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La Grande Arène - Infanterie lourde

 
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aziraphale
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MessagePosté le : Lun Nov 30, 2009 11:50 am    Sujet du message : Répondre en citant

Erohaon

Citation :
Serserins

beaucoup de gobelyns ne sont jamais sortis des forêts qui les ont vu naître. Plus proche des Sharras, de la Nature et du Magyön que n'importe quel autre créature, ils deviennent de véritable demi-faune : moitié gobelyn, moitié végétal, dans une alchimie fantastique que bien peu obtiennent le droit de contempler. Les Serserïns forment une caste guerrière d'élite, parmi les guerrier d'Arnäs et les protecteurs des Sharras. Ils savent nager à travers la roche et la terre, et émerger des frondaisons dans une furtivité insaisissable, et appliquent la loi des Sharras avec fougue et passion, le bruissement des feuilles accompagnant seulement la chute de leurs ennemis.


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aziraphale
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MessagePosté le : Lun Mar 19, 2012 1:30 pm    Sujet du message : Répondre en citant

pitoula:
piquiers : infanterie lourde
feulards et fangeux : infanterie légère


L'art de créer l'esprit de la meute


Citation :
Piquiers

Les Loups ont beau aimer le sang et la guerre, ils n'aiment pas la mort pour autant. Mettre un mètre cinquante d'acier trempé tranchant entre soi et l'ennemi leur permet de parvenir plus souvent à leur fin....


Citation :
Feulards

Dans les déserts où les ressources se font toujours vite rares, cela fait un moment que les armées louves ont appris à s'adapter. Les gorgerins vivants là depuis pas mal de générations ont depuis longtemps troqués leurs armures, pour mieux aiguiser leurs crocs et leurs lames ! Ces 'feulards' ont fait la réputation des Loups en territoire désertique, où les rumeurs commencent à naitre ici et là, mettant en garde contre ces groupes d'hommes en maraude, au teint sale et aux manières plutôt rustres !


Citation :
Fangeux

Le peuple Loup a la guerre dans le sang et les pieds dans la boue. Les fangeux en sont l'expression la plus épurée : paysans crotteux et querelleurs, ils aiment aller piller et ravager des contrées entières sous les ordres des mâles dominants, bien que la plupart d'entre eux ne résistent que rarement aux premières batailles...



Citation :
Harulgund

Harulgund est un demi-elfe colossal, et un des plus grands Seigneurs de Guerre Loup de notre ère. Toutefois, les intrigues incessantes de Burvorg l'ont poussé à bâtir son royaume bien plus au Sud des marais, près de la Marginale de Verre, cette mer intérieure bordant les monts Daronoans et le Pays Sinistre. De là, il fût le premier à profiter de la rébellion louve contre les elfes pourpres, montant à l'assaut de leurs frontières les plus anciennes et les mieux protégées avec une férocité et une expérience consommées. Insensible au temps, au désespoir et à la pitié, Harulgund est un monstre de haine implacable aussi redouté que réputé... .


Au début de ma carrière, je ne pouvez plus supporter mon infanterie :
Qu'ils étaient lents, mais qu'ils étaient lents. C'est vrai qu'ils faisaient du bon boulot. Mais régulièrement, ils s'entretuaient et rechignaient à avancer.

Alors lors d'une campagne, j'ai croisé un seigneur de guerre "huskarl". Il ne rencontrait pas les même soucis que moi. Son infanterie était réactive et ne se battait qu'avec les ennemis. Par contre, ils chantaient tout le temps lors des veillées et lors des longues marches.

C'est à leurs contacts, que mes hommes ont appris leurs chants. Ces chants oubliés par les jeunes loups. Je me lance donc aujourd'hui dans l'écriture de ces textes qui transforment les groupes d'animaux en une meute assoifée d'ennemis et unis en tous temps.

Voici le plus apprécié de mes hommes :

Le courage d'Harulgund

I

C'est nous les descendants des régiments des loups
Les piquiers, les feulards, les fangeux
Gardiens et défenseurs d'empires magnifiques
Sous l'ardent soleil protégeant sans répit nos fiers coursiers
Toujours prêts à servir
A vaincre ou à mourir
Nos cœurs se sont unis
Pour les Vorgéens !

II

Trompette au garde à vous, sonnez à l'étendard
Et que fièrement dans le ciel montent nos corvusiers
Le souffle des loups anime la fanfare
Et met à chacun, un peu d'air du pays au fond du coeur
C'est notre volonté
De vaincre ou de lutter
De consacrer nos vies
A nos Vorgéens !

III

La piste est difficile et toujours nous appelle
Par les Sauts d'Aradnä, les mouvants d'Olyr et du lac des Rois
L'élan de Pitoula vers le Lac des sables
Sur les Daros vaincus plantera fièrement nos couleurs !

IV

Ensemble nous referons gaiement flotter nos étendards
Et suivrons partout hardiment l'éclat des couleurs
Ensemble nous reprendrons demain le chemin du départ
Et pour le pays seront prêts à lutter sans nulle peur !

V

Fantassins, toujours devant, toujours la tête haute,
Nous serons présents sous le sable, dans le vent, en avant !
L'ennemi nous trouvera le cœur plein de courage
Et dans ce combat glorieux nous t'honorons :
Harulgund !
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aziraphale
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MessagePosté le : Sam Juin 30, 2012 12:04 pm    Sujet du message : Répondre en citant

Nom: Solcarlus
Nom d'unité: Orkelyns
Type d'unité: Infanterie lourde


Citation :
Orkelyns

Plus trapu que les gobelyns, les orkelyns suivent la voie du Pilier, une vie qui les mène dans les combats perdus d'avance, et dans les régions les plus reculés des Terres de Saïhan, où ils perdent parfois jusqu'à l'usage de leur voix, la Bête prenant le pas sur la Nature dans leurs âmes tourmentées, mais si puissantes...


Citation :
Esquiveurs gobelyns

Ces gobelyns sont tellement vifs et rapides qu'on a parfois l'impression qu'ils disparaissent quelques instants au moment de charger, comme invisibles au regard ennemi.


Citation :
Colosses pourpres

Les colosses pourpres sont des daronoans atteignant les deux mètres cinquante, modifiés par une magie arcanique tenue secrète. Véritable char d'assaut, ils emploient avec une lenteur et une efficacité méthodique de lourdes hallebardes, fauchant les rangs ennemis, leur masque blanc et leur armure arachnéenne ne réfletant qu'une mort silencieuse et inexpressive.


Le destin des Orkelyns


Après une rapide victoire sur une colonne d'épéistes, des orkelyns montèrent un campement provisoire non loin de là pour se reposer. Un des guerriers courait vers la tente du meneur.

-"Datyop ! Un Esquiveur vient d'arriver ! Il est blessé mais tiens à vous parler au plus vite !

- Très bien, qu'il vienne. Préviens le carabin, aussi."

Aidé par deux orkelyns qui le soutenait, le gobelyn s'avança lentement vers la tente de Datyop. Son crâne était couvert en partie par un bandeau crasseux. Une tâche rougeâtre se dessinait à l'endroit ou aurait dû se trouver sa longue oreille droite. Le bras gauche pendait telle la branche morte d'un arbre : inerte, mais ne voulant pas se casser si facilement. Quelques profondes entailles à intervalles régulières se dessinaient sur sa cuisse droite.

-"Chaudes larmes, guerrier des auras. Que t'est il arrivé ?"
Essayant de se relever dignement, le guerrier mutin s'effondra. Datyop l'aida à se relever et le fit s'assoir sur un coffre de bois souple.

-"Je me nomme Trejio. Je suis membre de la garde de Serulÿn, gouverneur de la forteresse Wäjkelde Silÿn. J'ai quitté la cité il y a trois jours de cela, chevauchant aussi vite que me le permettaient mes blessures. Nous sommes assiégés depuis une demi-lune par trois puissants Chevaliers-Lyres. Un tacticien des pierres et deux maîtres des bêtes. Leur puissance est considérable, nous résistons, mais le temps joue contre nous.

Quand je suis parti, les deux premiers murs d'enceinte étaient tombés. Leurs créatures nous harcelent jours et nuits ! Des mongiers, des harpe-laines, et d'autres de ces créatures venues des montagnes elfiques et que nous ne savons pas apaiser. Elles sont très résistantes, et bataillent bien plus longtemps que nous. Leur organisme n'a pas besoin de se reposer autant que le nôtre, comme vous le savez, et nos guerriers ne tiennent plus, l'épuisement les gagnent...

- Ah, voilà notre carabin. Occupes toi de Trejio que voici. Je t'en prie, continue, esquiveur.

- Merci lame-honoré. Voyant la situation très mal engagée, notre mentor nous a demandé, à trois gardes ainsi qu'à moi même, de partir chercher du renfort. Nous étions deux groupes à sortir. Le premier a été stoppé par des colosses pourpres, pour ce que j'en ai vu. J'ai réussi à passer les lignes ennemies, mais le cheval de mon compagnon à rencontrer une hallebarde de ces monstres alchimiques...

- Des colosses pourpres ! Ces abominations vous assiègent ? Tu as eu beaucoup de chance de t'en sortir vivant. A qui devais tu délivrer ton message ?

- Je devais me rendre à Lyothrope Cairn voir le commandeur Zolcar.

- D'accord, je vais dès à présent envoyer deux de mes propres guerriers à Lyothrope Cairn e délivrer ton message. Tu vas voyager avec nous, nous partons rejoindre maître Serulÿn !"

Joignant le geste à la parole, le vétéran Datyop s'avança vers la troupe de gobelyns qui s'était rassemblée devant sa tente. Les voyant fébriles, le commandant leur fit un sourire. Les orkelyns se figèrent de suite. La suite allait être des plus intenses, et ils le savaient.

"Compagnons de larmes !! Hier nous avons eu une victoire facile et beaucoup d'entre vous ne se souviendrons même pas de cet assaut comme d'une vraie bataille !" Les gobelyns opinèrent.

" Une bien triste nouvelle vient de nous parvenir. Wäjkelde Silÿn est assiégé par des êtres que nous connaissons bien : des colosses pourpres elfiques ! Pressons nous d'aller les saluer de nos lames et d'y énivrer nos talents !" Les orkelyns grognèrent leur assentiment.

" Dans deux heures nous partirons faire un brasier géant avec les cadavres de ces ignobles créatures !" Des cris de joie et de rage retentirent pendant plusieurs minutes. Les guerriers se mirent à démonter le camp avec grande énergie.

Durant cinq jours les orkelyns marchèrent à une allure soutenue, sous le commandement de Datyop. La bataille promise agissait sur eux comme un aimant.

Ils arrivèrent enfin en vue de Wäjkelde Silÿn. Au pied de la forteresse des milliers de créatures fourmillaient, se déplaçaient, et convergeaient vers le castel. Telles des herbes dans un champ traversé par une brise, ils étaient tous tournés dans la même direction. Le troisième mur d'enceinte était tombé et les marteleurs s'activaient sur le quatrième et dernier. Le vétéran retourna au campement qui se trouvait en retrait et arrangua ses frères de mort.

" Demain. Demain, nous prendrons notre repas avec ces colosses ! Ce sera notre premier repas de la nouvelle lune, mais leur dernier. La bataille sera épique, mais féroce, ne vous y trompez pas. Préparez vous à présent, une heure après le lever du soleil, nous entrerons dans la danse !"

L'aube pointa.
Entouré de ses orkelyns, Daytop savourait les rayons du soleil qui réchauffait sa peau. Les créatures qui s'activaient près des remparts formaient presque un beau spectacle dans la lumière naissante, presque...
Sentant que ses compagnons s'agitaient derrière lui, le lame-honoré esquissa un sourire. L'arrivée imminente du choc frontal avec les colosses pourpres enflammaient ses guerriers. Il ne dit alors qu'une seule phrase, dans le silence des bois, face au tumulte plus bas, et tous ses combattants s'élancèrent vers les créatures massées contre l'ultime rempart.
Ils reprirent tous le cri en choeur.

La férocité des orkelyns qui arrivèrent dans le dos des lignes daronoans fut impressionante. Depuis d'innombrables batailles, les orkelyns avaient appris à mettre à profit leur petite taille pour rivaliser avec la force des créatures de toutes sortes. La connaissance des points faibles de chaque créature de combat arpentant cette guerre leur assurait un précieux avantage, et leur entrainement au maniement des armes, depuis leur naissance, les avait munis de réflexes exceptionnels et d'une agilité phénoménale. Très rapidement, les guerriers arrivèrent aux pieds des engins de siège qui étaient à l'arrière. Tout aussi rapidement, le feu éclaira le ciel, et l'on eut l'impression que le soleil lui même reculait face à cet assaut lumineux.

Mais cette lumière si vive dans l'aurore naissante attira aussi l'attention des créatures qui n'avaient pas eu vent de cette attaque sournoise. Et, délaissant les remparts, toutes les créatures de basse intelligence ou d'agressivité trop insatisfaite convergèrent vers ce point lumineux. A partir de cet instant les orkelyns ne progressèrent plus. Ils reculèrent même. Perdant du terrain progressivement, les orkelyns commençaient à se faire encercler. A ce moment là, le vétéran Daytop pris peur. Non pas d'être blessé, ni même de mourir, mais de se transformer comme certains de ses anciens compagnon, en une bête sanguinaire, devant l'appel de mort.

Quelques instants plus tard un cri de rage retentit sur sa droite, puis un autre... et le cercle s'agrandit, s'ouvrit... Tout cela dans un silence lourd. On entendait le fracas des armes mais aucun cri de guerre, juste des grognements et des râles de colère. L'âme des orkelyns se transformait. Physiquement, rien ne changeait, mais leur esprit n'appartenait plus à la Nature, et passait ailleurs, dans un champs carmin inscrit au plus profond d'eux même. La bête avait pris possession d'eux, et leur puissance, agressivité et cruauté en était multiplié.

Les colosses pourpres, bien que trois fois plus grand que les orkelyns, n'étaient pas de taille face à la puissance brute de ces guerriers mutés. Les orkelyns étaient eux même devenus des monstres, d'une haine féroce pour toutes ces bêtes animales incarnant la sauvagerie...

Aidés par les forces des défenseurs qui profitèrent de l'accalmie du siège pour faire une percée sur les colosses, ils remportèrent la victoire. Mais à quel prix ?

Tous ces sauveurs de l'ultime instant avait vu leur âme se métamorphoser, en ce qu'ils haissaient le plus. De viles créatures attirées par la mort et la destruction, à la conscience limitée au seul bain de sang, dressées au mufle à charger, tuer et dépecer sans retenue ni raison.


Tel est le destin et la voie que suivent les Orkelyns. S'ils ne meurent pas au combat, leur âme se transforme au plus fort des batailles perdues d'avance. La victoire qu'ils obtiennent de cette manière est leur dernière, et le temps pour eux devient éphémère. Leur âme devenue l'exacte opposée de leur philosophie ancestrale, les brûlent durant deux jours et deux nuits, avant de les détruire à tout jamais. Leurs croyances sauvent des milliers de vie, au détriment de la leur...
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aziraphale
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MessagePosté le : Sam Juin 30, 2012 12:08 pm    Sujet du message : Répondre en citant

Kolaru
Orkelyns
Infanterie Lourde

Citation :
Plus trapu que les gobelyns, les orkelyns suivent la voie du Pilier, une vie qui les mène dans les combats perdus d'avance, et dans les régions les plus reculés des Terres de Saïhan, où ils perdent parfois jusqu'à l'usage de leur voix, la Bête prenant le pas sur la Nature dans leurs âmes tourmentées, mais si puissantes...


La Voie

Missive envoyée par la Chevalier-Lyre Kolaru à son oncle le Baron Detoi

« Cher oncle,
je t'écris pour te parler de mon trouble. En effet, lorsque nos colonnes de soldats vont à la bataille, conquérir un avenir plus qu'incertain, le doute me prend. Parfois alors, je ne sais plus où je vais, je ne sais plus où va mon armée, je ne sais plus où va la Couronne d'Or, je ne sais plus vers quel gouffre notre monde se dirige.

Te rappelles-tu l'avant, mon oncle ? Avant le Meurtre, avant la Guerre, avant la Folie ? Avant que ce monde ne perde tout son sens pour devenir le champs désordonné de toutes les batailles ?

Moi je me souviens, avec douleur et regret. Je me rappelle le temps où les choses avaient un ordre et une destinée, quoique mystérieux. En particulier, un souvenir me revient toujours à l'esprit, un esprit du temps où j'étais encore enfant :

Un soir d'été à Xilrân Storn, où le soleil se couchait calmement sur les marais, alors que la plupart de nos gens étaient déjà parties dormir, tu finissais ta tournée d'inspection hebdomadaire dans la forteresse ; et je t'accompagnais. Alors que tu allais ordonner qu'on ferme le pont levis pour la nuit, un coursier gobelyn fut aperçu du haut de la barbacane. Patient et intrigué tu décidas de l'attendre.

A son arrivée, on le salua, on l'accueillit, on le questionna sur sa venue. Il répondit que les Sharras envoyaient en urgence un important contingent d'orkelyns combattre dans le grand Ouest maudit, mais comme leur voie passait sur tes terres, sous les murailles de Xilrân Storn même à vrai dire, il venait en toute hâte mander le droit de passage. Alors qu'il essayait de s'excuser en avance de sa demande impromptue, tu lui répondit :

— Les guerriers du Magÿon ne devraient pas avoir à quémander le droit d'accomplir leur devoir. J'offre même l'hospitalité à votre troupe, car il vous sera rendu tous les honneurs que vous méritez.
— Nous nous contenterons du droit de passage que vous nous offrez, Baron. Nous sommes pressés, il nous faudra marcher toute la nuit.
— Qu'il en soit ainsi, conclus-tu.

Tu autorisa donc la troupe d'orkelyns à passer, mais ce que tu ne dis pas, c'est que dans l’entre-temps tu fis réveiller nos gens et monter nos guerriers et nos bannières au créneau, ainsi qu'allumer les feux sur la muraille. Nous attendîmes sans mot dire, solennels et solidaires du combat que menaient les gobelyns pour nous tous. Il sembla à mon âme d'enfant que nous attendîmes longtemps. En réalité, cependant, ce n'est que peu après que la nuit soit totalement tombée que les orkelyns apparurent.

Ils avançaient magnifiquement tragique à la clarté de nos flammes. On les apercevait difficilement, car leurs traits et leur silhouette se brouillaient dans la pénombre ; je garde pourtant un souvenir parfaitement net de ce moment, aussi net que la détermination qu'on sentait dans chacun de leurs mouvements. Leur pas était cadencé, précis et décidé ; leur formation compacte ; leur respiration même était coordonnée : leur armée était plus qu'une troupe d'individus, elle était un nouvel être que la Voix des Sharras anime comme notre âme anime notre corps et que la Voie du Pilier soutient et soude comme notre squelette soutient et soude notre corps. J'apercevais encore par moment un visage fermé sortir de l'ombre, portant dans son regard fixe et lointain la résignation de ceux qui vont vers les combats déjà perdus ; mais j'apercevais aussi des épaules bardées de métal, dressées de la fierté de ceux qui portent le fardeau de tous.

Finalement, il me reste de cette troupe une admiration sans borne pour ces soldats silencieux. Je n'ai jamais douté depuis lors que l'honneur que nous leur rendîmes ait été juste et mérité, ni que leur route jusqu'au cœur des ténèbres ait du sens, car il est dans l'Ordre du monde que les guerriers sans voix du Magyon aille combattre le Silence de l'Ouest.

Mais il n'est pas dans l'Ordre du monde que nous combattions les gobelyns.

Pourrons-nous jamais retrouver cet Ordre, mon oncle ? »
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aziraphale
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MessagePosté le : Sam Juin 30, 2012 12:12 pm    Sujet du message : Répondre en citant

Nom : Saigne-Crapaud le Loup
Unité : Fercujons (voir aussi Charneux - Tireurs)
Type : Infanterie Lourde

La nuit était mauvaise. Le bombardement n'avait pas cessé un instant, les daronoans envoyaient sur nos tranchées de première ligne toute la gamme de leurs projectiles, mais sans grand dommage pour nous, pour le moment.
En vue d'une attaque qui aurait pu se déclencher au petit jour, tout le monde était réveillé et était prêt : l'ennemi pouvait venir, il serait reçu avec le meilleur accueil qu’on puisse fournir !
Dans son renfoncement, le Vassal Fyrmil Logral dégustait un vin épicé qui avait laissé toute sa chaleur dans les deux trois kilomètres qu'il avait dû parcourir depuis les cuisines du commandement. Enfin, tel qu'il était et additionné de beaucoup de gnole ! Il faisait du bien quand même.
Un rocher vint s’écraser si près de l'abri que la charpente en fut toute secouée.
Tas de salauds vérolés ! Ils ne peuvent même pas nous laisser boire un verre tranquillement: hurla Brulvent, le troufion de liaison qui avait ramené le pichet. Son verre vidé, il sortit, et, bondissant derrière un remblai, il vida quelques traits d’arbalète en direction des lignes daronoanes, histoire de se détendre les nerfs.

Fyrmil Logral était un solide loup. Ce n'était pourtant pas un vassal rompu à la guerre dès sa naissance. Petit forgeron dans une tout aussi petite ville du Nord de la Vallée des Ombres, il avait quitté comme tant d’autres sa vie précédente lors de la rébellion. Sa compagnie avait alors vécu des heures glorieuses mais terribles. Il avait connu le siège de Garalhôn Cairn, les étapes douloureuses de la retraite brillamment menée en Ishter, le sublime élan de Dun…
Logral disait parfois, en riant: Quand on a passé par-là sans y rester, c’est que la mort a peur de vous.
Au milieu de tant de dangers, gaiement affrontés, il avait gagné le grade de sergent, puis le titre, à défaut de terres, de vassal par le dominant Tisse-Brume. Sa haine pour les daronoans ne désarmait point. N'avait-il pas, lui aussi subit cette sensation de botte posée sur sa gorge ! Et, au cours des assauts, cet homme, d’apparence si calme d'ordinaire, devenait effrayant d'audace et de bestialité, entrainant ses soldats avec une vigueur que rien ne pouvait briser.

Un Gardes de Procion s'approcha de Logral:
-Mon seigneur, le dominant vous demande.

Dans le réduit honteusement dénommé poste de commandement, les chefs des compagnies étaient réunis. Il y avait là Barmuve, un vieux vassal borgne et farouche qui commandait la deuxième, la première était celle de Logral. Puis c'était Pisseux, un jeune gadain qui marchait à la tête de la troisième. Enfin venait Bourdon, un sergent avec une barbe jusqu’au nombril, bourru et simple, qui menait la quatrième.
Le dominant Tisse-Brume avait sa physionomie grave et songeuse des grands jours. En mâchonnant une chique, il agitait un minuscule morceau de parchemin.
-Mes chers loupiots, dit-il avec un demi-sourire, je crois que ça va chauffer! D'après les informations que je reçois à l'instant, la charmante pluie que nous subissons depuis hier soir est le prélude d'une attaque qui, devrait se produire à l'aube. Prévenez votre compagnie. Vous, Logral, si nous pouvons lancer une contre-attaque, vous sortirez d'abord avec vos bonhommes Puis, la compagnie de Barmuve.

Ensuite... D'une voix calme, sans émoi apparent, il précisa ses ordres. On se sépara. Fyrmil Logral rassembla à son tour ses gradés et leur indiqua la marche à suivre.
S'adressant à un sergent, il dit:
-Si je tombe, vous prendrez le commandement. Si vous tombez à votre tour, ce sera Poireblette. Ensuite… chacun suivra son instinct!
Le sergent un peu pâle, reprit:
-Mon seigneur. Nous en avons vu d'autres: Nous en reviendrons !
Et Logral, ajouta:
-C'est vrai, mon brave: Nous avons eu de fichus quarts d'heure ensemble! Et la mort a plus peur de nous que nous n’avons peur d’elle... Allez maintenant !

Le jour vint, un jour glacial.. La brume, dans ce coin aride et dévasté, s'accrochait aux squelettes mutilés des arbres, telle des lambeaux de soie vaporeuse et sale. De larges gouttes d'eau tombèrent. Les hommes était posté, le doigt sur la gâchette de l’arbalète, ou de la corde de l’arc. Dans la lumière trouble, des taches noires apparurent ça et là sur le sol, de « vieux » cadavres…

Fyrmil Logral allait et venait le long du secteur qu'il avait à tenir. Un fangeux rappliqua au pas de course, tête rentrée dans les épaules.
-Mon seigneur, le dominant vous dit qu’il y a de drôles de mouvements sont chez l'ennemi, à l’orée est du bois.
A la gauche de la première compagnie, une série de traits fendirent la pluie vers le bois. Un tir d'essai.

Un gorgerin se tourna vers Logral :
-Monseigneur, j'aperçois des formes vagues qui glissent vers nous !

Se hissant pour passer les yeux au-dessus du remblai, Logral ne vit d’abord rien, plus plissant les yeux, il ne put douter de la véracité du fait. A cent vingt mètres mètres de nos tranchées, des Charneux rampaient, parmi les herbes et les branches brisées. Le fangeux repartit, toujours courant tête baissée, porter la nouvelle au dominant. On attendit. Le bombardement, qui était très sporadique depuis une demi-heure, cesse brusquement.

A voix base, très maître de soi, le vassal ordonna:
-Feu à volonté à mon ordre seulement !

De bouche en bouche l'ordre passa. On distinguait parfaitement maintenant les silhouettes des charneux. Trois ou quatre d'abord, puis dix, puis cent et davantage. Parfois une tête surgissait puis plongeait à nouveau dans les broussailles. La tranchée louve demeurait muette, et il était impossible à l'ennemi de savoir s’ils avaient été repérés. A soixante mètres du réseau de tranchées, un cri guttural et simiesque retenti et la horde vociférante des hommes singes se précipita à l'assaut.
Au même instant, le cri de Logral déchira l'air, les sergents hurlant à l’unisson :
-Feu A volonté!

Et; dans le vrombissement des cordes se détendant, les premiers rangs des assaillants s'écroulèrent. Il y eut un flottement dans l'attaque. Mais les suivants s'étaient ressaisis et chargeaient à nouveau. Une seconde volée aussi meurtrière que la première, fit une autre ligne de cadavres.
Au même instant nos ingénieurs à l’arrière mettaient en branle leurs robuffles, truots et tout ce qui était encore intact. Une pluie de pierre s’abattit à cinquante mètres de nous. Les charneux continuaient à avancer et, tant bien que mal les survivants arrivèrent jusqu’à la première tranchée..
Logral cria, dans le tumulte :
- Epées et piques !

Une nouvelle pluie de projectiles provoqua une débandade parmi les assaillants n'ayant pas encore atteint notre tranchée. Ceux ayant réussi, n'ayant pas eu un sort plus enviable. Une poignée se rangea autour d'un charneux une tête plus grand que les autres. Alors, dégainant son épée batarde, le vassal Fyrmil Logral se dressa et, terrible, d'une voix formidable, il tonna :
- En avant: ...A la charge !

Le petit groupe de charneux ne pesa pas lourd dans la tempête. Mais déjà derrière arrivait les vraies forces ennemies. Nos projectiles qui continuaient à pleuvoir avaient fait de larges coupes, mais les rangs des assaillants daronoans se reformaient et leur masse silencieuse accélérait. C'était le corps à corps. Logral, aux prises avec grand diable qui le dominait de deux bonnes têtes perça son adversaire à la hauteur du coeur. Poireblette, atteint d'un coup de lance au ventre, eut encore la force de se redresser pour jeter un rageur cri de: la Meute vaincra ! Avant de retomber pour toujours.

Logral menait la charge. Passant auprès d'un gros rocher déposé par un trébuchet, il ne fit pas attention à deux daronoans blessés qui s'étaient cachés derrière. Il n'avait pas fait trois pas qu'un cri de Brulvent: " Attention, mon seigneur ! " lui fit faire un bond sur la gauche, une dague lui frôla le cou. C'était l'un des daronoans blessés qui tentait de l’abattre par derrière. Il n'avait pas eu le temps de se rendre compte du fait, que le deuxième se projetait vers lui, la pointe de l'épée tendue vers son sternum. D'un coup instinctif, il écarta l'arme et sa lame vint s'enfoncer dans la carotide de l'assaillant, qui s'écroula pendant que, giclant de la blessure, le sang allait asperger son visage. Il reçut un carreau d’arbalète dans l'épaule dont la violence du choc le fit tournoyer sur lui-même. Il voulut se raidir contre la douleur, il lui semblait que son sang coulait à flots. En av…..! Il ne put achever et tomba.

Les loups, trop peu nombreux, durent se replier. Leur contre charge ayant au moins brisée la charge ennemie. Emporter les blessés et les morts, il n'y fallait pas songer, tant les tireurs adverses faisaient rage pour venger leurs camarades. Au reste, nos pertes étaient légères, comparées à celles de l'ennemi. La journée fut marquée par des tirs réguliers de part et d’autre. Le sergent, suivant les instructions de son supérieur, avait pris le commandement de la compagnie.

Là-bas, à quelques soixante mètres de la ligne ennemie, Fyrmil Logral, après plusieurs heures, sortit de son évanouissement. Sa tête alourdie, n’était qu’élancements aigus douleur sourde. Ses oreilles bourdonnaient, sa vue était trouble…Où était-il ? Il ne savait pas : un grand trou noir était dans sa mémoire. Il voulut remuer, se soulever, comprendre... Une douleur atroce lui mordit l'épaule. Il se rappelait... Il était blessé ! Depuis combien de temps ?
Le sang avait cessé de couler de la plaie, mais le carreau planté provoquait des tiraillements affreux. Une flèche daronoane tomba très près. Un guetteur s'était dit: " Tiens : Un loup qui remue encore !
Le soir descendait et la brume revenait, glissant sur le champ de bataille, pareille à un immense linceul. Des blessés dans l'ombre s'agitèrent. Monotone, déchirante, la plainte oppressée d'un agonisant s'éleva. Puis ce fut le silence, ce silence angoissant et lourd des fins de combat...

Des heures passèrent. Engourdi par le froid et par la souffrance Logral n'avait plus la notion exacte des choses. Une branche craque, des pas lourds ébranlent le sol. C'est une patrouille ennemie. Oh, pas le genre de patrouille destinée à reconnaître un terrain ou une position. Une patrouille dont le but n'est pas dangereux, mais profondément ignoble : achever les blessés et détrousser les cadavres !
Un lord commande, cette patrouille, un de ces hobereaux pleins de morgue dont la nation daronoane a le monopole. Sous la pression d'une patte brutale, Hugues entrouvre les yeux et frissonne. La lune, qui troue le rideau de brouillard, lui montre une figure taciturne et grise. Et la voix lourdement ironique du lord profère: Ah ! II n'est pas mort ce misérable loup : Un coup d’épée et le vassal Fyrmil Logral, blessé à nouveau, perd toute connaissance, pendant que la patrouille s'éloigne avec des ricanements satisfaits.
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