La Taverne de Nantys Cairn Index du Forum La Taverne de Nantys Cairn
Le forum des Terres de Saïhan !
 FAQFAQ    RechercherRechercher    Liste des MembresListe des Membres    Groupes d'utilisateursGroupes d'utilisateurs  Terres de SaïhanTerres de Saïhan
 S'enregistrerS'enregistrer     ConnexionConnexion 

Le Champ de Course - Cavalerie légère

 
Ce forum est verrouillé; vous ne pouvez pas poster, ni répondre, ni éditer les sujets.   Ce sujet est verrouillé; vous ne pouvez pas éditer les messages ou faire de réponses.    La Taverne de Nantys Cairn Index du Forum -> Concours de Background / Castels

Auteur Message
aziraphale
Commandeur


Inscrit le: 31 Mai 2007
Messages: 948

MessagePosté le : Mar Juin 16, 2009 2:03 pm    Sujet du message : Répondre en citant

Elah Pariza

Citation :
Etroublois

Les étroublois sont des cavaliers Loups spécialisés dans le camouflage vertical, c'est à dire dans la chasse aux monstres volants. En effet, les Loups étaient souvent victimes de ce genre d'attaque imparable, et les étroublois ont rapidement mis au point bien des tactiques confondant les sens des créatures volantes et permettant de les attirer dans moults pièges de leur invention. Depuis lors, les Loups savent bien qu'un groupe de cavaliers étroublois se dispersant dans un champ, regard au ciel, est le signe d'une protection efficace de chasseurs éprouvés. Ces cavaliers prétendent même que leur existence est une légende aux yeux des Seigneur-Dragons, dont pas un seul représentant ne les aurait jamais vu, en tout cas jamais à temps pour le rapporter à leurs compagnons...



Sous la Mer Ondulante

Sous les hautes herbes de la Mer Ondulante, rien ne bouge, si ce n’est les langues des lézards karatchiks qui hument l’air en attendant l’assaut. Sur leur dos, les étroublois de la tribu du Lark’Zec attendent, imperturbable, que leurs proies mordent à l’appât. Au centre du piège, quelques hommes s’agitent autour du leurre. Ils semblent réparer un essieu brisé sur l’un des chariots à mugivorges de la colonne immobilisée. Ils simulent. Les puissantes armes de sièges démontées en un empilement complexe, les servants fagotés de bric et de broc qui s’acharnent sur leurs outils, les ornières qui s’étirent sur des kilomètres vers l’Est, tout est faux. Même les bêtes de somme qui paissent tranquillement autour du chariot sont spécialement dressées pour le piège.

Un piège subtil et parfait. Les seigneurs dragons pullulent comme des mouches sur ces plaines infestées de Pourpres. Très vite, ils vont repérer les ornières des chariots et les suivrent, trop heureux de l’occasion offerte d’anéantir un peloton des si précieuses armes de siège rebelles. Imbus d’eux même, les seigneurs vont plonger sans précaution sur leur proie. Volant en rase-motte, ils vont aligner leur vol sur l’axe de la colonne. Dès qu’ils seront à porter, ils libéreront leur feu destructeur sur les machines sans défenses. Alors, le piège leur apparaîtra. Un cours et mortel instant, ils sauront qu’ils ont été trop prétentieux. Peut-être auront-ils même le temps, avant de périr, de connaître ce que sont le regret et la douleur de l’échec.

Car, sous leur apparence inoffensive, les chariots sont des armes parfaites pour chasser l’élite des armées Pourpres. A chaque extrémité de la colonne, il ne s’agit que d’un décor factice et inoffensif parfait pour mettre en confiance les lézards volant. Quelques amuse-gueule pour ces invités de marque. Le menu se corsera dès le quatrième chariot. Celui-ci et les suivants sont en fait recouverts d’une multitude de petites tiges de roseau, maintenue fléchie par des fils d’araignées Jocobsa. Très résistant en tension le fil de Jocobsa mais ô combien fragile dès qu’on en approche la moindre flamme. Avec des dragons crachant à plein poumon, c’est la rupture instantanée assurée. Alors, les roseaux vont se détendre tout aussi violemment. Et, du bout des roseaux, les poches de poivres faro vont s’envoler droit vers les invités et pimenter leur arrivée. Très irritant, le poivre faro. Une pincée dans le coup et vous êtes bon pour danser le gigue jusqu’à ce que vous brûliez vos frusques, irrécupérables qu’elles sont. Alors plusieurs poignées droit dans les mirettes et au fond du gosier, et bien les dragons trouvent souvent ça trop épicé à leur goût. Allez savoir pourquoi ! En général, le premier à se manger les paquets s’en écrase directement, les autres passent nécessairement dans le nuage rouge qui se forme et perdent tout sens de l’orientation. Pour se libérer les bronches ils crachent leur feu à tout va, là faut se méfier et pas être trop proche pour ne pas se faire roussir. Par contre, les tonnelets d’huile de roche et de salpêtre, eux, ils sont pile dans leur périmètre, et les lézards se font vite couper la chique dans un joli panache chaud bouillant. L’arroseur arrosé, simple et efficace. Après, c’est juste une question de vitesse et de précision : quelques bonnes lancent acérées pour achever les créatures aveugles et blessées et l’affaire est réglée…


Justement le cri du belagar se propage sous les hautes herbes : les dragons sont en approche. Sept unités qui volent en rase-motte depuis l’Est. Ils ont mordus à l’appât des ornières tracées un peu plus tôt dans l’après midi. C’est tout l’avantage de chasser une proie qui se croit plus maline que les chasseurs : elle ne se méfie que rarement du danger… Les servants continuent leur comédie et attendent le dernier moment pour simuler la panique et rejoindre leurs armes et leurs montures gardées à bonne distance. Il faut du cran pour cela et les vétérans choisis pour ce rôle n’en manque pas. Ce n’est pas pour rien qu’on les nomme les amuse-ciels, car c’est tout un art que d’appâter les grands dragons pourpres sans se faire choper. Tout autour d’eux, camouflés sous les hautes herbes et sous leurs capes tressées de jonc frais et de tourbe humide, les autres membres de la tribu attendent patiemment. Chacun est à son poste et connaît son rôle. La chasse verticale est un art que maîtrisent les étroublois dès leur plus jeune âge. Il n’y a plus qu’à attendre.
Lorsque les dragons ne peuvent plus être ignorés, que le battement de leurs ailes retentit au dessus de la mer végétale en un grondement sourd, les amuse-ciels se mettent à hurler et s’éparpillent en tous sens en emportant les bêtes de trait dans une panique chaotique mais parfaitement rôdée.

Les dragons se suivent en formation serrée pour mieux concentrer leur feu. Déjà le premier ouvre grand sa gueule, prêt à incendier la colonne désertée. A la vitesse du vent, il arrose les premiers leurres suivit de près par ses partenaires. Un battement de cœur plus tard, son feu atteint les pièges à faro. Alors que les roseaux lâchent tous en même temps avec un bruit de ressort guilleret, les attrape-ciels lancent une nuée de bolas : pour chaque dragon, deux par aile et trois pour leurs longs cous si fragiles. Le hurlement du premier dragon étouffé sous le poivre et percuté par les projectiles résonne au travers de la plaine, immédiatement suivit par celui des six suivants qui, emportés par leur vitesse et harponnés de plein fouet par les bolas, plongent à leur tour dans le nuage urticant. C’est l’instant le plus critique pour les étroublois, le moment où le feu des créatures balayent les hautes herbes sur des brasses de terrain autour de la colonne et où chacun doit savoir quand attaquer et quand se réfugier sous sa cape protectrice. Un battement de cœur plus tard, les tonnelets d’huile et de salpêtre explosent, désarçonnant d’un seul coup trois seigneurs et coupant le souffle à l’ensemble de l’escadrille. C’est le moment pour les pic-ciels de talonner leurs karatchiks. Ils hissent les longs pieux de frêne et forment en un clin d’oeil une forêt de pics acérés en forme de fer à cheval, toute prête à recevoir les dragons désorientées et entravés. Le choc des énormes créatures contre la muraille de pic est terrible. La plus part des pieux explosent en une pluie d’échardes alors que six des sept créatures viennent s'y empaler en hurlant. La septième, quand à elle, a réussi à redresser avant le mur de flamme. Malgré les bolas qui lui entravent les ailes et la nuque, elle a réussit à se poser lourdement au-delà des pieux.
C’est alors l’instant de la curée. Pour les créatures enchevêtrées dans les pieux par les pics-ciels, la bataille est déjà perdue. Une horde d’homme se jette sur elles en brandissant leur lance. Les seigneurs des cieux, blessés, aveugles, sont impuissants sur ce terrain. Leur sort est vite réglé et leur sang imbibe la terre meuble, la transformant en une bouillasse puante.

Le septième dragon offre un combat plus subtil pour les hache-ciels, l’élite étroubloise chargée de régler ce genre d’écart au plan initial. Des filets sont lancés, plus rapidement que le seigneur ne réussit à trancher les liens qui entravent son compagnon. Tout autour de la clairière créée par l’atterrissage des deux daronoans, les hache-ciels poussent des cris stridents. Ils donnent l’impression d’être des centaines tapis derrière les herbes. Le Seigneur et le Dragon ne connaissent pas la peur, du moins ils ne savent pas la reconnaître dans leur cœur. La mise en scène insinue pourtant un feu glacé dans leurs veines qui engourdit leurs pensées comme un vin corsé. Le dragon, privé de la vue et de l’odorat, vomit son feu au hasard, ne réussissant qu’à roussir les herbes grasses. Le seigneur se tourne et se retourne sur sa selle, l’épée au clair, à la recherche de l’ennemi insaisissable.

Débute alors pour les hache-ciels la Danse du Valoroi, la danse du défi et de la bravoure. Les uns après les autres, les hommes surgissent des hautes herbes comme des démons. Le temps d’abattre leurs lourdes lances barbelées dans les flancs du dragon, ils disparaissent à nouveau sous le couvert de la végétation, emportés par leur puissant karatchiks. Celui qui réussira à percer le cœur du monstre gagnera les armes du seigneur. Le seigneur et le dragon tentent de se défendre, ils pirouettent, fouettent l’air au hasard à grand coup d’épée et de griffe, mais les hache-ciels surgissent toujours dans leur dos, insaisissables. Bien vite la créature s’épuise, se vide de son sang et de son souffle. C’est Gualomo, l’aîné de la famille Farande qui réussit enfin à porter le coup de grâce. Face au dragon, il surgit, plus rapide que l’éclair. Implacable, il plonge son arme droit dans le poitrail de la bête. Le coup est parfaitement asséné, le cœur est percé. La créature se cabre, pousse un dernier soupir et s’écroule, morte.

Gualomo descend alors de son karatchik et s’approche du seigneur orphelin. Celui-ci, les yeux rougis et emplis de larmes par le poivre faro ne voit que trop tard le coup de hampe qui lui brise le bras et lui arrache son arme. Epuisé, blessé, il s’écroule au second coup asséné en pleine poitrine.
- « Qu’êtes-vous ? » interroge le moribond dans un souffle rauque. « Nous sommes les Seigneurs-Dragons, maîtres des cieux irascibles. Par de simples mortels, périr est hors du possible… »
- Je suis Gualomo, ainé de la famille Farande, hache-ciel des Etroublois. Je ne suis qu’un homme mais tes armes sont désormais miennes.
- Etroublois dîtes-vous ? Ainsi bel et bien vous existez ? » Il ôte son gant et pose une main tremblante sur le flanc rugueux du dragon. « Quel arrogant j’ai été de vous croire simples créatures contées. La vie de mon maître cela m’a coûté, tout cela pour n’avoir pas vu la réalité…
- Nous n’existons pas, tu ne peux donc t’en vouloir. Rassure-toi, seigneur des cieux, tout ceci n’est qu’un cauchemar dont je vais t’éveiller.
Gualomo brandit la lourde épée du seigneur déchu. D’un geste fluide, la lame vole, accroche un instant les rayons des soleils. Fluide et implacable, la lame parfaite tranche nette la nuque du seigneur dans un sifflement feutré. Sa tête roule au sol, vient se loger contre les flancs de son dragon et maître. Ainsi périssent les maîtres des cieux dans les ombres des plaines. Les étroublois, quant à eux, ne s’attardent pas, en un instant, ils se sont évanouis dans la Mer Ondulante agitée par le souffle des légendes.


Dernière édition par aziraphale le Dim Aoû 09, 2009 8:01 pm; édité 2 fois
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé Envoyer un e-mail MSN Messenger
aziraphale
Commandeur


Inscrit le: 31 Mai 2007
Messages: 948

MessagePosté le : Mar Avr 05, 2011 8:38 am    Sujet du message : Répondre en citant

NoireHermine

Citation :
Coursiers Raîckorn

Beaucoup d'hommes et de femmes des Raîcklings sont venus rejoindre la bannière du Roi Pourpre dans sa lutte contre les Gobelyns. Leurs coursiers sont d'une célérité rare, et leurs bretteurs d'un talent certain. Éclaireurs nés, on les retrouve souvent sur leur terrain de prédilection, parcourant les plaines par lieues entières sur le dos de leurs fières montures.



"In Tenebris" La bataille de Jabfëllys Sylïn




Tout commença à Jabfëllys Sylïn, la forteresse des terres du Nord.
Le siège s'éternisait et devant le faible nombre d'assaillants, les armées Gobelyn décidèrent de faire une sortie pour briser les machines de sièges ennemies. Là fut la première erreur car le fourbe et pourpre est l'elfe...
Les lourds Sabots de la cavalerie de Charge des Crocs Obscurs faisaient trembler le sol et soulevaient la poussière, masquant leur nombre.
De ce qu'il voyait au loin, la cavalerie Pourprelfique ne semblaient pas si nombreuses, les machines de siège avaient fait des dégâts importants, mais elles étaient des géants aux pieds d'argiles, là était leur faiblesse, les troupes pour les défendre n'étaient pas en nombre suffisant. La charge briserait les défenseurs, car privées de servants, les machines de morts qui égrenaient leur projectile sur les murs de la cité millénaire ne seraient plus utiles.



Puis...Soudain !
Tous furent surpris de voir la cavalerie adverse stopper son galop et ralentir pour finalement s'arrêter, s'écarter et laisser un long couloir d'où semblait surgir une petite troupe de cavaliers.


Parfait ! ils semblaient diviser leur forces, la tache n'en sera que plus aisée...
Là fut la deuxième erreur, car les pourprelfiques avaient donc deviné qu'il tentait de casser le siège avec la charge extérieure, mais les quelques centaines de mètres qui séparaient Les Crocs obscurs lancés à pleine vitesse ne suffiraient pas pour qu'ils organisent un repli stratégique pour protéger les Trébuchets et Catapultes.
Ils savaient que leur attaque surprise déstabiliserait les assaillants. Alors tous hurelèrent : Plus vite, Au galop, Chargeeeezzzz !!!
Alors, d'un geste maintes fois répété, Le commandeur pourprelfique ordonna aux 40 Coursiers Raîckorn de se mettre en ligne face aux 400 crocs obscur.
Ayant déjà abandonné leur boucliers qui entraveraient leur mouvement, les cavaliers sortirent les deux épées courbes de leur dos et tout en tenant les rennes fermement, ils chargèrent de face la cavalerie lourde, percutant à pleine vitesse les rangs ennemis en se baissant sur leur selle pour être au plus bas, à hauteur de hanche....



UN MASSACRE !
tels furent les mots des témoins...ce fut le massacre de Jabfëllys Sylïn !!!






Mais la déroute fut totale, car les défenseurs firent la troisième et la plus dramatique des erreurs...
Comme prévu les coursiers avaient feint de se replier et avaient entrainé les Crocs obscurs vers les catapultes, mais au sommet d'une butte se levèrent et surgirent en ligne les Archers Sertiliens qui tirèrent sur les poursuivants...
mais aussi sur les coursiers rescapés qui avaient entrainé la cavalerie adverse. Les flèches trop nombreuses touchèrent tout le monde comme une pluie de mort venue de l'enfer, et l'on voyait ça et là les chevaux sans cavaliers, qui trottinaient dans la poussière et le vent.
Puis soudain le silence...
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé Envoyer un e-mail MSN Messenger
aziraphale
Commandeur


Inscrit le: 31 Mai 2007
Messages: 948

MessagePosté le : Mer Déc 14, 2011 8:43 pm    Sujet du message : Répondre en citant

pitoula:
furetion : cavalerie légère


Citation :
Les furetions
Les furetions sont des Loups moins féroces que les autres, mais non moins rusés. Constituant une bonne partie des rangs de la cavalerie légère des armées louves, ils officient toujours en bordure et sur les frontières, tour à tour éclaireurs, contre-charge ou harceleurs des premières lignes ennemies. Doués d'un certains sens de la répartie et de l'humour gras, ils sont aussi maitres d'oeuvre des ambiances tonitruantes des tavernes louves, mais leur frêle constitution les fait souvent fuir les coups de battoir dangereux des femelles louves, auxquels ils préfèrent une bonne monture et une bonne bataille bien organisée.


Bataille de Dëlëgän Sylïn : Harcèlement des 1ères lignes

Voici comment la bataille de Dëlëgän Sylïn fut rondement menée.

Nous arrivons sur place, une petite armée gobeline a pris place au pied des remparts. Quelle erreur stratégique, s'offrir ainsi en laissant une si petite garnison derrière eux.

Pendant que nos troupes s'affèrent à monter nos engins de siège. Nos cavaliers vont et viennent en escadrons au plus près de la limite de portée des archers adverses. Ces cavaliers frappent sur des cymbales situées sur la croupe de leurs montures. Parfois, ils envoient en plus quelques uns des leurs "défier" au plus près les lignes adverses. Ils assènent des coups qui s'avèrent individuellemet énervants.

L'objectif? Faire craquer un ou deux mecs, dont la nervosité les fera tirer et user leurs munitions : l'effet est toujours contagieux. Il en va de même des fantassins, si un petit groupe craque et passe à l'assaut, malgré leurs chefs, il y a des chances que toute l'unité décharge, par contagion ou parce que chacun croit que l'ordre a été donné et qu'ils ne l'ont pas entendu (certainement à cause de ces satanés percussions).

Une vingtaine de minutes après, c'est ce qui arrive. ils sont trop nerveux, deux series de traits partent des archers, quelques furetions tombent. Pensant avoir l'avantage, leur infanterie charge.

Discrètement à l'abri derrière de simples mantelets, nos cavaliers lourds attendent la charge. L'effet de surprise et l'effet de masse est décisif. Alors des taches de couleur apparaissent sur les fonds de pantalons de nos adversaires ....

Mais ça c'est une autre histoire...
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé Envoyer un e-mail MSN Messenger
aziraphale
Commandeur


Inscrit le: 31 Mai 2007
Messages: 948

MessagePosté le : Lun Mar 19, 2012 1:13 pm    Sujet du message : Répondre en citant

Nom : Skatlan

Description :
Citation :
Valets de feu

Ces cavaliers sont issus des rangs des Faiseurs de Feu, qui tiennent un poste primordial dans la hiérarchie forgeronne Daronoans. Capables de s'embraser ou de créér des flammes quasiment ex-nihilo, ces valets sont de véritables boutefeux ambulants, incendiant tout ce qu'ils touchent, comme si tout autour d'eux devait être destiné à brûler !



Conte Daronoan

Dans les Basses-Braises et autres forges légendaires jouxtant le fleuve carminéral Kodrion, les enfants pourpres, dans leurs obscures et chaudes cavernes, se disent parfois le conte de Carmilan, le plus célèbre et fantasque Valet de Feu.

Il se contait que Carmilan, alors apprenti à l'humble forge de sa mère , vint à rencontrer, au détour d'une cave mal féodée, un lokitain venu de si près.
Ce petit diablotin, fils du feu et d'esprit malicieux, gambadait de rire en pierre, et de pierre en rire, narquois et goguenard sous sa longue chevelure de feu. Il s'appelait Fâlge, et feu-fôlatrait souvent dans ces maigres contrées.
Son corps frêle de chair fumante rebondissait de couloir en caverne, jusqu'à trouver séant Carmilan ma foi fort perplexe et gêné.
- Voilà bien une rencontre mal avisée, cher daronoan !
- Que ne le sais-je et le regrette déjà, chagrin passant, lui fût rétorquer par l'ombrageux Carmilan.
- Mais que vois-je, des mains de sang ? Se puisse-t-il que tu sois valet aspirant ?
- Fi et fuis, vil lutin, cela ne te regarde nullement !
Carmilan sentait bien venir son vis à vis, à l'esprit retors et aux tours conséquents à l'envie.

Hélas, tournant autour de lui, la cave s'illuminant, et masquant la sortie, le lokitain le forçait à réparties.
Le fâcheux bondissant poursuivit :
- Les valets de feu prétendent aux flammes, et qui domine feu domine Fâlge. Que dirais-tu d'un petit jeu, voir de qui les prétentions font elles le plus beau flamboiement ?
Carmilan ne répondit pas, mutin immense face au lutin intense.

Icelui prit ceci pour acquiescement :
- Alors commence donc, grand méchant, montre à l'enfant de lave ta brûlante passion !
Ainsi Carmilan s'exécuta, frottant les mains, mouvant ses doigts. De ses poudres et son cuir, il tira un brasier qui la pierre alentour fit reluire.
Fâlge partit d'un rire, aussi animé que sa chevelure furieuse :
- Bravo, bravo, bouillant damoiseau ! Tu ferais presque fondre la pierre, de tes talents d'oiseaux !
Carmilan ne répondit pas.
- A moi lokitain de t'apprendre, alors, l'humilité de ceux qui sont nés roche face à ceux qui viennent du coeur !
Et aussitôt le faquin lutin se mit à bondir, sauter, virevolter, et ses cheveux à pousser, pousser, pousser !
Un ruban de flammes sans nul autre pareil, vint liquéfier la cave tout autour du chevalier vermeil.
Tout autour, Fâlge courut, à demi-fou, jamais repu, riant, sautant, rebondissant et se cognant, dans les ténèbres vaincues, maintenant soleil aveuglant.
La peau de Carmilan séchait et se globulait, mais lui ne cillait, et patient, attendait.
Quand tout ne fût plus que fer rouge sur ses épaules, et que le lokitain l'eut oublié, bercé de ses propres gaudrioles, l'elfe pourpre se déploya, un écran de radiance pour auréole.
Sa main se tendit, et attrapa le feu-fol, désormais inattentif et perdu dans ses propres flammerolles.
Au garrot il serra le poing, et contre un mur assomma violemment le dangereux taquin.
Feu s'éteint, cave mollit, et la peau de Carmilan revint du rouge au gris.

Fâlge reprit conscience quelques temps plus loin, et deux cavernes plus bas, et fût bientôt surpris de la situation ici là.
Attaché, menotté, d'une céramique renforcée, il avait été baillonné, et dans l'humble forge enterré.
Sa tête dépassait, et de ses yeux dans le brasier, il regardait Carmilan, à présent bien souriant :
- Tu as gagné, noble Fâlge ! Je te le concède, je m'y engage : tu es le meilleur brasier qu'ait jamais vu les mages !
Ainsi finit l'histoire, de Carmilan et de Fâlge.
Le lokitain flamba et enragea dans des proportions épiques, tant et si bien que la forge obtint une réputation fantastique !
On y forgea les plus belles lames et les plus dures armures, et si Fâlge s'assagissait d'aventure, la seule visite de Carmilan relançait sa brûlure !

Note alors bien, elfe en devenir, que rien ne sert d'affronter les lokitains, il faut les laisser venir !


Dernière édition par aziraphale le Lun Juil 02, 2012 3:12 pm; édité 1 fois
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé Envoyer un e-mail MSN Messenger
aziraphale
Commandeur


Inscrit le: 31 Mai 2007
Messages: 948

MessagePosté le : Lun Mar 19, 2012 1:27 pm    Sujet du message : Répondre en citant

Pseudo : Kolaru

Types d'unités :

1. Harceleurs
1.1. Vigilants Daronoans


Citation :
Les vigilants sont des ombres parmi les ombres. Yeux et oreilles du Roi Pourpre, ce sont des soldats d'élite envoyés au quatre coin de Saïhan, infiltrés depuis des dizaines d'années dans toutes les grandes places de ces Terres. Quand le Roi Pourpre déclara la Grande Guerre contre les gobelyns, un nombre incroyable d'ambassadeurs et de gouverneurs sous influence gobelyne périrent subitement un peu partout dans le nord de Saïhan...


1.2. Folgrans

Citation :
Même si très peu de Daronoans vivent dans les marais, par rapport à l'étendue de leur nation, il s'y en trouve quand même un certain nombre.
Plus léger dans leurs armures, plus mutins et moroses encore dans leurs moeurs, ils s'adaptent à la dure vie des marécages.
Mais depuis quelques temps, les nouvelles venant de l'Ouest sont inquiétantes. De plus en plus de Daronoans y sombrent dans la démence. Ces 'fou-gris', ou Folgrans, comme on les appelle, deviennent incontrôlables, dangereux, et surtout très violents. Une goutte d'eau imperceptible dans une guerre carnassière, où les Folgrans ont trouvé tout naturellement leur rôle d'assassins féroces...


2. Cavalerie légère : Portecteur Tarpans

Citation :
Lorsque les Daronoans s'étendirent vers l'Ouest, ils furent arrêtés par l'hostilité des contrées marécageuses sauvages. Le peuple pourpre n'ayant pas velléités de conquêtes stupides, ils se contentèrent d'une alliance culturelle et politique avec les nobles et bons Tarpans, un peuple de centaures s'étant habitués à la vie dans ces lieux chaotiques et grouillants de dangers. L'alliance fut toujours aussi dure que le plus pur alliage des Grandes Forges : les Tarpans et les Daronoans s'estimaient, et se respectaient profondément. Les Tarpans gardent les elfes des incursions des marais, et les Daronoans gardent les Tarpans des incursions venues des montagnes. Les Protecteurs Tarpans sont en première ligne, défendant avec vaillance et fierté l'alliance de leurs nations.


3. Infirmiers : Aryales

Citation :
Des bois secs et paisibles que l'on peut parfois étrangement trouver au fond des marais de l'Ouest, les dryades ont envoyé une nouvelle aide aux Sharras, en vertu de leurs alliances ancestrales et secrètes.
Les Aryales sont apparues dans les camps gobelyns, prodiguant soins et attentions aux plus souffrants et démunis des guerriers de Wysfäll et de leurs alliés, tel un songe étoilé d'automne...


4. Créatures : abominations des marais

Citation :
Le Magyön a mis beaucoup de créature au service des gobelyns. Les abominations des marais, vagues humanoïdes faits de boue, de terre et de vase mêlés, en font partie. Très lents et mugissants sans cesse, ils sont néanmoins d'une résistance incroyable, probablement dûe à l'absence de réels organes dans leur corps spongieux et dégoulinant.


5. Monstres : Covenants

Citation :
Les alliés des Sharras sont puissants, anciens et souvent totalement inconnus des autres nations peuplant les Terres de Saïhan.
Les Covenants peuvent se targuer d'être encore une rumeur à peine murmurée dans les enclaves Louves ou les cours Daronoans.
Mais comment pourrait il en être autrement, alors que ces arbres-monstres étranges n'ont jamais laissé le moindre survivant à leurs attaques ? Même les gobelyns les considèrent comme un mythe venus d'histoires anciennes, parlant de leurs oeuvres de destruction horrifiantes lors de guerres sans nom...


6. Autre : Carnâan Wurm

Citation :
Le Carnâan Würm est une incarnation naturelle du Magyön, un phénomène étrange, fantastique et lugubre engendré par la Mort et la Destruction en trop grand nombre. La Nature elle même se rebelle contre les forces bellicistes qui souillent la terre de leurs milliers de cadavres, ruinent par dizaine les forteresses de ce monde et déséquilibre les cycles naturelles de la mort comme de la vie. Les nuages noirs s'amoncellent, cachant sans fin l'éclat du soleil, des éclairs rouges sangs zèbrent le ciel, et une pluie maussade tombe sans discontinuité, des semaines durant, au-dessus des contrées ravagées par la guerre, rendant moroses et désespérés les combattants, affaiblissant leurs âmes comme leurs bras vengeurs, rétablissant dans une tristesse infinie une paix précaire sur des terres désolées, sous une tempête de cauchemars lugubres...


-------------------------

Folies de l'ouest

Les gobelyns n'avaient pas attendu la clarté gémissante du matin pour s'affairer. Ils avaient déjà presque finit de démonter leur camp provisoire lorsque le soleil se leva laborieusement sur le marais, pareil à un vieil homme malade.

Pour guetter les éventuels dangers du lieu, les officiers gobelyns avaient assignés des sentinelles à la garde du camp. Ao et ses vigilants n'étaient qu'à quelques mètres d'eux, dissimulés par les ombres, la brume et les buissons. Lorsque l'occasion se présenta, Ao imita un cri d'oiseau en guise de signal. Plusieurs dizaines de silhouettes pourpres filèrent furtivement hors de leur cachette pour frapper les guetteurs. Aussitôt qu'ils s'effondrèrent, les vigilants se fondirent à nouveau sans un son dans la pénombre, effaçant toute trace de leur forfait.

Un léger tremblement se fit alors entendre, qui se transforma en grondement lorsqu'il dépassa Ao et ses soldats : une autre troupe, un important contingent de Tarpans, avait aussi entendu le signal. Ils chargèrent sans pitié les gobelyns en sous nombre, surpris souvent désarmés. Le choc fut brutal et bref. Les Protecteurs Tarpans démontrèrent leur habileté, tuant de leur lourde hache comme la peur tue l'esprit et se protégeant de leur rondache comme l'honneur protège de la faiblesse. Ils semblaient de vivantes incarnations de la noblesse, droits, fiers et implacables, ne laissant aucun obstacle se dresser sur le chemin de leur charge, le chemin de leur devoir. Il ne leur fallut qu'un instant d'effroyable fracas pour qu'aucun soldat gobelyn ne soit plus debout, abattu par une hache tarpan ou piétiné par leurs lourds sabots.

Une fois celle-ci regroupée, le centaure qui menait la troupe se retourna vers Ao qui l'interpelait :

— La Lyre Kolaru vous attend, Cerwyn, ne tardez pas. Nous allons nous occuper des blessés.

Même si quelque chose dans les manières d'Ao le gênait, l’intéressé ne trouva rien à redire à ces instructions. En temps normal, l'honneur lui aurait dicté de simplement désarmer ses adversaires vaincus, laissant le marais maître de leur sort ; mais les temps n'étaient plus normaux, ne pas achever un guerrier agonisant revenaient à prendre le risque funeste de recroiser sa lame fringante sur un autre champs de bataille. Cela ne pouvait être par des temps aussi cruels. Résigné, Cerwyn hocha de la tête et s'en alla au trot rapide, suivi de ses guerriers.

Lorsque la rumeur de leur cavalcade s'estompa au loin, il n'y eut plus comme bruit que le gémissement des blessés. Les vigilants étaient désormais à nouveau invisibles et muets. Tout juste une flèche venait-elle abattre de temps à autre un gobelyn moins gravement blessé qui tentait de se redresser.

Ao et ses soldats attendaient.

Ils attendirent sans broncher toute la journée. Sans manger, sans boire, apparemment sans même respirer. Ce n'est que lorsque le jour commença à agoniser que leur attente fut enfin récompensée. Avec une douceur proprement invraisemblable, elles apparurent. Créatures éthérées et gracieuses, encore embellies par la rousseur du crépuscules, les Aryales avaient été attirées par la souffrance qui suintait des estropiés et des mourants. Chacune d'elles était un joyau de la nature, un être parfait taillé dans la beauté la plus pure, compatissante et bienfaisante. Leurs yeux divins reflétèrent une larme en voyant la douleur de leurs alliées, qui coula sur leur joue nacrée. Tout être doué de sentiments ne pouvait ressentir cette larme luisante de féérie brisée que comme un crime odieux et impardonnable.

Ao et sa troupe n'étaient plus vraiment de ceux-là, inflexibles il laissèrent les nombreuses Aryales, deux centaines au moins, pénétrer doucement dans le camp. Une fois prise au piège l'hallali fut ordonnée et tout ne fut plus que carnage et vacarme.

Les lames Daronoans brisèrent les perles du Magyon. Horrifiées par la brutalité de l'assaut et se réalisant confusément condamnées, elles hurlèrent à la mort. Des cris déchirants qu'on aurait cru capables de fissurer les cœurs les plus durs ; cependant, rien n’arrêta le carnage dément des Aryales. Ivres de rage et de violence, les Daronoans fous ne s'interrompirent que lorsqu'ils eurent du sang jusqu'aux chevilles et que la dernière Aryale fut égorgée ; alors, levant les yeux au ciel, ils remarquèrent la noirceur de ses nuage et la pluie sombre qui ruisselait sur leur armure souillée. Ao fit quelques pas avec difficultés, car il s'enfonçait dans le sol rendu boueux par le sang et la pluie. Tout cela était malsain. Entre ses dents, il murmura :

« Carnâan Wurm... »

Il regarda autours de lui, tous avaient la même posture, hagarde, lugubre. Le sol avait quelque chose d'étrange également, on l'aurait dit agité de vagues remous nauséeux. Lentement des corps approximativement humanoïdes émergèrent. Des abominations. Ao éclata d'un rire cynique, ces créatures grotesque étaient donc tout ce que le Magyon avait pour venger ses précieuses Aryales ? Repris par l'esprit du combats, les vifs vigilants entreprirent de dépecer leurs presque inoffensifs adversaires, un sourire malsain caché sous leur casque : ces Daronoans jubilaient sans réserve de cette débauche de violence qui reprenait.

Soudain un craquement terrible attira l'attention d'Ao. Des ombres gigantesques approchaient à travers les arbres, à une vitesse effarante : Ils surgirent hors de l'ombre pour faucher les soldats pourpres. Ils étaient des chimères monstrueuses et mouvantes, entrelacs d'écorce et de chair ; de leur carcasse géante jaillissaient des lianes et des racines qui broyaient les Daronoans ; leurs multiples membres leur permettait une arabesque de mouvements arachnéens et agiles, auxquels échappaient difficilement les vigilants, pourtant extrêmement rapides.

Malgré tout, toujours grisés par les massacres précédents, Ao et ses soldats se lancèrent sans réfléchir dans le combat contre ces titans qui les brisaient si facilement. Ao évita de justesse un bras dantesque qui le visait. Il riposta en le tranchant d'un terrible coup de hache. Du sang l'éclaboussa aussi noire que la haine, qui coulait d'ailleurs sans doute dans les veines de ces monstruosité et les animait aussi rageusement. Ils ne laissaient aucun répit au puissant Chevalier-Lyre qui rendait coup pour coup, qui bondissait avec superbe entre Eux, esquivant leurs assauts et frappant leurs corps dantesque de sa lame effrénée. Ao avait réussit à abattre trois de ses adversaires lorsqu'un coup fulgurant l'atteignit à l'épaule, le faisant s'écraser dans la boue. Le choc infligé alluma une étincelle de lucidité en lui : il remarqua que la plupart de ses compagnons avait été transformés en cadavres désarticulés et que la dizaine de survivants étaient condamnés au même destin dans un avenir proche. L'évidence le frappa : sa seule chance de survie était la fuite. Ce n'était pas encore acquis, cependant.

***

La Lyre Kolaru et le Chef Cerwyn était au créneau. Une silhouette ténébreuse s'approcha de la porte de la citadelle. Lorsqu'elle plongea dans le halo de lumière des torches plantées autours de l'enceinte, ils reconnurent brutalement Ao. Toute son armure était noire, couverte d'une sorte de fluide visqueux qui coulait maladivement sur le sol, par ailleurs ses protections était défoncées à maintes endroits. Il était tête nu et laissa apparaître un sourire carnassier en voyant le Tarpan et sa cousine.

— J'ai échappé à des Covenants ! Des Covenants ! hurla-t-il, vibrant de fierté.

Kolaru ordonna qu'on lui ouvrît la porte et s’adressa à Cerwyn sombrement :

— Vous aviez vu juste, il est changé... il est devenu...

La voyant hésiter, Cerwyn conclut à sa place, fermement.

— Folgran.
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé Envoyer un e-mail MSN Messenger
aziraphale
Commandeur


Inscrit le: 31 Mai 2007
Messages: 948

MessagePosté le : Sam Juin 30, 2012 12:10 pm    Sujet du message : Répondre en citant

Nom : Skatlan
Unité : Centaures gobelyns
Type : Cavalerie légère


Silume le centaure gobelyn approchait du haut de la colline.
Son corps luisait légèrement transpiration, dûe à l'ascension comme au soleil rayonnant de ces prairies vallonnées.
Le bosquet regorgeait de vie. Des insectes grattaient, les arbres poussaient, et des buissons éclataient en couleurs chatoyantes sur les têtes perçantes d'une herbe infinie, cachant une faune gracile et sauvage.
Tous tournaient autour du fourneau paisible qu'était le corps de Silume en effort, ses muscles noueux l'emmenant à chaque pas plus près du sommet dégarni de la Colline au Mort.

Un banc de pierre s'y trouvait, ainsi que les restes d'une petite tour étrange, guère plus grande qu'un homme.
Le soleil baignait ce sanctuaire enchanteur et fort simple d'apparence, mais où Silume venait chercher une sagesse singulière.
Silume s'interrogeait sur ce qui venait "après", et qui de mieux qu'un Mort pour le renseigner ?
Il est des choses qu'aucun gobelyn ne connait, qu'aucune Sharra ne perçoit.
Parmi ces Créatures de Vie, la mort est un mystère.
Et les gobelyns savent tant de choses qu'on ne peut qu'être surpris de leur ignorance.
Créatures magiques par essence, bien peu de gobelyns s'interrogent sur cet angle mort de leur nature profonde.
Bouillonnant d'énergie et de vie insufflées par le Magyön, leur esprit pointe droit vers l'existence, et rarement sur son absence.
Se renseignant parmi ses pairs, Silume ne trouva aucune réponse à ces interrogations.
Il ne se fit que quelques Sigisbées, pour lui parler des arcanes chtoniennes, et des énigmatiques Fercs, les hommes-cerfs, rencontrant parfois au hasard des Chemins Secrets que seuls les élus gobelyns et les Sylkions savent arpenter.

La nature des Fercs est inconnue, leur domaine, ignoré de tous, mais les choses qui ne vivent plus sont chez elles en le royaume de ces puissants cervidés.
Une piste était apparue, toutefois. Parmi les traces laissées sur les Sentiers Perdus, quelques uns revenaient toujours en haut de la colline.
Les Sigisbées y étaient allés.
Et en haut de la colline se trouvait un des guerriers des Fercs, celui que ses pairs appelaient le Mort.
Un être qui n'était plus, et qui pourtant est.

La queue de Silume fouettait l'air de nervosité, ses sabots claquaient sur quelques pavés, dispersés ça et là dans l'herbe, vestige de l'édifice de pierre qui avait dû se dresser là longtemps auparavant.
Un oiseau chantait doucement le printemps. D'autres lui répondaient.
Silume le vit.
Ou plutôt le remarqua.
Ce qu'il avait pris pour une petite tour ouvragée était en fait un squelette d'homme, prisonnier de lierre et de mauvaises herbe, dépassant à peine d'une petite maçonnerie en ruines et des végétaux foisonnant tout autour.
Mâchoire pendante, crâne vers le ciel, dos voûté, os brunis par la terre, la tombe et le soleil, on ne voyait guère encore que son buste, le reste se perdant vaguement dans la nature.
Un pied dépassait de sous un buisson, le reflet d'une lame ancienne et ternie laissait deviner un bras, le Mort avait une pause achevée, qui n'appelait à aucune interrogation sur sa présence, ou son absence. Il faisait partie du sanctuaire, et c'était tout.
Silume ne s'y trompait guère, car on l'avait prévenu : l'être était tout ce qu'il y a de plus vivant.
Il appartenait juste à un autre monde.

Rien qu'à l'observer, ainsi immobile, on se demandait qui pouvait remarquer le caillou, le brin d'herbe, ou le rameau, parmi tant d'autres et dans le paysage.
Le Mort était pareil : juste là, partie intégrante d'une vision anodine.
Nulle surprise à ce que ni les gobelyns ni les Sharras ne les remarquent vraiment, depuis des millénaires.
Ce mort ne faisait pas partie de Ce Qui Vit, mais d'un autre royaume : Ce Qui Est.
Et encore... à bien le regarder, s'approchant doucement, Silume comprenait sans vraiment le cristaliser qu'il y avait là une tricherie à l'oeuvre.
Le Mort n'aurait pas dû être. Pourtant, il était.
Ce n'était pas un mensonge, mais... mais quelque chose lui échappait. Comme une loi évidente, permanente et absolue que l'on aurait jusque là ignorée.
Comme si quelqu'un était venu ici, et avait inversé le ciel et la terre, lui montrant qu'il était possible de le faire, alors même que Silume n'y aurait jamais songé ou jamais cru.

Sans avoir bougé le moins du monde, Silume sentit que le Mort le regardait.
Les orbites vides et braquées sur l'espace, personne n'aurait cru cela possible, mais Silume le sentait aussi clairement que si de vrais yeux se tournaient vers lui.
Le centaure n'avait pas peur, le Mort était paisible et attendait qu'il s'exprime, il le sentait.
Le squelette avait désormais une présence incroyable, au sein du sanctuaire.
Pas étouffante ni rayonnante, mais il semblait juste à présent plus réel que tout ce que Silume avait jamais pu concevoir.
Il aurait dû être surpris de ce changement d'état subtil mais terrifiant dans la nature des choses et de ses convictions, mais Silume était gobelyn, et les gobelyns lisent dans le Magyön.
Le Magyön n'avait absolument pas bougé autour du mort, il n'y avait eu ni vibration, ni coupure, ni changement.
Le Mort n'était pas là, puis il était plus là que Silume ne le serait jamais.
C'était une perspective étrange, que cette tricherie avec le réel...

Néanmoins rassuré et solennel, Silume inclina sa tête et ses membres antérieurs : "Chaudes larmes et salutations, paisible Mort."
Le squelette baissa la tête vers lui de la même manière, remuant les feuilles accrochés à ses os, comme de la plus normale des choses : "Murmures des Solyans, Gobelyn."
La voix était chaude et humaine, sans pour autant jaillir d'aucune gorge.
Silume savait qu'il aurait dû être apeuré, méfiant ou simplement surpris, mais il n'arrivait pas à l'être.
Il était plutôt excité de cette rencontre incroyable.
Aussi il démarra la conversation pour laquelle il avait galopé jusqu'à ce mont et l'avait escaladé :
"- Les Sigisbées de mon sang m'ont servi à vous, sir Mort, car ce qui suit la Vie obsède mon esprit.
- Accroche tes questions à l'énigme que je suis, dans ce cas, car je suis et pourtant tu ne le sais pas", répondit le Mort.
Silume pris quelques secondes pour réfléchir.
Le Mort ne bougeait plus qu'au gré d'une brise légère, de nouveau décor insouciant, aux orbites pourtant braquées sur lui.
Il prit son inspiration : "Qu'y a-t-il après la mort, noble sir ?"
Seule la mâchoire ocre à demi-fossilisée bougea : "Il n'y a rien."
Silume tiqua :
"- Rien ?! ... Mais pourtant.... vous êtes !
- Que suis-je ? Rétorqua rhétoriquement le Mort.
- Je ne sais quoi en penser...
- Alors entend-moi : les gobelyns ne perçoivent que leur point de vue de ce que vous appelez Magyön...
- Saurions-nous dans l'erreur ?
- Non pas...
- Ne nous connaitrions qu'une partie du Magyön, alors ?
- Non pas. Votre vérité est réelle, complète, et unique, mais la réalité se regarde parfois par d'autres yeux...
- Je ne comprends pas, alors, où vous vous situez...
- Au même endroit, mais les vivants n'ont pas les sens nécessaires pour nous voir.
- Alors, notre savoir est bien parcellaire ?
- Non pas, il est juste autre... Le monde et ta connaissance seraient-ils différents si tu entendais ce que tu vois, et que tu voyais ce que tu goûtes ?
- Je suppose que non.
- Nous sommes les trous entre les instants, ne cherchent pas ce que tu ne peux appréhender. Pour ce qui te ronge, la réponse est ainsi : il n'y a rien après la vie.
- Alors qui es-tu ?
- Je suis Iiule de Meraxas, chef rebelle en exil dans l'Empire Solaire. Je viens des contrées Pérénies, très loin vers l'Ouest de ces terres... mais tout cela a disparu, des coeurs, des corps et des mémoires mortelles, je le crains.
- L'Empire Solaire... cela date de millénaires avant ma propre naissance. Je suis désolé, je ne connais pas les Pérénies.
- Cela importe peu, à présent, car ce n'est pas "maintenant".
- Qu'es-tu, s'il m'est possible de le comprendre ?
- Je suis un jeu de miroir avec le temps. Je suis un "moment" absolu. Les Fercs ont distrait le Magyön de mon passé, et occulté de leurs arcanes mon avenir. En ravivant mon souvenir dans le chant du Magyön, je cesse de ne plus être, pour à jamais ne pas devenir.
- Tu as donc été rappelé... Mais qu'est-il advenu de toi, durant ces millénaires ?
- Rien.
- Tu n'étais nulle part, et tu es revenu ?
- Non pas. Le temps n'est pas un fleuve qui s'écoule, Gobelyn.
- Tu serais donc immortel ? Ou bien les Fercs le seraient-ils, s'ils échappent au temps ?
- Pas le moins du monde, et personne n'échappe au temps.
- Je ne comprends pas ta nature, ou ce qui t'anime...
- Tu n'as pas l'esprit pour en être capable, je le crains. Une magie chtonienne est à l'oeuvre, ici, prie les aïeux de ne jamais en connaitre la signification.
- Etes-vous maudit ?
- Bien au contraire, je suis béni.
- Le serais-je un jour ?
- J'en doute, tes instants sont trop noueux et meurtriers pour cela...
- Mais vous avez dit être un chef rebelle. Vous avez bien dû tuer durant ce règne, non ? Des sembables, des ennemis, des consciences étendues ?
- Des millions, oui..."

Les yeux du Mort commencèrent alors à s'illuminer.
Silume sentit la présence du squelette se faire plus réelle encore, plus dense, plus... lourde.
Il recula précipitamment, il avait l'impression de tomber en avant, droit sur le squelette.
Ce Mort avait été un seigneur de guerre sanguinaire, en son temps, Silume pouvait presque entendre les hurlements de royaumes entiers, dans l'impossible immobilité de cette gargouille d'ivoire brûlé.
Le monde semblait s'écrouler sur cet être qui n'existait pas, alors même que rien ne bougeait, et que pas un insecte n'interrompait sa course folle à la Vie.
Ne le voyaient-ils pas ?? Les oiseaux ne le percevaient-ils pas ?? Comment pouvaient-ils encore voler, dans ces instants éclatés où toutes les perspectives concentraient leurs points de fuite vers les yeux de ce mort ??
Un poids si démesuré... qui soudain disparu.
La petite tour revint dans le décor, Silume eut l'impression de se réveiller, alors même qu'il n'avait pas dormi.

Il avait eu ses réponses, mais derrière elles s'en cachaient encore d'autres, pour lesquelles il n'avait pas conscience d'avoir posé la moindre question.
Il s'enfuit de la colline au Mort en galopant aussi vite qu'il pouvait.
D'autres choses arpentaient les Chemins Secrets...
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé Envoyer un e-mail MSN Messenger
Montrer les messages depuis :   

Ce forum est verrouillé; vous ne pouvez pas poster, ni répondre, ni éditer les sujets.   Ce sujet est verrouillé; vous ne pouvez pas éditer les messages ou faire de réponses.    La Taverne de Nantys Cairn Index du Forum -> Concours de Background / Castels Voir le sujet précédent .::. Voir le sujet suivant
Toutes les heures sont au format GMT

Page 1 sur 1

 
Sauter vers :  
Vous ne pouvez pas poster de nouveaux sujets dans ce forum
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Vous ne pouvez pas éditer vos messages dans ce forum
Vous ne pouvez pas supprimer vos messages dans ce forum
Vous ne pouvez pas voter dans les sondages de ce forum


Powered by phpBB © 2001, 2005 phpBB Group
Traduction par : phpBB-fr.com
Template by ..:: SGo ::..