monstre géant, ces bras parvenant à peine à enserrer le cou massif. Deux autres donnaient des rafales de coup de poing dans son ventre tandis qu’un quatrième tentait de vers plier l’articulation de sa patte.. jambe gauche ?

Falliniel finit d’une longue gorgée son vin. Il n’était pas trop mauvais.
L’Ataurus passa un bras velu par-dessus son épaule et attrape par la chemise l’homme pendu à son cou. D’un geste brusque, il l’arracha de sa prise et balança l’infortuné sur un de ses assaillants, les deux allant s’écraser contre tables bancs et clients au milieu de la salle.

Celui qui s’accrochait à ses basques essaya de s’enfuir mais le colosse lui assena un terrible coup de sabot dans la tête qui fit résonner dans la salle un craquement à soulever le cœur. L’homme s’effondra, la mâchoire réduite en bouille.

Le dernier adversaire sortir désespérément un couteau de son dos et lança la dague en plein milieu du torse du monstre qui la reçu de plein fouet. La dague s’enfonça à peine d’un centimètre dans le cuir épais de l’ataurus et tomba à terre de son propre poids.
Le géant agrippa sa dernière victime par les épaules et lui assena un coup de son front immense en plein visage. Cette fois le son fit même grimacer Falliniel. L’homme chuta aussi raide qu’un arbre coupé.

L’ataurus fit un tour sur lui-même à la recherche d’un nouvel adversaire mais tout le monde semblait essayer de se rapetisser à la taille d’une fourmi.

La créature marcha jusqu’à la table de Falliniel et demanda avec une voix guttural comme s’il mâchait littéralement ses mots :
-Le banc est libre ? Tout en s’asseyant précautionneusement dans le même mouvement sur le banc qui grinça.
-On dirait bien. répondit prudemment Falliniel

Il leva son verre vide pour attirer l’attention d’une serveuse et lui montra d’un mouvement du menton la carafe brisée à terre. Elle sourit et lui rapporta une nouvelle.
-Vous buvez ? Proposa Falliniel
-Pourquoi pas. Grogna l’ataurus qui attrape le pichet de son énorme paluche.

Falliniel en profita pour étudier son compagnon de boisson. Ce n’était pas tant sa taille, dans les deux mètre vingt qui lui donnait l’apparence d’un géant mais comme une aura de puissance qui émanait de lui.

Curieux. Il demanda :
-Que vient donc faire un Ataurus dans ce coin perdu des falaises ?
_________________
Traqueur dorcha,
Tu ne me lirais pas si tu ne m'avais déjà compris.
Maître flooder, Je parle avec la pensée que je devrais me taire. Et je parle.
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé MSN Messenger
aziraphale
Commandeur


Inscrit le: 31 Mai 2007
Messages: 948

MessagePosté le : Dim Juil 01, 2012 7:39 pm    Sujet du message : Répondre en citant

Chaud bouillant, Traqueur ^^

Ce serait mieux avec les descriptions des unités. Il faut toujours réécrire le sujet en haut de sa rédaction Wink
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé Envoyer un e-mail MSN Messenger
Kelan
Sir


Inscrit le: 18 Juil 2008
Messages: 96
Localisation: Ben en fait j'suis.. Euh... Qui a la carte?...

MessagePosté le : Dim Juil 29, 2012 11:35 am    Sujet du message : Répondre en citant

Kelan, texte sur les cracheurs.

Citation :
Certains archers font preuve de beauté, de raffinement, de précision dans leur art. On les surnomme 'aigles', les 'lynx' ou les 'virtuoses'. D'autres répandent la mort avec des arcs d'une grossiereté confondante, et un manque de style brutal et insultant, mais toujours efficace. On les appelle les 'cracheurs'... pas uniquement chez les Loups, d'ailleurs.


Mésaventure est bonne leçon


Tandis que la pluie tombait drue du ciel morne, Hertlas regardait le haut de la colline en face de lui. Une colline elle aussi peu jouasse, de l'avis du loup, avec son herbe clairsemée et brunâtre plus que verdoyante, et son sol détrempé, tant par la pluie que par le reste des marais. Toutefois c'était à peu près la seule éminence à plusieurs kilomètres à la ronde, et nul ne se sentait de dormir au milieu des hautes fougères ou en plein dans une tourbière. Jefray s'était déjà fait réduire en pulpe par un hurleur, nul besoin de leur offrir plus de pitance encore.

Sortant des fourrés où il était dissimulé, l'archer fit quelques pas en avant, ses bottes de cuir souple ne faisant que très peu de bruit sur le sol spongieux, recouvert de mousse. Enfoncées dedans, ses chausses brunes en toile collaient aux cuisses musclées du loup, tout comme la tunique, brune elle aussi, qu'il avait ce matin passée avant de mettre son armure légère en peau de buffle d'eau. Rien que d'y repenser, les morsures de moustiques qu'il avait recouvertes ce matin le démangeaient. Hertlas sentit ses cheveux longs et gras posés sur ses épaules, et repoussa de sa main libre une des mèches qui lui tombait devant les yeux.

Après ces quelques mètres, il s'arrêta, jambes fléchies, et tendit l'oreille. Il entendait les gouttes qui tombaient. Il entendait le vent qui faisait bruire les feuilles. Il sentait l'odeur d'eau croupie, à moitié avalée par l'averse. Et soudain...


"Bon Hertlas, t'avance boudiou?! On va sur c'te pitaf et on y passe pas la nuit 'tiot!"

Après une bourrade sur l'épaule venant de l'arrière, c'est la voix du vieux Gardo qui le sortit de sa méditation. Ils n'étaient plus que huit, à tenter de traverser les marais des Indécis, sur les trente qui s'étaient joyeusement introduits là pour une partie de chasse. Il ne restait que les cracheurs, moins Jefray, qui avait complètement déconné, et était entré dans une crevasse en se disant que ça ferait un bon abris...

Hertlas reprit son arc grossier en main, une arme solide, avec du vrai boyau de chien, comme il le répétait souvent à qui voulait l'entendre, mais qui n'avait franchement pas de quoi casser quatre pattes à un corvusier. Celui de Gardo était un peu mieux, c'étaient deux cornes de bouveau, si le loup se rappelait bien, liées ensemble, avec la boyasse du même bouveau pour faire la corde. Niveau portée, il y gagnait, mais niveau odeur, pouah!...

Le loup repartit devant. Étant le plus jeune, il devait faire l'éclaireur. Ici, ça voulait dire soit se distinguer en trouvant un bon endroit pour monter le camp et arriver à tuer les saletés qui pouvaient se trouver sur le chemin de la meute, soit mourir graillé par un rôdeur ou s'enfoncer dans des sables mouvants avant d'avoir dit ouf. Le jeune homme entendit un bruit, dans les parages, au dessus sûrement. Il adressa une brève prière, espérant que le fait d'avoir évoqué son idée n'avait pas fait venir un rôdeur.

Il scruta rapidement le ciel, et ne voyant rien, avança plus vite vers la colline. C'est un appelle de Grado qui le sauva. Une bestiole réptilienne jaillit d'une mare devant lui, dardant vers le loup une gueule longue et hérissée de pointes. Donnant un coup disgracieux de la branche de son arc sur le museau de la bête, il la fit reculer un peu, mais elle se prépara à revenir à la charge.

Attrapant alors un empennage, et sans faire les fioritures des lycans, à passer sa flèche tout le long de la corde pour se faire mousser, Hertlas encocha, pointa et tira en un mouvement ample et simple, une de ses flèches barbées. Celle ci vint se ficher dans le palais de la créature devant lui, à quelques mètres à peine, et s'enfonça encore plus lorsque celle ci claqua des dents de douleur. Le cracheur recula encore de quelques pas, encochant un nouveau trait, et le tira sur la bête, la ratant d'un pied. Un troisème suivit, qui se ficha dans la patte courte et écailleuse du reptile verdâtre. Celui ci enragea.

Il commença à charger le jeune loup, qui trébucha sur une racine. Tombant sur le cul, il vit alors le vieux l'ayant sauvé se placer à coté de lui. Il avait une flèche prête, et son visage, déjà laid, se convulsa sous l'effort pour bander son arc de corne. S'il n'y avait pas eu ce danger de mort imminente, Hertlas eut pu rester bouche bée devant la face de l'ancien, tant celle ci était moche et déformée. Puis la flèche partit, la corde claqua. Elle atterrit en plein milieu des deux petits yeux cruels de la bêtes, qui se tordit quelques instants, frétillant autant qu'un poisson hors de l'eau. Puis elle rendit l'âme.

Grado aida le louveteau à se relever, puis lui fit un clin d'oeil, sa face rougeaude et couverte d'un mélange de pluie, de sueur et de boue donnant à l'adolescent une furieuse envie de rire. Après une claque sur l'épaule, le vieux loup renvoya le plus jeune en éclaireur, et ils se rendirent sur le sommet de la colline, bientôt rejoints par les autres. La pluie cessa peu après, et même si les nuages persistaient, Hertlas trouva que la nuit qui tombait serait sûrement la meilleure qu'il passerait depuis leur entrée dans ce marais maudit.

Avant de s'endormir, blotti dans une mousse aussi sale que lui, Le jeune loup vit un de ses compagnons, debout dans une posture donc la dignité était totalement absente, portant un arc de lamelle d'os qui me payait pas de mine où était encochée une flèche barbée plutôt inquiétante, bien que grossière. Quoi qu'on en dise, les cracheurs n'étaient pas raffinés, ou même un tant soit peu subtils tant dans leurs manières que dans leurs tirs. Mais qu'est ce qu'ils faisaient mal...

_________________
Kelan Adean, Guerrier des Loups.
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé MSN Messenger
Kolaru
Défenseur


Inscrit le: 15 Fév 2008
Messages: 239

MessagePosté le : Sam Sep 15, 2012 10:42 am    Sujet du message : Répondre en citant

Avant toute chose, Aziraphale, tu pourrais retirer mon texte sur les déchus du concours pour la prochaine session ? Remplacé par celui-ci, naturellement.
_____

Auteur : Detoi, le Bâtisseur
Catégorie : Infanterie légère
Unités : épéistes et hachiers

Citation :
Epéistes

Les épéistes constituent les troupes de base les plus communes des dasronoans (sic). Equipés d'une ou plusieurs épées, à une main ou à deux mains, parfois même équipés de boucliers, ils portent l'armure pourpre massive et ouvragée propre aux Daronoans, qui leur ont donné le surnom de 'Fléau Rouge' lorsqu'ils arrivent à plusieurs milliers sur le champ de bataille...


Citation :
Hachiers

Les combattants Daronoans traditionnels portent toujours des haches de bataille, teintées de rouge par d'innombrables combats. Jouant sensiblement le même rôle que les épéistes, ils forment néanmoins un contingent bien différent, dans ses techniques comme dans son approche de la guerre de contact.


_______

Il n'y a que nous

« Vous connaissez sûrement Yranhôn Castel, glorieuse cité fondée et gérée par le Suprême Architecte Marduk et réputée pour ses innombrables ateliers et forges, qui équipent quasiment tous nos guerriers combattant dans la vaste région qu'est le nord de la Vallée des Ombres. Les bataillons qui y stationnent habituellement sont innombrables, largement suffisant à écraser toute velléité de siège loup. Cependant, il y a deux mois, le charismatique Seigneur Althalus traversait les cités de la Terre de Feu, ralliant tous et toutes à son armée dantesque, géante, gigantesque ! Par le simple regard, il sait balayer l’hésitation de cent chevaliers ; par un seul mot, il sait raviver le courage de cent bataillons ; par sa seule volonté, il sait rassembler derrière lui la force de cent armées ! A chaque pas qu'il fait, c'est le bruit de mille bottes qui retentit ; à chaque ennemi qu'il croise, c'est cent mille lames qui sont brandies ; à chaque ordre qu'il donne, c'est un million d'âme qui se jettent sur l'ennemi ! Il y a bien peu de commandeurs de sa trempe qui passent dans les environ d'Yranhôn Castel, comprenez alors que la plupart des défenseurs de la cité ont emboîté le pas du Seigneur de Guerre sans hésitation, lorsqu'il entreprit de recruter les braves pour aller combattre les loups. Seuls quelques milliers de défenseurs sont restés assurer la défense d'Yranhôn, et on dit qu'ils eurent bien du mal à résister à l'appel vibrant du Seigneur de Guerre.

Quelques milliers... Ce nombre de soldats suffirait largement à protéger la ville contre tout assaut conventionnel. Le départ des guerriers n'avaient donc rien d'irréfléchi, ni rien d'imprudent. Toutefois, les Loups, poussés par je ne sais quelle intuition funeste, ne l'entendaient pas ainsi. C'est pourquoi, quelques semaines plus tard, un guetteur haletant interrompit une réunion de l'état-major du commandeur Detoi, dont l'armée renforçait un avant poste planté douloureusement entre les lignes louves. Le guetteur apportait d'inquiétantes nouvelles :

— Les loups vont attaquer Yranhôn Castel, nous annonça-t-il sans ambages. Ils ont déployés environ trois mille gorgerins...
— Rien du tout, commenta avec hauteur un sergent.
— Trois mille gorgerins ne sont rien, certes, mais ils ont avec eux quinze gorguezons.

L'annonce nous abasourdit, tous sous cette tente savions ce que cela signifiait. Un seul gorguezon suffit à éventer une cité de part en part, si quinze gorguezons chargeaient Yranhôn Castel, ils piétineraient complètement la ville bien avant que les défenseurs ne parviennent à les abattre. Les loups ne prendraient pas la ville ainsi, ils la raseraient. Or la perte des Forges Carmines d'Yranhôn serait un coup fatal à nos opérations dans la région.

— Nous ne pouvons permettre aux loups d'atteindre Yranhôn, déclara Detoi en conclusion aux pensées de chacun de ses sergents. Où se trouvent-ils ?
— Au deux tiers du Passage des Huants, à deux semaines d'Yranhôn.
— Il est donc impossible que l'information arrive à Althalus et qu'il ait le temps de faire demi-tour et rallier la ville avant les loups.
— Impossible, commandeur.

Le silence s'abattit aussi lourdement que la patte massive d'un gorguezon qui entame sa charge. Quand cet animal se met en branle, tous savent où il se dirige et que rien ne l’arrêtera, pareillement nous savions où la logique de l'honneur de notre commandeur était en train de le mener.

— Alors, il n'y a que nous, annonça-t-il gravement. Je sais que notre armée n'est composé que de fantassins, épéistes et hachiers, je sais que nous ne sommes pas équipés pour affronter ce genre de créature, mais il n'y a que nous pour nous mettre sur leur chemin. Alors nous le ferons. Nous les intercepterons à la hauteur du Roc Droit.

Il abattit son doigt sur la carte déroulée devant lui, et son ost se mit en marche.

Douze jours plus tard, nous arrivâmes au Roc Droit, une falaise à-pic qui longeait le cours de la vallée à sa droite sur quelques lieues. Il nous apparut lorsque nous franchîmes la crête d'une colline, et aussitôt que le Roc nous aperçûmes plus impressionnants encore les gorguezons immenses qui piétinaient les forêts et défonçaient d'un pas lourd le lit de la rivière. Ils nous tournaient le dos, plus proches que nous déjà d'Yranhôn Castel. Il nous fallait les rattraper. Detoi était devant qui ne ralentit pas sa marche en voyant les monstres. Il brandit sa hallebarde au dessus de sa tête, forçant l'allure à mesure qu'il parlait, et harangua l'armée derrière lui, qui se relayait le message de rang en rang :

— Il n'est nulle déferlante qu'une digue ne puisse briser, nulle tempête qui ne s'écrase contre le roc, nulle brasier qui ne s'essouffle avant de savoir entamer la céramique ! Nous serons la digue, le roc et la céramique, nous serons dressés, forts et durs, et pareillement, nulle créature de Saïhan ne saura nous faire fléchir !

Une acclamation accueillit son discours. Il continua, courant presque maintenant :

— Mais sachez qu'au moins deux tiers d'entre nous ne deviendront jamais des vétérans. Ils tomberont à la bataille. Ils tomberont sous les yeux de leurs amis et de leurs compagnons, écrasés ou broyeés, mais auront combattu tout de même. N'oubliez pas cependant, que ce c'est par ceux qui restent debout que les batailles sont gagnées! Lorsque vous verrez votre frère ou votre sœur tomber, il vous faudra trouver en vous la force de deux soldats pour vaincre tout de même. Nous n'avons pas le choix, car il n'y a que nous pour combattre aujourd'hui, et il n'y a que nous pour vaincre !

L'acclamation reprit de plus belle pour saluer la harangue finale de Detoi. Nous courions tout à fait désormais, le cœur léger tourné vers notre destin, vers la bataille inévitable. Les loups ne pouvaient ignorer notre avancée, car c'étaient trente mille guerriers qui les chargeaient, mais que pouvaient-il y faire ? Déjà nous découpions leurs lignes, quinzes percées lacérant la masse des gorgerins impuissant. Chacune visait un des gorguezons et chacune avait un sergent à sa tête, menant plus de deux milles soldats derrière lui. Aussitôt qu'une troupe arrivait à portée de sa cible, les guerriers s’agrippaient, grimpaient et frappaient les bêtes immenses, qui se démenaient pour chasser les moustiques rouges qui les assaillaient de toute part, écrasant vingts loups d'un côté, broyant trente daronoans de l'autre ou balayant cent soldat d'un ample coup de défense. Je vis le monstre que ciblait Detoi et son groupe charger aveuglément le Roc Droit, rendu fou par la douleur, et creuser ainsi une tranchée sanglante de son sang et celui des guerriers pourpres qui étaient déjà sur son dos. Un rocher si grand qu'on aurait pu y tailler un palais d'une pièce se détacha de la paroi et percuta le gorguezon. Le sol ondula violemment lorsqu'il s'écroula et la secousse me ramena brutalement à la réalité : j'étais moi aussi sergent et devais mener mes hommes à notre objectif, le gorguezon le plus avancé de tous.

Le rattraper n'alla pas sans mal. D'une part, il fallait éviter la mort écrasante qui nous menaçaient à chaque pas d'un gorguezon furieux, de l'autre les cornacs loups battaient leur monture pour qu'elles accélèrent et aient une chance de nous échapper. Heureusement, les gorguezons placides mettaient bien du temps avant de s'élancer, celui dont j'avais la responsabilité de la mort n'avait d'ailleurs atteint qu'une sorte de grotesque trot lorsque ma troupe en commença l'assaut. J'allais jusqu'à la patte avant gauche, là je sautais et y planta mon épée, d'une poussée j'arrachais ma lame du cuir épais de la bête et me propulsais jusqu'au genou m'agrippant comme je pouvais aux replis mouvants de la peau. Alors que je me faisais ballotter comme une brindille dans la crinière d'un cheval au galop, mais tenais bon, le hasard de mes culbutes pathétiques sur la jambe de l'animal me fit entrevoir cinq de mes guerriers expulsés violemment de la patte arrière. Je ne m'en inquiétais pas, il n'y avait pas qu'eux, il y en avait mille derrière pour prendre la relève.

Toujours battu par les mouvements du gorguezon, qui prenait toujours de la vitesse, encore éperonné par notre attaque, je me hissai jusque sur son dos. Chaque mètre escaladé de cette montagne de chair était un effort et un enfer. Je devais m'accrocher comme une tique, piquer le géant de mon épée dérisoire, m'y tracter laborieusement, empoigner je ne sais quelle minuscule aspérité du cuir pour réussir à avancer toujours. Toujours malmené par les soubresauts du gorguezon, j'arrivai tout de même sur son dos, au niveau de sa nuque. D'un coup d'épée je tranchais en deux le cornac qui guidait je ne sais comment le monstre, et laissai son cadavre s'affaisser et glisser sanguinolent le long de son cou. J'avais une meilleure assise, maintenant que j'étais sur la nuque plate du gorguezon et j'en profitais pour voir combien des miens allaient m'aider à abattre notre gigantesque adversaire. Le désespoir failli m'abattre :

Il n'y avait que moi.

Les autres étaient loin derrière. Sans que je ne le remarque alors que je bataillais durement pour l'escalader, le gorguezon n'avait cessé d'accélérer. J'avais perdu la notion du temps, trop pris par mon épreuve démesurée, sans doute de longue minutes s'étaient-elles écoulée depuis le début de mon ascension de puceron. Je vis les autres monstres à terre ou en passe d'être maîtrisés, au loin, je vis les dizaines de haches et d'épées qui aiguillaient la bête sur laquelle j'étais, plantées dans ses pattes, je vis mes soldats courir encore après elle, quoique sans espoir de jamais la rattraper ; et je repris courage. La résolution s'éclaira en moi plus que je ne la pris, comme si elle avait attendu toute ma vie pour se révéler à moi en cet instant précis : puisque chargeant aveuglément droit devant lui, le gorguezon irait fatalement piétiner Yranhôn Castel et puisqu'il n'y avait que moi, alors mon devoir était clair.

Je me mis à l'ouvrage froidement, abattant de toutes mes forces mon épée sur le crâne dur de l'animal, frappes insignifiantes sur un heaume géant. Je ne pensais plus, je massacrais la chair de la bête qui se secouait en tout sens pour éjecter le nuisible qui la faisait souffrir, mais je reprenais toujours mon équilibre et continuais. Je lui ai coupé les oreilles, crevé les yeux et j'ai transformé le dessus de sa tête en une mare boueuse de sang et de chaire ; j'ai brisé mon épée d'avoir trop frappé, puis brisé encore la moitié de lame qui lui restait, et encore émoussé le moignon qui persistait jusqu'à la garde ; j'ai frappé infatigable avec le tranchant de mon écu, puis avec chacun de ses morceaux ; j'ai détaché les pièce de mon armure pour frapper encore, lorsque mon bouclier m'échappa ; j'ai fait, finalement, un terrible carnage, infatigable comme un ver qui infeste une plaie purulente.

Puis soudain, alors que j'avais finis par croire que je m'enfoncerai éternellement dans cette abysse sanguinolente à laquelle se réduisait désormais mon univers, la bête trébucha, mis un genou à terre et s'effondra lentement. Je pu m'extraire difficilement de mon enfer, rampant laborieusement, misérable et couvert de sang poisseux, diversement coagulé. Alors j'entendis des vivats.

Elles étaient là, quelques dizaines de mètres devant moi, les murailles d'Yranhôn Castel, et ses défenseurs m'acclamait. J'avais lutté deux jours durant. J'avais lutté, parce qu'il n'y avait que moi. »
_________________
Lyre Chäsan Kolaru, Marquise des Déchus
Vénérable Fenris Detoi, Légende oubliée, Borgne-Flanc
Lyre Rogue Ao, assassin, empoisonneur, saboteur
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Montrer les messages depuis :   

Ce forum est verrouillé; vous ne pouvez pas poster, ni répondre, ni éditer les sujets.   Ce sujet est verrouillé; vous ne pouvez pas éditer les messages ou faire de réponses.    La Taverne de Nantys Cairn Index du Forum -> Concours de Background / Castels Voir le sujet précédent .::. Voir le sujet suivant
Toutes les heures sont au format GMT

Aller à la page Précédente  1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10
Page 10 sur 10

 
Sauter vers :  
Vous ne pouvez pas poster de nouveaux sujets dans ce forum
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Vous ne pouvez pas éditer vos messages dans ce forum
Vous ne pouvez pas supprimer vos messages dans ce forum
Vous ne pouvez pas voter dans les sondages de ce forum


Powered by phpBB © 2001, 2005 phpBB Group
Traduction par : phpBB-fr.com
Template by ..:: SGo ::..