La Taverne de Nantys Cairn Index du Forum La Taverne de Nantys Cairn
Le forum des Terres de Saïhan !
 FAQFAQ    RechercherRechercher    Liste des MembresListe des Membres    Groupes d'utilisateursGroupes d'utilisateurs  Terres de SaïhanTerres de Saïhan
 S'enregistrerS'enregistrer     ConnexionConnexion 

Les Archives du concours (hors vote)
Aller à la page Précédente  1, 2, 3, 4  Suivante
 
Ce forum est verrouillé; vous ne pouvez pas poster, ni répondre, ni éditer les sujets.   Ce sujet est verrouillé; vous ne pouvez pas éditer les messages ou faire de réponses.    La Taverne de Nantys Cairn Index du Forum -> Concours de Background / Castels

Auteur Message
aziraphale
Commandeur


Inscrit le: 31 Mai 2007
Messages: 948

MessagePosté le : Ven Avr 15, 2011 8:34 am    Sujet du message : Répondre en citant

Erohaon

Citation :
Gobelames

les gobelames constituent les troupes régulières gobelynes. Une grande tradition martiale, doublée d'un talent certain pour la danse, fait que chaque gobelyn s'entraîne depuis son plus jeune âge à la Danse des Lames, mélange de combat à double-épée et d'acrobaties fluides et compliquées. A la guerre, les gobelames revêtent leur armure d'obscurne, et partent jouer la Danse des Lames dans les rangs ennemis.


Démonstration de Danse des Lames
Prix spécial Vidéo décerné de facto Razz

Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé Envoyer un e-mail MSN Messenger
aziraphale
Commandeur


Inscrit le: 31 Mai 2007
Messages: 948

MessagePosté le : Ven Avr 15, 2011 8:35 am    Sujet du message : Répondre en citant

Agaldégyon

Citation :
Voyageurs : Ces humains étranges sortis de nulle part font preuve d'une force singulière et meurtrière. De leur simple esprit, ils font exploser les pierres, brûlent le bois et soulève la terre. Sur une cible vivante, l'effet est plus horrible et rapide encore. Toujours drapés d'une longue et profonde cape bleue, leurs yeux émeraudes perdus dans le vide, et leurs lèvres scellées à jamais sur une absence de sourire, les Voyageurs servent la cause des gobelyns. Mais pourquoi donc ? Tous l'ignore, et le Synode garde ses sombres secrets pour des jours meilleurs...


Le long voyage.

Ils restaient toujours à l'écart sans qu'on ne les entendit parler. Dans les rangs, alors que de nombreuses créatures ne savaient tenir leur langue et que parfois les Gobelyns même ne pouvaient s'empêcher de s'esclaffer, eux jamais ne disaient mot. Au campement, les voyageurs installaient toujours leurs tentes à l'extrémité nord est, à distance de leurs voisins. Mais le plus singulier était dans les batailles, car parmi les cris de rage, de peur, les cris du sang et des vainqueurs, jamais on n'entendit ceux des voyageurs.
Un soir, alors que la troupe s'était arrêté près des murailles rassurantes de Wesel Kraak, Raakùdy, un simple gobelyn chevaucheur de panthère, se mit en tête de trouver quelques gibiers frais pour sa bête. Il sortit du camp, revêtu d'une légère tunique et n'emportant avec lui qu'un arc et un carquois à demi vide, et s'enfonça progressivement dans la forêt qui bordait la ville. Très vite, il su déceler les traces d'un rongeur qu'il estimait haut d'un mètre, un gibier abordable à cette heure où la fatigue se pendait à ses paupières. Raakùdy commença son jeu de piste, les traces se dirigeaient incontestablement vers le nord est et toujours de façon continue. Le gobelyn marcha plus d'une heure dans un silence lourd et jamais interrompu, un silence bien plus menaçant que les hurlements des guerres. Alors que la peur le prenait au ventre et que la lune semblait ralentir sa course au plus haut de la nuit, le magyön semblait avoir décidé de lui montrer quelque chose. Les traces s'arrêtaient à l'orée d'une petite clairière cachée de toute vue par une végétation abondante et protectrice.
Raakùdy aperçut la clairière dans un trou de verdure et y distingua des formes humanoïdes réunies en cercle et psalmodiant les chants oubliés des civilisations déchues qui peuplaient les bordures des terres de Saïhan.

"Frères et soeurs en larmes,
Devant le nouveau fils des rois,
L'être tout puissant apaisant son âme,
Des plaisirs charnels dédiés à son coeur,
Brille puissamment de son hyménée,
Qui fera de l'enfant un triste condamné.
Il aime la beauté,
L'intelligence et la sagesse,
La force et la fierté,
Il aime la déesse et son désir est volcan.
La déesse dont la malice est grande lui parle,
Et pour se soustraire à l'inférieur:
- Il te faudra être fort.
Le faible invente la guerre et prouve sa valeur,
- Il te faudra être sage.
L'idiot invente les lettres et nourrit sa pensée,
- Il te faudra être beau.
Le laid invente le fard et masque sa couleur,
Alors la déesse dont la malice est grande lui parle,
Après réflexion elle lui demande l'impossible:
- Il te faudra être créateur.
Le fils des rois réfléchit et invente l'art.
Alors le fils des rois embrassa la déesse,
Mais plein de toute ses qualités,
Il créa l'orgueil,
Pour le punir la déesse dont la malice est grande lui parle,
- Je suis la déesse et tu n'es qu'un faible un idiot et un laid,
- Je suis la déesse et ton père n'est qu'un homme,
- Je suis la déesse et tu n'es rien,
- Alors je te reprend ton coeur, je te reprend ta maison et je te rend ton fils,
- Tu quitteras mon foyer et tu seras ma créature,
- Tu seras mes yeux et mes oreilles dans la terre de Saïhan,
- Tu seras le voyageur et tu ne parleras pas,
- Ni de toi, ni de moi,
- Ni des tristes voyageurs, ni des divines Sharras."


Les voyageurs cessèrent leur chant et les uns à la suite des autres prirent le chemin du campement. Raakùdy sentait son coeur battre, jamais il n'aurait dû entendre ça, il le savait et il ne pouvait cesser d'imaginer la réaction de celui qui le trouverait ici. Mais les voyageurs avait su sentir sa présence, leur esprit seul avait suffit à découvrir le gobelyn et lorsque celui ci se retournait pour rentrer au camp, un voyageur ferma les yeux et ...

Le clairon sonnait au loin, c'était le clairon du matin. On entendit les Barbakus grogner et les gobelyns se presser. Le soleil continua de monter dans le ciel puis c'est le clairon du rassemblement qui sonna. Agaldégyon passa ses troupes en revu pendant qu'un sergent faisait l'appel.
"Trash-tatan ? Humpfer ? Ghanest ? Puydj ? Asel ? Raakùdy ? ... Raakùdy ?"
Un silence lourd pesa sur les soldats quand une petite voix raisonna du fond de la masse.
"Oui, oui ... je suis là ... pardonnez, je suis arrivé en retard !
- Et bien soldat ? Dur matin ? Vous n'avez pas dormit cette nuit ?
- Comme un bébé sergent !"
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé Envoyer un e-mail MSN Messenger
aziraphale
Commandeur


Inscrit le: 31 Mai 2007
Messages: 948

MessagePosté le : Ven Avr 15, 2011 8:35 am    Sujet du message : Répondre en citant

Shargot


Citation :

Les Lycans : Les archers Lycans valent bien les Arconos Daronoans et les arbalétriers Gobelyns, si ce n'est le plaisir sans équivoque qu'ils prennent à voir leurs cibles mutilées sous leurs flèches, et leur habileté à se battre aussi bien au corps à corps que n'importe quel troupier entrainé. Une unité polyvalente et prenant un dangereux plaisir à la guerre. Leurs adversaires devraient apprendre à les éviter ou à les tuer dès qu'ils en ont l'opportunité !

-----------------Une pluie mortelle-----------------

Bientôt….bientôt il les apercevra….Les cibles…les « autres »…la vermine comme dirait Furgo, l’homme qui l’a enrôlé dans une taverne il y a plusieurs semaines de cela déjà…Ce souvenir est très net dans sa mémoire. C’est le jour où il est né…une seconde fois. Il s’en souvient comme si c’était hier…

Ce soir-là à l’Étripeur , une petite taverne sympathique de sa ville natale, les paroles, les gestes de Furgo narrant des combats héroïques qu’il prétendait avoir vécu avaient éveillé une étrange sensation qui avait parcouru le corps du jeune homme tout entier. Un frisson, pas désagréable, qui avait hérissé tous les poils de son organisme et fait battre son cœur plus vivement, comme si il sortait d’un long coma, comme si toute sa vie n’avait été que vide et sans réel intérêt jusqu'à présent. Il n’était plus un simple humain aux mœurs sauvages, c’était un Loup, un Loup porté par l’espoir de combattre la rage au ventre, de voir l’ennemi tomber sous ses coups brutaux et précis. L’attente de la Mort il n’en voulait plus, il voulait être son messager. Vivre la lutte ancestrale entre proies et prédateurs… Tapis dans la pénombre, à l’affut du moindre bruit, du moindre mouvement signalant une présence étrangère. C’était ça qu’il recherchait... le plaisir de pouvoir enfin contempler la dernière étincelle de vie dans les yeux de son ennemie…sentir son sang chaud couler entre ses doigts, ce sang qui palpitait quelques secondes auparavant dans les veines de sa proie…il avait soif…soif de ce plaisir sadique qui étanchait son désir meurtrier… Il était vivant et il n’allait pas laisser cette chance à ses ennemis. Furgo l’avait senti, il ne sait pas comment mais il avait déchiffré ses pensées les plus enfouies, et les plus intimes surement, de son subconscient rien qu’en le regardant, assis sur une chaise à moitié rongée par les termites dans une taverne à peine éclairée, à noyer misérablement son ennuie dans l’alcool.

Il avait évidemment passé avec brio les tests de précision et de patience sans oublier l’accueil chaleureux des autres Lycans qui lui avait réservé un test propre à leur groupe. Depuis cette épreuve improvisée il portait le doux surnom de Traque-Cyons que l’on évoquait toujours avec un large sourire. Des jours s’étaient écoulés depuis son recrutement à la Taverne et les différentes épreuves qu’il avait dû subir…des semaines sans que l’on ait eu besoin des Lycans.
Mais aujourd’hui une embuscade leur avait été confiée. Enfin ! Il allait vivre ses désirs cruels pour de bon…bientôt…

Cela faisait pas mal de temps qu’ils patientaient, lui et ses compagnons, allongé sur le sol, cachés par les longues branches feuillus des arbres avoisinants, parfaitement immobiles et silencieux. Un léger vent survint tout à coup alors que quelques secondes auparavant, il n’y avait pas un seul souffle berçant les feuilles suspendues au-dessus de leurs têtes. Un Lycan lui adressa soudain la parole à voix très basse, chose rare pendant une Chasse.

« -Hé Traque-Cyons, regarde en haut au lieu de rester les yeux baissé à observer les vers de terres ! Elles sont là, nos proies. » dit-il en pointant du doigt le ciel droit devant eux.

Des ombres dans le ciel…Des armures pourpres dans l’éther…Des seigneurs-Dragons….Devant, masquant l’horizon céleste. Les ailes de leurs montures draconiques semblent déchirer les nuages comme des lames affutées égorgeant sauvagement des moutons fébriles et malades. Ils continuent de s’approcher inexorablement, mais le chef ne bouge pas d’un cil.

« -Pas encore… »pense le jeune Lycan.

Il voit la gueule des monstres volants maintenant. Une gueule remplies de dents toutes plus pointues les unes que les autres, prêtent à déchiqueter toutes chairs passant à leurs portée. Des mâchoires puissantes capables de broyer les os des plus grosses créatures qu’il ait pu voir. Il voit ses yeux, des yeux sauvages, regardant partout à la fois, attentif au moindre mouvement. Des yeux dorés aux pupilles verticales bizarrement apaisantes, comme si une patience et un savoir infinie était contenue dans ces iris. Le reste de la tête imposante du monstre ailé est lourdement garni de plaques de métal sombre et lisse. Quant au corps, il est lui aussi enfermé dans un enchevêtrement de plaques de métal noires et ponctué de petites piques pointues. Les seules parties « nues » de la bête sont ses puissantes ailes qui rapportent le souffle de leurs battement jusqu’à l’emplacement où sont embusqués les Lycans.

Ils se sont encore approchés. Il peut le discerner maintenant. La chose qui était assis juste derrière l’encolure du Dragon…c’est un humain ? Non…il est trop grand…de toute façon il n’imaginait pas un humain capable de diriger une créature pareille. Impossible de savoir ce que c’est…mais étrangement il semble « être » sa monture tant il accompagne ses mouvement avec grâce malgré la lourde armure, faites apparemment dans le même métal que son Dragon, qu’il porte. Soudain le silence fut rompu par le chef de la troupe de Lycans.

« -Ecoutez bien les gars, le seul moyen de vaincre ces gros oiseaux en armure c’est de trouer la seule partie de leur corps qui n’est pas emballée dans d’ l’acier : Leurs jolies ailes pourpres. Alors perforez moi ces bouts de peau tendu vite fait bien fait et vous assisterez à une pluie de chair et d’acier comme jamais vous avez vu ! À trois vous vous l’vez et vous me tirer sur ces salop’ries d’ailes !»
« Un…»


Il prépare sa flèche, son cœur s’accélère….

« -Deux… »

Il se met accroupit prêt à bondir, il peut désormais entendre son cœur résonner dans ses oreilles….Qu’est-ce qu’il a pu attendre cet instant…

« -Trois ! »

Une unique poussée sur le sol. Le même sentiment que celui qu’il a ressenti en écoutant les récits de Furgo à la taverne le porte mais cette fois-ci il est bien plus intense. Les autres Lycans sont eux aussi sortis, l’arc bandé, prêt à tirer leurs flèches mortelles. Il se sent vivant, tout puissant. La vie de ces magnifiques créatures ailées est entre ses mains. Lui seul décide. Le jugement qu’il se faisait de lui-même est maintenant terminé. La sentence est : la mort pour tous les « autres ».
Les cordes se détendent brusquement. Les traits filent dans les airs avec un léger sifflement. Ils transpercent la peau épaisse laissée à nue des Dragons qui comprennent que la fin de leurs maîtres et d’eux même est désormais proche.Les flèches s’abattent sur les reptiliens volants comme une pluie fine et funeste annonçant leurs glas. Ils tentent vainement des acrobaties aérienne pour esquiver la deuxième salve de flèches mais leurs ailes déchirées ne le permettent plus et cette deuxième volée leurs est fatale. Les ailes lacérées ne peuvent plus porter l’énorme masse dans les airs et les Dragons et leurs cavaliers font une chute libre jusqu’au sol jonché de flèches ayant transpercé littéralement les ailes des monstres. Une pluie rouge écailleuse et noire métallique tombe du ciel sans discontinuité. La plaine herbeuse absorbe ce sang fraichement tombé du ciel pour se teinter de rouge. Des marres sanguinolentes se forment sur le sol autour du cadavre des Dragons. Après cette pluie mortelle, pas d’arc-en-ciel….juste des morts jonchant la plaine …

« -Les gars bonne nouvelle... ce soir c’est Dragon au menu ! »

Un cri de victoire Loup s’en suivit qui fit trembler le sol, tous les cœurs battant sur un même rythme : celui de la victoire.

*****************************************************************************************************

Voila merci d'avoir lu j'espère que c'était pas trop mauvais...ah oui et au faite votez pour moi Very Happy
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé Envoyer un e-mail MSN Messenger
aziraphale
Commandeur


Inscrit le: 31 Mai 2007
Messages: 948

MessagePosté le : Mer Aoû 31, 2011 8:54 am    Sujet du message : Répondre en citant

Tristian
Griffons


Citation :
Parmi toutes les castes guerrières sortant des écoles de lignage, une seule fut réellement respectée : les Griffons. Ce sobriquet attribué à ces jeunes soldats 'aux griffes courtes' fut rapidement l'emblème de Loups craints et appréciés. Les Griffons sont effectivement les plus cruels et méchants des jeunes Loups rentrant dans les écoles de lignage, qui ne désiraient se mélanger aux autres parvenus, et partageant une soif de violence et un esprit de meute puissant. Fourbes, disciplinés, immensément rusés, sans aucun scrupules et ne connaissant pas la peur, cette fratrie extrêmement soudée fit vite parler d'elle sur les champs de bataille, transformant les rires en silence, et les insultes en cadavres exsangues. Assez intelligents pour ne pas menacer le pouvoir des dominants et des chefs de meute, ils se mirent plutôt à leur service, comme garde personnelle. Depuis, les Griffons font la fierté de bien des puissants, sont un titre convoité, et restent redoutablement efficaces sur un champ de bataille...


Extrait d'un cours d'un grand-maître de La Guilde, dispensé lors d'une conférence dans une école de lignage:

Vous devez savoir l'importance des écoles de lignage, pour La Guilde. La plus part des grand-maîtres de Notre Ordre ont été formé dans l'une d'elle. Les guildes de notre peuple y ont souvant recruter leurs membres. Pour aider les Vorgéens, nous avons essayé, aussi, de former des bons guerriers, mais vous devez savoir que si vous en faites partie, que vous ne recevrez aucune considération de la part des autres loups. Par exemple, nous avons formé les meilleurs archers de tous Saihan: les crocheteurs. Si ils leur étaient donné les fameux arcs des lycans, capable de tuer n'importe quel dragon, vous verrez que nos troupes seraient vraiment apréciées, sur les champs de bataille. Je me souviens d'une époque où les Vorgéens leur avait même retiré leurs arcs, pour les obliger de ce battre au corps à corps. Mais comme pour nous punir d'un crime que nous n'avons pas commit, nos meilleurs troupes sont envoyées contre les machine de sièges ennemies, ou pour neutralier les pièges et les fosses ennemies. Si vous devenez devenir griffon, par exemple, sachez que vos années d'entrainement pour savoir vous battre comme des loups, avec vos grandes griffe de métal, vous ferront subir le même sort que les crocheteurs. Même des paysans enrolés comme piquier seront mieux armé et mieux payé que vous. Bien sûre, dans notre école, vous pouvez compter sur La Guilde pour vous envoyer quelques bons ingénieurs, pour que vous sachiez trouver les points faibles des machines de sièges ennemies. Mais jamais les Vorgéens n'utiliseront vos talents à leur juste valeur. Je me souviendrais toujours, lors d'un mission diplomatique, d'avoir parler des griffons avec le vénérable Emzir, un vieux gobs que nous avons combattu à de nombreuses reprises. Nos griffons sont véritablement craint et n'importe quel ennemi sait bien leur potenciel de combat, en corps à corps. Mais je me souviendrais toujours, après m'avoir félicité sur l'efficacité de cette troupe, qu'il m'avait dit que leurs servants de torquelets avait recu l'ordre de toujours rester prêt, à n'importe quel heure du jour et de la nuit, avec leurs machines de sièges chargée, plutôt que d'un lourd bloque de pierre, de masses de plus petites pierres. Il m'avait dit, en riant, que face aux griffons, inutile de les affronter, en prenant toujours de grand risque, Mais qu'ils mourraient seuls, chaque fois qu'ils étaient envoyé contre leurs torquelets. Oui, voila le destin, la plus part du temps, de nos crocheteurs et de nos griffons, qui, vu leur formation militaire, devraient être affecté à d'autres tâches. La Guild est, bien sûre, toujours à la recherche (nos ingénieurs y travaillent), pour développer ce qu'il faut pour neutraliser les armes de siège ennemie. Mais les Vorgéens sont toujours plus friant des griffons, que nous sommes obligé de leur fournir presque gratuitement et qu'ils se font un plaisir d'envoyer à la mort.
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé Envoyer un e-mail MSN Messenger
aziraphale
Commandeur


Inscrit le: 31 Mai 2007
Messages: 948

MessagePosté le : Mer Aoû 31, 2011 9:02 am    Sujet du message : Répondre en citant

philou

Méphyrs

Citation :
Méphyrs.Ces créatures sont issues de l'obscurne, et on raconte même qu'elles prennent naissance dans les grandes veines de cette pierre métallique aux propriétés fascinantes. Les méphyrs en émergent, et volètent autour des veines mises à nue en attendant qu'un esprit de la nature assez puissant les en détache. Nul ne sait qui les a rallié, mais leurs cohortes innombrables obscurcissent parfois le ciel des batailles, à présent. Que nul n'ose contester leur domaine aérien, ou alors ils se jetteront sur l'imprudent, qu'il soit Seigneur Dragon ou simple oiseau, et le déchiquèteront vivant...


Jarfïn ou une journée ordinaire chez les méphyrs!

Tout fraîchement sorti des cages noires de Faïejyn Krak, Jarfïn rejoignit les innombrables cohortes de méphyrs!
Maintenant, ça y était, ils étaient tous là et prêt a partir au combat.
Jarfïn ,s'elança du haut de la grande tours,ses grandes ailes de deployerent!
il ne faisait plus qu'un avec ses frères et il en était très fier, un coup a droite, un tour a gauche il avait l'impression d'avoir toujours volé avec eux.
A peine étaient-ils sortis du defilé, peu avant d'arriver au Delta Gragen, ils tombèrent nez a nez avec les Seigneurs Dragons ! Ils les avaient enfin retrouvés !
Ceux-là même qui avaient massacré tant de monde à Faïejyn Krak!
Jarfïn piqua net sur le premier, il s'agrippa à lui et ses frères firent de même, portant leurs coups les uns après les autres et sans relâche, le Seigneur dragon ne put rien faire, une fois la bête mise a mort, ils le laissèrent à terre, déjà les cadavres de dragons s'entassaient aux abords du delta!
Le groupe se reforma et se lança a la poursuite du dernier dragon .
Celui-ci avait déjà pris une avance certaine, dans sa fuite, mais le groupe ne tarda pas a le rejoindre. En un éclair, ils furent sur lui et dans un fracas terrible le SD s'écrasa au sol !
La mission était enfin terminée, maintenant ils pouvaient retourner à Faïejyn Krak!
Jarfïn était content, il venait de tuer ses premiers SD et aucun de ses congénères n'était tombé pendant le combat. Ils rentraient extenués mais au complet !

Et voilà l'histoire sans aucune prétention de Jarfïn le Méphyr
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé Envoyer un e-mail MSN Messenger
aziraphale
Commandeur


Inscrit le: 31 Mai 2007
Messages: 948

MessagePosté le : Sam Oct 01, 2011 10:25 am    Sujet du message : Répondre en citant

Ral'Tana

Griselyns.
Citation :
les gobelyns sont des créatures du Magyön, et en tant que telles, ils naissent avec un certain sens, un certain instinct, une certaine connaissance de l'ordre naturel des choses et de l'harmonie entre les créatures qui peuplent les Terres de Saïhan. Certains d'entre eux naissent aveugles, mais leur instinct est tel qu'ils 'voient' bien mieux que tout autre. Ces êtres perçoivent les choses cachées, les esprits dissimulés, dans un monde aux infinies tonalités de gris, que nulle lumière ne vient éclairer, et que nulle ombre n'obscurcit. On les appelle les griselyns...


La mer de sable s'étendait à perte de vue, constata To'Rik du haut d'une dune un peu plus haute que les autres. Chef de l'avant-garde des forces de Ral'Tana, il se devait d'avoir l'œil vif dans son analyse du terrain car nul retard ne devait être pris.
Sifflant à deux reprises, il se remit en marche immédiatement suivit par la centaine de griselyns composant sa compagnie.
Quel étrange paradoxe que de confier les yeux d'une armée à des êtres aveugles... Mais il est vrai que ceux qui considèrent les choses sous cette angles ne connaissent en rien ces êtres...
Se tirant de sa réflexion, To'Rik se reconcentra sur sa mission, il avait les deux seuls yeux valides de l'avant-garde, mais au final il se contentait bien souvent de réagir aux sensations de ses guerriers qui percevaient bien plus de chose que lui.
Ce jour ne dérogea en aucun cas à cette habitude...

*********

Ils avançaient depuis deux bonnes heures déjà quand un des gobelyns proche de lui, se décala juste sur son côté droit pour lui souffler à l'oreille que deux groupes de créatures affiliées au Daronoans se tenait placé en embuscade un peu plus loin, aux sommets de deux dunes qui se faisaient face. Des fourmilions d'une part, enfouis dans le sable; de l'autre des miragéens immobiles et invisibles.
Par pur réflexe, il jeta un bref coup d'œil au loin, mais il n'avait pas leur capacité à voir ce qui ne peut être vu. Réagissant avec célérité, il fit circuler les ordres grâce au bouche à oreille évitant d'alerter leurs adversaires. Ils continueraient à avancer, car bien souvent ces embuscades n'étaient aucunement pour l'avant-garde qu'ils représentaient mais pour le gros des forces ; la panique s'installe plus rapidement et plus durablement dans les grands ensembles que dans les petites unités. Tout en souriant pour lui-même, il échafauda un plan qui s'avérerait redoutable s'il fonctionnait.

*********

L'instant le plus critique arrivait, ils se trouvaient juste entre les deux groupes embusqués, la nervosité les gagna car tout se jouait en ce moment, si les suppositions de To'Rik étaient fausses ça en été fini pour eux. Un silence pesant s'était abattu sur eux mais l'ennemi ne bougeât pas, le soupir qui s'échappa de ses lèvres parla pour tous ses compagnons, le plan allait marcher.
Dans un mouvement fluide, il tira sa lame de son fourreau tout en se retournant et chargeât le groupe de miragéens accompagné de la moitié des griselyns tandis que l'autre moitié suivait son second en direction des fourmilions. Leurs adversaires étaient tellement concentrés sur leur cible qu'ils n'appréhendèrent qu'au dernier moment que l'avant-garde les avaient percé à jour...

Un peu plus loin, le gros des forces de Ral'Tana assista, stupéfait, à un combat plus qu'étrange. D'une part, les griselyns frappant le sable, de l'autre, ils battaient l'air de leurs lames.
Ral'Tana, griselyn lui-même observa et comprit ce qu'il se passait. Il lança la charge, alors que petit à petit les adversaires de l'avant-garde apparaissait, visible aux yeux de tous.
Pour le reste, seul les gobelyns content cette histoire, cela devrait vous donner une idée de l'issue de cette rencontre.
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé Envoyer un e-mail MSN Messenger
aziraphale
Commandeur


Inscrit le: 31 Mai 2007
Messages: 948

MessagePosté le : Sam Oct 01, 2011 10:27 am    Sujet du message : Répondre en citant

Medar

Réédition du 27 Février 2010

Une vie de guerrier

Citation :
*Gadains : « Les gadains sont des loups formés à l'école de lignage. Issus de pères un peu trop protecteurs ou trop fortunés, ils sont placés dès leur plus jeune âge dans les hautes écoles de noblesse guerrière. Ils y apprennent à se battre en guerriers virtuoses et chevronnés, certes, mais pas à gagner le respect de leurs pairs, qui les considèrent comme des bons à rien trop raffinés pour comprendre la 'vraie vie des Loups'. Propres sur eux, en armure de cuir légère et sur-mesure, ils sont affublés du sobriquet de 'gadain' par les autres Loups, qu'on pourrait traduire par 'niais' ou 'dadet' en langage commun... »


Son premier souvenir… Oui, c’était sans doutes son arrivé là-bas. Si même c’était un vrai souvenir, s’il ne l’avait pas inventé avec toutes les arrivées qu’il avait vues par la suite, celles d’autres enfants, qui lui auraient servi à composer un tableau de la sienne. C’était possible, après tout. Pour lui, en tous cas, c’était son premier vrai souvenir. Avant, ce n’était qu’ombre et fumée, éclats de voix indiscernables dont il se rappelait à peine, dans la grande demeure de pierre de son paternel. Il l’avait revue, par la suite, elle n’était pas si grande que ça en fait, au regard des demeures de certains autres puissants Dominants, mais dans les brumes confuses et indistinctes de sa petite enfance, il la voyait comme la demeure de quelque colossal géant. S’il avait quelques images fractionnées de son père, il n’en avait aucune de sa mère, juste une vague odeur de graisse et de fumée. Cela ne l’avait jamais particulièrement préoccupé d‘ailleurs. Ni lui ni ses frères.

Donc, son premier vrai souvenir, concret, d’une scène qu’il pouvait se rappeler avec une fiabilité relative, c’était son arrivée. Enfin, leur arrivée bien sûr. À lui et à ses frères. Il faisait froid ce jour-là, ce devait être l‘hiver, et ils étaient chacun dotés d‘un petit manteau de fourrure. Ils formaient un rang grossier et indiscipliné, comme tous les enfants Loups. Lui, il marchait vers l‘arrière. Il était un peu plus petit que ses frères, à cette époque. Ils pouvaient avoir huit ou neuf ans, il ne se rappelait plus très bien, et faisaient bien entendu tous partie de la même portée. Leur père les conduisait en personne, fier comme un fauve qui rapporte sa proie d‘avoir amassé assez de butin au cours des guerres intestines du territoire de leur Peuple pour pouvoir donner à ses fils le meilleur enseignement possible, le meilleur bagage, pour qu‘ils soient armés comme des lions quand ils se lanceraient enfin dans une bataille pour de bon, et que la moitié ne meurt pas du premier coup, si possible.

Ca avait été une grosse portée, et ils avaient été dix à atteindre cet âge-là. Son père s‘en estimait content, et se rengorgeait encore de pouvoir payer dix places. Dix places à l‘École de Lignage, celle de la Haute Noblesse Guerrière Louve. L‘homme n‘avait jamais été très réfléchi. Un bon guerrier, certes, son fils le reconnaissait volontiers, capable d‘étonnants coups d‘éclats dans le cœur de la bataille, étincelant d‘astuce barbare. Mais il ne réfléchissait pas beaucoup sur le long terme. C‘était peut-être pour ça que sa demeure s’était avéré finalement moins grande que celle d‘autres chefs de guerre. En tous cas, il avait complètement négligé le probable futur de ses enfants une fois sortis de l‘École, et il lui fallut plusieurs mois avant de s‘apercevoir des ricanements dans son dos, puis de les comprendre. Il n‘était pas capable de former ses fils lui-même, disait-on. Lui, sorti du rang comme le dernier des Gorgerins, voulait former une lignée de fragiles guerriers efféminés.

Il s‘en suivit bien des discussions sanglantes, mais ce ne fut pas l‘affaire du fils. Pour lui, tout était bien. L‘École de Lignage, grande et fière forteresse, était un centre de formation rêvé par tout jeune Loup. Il avait été le petit dernier, le bon à rien, celui qui écoutait le barde au coin du feu plutôt que d‘aller se joindre aux jeux brutaux de ses frères de portée, parce que, supposait-il rétrospectivement, il avait peur de mal faire, ou de se faire battre. Mais il découvrit rapidement avec les premiers tests-jeux qu‘il n‘était pas plus mauvais qu‘un autre. Au contraire, même. La portée fut rapidement séparée en fonction des affinités et aptitudes repérées chez les uns ou chez les autres, et il fut envoyé avec quatre de ses frères dans la section réservée aux futurs combattants de contact. Il était toujours le plus petit des siens, mais les commentaires approbateurs des évaluateurs fournissaient un début de terreau pour que sa confiance commence à se développer et à croitre correctement.

De jeux en tests, de tests en entraînements de plus en plus sérieux, les années avaient filées, doucement, marquant moins la mémoire que le début. Il avait fait montre de grands talents à l‘épée, apprit à manier la hache courte, la dague et le bouclier. D‘abord en bois, les objets avaient été lestés, puis remplacés par du métal émoussé, pour ne pas qu‘ils se blessent. Leurs pères payaient assez cher pour ne pas qu‘on en perde en route ! Malgré tout, lorsqu‘il eut treize ans, il n’y avait plus que deux frères avec lui. L‘un avait été placé dans un autre groupe un an plus tôt. C‘était le plus grand, le plus costaud, le plus méchant et féroce aussi. Ils n‘avaient pas demandés où on l‘emmenait, ils le savaient déjà de toute façon. Mais l‘autre était mort l‘année de leurs onze ans. Un accident stupide, vraiment, mais c‘étaient des choses qui arrivaient. La hache lestée s’était abattue juste là où il ne fallait pas. Enfin, si, là où il fallait, justement… En vrai. Mais pas pendant un exercice.

En cinq ans, il avait bien grandi, mieux que ses frères d’ailleurs, rattrapant les deux qui étaient encore avec lui. Mais surtout, il avait grandi en talent et en confiance. L’École de Lignage les modelait sur tous les points, travaillant le physique mais aussi le mental pour faire d’eux des guerriers de premier ordre. On leur montra des restes horribles, pas toujours humains, et ils apprirent à ne pas vomir. On leur apprit aussi à ne pas se soucier de l’avis des autres, se qu’ils prirent pour une leçon sur la fierté des grands et nobles guerriers respectés qui sortaient d’ici. C’était presque ça. Il n’y avait qu’un petit mot en trop, et c’était lui qui justifiait cette préparation, mais ils ne comprenaient pas ce genre de chose, alors. Ils ne s’en souciaient pas. Ils apprenaient ce qu’on leur enseignait, se fiant à leurs instructeurs, tous expérimentés. Et doués. La preuve, ils étaient revenus des batailles pour profiter de leur expérience, ce qui n’était pas donné à tout le monde, dans les barbares armées louves. Loin de là. Oh oui, vraiment bien loin de ça…

L’idée de la mort. Ca aussi on leur apprenait. Un camarade peut être blessé. Un camarade peut mourir. Vous aussi vous pouvez être blessés. Et, enfin, vous pouvez mourir. Mais dans les trois premiers cas, continuez d’avancer. Et dans le deuxième, essayez de tuer autant d’ennemis que possible en partant, ce serait gentil. Voilà ce que leur disait leur plus vieil instructeur, pourtant encore capable de mater les enfants qu‘ils étaient alors. C‘était de la philosophie de soldat, qu‘il disait. Et pour « philosophie », qu’ils aillent voir dans les archives-bibliothèque de l’École ! On leur avait appri à lire à ces gosses de riche, non ? Ils l’avaient reconnu, et c’était comme ça que le très jeune homme s’était retrouvé pour la première fois dans la formidable documentation offerte. Il y avait des cartes, des descriptions de nombreuses créatures, surtout les plus dangereuses. Celles qui étaient alliées ou asservies, celles qui étaient ennemies, et celles qui étaient entre les deux.

Les années suivantes étaient plus claires dans sa mémoire. Sa première vraie épée, son premier duel, qui avait été sa première victoire. Le premier sang qu‘il avait fait coulé, le premier qu‘il avait dû verser. Les entraînements, les tests, les concours. Un parcours qui se dessinait sans le moindre fantôme de peine dans sa tête, émaillé de-ci de-là par des souvenirs divers et variés. Le plus marquant restant, bien sûr, la mort de son frère. Un de ses deux derniers compagnons de portée vraiment proches. Car ils étaient restés proches, comme cela arrivait souvent. Avec le recul des années, il se dit que ça aurait peut-être été mieux, s‘ils s‘étaient séparés. S‘ils s‘étaient brouillés pour une raison ou pour une autre, s‘ils avaient été affectés aux trois points les plus éloignés de l‘École. Oui, peut-être aurait-ce été mieux, en fin de compte, ou peut-être pas. Impossible de le savoir.

Au final, dans la vraie vie, et pas dans les possibles qui se dessinaient parfois dans son esprit vif, bien vite repoussés, ils étaient proches. Ils partageaient repas, dortoir, et autant de leçon que possible. Ils parlaient toujours de partager la guerre, les batailles, et peut-être même la gloire, quand ils sortiraient d‘ici pour aller se couvrir d‘honneur et de richesses dans le vaste monde des Loups. De mourir ensemble aussi, s‘ils devaient mourir à la guerre, unis, chacun une arme à la main ! Et alors venaient les rêves de bravoure, de cette mort non pas dans une banale guerre mais en portant un coup terrible aux arrogants et froids Elfes Pourpres qui les tenaient sous leur joug depuis si longtemps ! Et pourquoi mourir, d‘ailleurs, ajoutant le plus vieux d‘entre eux, de quelques minutes peut-être, en riant de son rire tonitruant. Ils massacreraient les Daronoans, reviendraient au pays pour boire, manger, ripailler et ils paieraient une garde pour tenir les femmes à l‘écart !

Des rêves de gloire bien sûr, totalement irréalistes, et bien sûr, bien sûr, il avait fallu que ce soit lui. L‘aîné. Bernhard. Bien entendu. C‘était arrivé, un jour qui aurait dû être comme tous les autres. Un simple entraînement, un parmi tant d‘autres, avec de vraies armes en bon acier loup. Ils avaient un peu plus de seize ans, débordaient d‘une folle énergie guerrière. Ils se croyaient des hommes alors, mais, amèrement, il pouvait affirmer maintenant que ce n‘était pas le cas. Oh non, pas pour lui en tous cas ! Il n‘était devenu un homme qu‘après cette journée, quand toute trace de l‘innocence et de l‘émerveillement des enfants avait trouvé la mort en lui. Tout ce qui faisait les enfants, même les enfants Loups, s‘éteignit dans son âme, et il devint homme. Ca devait arriver, bien sûr. Mais ça aurait dû être plus tard, sur un champ de bataille. Pas si tôt. Et surtout pas comme ça.

Il avait toujours eut une meilleure technique. Plus de vitesse, d‘agilité et d‘habilité. C‘était son domaine, l‘épée, c‘était très clair dans leur esprit à tous les deux. Dans l‘esprit de tout le monde même, pas besoin de fausse modestie. Mais son frère était plus fort, il l‘avait aussi toujours été. Leurs duels amicaux étaient de bonnes occasions pour chacun de se perfectionner. Ils étaient sans risques aussi, du moins le pensaient-ils. Ils se pensaient assez doués et expérimentés pour ne pas se blesser. Ils avaient tort. Oh oui, par toutes les folies de Magyön, ils avaient tellement tort ! C‘était très loin d‘être sans risques, et il n‘y eût pas de blessure pour le leur apprendre. Il avait pensé que son frère parerait le coup. Sincèrement, il l‘avait pensé. Mais non. Là aussi, il avait eut tort. Plus terriblement tort que jamais dans sa vie, il devait ce le dire pendant longtemps, jusqu‘à ce que les années lui donnent d‘autres occasions de se tromper aussi douloureusement.

La lame avait glissée sur sa sœur dans un bruit métallique. Avait trouvé la faille dans l‘imparfaite armure d‘entraînement. Avait mordu la chair. Et tout aussi sûrement qu‘elle avait transpercé cuir, tissu, peau et viande, elle transperça le cœur. Infailliblement. Sans qu‘il le veuille. Portée par l‘instinct du guerrier, développé et mené bien haut par les instructeurs durant toutes ces années. Des hommes qui connaissaient leur métier comme personne, bien entendu. Il le savait. On le lui avait dit. Il l‘avait cru aisément. Du reste, c‘était vrai. Et, avant ce jour, il s’en était grandement réjoui, fier et heureux d‘être ainsi formé pour la guerre et le combat, pour la survie, et sûr de pouvoir par là se tailler une part de conquérant dans la gloire et la richesse que promettaient les conflits. Pourtant, ce jour là, quand son frère écarquilla les yeux et que les siens s‘écarquillèrent en retour en réalisant ce qu‘il venait de faire, il souhaita de tout son âme que ce fût faux.

Oh oui, il souhaita à cet instant et dans ce qui resta de la journée, ne pas être issu d‘une prestigieuse École de Lignage l‘aillant formé à tuer infailliblement. Mais c‘était un souhait totalement vain. Comme dans un rêve, il avait dégagé son épée comme on le lui avait appris. L‘avait essuyée. Et puis tout redevenait brume. Son autre frère avait crié, bien sûr, il y avait eut les explications rapides, le sermon grondant, puis le corps évacué. Cela arrivait. C‘était le prix à payer. Ca l‘avait toujours été, même ici. Le coup en vies était moindre que dans un système de formation plus rude, mais il était tout de même là. Former des guerriers était une entreprise meurtrière, et les accidents arrivaient. Il fût vite oublié par les instructeurs, les autres élèves. Un cadavre de plus à rendre à un père qui avait payé cher pour qu‘on en fasse un guerrier. Un nom sur une liste. Et voilà tout. C‘était cela être un Loup, et c‘était même une bonne mort. Un coup d‘épée en plein cœur, asséné par un soldat capable. Plus que n‘en avaient généralement la plupart de ceux qui sortaient d‘ici vivants.

Les années semblaient filer plus vite, après ça. Plus rien n‘avait été pareil ensuite. Il s’était instauré une certaine distance entre lui et son autre frère, Almut. C‘est le genre de choses qui arrivent, dans une fratrie aussi protégée et fragmentée que la leur. Peut-être pourrait-on y voir une quelconque leçon, une vérité pour certaines railleries. En tous cas ils finirent tous les deux leur formation, se mêlant à d‘autres groupes, recevant leurs dernière leçon. Les regrets de la mort de Bernhard diminuèrent peu à peu dans son âme, jusqu‘à ne plus être que braises, puis finalement simple poussière froide emportée par le vent. Il était un Loup, après tout, tout au fond du fond, et l‘âme des Loups n‘est pas faite pour le regret. La vengeance, oui, la rage, la colère. Mais la peine n‘est pas utile à la Guerre, et c‘était pour la Guerre qu‘ils étaient formés, pour la guerre qu‘ils étaient nés même, Enfant de la Meute et à la Meute vouée. À la Meute, et donc la Guerre, car c‘était une meute guerrière. Il n’oublia pas, mais il ne regretta plus vraiment, même s’il devait y songer de temps à autre, le soir, avec une bonne dose d’alcool dans le sang, et refaire les événements comme ils n’avaient pas été.

Ils sortirent de l‘école moins de deux ans plus tard, alors qu‘ils avaient donc dix-sept printemps bien révolus, approchant du dix-huitième. Certains de leurs compagnons étaient un peu plus jeunes, d‘autres moins : leur École envoyait généralement ses élèves par groupes-unités déjà formés, de façon à assurer une survie maximum dans les premières batailles. Pour ça, et pour la solidarité entre frères… Une expression qui prit rapidement tout son sens. Car on leur avait jusque là cacher à dessein le revers de la médaille à être formé dans cette prestigieuse École de Lignage de la Noblesse Louve. En dehors des Griffons, violents et retors, les recrues issues de ces centres de formation étaient sujets aux quolibets des autres Loups. Il n’y avait que ça à découvrir, là où ils avaient imaginé trouver gloire et respect, sans doutes même supériorité, si on veut être honnête, car tout animal vivant en meute avait par essence désir de dominer les autres, et les humains de leur Peuple ne faisaient pas exception.

Mais il y avait la Guerre, et on pouvait faire la Guerre. La Grande Guerre. Contre les arrogants Daronoans qui les avaient si longtemps tenus sous leur botte. Contre les Gobelyns, sages et suffisants. Une guerre juste, pour être libre, voilà ce qu‘il avait dit à ses camarades avant de partir. Une guerre pour briser à jamais le joug des Elfes Pourpres et montrer aux habitants du Nord qu’ils ne remplaceraient pas leurs anciens tortionnaires. Il ne comprenait pas alors, comment l’aurait-il pu, que la Guerre était la Guerre, tout simplement. Sans fioritures. Sans nobles causes ou belles raisons. Sans motivations glorieuses ou buts magnifiques. Juste la Guerre. Le sang, les tripes, la violence et les armes. On ne vous enseignait pas ça dans une école, même dans une noble École de Lignage des Loups. On vous enseigne à vous battre, un peu à faire la guerre, oui. Mais pas à vivre la Guerre, comme doit la vivre un Loup pour être Loup.

Il lui avait fallu longtemps pour comprendre. En contemplant le cadavre, couvert de sang qui avait été Almut, son frère de porté, son frère d‘entrainement et son frère d‘arme, son dernier véritable frère par le sang, il se demanda si lui avait jamais compris. S‘il avait été vraiment, et dans le sens profond du terme, son Frère de Meute. Puis il haussa les épaules et se détourna. Il ne le saurait jamais, et il était encore sans doutes trop philosophe. Personne d‘autre ne fit attention au cadavre dont l‘armure de cuir et le torse avaient été largement entamés par un puissant coup de taille. Pourquoi auraient-ils fait attention ? Ce n‘était que le corps d‘un Gadain pourrissant parmi d‘autres, livré aux charognards et au temps qui passait, inexorable. Ce n‘était pas vraiment important pour les Loups. Pas même pour son propre frère, visiblement. La Guerre n‘attendait pas…
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé Envoyer un e-mail MSN Messenger
aziraphale
Commandeur


Inscrit le: 31 Mai 2007
Messages: 948

MessagePosté le : Sam Oct 01, 2011 8:24 pm    Sujet du message : Répondre en citant

Tristian
Tunneliers


Citation :
Tunneliers: Les tunneliers sont des experts de siège. Ils savent creuser vite et bien, avec les bruits de bataille à côté et le piétinement sourd des monstres au-dessus.



Texte également en compétition dans la catégorie harcelleur.

Extrait d'un cours d'un grand-maître de La Guilde, dispensé lors d'une conférence dans une école de lignage:


Bon, parler des machines de sièges louves, certain doivent s'attendre à entendre parler des mugivorges. Il s'agit, certe, de notre troupe omniprésente, qu'on met volontier en première ligne, notre troupe la plus maneuvrable et la plus polivalente. Bref, celle qu'on voit partout. Qui n'a jamais vu une batterie de 120 mugivorges aller à la chasse aux dragons ou aux fauniarques, n'hésitant pas à traquer ces lâches jusque derrière leurs machicoulis. Une fois détruit les machicoulis, quelques lycans finisent le travail en tuant les dragons, qui se sentent comme nu, sans leurs habits de pierres. Mais qui n'a jamais vu toute la subtilité des attaques de mugivorges, capable de faire de véritables attaques éclaires, tuant des garnisons entières et laissant des champs de ruine, même au milieu du territoire ennemi, permettant de redonner du mouvement sur de nombreux fronts que nos anciens maîtres, les lyres SdG, avait prit l'habitude de bloquer en sacrifiant des masses de leurs troupes hachiers. Jamais les Vorgéens n'ont autant remercié La Guilde, pour la mise à disposition d'une nouvelle arme que lors de cette amélioration du grognelet. Je ne parlerais pas, non plus, des treuil-worgs, une des inventions mineurs que la guilde d'ingénieur à partagé avec les autres peuples inférieurs. Non, la troupe que le monde nous doit et qui montre la supériorité incontestable de nos guildes, c'est les tunnelliers.

Notre guilde des tunneliers est à la base de notre incontestable supériorité comme architecte. Pour construire nos fameuses villes dans les marais, nous avons du inventer les drainages. A la base, les tunnels de nos villes servaient à faire circuler l'eau. Nos villes les utilent pour les égouts et les aqueducs. Les liens entre la guilde des tunneliers et les harceleurs est postérieur. C'est même la guilde de tunneliers qui aurait formé la plus part des guildes de haceleurs. Les harceleurs daros ont été les premiers à utiliser les tunneliers loups. Mais bien avant la révolte des Vorgéens, il y a eu une alliance entre les tunneliers loups et les harceleurs gobelins. Une guerre de l'ombre avait été déclarée contre les services secrets de la Couronne Pourpre pour le contrôle des tunnels depuit très longtemps. On raconte même qu'une partie de Ses services secrets et certains nobles daros aurait soutenu les guildes louves et les gobelins pour mettre l'Empereur dans une situation difficile. Je crois que je n'apprend rien à personne en disant que les guerres de l'ombres ont toujours été perdue par la Couronne Pourpre (la supériorité gobeline dans ce domaine a longtemps été incontestable, même si, aujoursd'hui, nous, les loups, les avons largement égalé)

Mais le lien entre les taupards et la guild de tunnelier est très ancien. A la base, les taupards, s'occupaient des aqueducs et des égouts, pour le compte des tunneliers. Ils vivent dans les tunnels et c'est tout naturellement qu'il se sont retrouvé comme les premiers harceleurs aux ordres des tunneliers (les plus doués auraient fondé l'ordre des Trappe-Coeurs et sûrement, aussi, la caste des Cerisiers Noirs). Bien que la population tauparde vit surtout dans les villes fortement peuplées, leur premières vrais batailles ont été menée dans les tunnels daros des montagnes. Mais aujourd'hui, c'est vraiment une honte, ces gens ne sont vu que comme des vulgaires chacals et utilisé pour les même missions. Mais la guild des tunneliers à bien l'intention de changer les règles du jeu.

La base du siège, chez les loups (avec l'utilisation, souvent, uniquement des mugivorges) devraient changer. Les tunneliers, avec la guild d'ingénieur, ont l'intention d'utiliser les véritables talents des taupards: leurs talents dans les tunnels. Les premiers tests ont été concluant: avec l'aide des tunneliers, de matériel explosif et une certaine expérience en architecture, les taupards sont arrivé à trouver des failles dans les fondations de certains édifices d' une ville assiégée et sont arrivé à faire autant de dégats sur les structures défensives qu'une batterie de mugivorges. Je ne sais pas quand nous pourrons voir cette troupe dans le rôle qui devrait lui revenir naturellement.
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé Envoyer un e-mail MSN Messenger
aziraphale
Commandeur


Inscrit le: 31 Mai 2007
Messages: 948

MessagePosté le : Sam Oct 01, 2011 8:40 pm    Sujet du message : Répondre en citant

Tristian
Taupards


Citation :
Taupards: Lorsque la guilde des tunneliers prit de l'ampleur, au sein du peuple Loups, répandant ce noble art de la vie et de la guerre souterraine, il ne fallut pas énormement de temps pour voir émerger des voleurs de galeries et des saigneurs de l'ombre. Dans un monde de ténèbres et venant d'un peuple aussi belliqueux, comment s'en étonner ? Nul ne saurait juger du nombre et des talents de ces 'taupards', mais les Loups ne refusent jamais des bras supplémentaires au combat, d'aussi mauvaise réputation soient-ils !


NB : Texte également en compétition dans la catégorie siège


Extrait d'un cours d'un grand-maître de La Guilde, dispensé lors d'une conférence dans une école de lignage:


Bon, parler des machines de sièges louves, certain doivent s'attendre à entendre parler des mugivorges. Il s'agit, certe, de notre troupe omniprésente, qu'on met volontier en première ligne, notre troupe la plus maneuvrable et la plus polivalente. Bref, celle qu'on voit partout. Qui n'a jamais vu une batterie de 120 mugivorges aller à la chasse aux dragons ou aux fauniarques, n'hésitant pas à traquer ces lâches jusque derrière leurs machicoulis. Une fois détruit les machicoulis, quelques lycans finisent le travail en tuant les dragons, qui se sentent comme nu, sans leurs habits de pierres. Mais qui n'a jamais vu toute la subtilité des attaques de mugivorges, capable de faire de véritables attaques éclaires, tuant des garnisons entières et laissant des champs de ruine, même au milieu du territoire ennemi, permettant de redonner du mouvement sur de nombreux fronts que nos anciens maîtres, les lyres SdG, avait prit l'habitude de bloquer en sacrifiant des masses de leurs troupes hachiers. Jamais les Vorgéens n'ont autant remercié La Guilde, pour la mise à disposition d'une nouvelle arme que lors de cette amélioration du grognelet. Je ne parlerais pas, non plus, des treuil-worgs, une des inventions mineurs que la guilde d'ingénieur à partagé avec les autres peuples inférieurs. Non, la troupe que le monde nous doit et qui montre la supériorité incontestable de nos guildes, c'est les tunnelliers.

Notre guilde des tunneliers est à la base de notre incontestable supériorité comme architecte. Pour construire nos fameuses villes dans les marais, nous avons du inventer les drainages. A la base, les tunnels de nos villes servaient à faire circuler l'eau. Nos villes les utilent pour les égouts et les aqueducs. Les liens entre la guilde des tunneliers et les harceleurs est postérieur. C'est même la guilde de tunneliers qui aurait formé la plus part des guildes de haceleurs. Les harceleurs daros ont été les premiers à utiliser les tunneliers loups. Mais bien avant la révolte des Vorgéens, il y a eu une alliance entre les tunneliers loups et les harceleurs gobelins. Une guerre de l'ombre avait été déclarée contre les services secrets de la Couronne Pourpre pour le contrôle des tunnels depuit très longtemps. On raconte même qu'une partie de Ses services secrets et certains nobles daros aurait soutenu les guildes louves et les gobelins pour mettre l'Empereur dans une situation difficile. Je crois que je n'apprend rien à personne en disant que les guerres de l'ombres ont toujours été perdue par la Couronne Pourpre (la supériorité gobeline dans ce domaine a longtemps été incontestable, même si, aujoursd'hui, nous, les loups, les avons largement égalé)

Mais le lien entre les taupards et la guild de tunnelier est très ancien. A la base, les taupards, s'occupaient des aqueducs et des égouts, pour le compte des tunneliers. Ils vivent dans les tunnels et c'est tout naturellement qu'il se sont retrouvé comme les premiers harceleurs aux ordres des tunneliers (les plus doués auraient fondé l'ordre des Trappe-Coeurs et sûrement, aussi, la caste des Cerisiers Noirs). Bien que la population tauparde vit surtout dans les villes fortement peuplées, leur premières vrais batailles ont été menée dans les tunnels daros des montagnes. Mais aujourd'hui, c'est vraiment une honte, ces gens ne sont vu que comme des vulgaires chacals et utilisé pour les même missions. Mais la guild des tunneliers à bien l'intention de changer les règles du jeu.

La base du siège, chez les loups (avec l'utilisation, souvent, uniquement des mugivorges) devraient changer. Les tunneliers, avec la guild d'ingénieur, ont l'intention d'utiliser les véritables talents des taupards: leurs talents dans les tunnels. Les premiers tests ont été concluant: avec l'aide des tunneliers, de matériel explosif et une certaine expérience en architecture, les taupards sont arrivé à trouver des failles dans les fondations de certains édifices d' une ville assiégée et sont arrivé à faire autant de dégats sur les structures défensives qu'une batterie de mugivorges. Je ne sais pas quand nous pourrons voir cette troupe dans le rôle qui devrait lui revenir naturellement.
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé Envoyer un e-mail MSN Messenger
aziraphale
Commandeur


Inscrit le: 31 Mai 2007
Messages: 948

MessagePosté le : Sam Oct 01, 2011 8:40 pm    Sujet du message : Répondre en citant

Medar

Citation :
Trappe-Cœurs : « Etre un voleur est un art, dans les ruelles mal famée des villes louves. Le prestige est grand, et les récompenses aussi. Il existe un tel respect pour les voleurs de renom que ceux ci se font un honneur de mettre leurs talents au service de la meute, lorsque les Loups montent une armée pour partir en guerre. On a toujours besoin de quelqu'un pour surveiller son ombre et s'occuper de celle de ses ennemis... »


Dans les sombres ruelles...

Gris.

C’était le premier mot qui venait à l’esprit pour décrire les lieux. Gris. Le gris de la pierre de construction la plus abondante de la région, taillée avec un art brutal mais incroyablement efficace par les maîtres-constructeurs Loups, avant d’être assemblé avec le même genre de savoir-faire sans raffinement inutile, sans fanfreluches, sans décorations stupides. Juste une efficacité brute et sobre, simple et totale, pour créer des murs solides, de ceux qui entouraient la ville-forteresse à ceux des bâtiments tout autour. Des murs que personne n’avait prit le temps de peindre ou de décorer.

Seul la crasse les agrémentaient donc, saleté, trace de fumée, de déchets, de sang séché parfois, se confondant finalement dans le gris des lieux. Grise aussi la fumée omniprésente, sortant des forges, de certains ateliers, des habitations, des casernes. Elle traînait sur la ville en de longue chape, aidant à salir les murs, l’élevant parfois quand le vent soufflait, laissant les occupants quelque peu surpris de cet air plus pur et presque dérangé dans leur grossièreté par le brusque départ de leur grise et morne compagne, dont l’odeur omniprésente masquait la plus grosse part de toutes les autres puanteurs qui pouvaient se répandre en son absence.

Gris, enfin, les gens qui vivaient là. Par leur vêtements aux tons mornes, par leur attitude routinière dont la violence elle-même faisait partie du train-train quotidien, gris par leur simple existence. Une existence grise, terne, monocorde, sans intérêt, dénuée même de la passion guerrière qui faisait toute la noblesse et la grandeur de ce Peuple, celui des Loups, de la féroce Meute qui rugissait de son esprit barbare en faisant la guerre. Mais cette ville-citadelle était loin du front, ouvrant sur une plaine stérile et impropre à la construction, dénuée d’intérêt stratégique réel.

Et pourtant, dans cette masse de soldats si longtemps laissés stationnés qu’ils étaient presque devenu citadins, il y avait des êtres différents. Oh, ils n’avaient pas l’air différent. Extérieurement, ils ressemblaient à tous les autres, paraissaient aussi gris, aussi ternes, aussi dépourvus d’intérêt. Leurs vêtements ne différaient pas des autres, leur allure non plus… en surface. Car, intérieurement, ils étaient loin d’être aussi gris et ternes que les autres Loups autour d’eux, et une étude attentive de leur personne perdue dans la foule aurait révélée de subtiles différences. Ils étaient sept.

Ils suivaient quelqu’un.

Lui aussi était différent, mais pas de la même manière. Son attitude était moins discrète, même si elle se perdait tout de même dans la morne indifférence de la masse louve. Ils le traquaient, et lui était leur proie. Mais il ne le savait pas. Il n’était qu’un parmi d’autres, il n’aurait pas dû être vu, mais ils n’étaient pas là par hasard non plus. Ni apte à être repéré par un amateur tel que lui. Ils étaient des Loups, de véritables Loups, purs et durs. Nulle magie étrange en eux, aucun phénomène qui aurait pu être difficile à expliquer. Ce n’était pas cela qui faisaient d’eux des êtres différents…

Leur proie s’engagea dans une ruelle, jetant des regards furtifs derrière lui. Ils le suivirent, un à un, se glissant dans chaque coin d’ombre, chaque recoin des bâtiments, chaque débris ou chaque caisse abandonné là. Ils étaient passé du monde du gris à celui du presque-noir, gardant tout de même une touche de cette grisaille omniprésente dans la ville. Ils étaient silencieux et vifs, habitués à ce genre de milieu, et trompèrent la vigilance trop vite relâchée de leur malheureuse proie.

Il arriva à destination. Il y avait là trois autres hommes. Un petit, râblé, l’œil malingre, une masse accrochée à la ceinture, représentant parfait d’un Loup de basse-classe à l’instinct militaire, l’autre plus grand, épais, une épée de chaque côté du corps, un bouclier dans le dos, le visage bestial et barbare, respirant la malhonnêteté à des kilomètres. Deux Loups, deux humains comme les autres, qui formaient avec le nouvel arrivant, souple, élancé, le visage un peux arrogants, une armure de cuir sur le dos en dessous de sa cape, une lame courte à la hanche, un parfait échantillon représentatif de la population de la ville-forteresse, des militaires rendus plus mauvais encore par leur longue végétation.

Mais le dernier était différent.

Plus grand que les autres, large d’épaule, le dos droit, le visage masqué dans l’ombre de sa longue cape, le port plus strictement martial que les autres, visiblement puissant sous son ample vêtement, une protection de bonne qualité, quoique légère, visible par la légère ouverture dans le tissu. Un tissu gris, grossier, banal. Un tissu qui, à lui seul, lui avait sans doutes permis de passé inaperçu dans les rues de la ville-forteresse, où chacun était trop occupé à ses banales et ennuyeuses affaires pour prêter attention à son prochain, théoriquement affairé à des affaires toutes aussi banales et ennuyeuses.

Les sept qui se rassemblaient doucement, deux derrière une grosse caisse vermoulue, un dans son ombre, les autres ici ou là, étaient plus attentifs. Ils avaient l’œil. Lui non plus n’était pas comme les autres. Pas plus que ses compagnons d’ailleurs, mais lui c’était pire. La différence des trois hommes tenait dans un fait simple : c’étaient des traîtres.

Lui, c’était un Daronoan.

Et cela suffisait.

Ils furent prompte comme les ombres dans lesquelles ils s’étaient fondues. À l’instant où ils en sortaient, sept dagues fusaient, lancées de main de maître. Des hommes s’effondrèrent, le troisième vacilla. L’Elfe Pourpre, lui, esquiva ou para et dégagea sa grande épée, merveille de forge elfique. Il était fort, puissant, éternel. Ils n’étaient qu’Humains.

Mais c’était un geste stupide.

Les sept bondirent. Lui aussi. Le complice encore debout, refusant de tomber de lui-même malgré la lame dans sa poitrine, fût poussé sur lui, il l’esquiva avec fluidité, le laissant s’affalé à terre. Et ils furent sur lui. Le combat fût bref. Certes, il était fort. Rapide. Puissant. Mais ils étaient sur leur terrain, et il avait bien mal choisit son arme. Il en faucha deux d’un mouvement. Le troisième passa sous sa garde, transperça son armure légère dont les faiblesses avaient été révélées par son mouvement. Il eût encore la force de l’emporter avec lui, mais fût percer de quatre autres lames. Il s’écroula finalement sur le sol crasseux, sans vie.

La noblesse de ses traits avait été révélée par la chute de sa capuche, mais les quatre hommes n’y prirent garde. Après avoir vérifié qu’il était bien mort, ils fouillèrent les autres cadavres, récupérant les objets légers et de valeur. Si personne d’autre ne les trouvaient avant, ils viendraient chercher le reste plus tard. Puis ils embarquèrent le corps du Daronoan, rabattant sa cape sur lui. Celui-là, ils le dépouilleraient entièrement, bien à l’abri, puis ils amèneraient le corps à leur chef. Et les Elfes Pourpres ne mèneraient plus de si tôt leur affaire dans cette ville-forteresse sans payer un lourd prix.

Jamais les autres Loups ne sauraient ce qui c’était passé. Tout comme ils n’avaient jamais su pour tous les autres espions Daronoan ou Gobelyn débusqué. Pour tous les complots ou les traîtrises mis à jour, comme ici. Ils n’en avaient pas besoin. C’était leur tâche à eux de se charger de cela. Ombres parmi les ombres, poignardant les ombres ennemies.

Ils étaient les Trappe-Cœurs.
_________________
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé Envoyer un e-mail MSN Messenger
aziraphale
Commandeur


Inscrit le: 31 Mai 2007
Messages: 948

MessagePosté le : Sam Oct 01, 2011 8:43 pm    Sujet du message : Répondre en citant

Medar

Un Enfant de la Meute :

Citation :
Linycaons : « Les hyènes se rallient naturellement aux armées des Loups. Les Loups ne sont jamais parvenus, et n'ont jamais réellement cherché à expliquer cette évidence aux Daronoans. Une question d'instinct de meute, probablement... »


Faim.

L’émotion primaire de son être. Primordiale même. Celle qui dominait tous les êtres vivants, au final. Après l’accouplement, chez la plupart, mais pas chez lui. Plus chez lui. Une partie de son être frémit d’une fréquence bien particulière au souvenir qu’évoquait pour lui ce concept, mais sa psyché rebroussa bien vite chemin. Et se laissa de nouveau envahir par l’autre préoccupation, qui était maintenant devenue la première. La faim. Faim de nourriture quelconque. Faim de chair, de sang.

Il ouvrit les yeux.

Un grognement sourd s’échappa de ses lèvres, tandis qu’il se redressait difficilement. Un moment, il resta assis, posé sur ses fesses, laissant son regard bestial parcourir les alentours. Ses frères étaient endormis autours de lui. Des frères qui n’étaient pas tous frères de sang, même s’il y en avait un bon nombre tout de même, issu de sa portée ou d’une autre. Et de toute façon, dans son esprit étroit, obtus, primaire, il les considérait tous comme ses frères. Alliés. Ne pas toucher. Ceux qui chassaient leurs ennemis avec lui, pour mériter ou pour arracher leur pitance.

Au bout de quelques instants, constatant que tout était comme quand il s’était endormit, il se redressa finalement. L’environnement plus large non plus n’avait pas changé. La même tente poussiéreuse à côté de l’endroit où il avait dormit, roulé en boule au milieu des siens. Des odeurs de la même gamme tout autour de lui. Le même bruit, la même agitation qui ne troublaient plus son sommeil. Il s’y était habitué, comme à tout le reste, depuis qu’il avait rejoint cette grande Meute, qui allait de charnier en charnier, de repas en repas. C’était une vie simple, primaire, basique. Une vie faite pour lui.

Pour l’instant, pas de tuerie, mais tout de même à manger. Il se met en marche, constate que quelques uns de ses frères, déjà éveillés eux aussi, lui emboitent le pas. Ils se rendent ensemble à l’endroit habituel, vers lequel les guident autant l’instinct que l’odorat. D’autres groupes des leurs se sont déjà rassemblés, issus d’autres clans, sortes de sous-meutes du grand ensemble qu’ils forment tous. Ailleurs, autre par, avant, il aurait pu les attaquer, lutter avec eux pour la nourriture, il y aurait pu y avoir de la rivalité entre les groupes. Mais pas ici, pas maintenant. Il y avait assez à manger pour tous, les grands affrontements donnaient cela, au prix de nombreuses morts. Mais la mort, contrairement à la faim, ne faisait pas partie des choses auxquelles il pensait.

Des hommes arrivèrent, leurs lancèrent la nourriture et repartirent. Il y eux quelques grondements, quelques menaces pour les meilleurs morceaux, mais pas de morts, comme il y en aurait eu en d’autres circonstances. Même pas de blessés. Visiblement, c’était un jour calme. Il avala ce qu’il pouvait manger, se remplissant l’estomac avec avidité. Plus que le jour précédent, plus qu’à la halte dans leur marche pour arriver jusqu’ici, plus que la veille au soir, tandis que d’autres arrivaient peu à peu et qu’au même rythme les repus repartaient. De la nouvelle nourriture fût apportée, et il en mangea plus qu’avant. D’autres firent de même.

Ceux qui avaient, comme lui, l’instinct le plus aigu.

Car il y avait quelque chose dans l’air, comme un frémissement dans l’esprit de la Grand Meute que formaient ensemble tous les clans hétéroclites rassemblés. C’était une impression qu’il avait déjà eu, et sa mémoire brumeuse en gardait la trace. C’était pour cela qu’il prenait des forces. Son instinct lui communiquait l’excitation d’autres groupes, une émotion qui peu à peu se répandait dans tout l’immense rassemblement. Les Dominants de toute la Grande Meute devaient avoir prit la décision de chasser les ennemis, d’aller les massacrer. Et son esprit se réjouissait, car il aimait ça, ces tueries et les sensations qui les accompagnaient. Et les festins qui les suivaient généralement.

Son instinct ne le trompait pas. Bien vite, les sons étranges, puissants, les cors qui annonçaient le départ retentirent, ceux qui arrivèrent trop tard au repas n’eurent que les restes à se partager, car les hommes s‘en allaient avec des rires gras, comme avant chaque bataille ou presque. Mais il n’y eu encore que peu de bagarre, car la plupart avaient comprit maintenant, et l’excitation, la tension qui les envahissait, les tendaient vers la pensée de ce qui allait suivre, de l’ennemi à vaincre. Ils trépignaient tous, regroupés, les yeux brillants, alors que le camp était démonté.

Puis la Meute se mit en marche.

C’était vraiment une Grande Meute, forte de milliers, de dizaines de milliers de membres, dont un grand nombre des siens, qui formaient une Meute dans la Grande Meute, une Meute elle-même composée d’un amoncellement de clans comme le sien. Ils allaient vers l’avant, pour être lâchés sur les premiers rangs ennemis, les tailler en pièce, les déchirer de toute part. Pour endigué le flot de flèches, aussi, sans doutes, mais de cela il ne s’en souciait pas. Il n’en avait même pas contente. Il ne se souciait plus que du sang, l’instinct le poussait toujours en avant, la force indescriptible de la Meute, de l’unité chaotique de tous ces esprits sauvages l’entraînant irrésistiblement.

Et puis ils furent là. En haut bas de la colline. Leurs éclaireurs les alertaient à peine. Ils commençaient à former leur propre groupe. Trop tard. Avec des cris, des grognements, des bruits variés, la Grande Meute se mit à dévaler la pente. Les flèches hâtivement tirées clouèrent au sol un de ses frères, mais puis un autre, juste devant lui. Il se contenta de sauter par-dessus. Il avait perdu la conscience de quelque chose d’aussi exigu que son clan : il y avait la Meute seulement, qui le poussait encore et encore vers l’avant, vers les proies qui s’offraient à lui.

Il passa sous un bouclier, entraîna un homme à terre, dû se redresser pour éviter un coup en laissant sa victime au suivant, esquiva encore une lame, bondit soudain à la gorge de soldat, lui déchirant les artères, faisant couler son sang à flot. Et puis soudain, une lance s’enfonça dans son torse. Dans un gargouillis infâme, alors que son propre sang commençait à couler mais aussi à envahir son organisme, il se laissa tomber sous son ennemi, qui agonisait lui aussi sans espoir de faire quoi que ce soit.

Ils n’eurent pas le temps de mourir directement de leurs blessures. Ni l’un ni l’autre. Ils furent piétinés par les flots de soldats qui s’engouffraient des les brèches crées par la Meute des siens, qui continuait d’avancer, de se battre comme elle pouvait. Les hommes ne firent pas attentions à leurs corps en les martelant, aucun des milliers d’êtres qui passèrent sur eux. Ils ne faisaient même pas attention à leurs alliés, à leurs frères, alors pourquoi auraient-ils fait attention à eux ?

À un ennemi et à une hyène qui étaient déjà morts, à un Lycaon et à l’adversaire qu’il emportait avec lui ?
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé Envoyer un e-mail MSN Messenger
aziraphale
Commandeur


Inscrit le: 31 Mai 2007
Messages: 948

MessagePosté le : Sam Oct 01, 2011 8:45 pm    Sujet du message : Répondre en citant

Medar

Citation :

*Perculets : « Il fallait bien le talent des ingénieurs Loups pour construire une arme capable de manœuvrer les immenses boulets d'acier trempé qui constitue la force principale de cet engin de siège. Une fois en place, briser en morceaux les beffrois et rhinoqueurs ennemis n'est qu'une formalité... »


Le doux fracas de l'acier...

L’ensemble sonore était décidément du plus bel effet. Au milieu des cacophonies habituelles de la bataille, entendre le bruit à nul autre pareille des immenses masses métalliques filant dans l’air, le craquement léger de l’engin qui les manœuvrait et, surtout, le bruit terrible que faisaient les constructions de bois et de fer de l’ennemi en se brisant, ainsi que les cris d’épouvante des soldats ainsi broyés l’emplissait d’une fierté intense et d’une joie farouche. C’était assez normal, après tout, qu’il prenne plaisir à ces bruits de ruine et d’agonie : il était un Loup, et il aimait la guerre plus que toute chose, comme tout membre de son peuple digne de ce nom. Pourtant, il ne portait pour toute arme qu’un sabre légèrement courbe et une dague légère, et, malgré l’ennemi qui assaillait les puissantes murailles du castel où il se trouvait, il ne marchait pas vers les créneaux extérieurs.

À vrai dire, la silhouette qui se tenait présentement appuyée dans l’embrassure d’une porte de l’une des tours intérieurs de la puissante place-forte, loin de la mêlée dont les bruits qui portaient loin dans l’air clair et pur de la montagne lui parvenaient pourtant nettement, n’avait que très rarement combattu dans sa vie. Il savait tenir correctement les armes qu’il portait, mais ne valait sans doutes même pas un troupier standard et bien entraîné au corps à corps. Pourtant, contrairement à la majorité des hommes dans le même cas au château - soit pas grand monde - personne ne le traitait avec condescendance, et on le saluait souvent de la tête avec respect. Il était dévoué tout entier à la guerre et consacrait sa vie aux conflits, tout comme ses pairs, c’était seulement qu’il le faisait d’une autre manière. C’était un ingénieur, et à vrai dire le maître ingénieur du castel, chargé de superviser la construction et la réparation des engins qui faisaient partie de la garnison et du stock de la forteresse, prêts à la défendre où à être emmené vers le front.

Un mince sourire étira ses lèvres fines, un sourire qui semblait froid et cruelle dans sa solitude, se souvenant des étapes qui avaient préludés à ce qui se passait devant les murailles, à une distance raisonnable de lui. Il avait été affecté ici alors que l’endroit n’était encore qu’un misérable avant-poste loin des lignes de combat, et s’il occupait déjà la même charge, celle-ci était assez différente tout de même, puisqu’il était le seul ingénieur disponible. Il avait vu les bâtiments se développés de plus en plus au fur et à mesure que le temps passait, des hommes étant placés sous ses ordres au fur et à mesure que la taille du castel se faisait plus grande et que les engins à construire se multipliaient. Et puis tout c’était accéléré voilà quelques semaines, peut-être un mois, quand, suite à un mouvement inattendu de troupes et la prise rapide de châteaux bien moins fortifiés qu’ils n’auraient dû l’être au vue de leur position, le front s’était déplacé dangereusement près de la place-forte. L’extension c’était faite très rapide et, malgré l’équipe toujours plus importante qu’il dirigeait, il avait peiné à suivre le mouvement.

Quelques jours plus tôt, il avait enfin réussi à se ménager une entrevue avec le Dominant qui dirigeait la forteresse, malgré l’approche inéluctable de l’adversaire. Contre l’avis de l’intendant, il avait soutenu qu’il serait opportun de doter le château de Perculets, puisque le groupe de commandeur en charge de se secteur avait choisit leur castel pour devenir l’une des clés de voûtes de la ligne de front qui allait être instaurée pour bloquer l’arrivée massive des Daronoans fonçant droit sur eux. Il avait argumenté que ces engins étaient les plus aptes à briser mes forces assaillantes, car celles-ci auraient bien du mal à prendre pied sur les murailles si leurs structures d’assauts étaient réduites en copeaux de bois et en morceaux de métal tordu par les immenses boulets d’acier trempés des Perculets. Ils en seraient alors réduit à tenter de briser les fortifications à l’aide de leurs engins de siège et de leurs monstres volants, tandis que, leurs protections aillant volées en éclat, ils seraient totalement à la merci des assauts menés par les assiégés.

L’idée avait assez séduit le chef grossier mais rusé qui était le leur pour que les bâtisseurs finissent par aménager le bâtiment nécessaire à la mise au point et à la fabrication des puissants engins. S’il avait tous les matériaux nécessaires, les boulets d’acier étant en train d’être créés, ainsi que les plans de la machine, c’était la première fois que l’occasion lui était donnée de fabriquer des Perculets grandeur nature et en série. Quelques cafouillages avaient marqués le début de l’entreprise, mais, comme les entrepôts réservés aux autres engins de siège, il pouvait bien se permettre quelques erreurs en atelier plutôt que d’en risquer à l’utilisation, et cela malgré les sarcasmes de l’intendant, qui ne voyait toujours pas l’entreprise d’un bon œil. Au bout de quelques essais, la qualité s’améliora rapidement, alors qu’il comprenait la mécanique subtile de la machine et faisant entrer ladite compréhension dans la tête de ses subordonnés, de manière parfois brutale. On ne change pas un Loup, hein ?

Finalement, alors que les premiers ennemis étaient annoncés en vue de la forteresse, ils avaient fini par créer un nombre suffisant d’engins pour assurer au moins une première ligne de défense, et, avant que la siège n’ait commencé réellement, toutes les positions prévues pour ses Perculets étaient occupées. Le maître ingénieur avait été impressionné par la complexité du mécanisme et le talent nécessaire à la réalisation de l’arme. Aucun doutes, aucun autre peuple que les Loups, les seigneurs de l’ingénierie, n’auraient pu mettre au point une telle œuvre, et leur parfaite utilisation le remplissait d’une joie sauvage. Son peuple n’avait peut-être pas la force et la vitesse incroyable des Daronoans qui les avaient si longtemps tenus sous leur coupe, ni des Gobelyns du Nord qui leur avaient permis de se libérer en déclenchant cette guerre. Ils étaient moins nombreux, et avaient un empire bien moindre. Mais tant que leur intelligence guerrière, toute entière tournée vers les armes, resterait plus acéré que la leur, que leurs murailles seraient assez hautes et leurs machines assez meurtrières, ils tiendraient la distance.

Pourtant, leurs adversaires n’étaient pas sans défenses non plus, il se le rappela une nouvelle fois en voyant les Seigneurs Dragons, ces terribles alliés des Elfes Pourpres, déchaîner leur fureur sur les Perculets, malgré le feu nourri sous lequel les Lycans et les Jobrandes les tenaient. Bah, c’était pour cela que la guerre était intéressante ! En haussant légèrement les épaules, il rentra dans la tour, pour retourner à ses ateliers qui devraient bientôt fournir de nouvelles armes, comme toujours quand la guerre battait son plein avec tant d’ardeur…
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé Envoyer un e-mail MSN Messenger
aziraphale
Commandeur


Inscrit le: 31 Mai 2007
Messages: 948

MessagePosté le : Sam Oct 01, 2011 8:46 pm    Sujet du message : Répondre en citant

Medar

Dans des yeux de braises...

Citation :
Wolfurions : « Les Wolfurions sont des monstres de cauchemar gigantesque, à l'image même des Loups. Ils ont la forme de loup de quinze mètres de haut, dotés de quatre paires d'yeux enflammés comme des braises, et leur dos est constellé de tentacules de pieuvres dangereusement vives et précises. Véritable gueules de l'enfer, on ignore comment ces monstres ont pu rester si longtemps secret, et d'où ils peuvent bien provenir, tant leurs orgies de destruction et leur attachement aux armées louves est remarquable ! »


Un œil s’ouvrit.

Puis un autre.

Jusque là, rien que de très normal…

Sauf qu’ils étaient rouges. Très rouges. Aussi rouges que des charbons ardents qui auraient lentement couvés en rougeoyant. Aussi rouges que le sang d’un ennemi qui s’écoule, à flot, à torrent, hors de son corps, hors de son être, comme un fleuve inextinguible. Aussi rouges que le sang de l’ennemi, que l’on boit avec soif, comme on boirait un vin délicieux venu du Sud du continent. D’ailleurs, ils sont plus rouges que le vin. Mais aussi rouges que la viande de l’ennemi, à l’intérieur. Oui, c’est cela, aussi rouge que la chair de l’ennemie, tout juste arrachée de son corps où la vie s’éteint à peine, gorgée de son sang carmin, qu’on avale en même temps que celui-ci, avec joie, avec fougue. Ils sont rouges comme l’envie de meurtre, rouges comme la colère, comme la haine. Rouges comme la Rage, la Grande Rage, la Rage de la Meute, au combat.

Avec peine, il essaya de s’arracher à la fascination morbide, tenta de dégager son esprit. Tu es un homme, rappel toi. Un homme qui vit, qui parle, qui marche, qui respire. Un homme qui se bat, oui. Un homme qui fait la guerre. Mais un homme. Pas une bête. Pas…

Un autre œil. Puis encore un autre.

Ca faisait deux de trop, à son avis.

Mais soudain, ils flamboyaient. De charbons rougeoyants, ils sont braises. Des braises qui s’embrassent, qui commencent à brûler. Qui l’engloutissent complètement. Elles sont toujours rouges, ces braises, mais plus seulement comme le sang, et la chair. Il en sent pourtant le goût sur sa langue, la saveur dans sa bouche, et une petite partie de lui, très loin, crie au dégoût de cette viande palpitante et sanguinolente. Mais cette part infime est bien vite écartée, noyée, dans une sombre satisfaction. Ce n’était pas vraiment la sienne. Du moins, pas à l’origine. Maintenant, il ne savait plus. Pire, il n’arrivait même plus à chercher à savoir. Car cette satisfaction trouvait un écho, enfui au fond de lui. Dans son cœur. Dans son sang. Battant dans ses veines au rythme d’antiques chants guerriers qu’il se rappelait à peine. Vivant dans chaque fibre de son être.

Et puis, il y avait le feu.

Car les braises s’étaient muées en feu. D’abord doucement, puis de plus en plus vite. Un feu brûlant, dévorant, affamé. Un feu qui voulait ravager le monde en riant d’un rire fou et sanglant. Les rires ne brûlaient pas, pourtant… Non, les feux ne riaient pas, plutôt. C’était dur à formuler, mais son esprit si pondéré le fit. Le feu ne riait pas. Il n’était pas sanglant. Mais que pouvait la raison face à la voie du sang ? Et dans son sang, et dans ces deux paires d’yeux, surnaturels, qui appartenaient toutes les deux au même être, le feu était, et le feu riait. Et son rire était aussi sanglant qu’il était dément, comme s’il avait été un conquérant fait de flamme et de folie, dévorant tout sur son passage, passant sur les marais et les déserts, les montagnes et les bois, aspirant à se répandre sur le monde, encore, encore et encore, jusqu’à ce que plus rien ne reste, et après à brûler au-delà.

L’Autre… Non ! L’animal ! Ce n’était qu’un animal. L’animal cligna des yeux. Un bref instant, il avait rompu le charme. Et toute sa raison s’engouffra dans la brèche, hurlante. Ce n’était qu’une bête, une simple bête. Elle avait quatre yeux, d’accord, ça arrivait dans ce monde dément. Elle lui donnait une sensation bizarre, d’accord aussi. Mais c’était juste une saleté de bestiole, une création folle du Magyön, qui lui faisait voir des trucs ! Mais il ne devait pas se laisser emporter, ou sans doutes que ce serait lui qui se ferrait bouffer, et sa chair - Pouah ! Quelle goût immonde ! - qui servirait de prochain point de référence à ce machin ! Il devait résister, ramener ça aux autres, il devait…

Le sang. Le feu. La Rage. C’était dans les yeux. Tout était dans les yeux. Absolument tout. La passion, la colère, la joie barbare. Mais plus que tout, en trame de fond, de feu et de sang, appelant la Rage et le cœur, il y avait la Guerre. Son esprit forma ce mot, et tout son corps, à moins que ce ne fût seulement son âme, fût parcouru d’une lame de fond. Oh oui, la Guerre. Le Carnage, le Massacre, le Charnier. La Destruction. Mais par-dessus tout, même au-dessus de cette dernière, il y avait la Guerre. Brûlante comme le brasier et froide comme la glace. Aussi tranchante qu’une lame, aussi rapide qu’une flèche. Le mot, dans son esprit, avait le goût du sang et de la chair, une odeur sanglante mêlée de sueur, la sueur de la Rage, et chez les faibles, chez l’ennemi ou le mauvais Frère, la sueur à la senteur âcre et entêtante de la peur. Mais la Guerre mettait fin à toute peur, de toute façon. Emportée par la Rage. Ou bien par la Mort. Emportée dans le flot des batailles.

Et la Guerre, c’était la cause. Et le but. La raison et l’aspiration. Le début et la fin. La Guerre, c’était l’âme de la Meute. L’Esprit de la Meute. Car la Guerre ne se faisait pas seule. Elle n’était pas la folie solitaire d’un seul dément se lançant contre des millions d’hommes. Pas seulement - une voix ironique, au fond de son crâne. C’était la charge des hordes sanglantes, la charge des fous contre l’univers, l’aspirations folle et enivrante du sang qui prenait au cœur. Et, quand tous les autres étaient morts ou rendus, c’était aussi la folie solitaire, jusqu’au bout, jusqu’à la fin, jusqu’à la nuit, jusqu’à la Mort. Jusqu’à ce que le Magyön dément qui avait donné la vie la reprenne, ou jusqu’à la fin de toute chose. Ce n’était pas bon. Ce n’était pas mauvais. C’était comme ça, et c’était donc bien, puisqu’il fallait qu’il en soit ainsi. Il le fallait. Ils étaient faits pour ça.

Faits pour ça….

Ces derniers mots tourbillonnèrent dans sa tête, comme des volutes de fumées. Comme une folle tempête. C’était bien, parce qu’ils étaient faits pour ça. Ils l’avaient toujours été. Et lui aussi.

Il ne luttait plus, à présent. Le « charme » - à l’intérieur, il sourit ironiquement en pensant à ce mot - était terminé. Envolé. Il n’agissait plus. Mais il n’avait pas besoin d’agir. Ce n’était pas un charme, d’ailleurs, ni un quelconque sortilège engendré par le Magyön. Ou peut-être le plus grand de tous. Il sourit pour de bon quand il se rendit compte qu’il était encore capable de poser un tel paradoxe, et qu’il pouvait encore le considérer avec le même esprit qu’il avait cru acéré. Qui l’était, sans doutes, dans certains domaines. Mais il était plus que cela à présent. Non. Il se corrigea en souriant de plus belle, un sourire qui, pour la première fois de sa relativement courte vie sans doutes, était inquiétant. Il avait toujours été plus que cela. Mais maintenant, il le savait. Il le savait vraiment. On avait essayé de le lui dire, enfant, mais il n’avait pas écouté. On écoute pas ça quand on est le plus petit de la portée, on écoute les chants des bardes, même s’ils sont brusques et barbares.

Maintenant, ce n’était plus une question d’écouter, ou de ne pas écouter. Ce n’était pas comparable à ce qu’un vieux soldat estropié qui gardait la portée pouvait raconter, sur ce que le Dominant à la voix tonitruante qui était son père pouvait bien brailler, généralement à moitié ivre. C’était un savoir. Profond, brûlant, grondant en lui, aussi profond que les entrailles de la terre. Un savoir qui tenait de l’instinct enfin révélé, à moins qu’il n’ait attendu que d’être accepté. Ce n’était pas un charme, dans les quatre yeux rouges qui couvaient de nouveau en face de lui, plus braises toutefois mais petits feux sanglants, qu’il savait maintenant prêt à s’embrasser en un instant. Ce qu’il avait trouvé dans ces yeux, dans ce regard multiple, c’était un miroir. Un miroir qui aurait révélé ce qu’il renvoyait. Un appel brûlant et ensanglanté de la Meute, au plus profond de lui. Il plongea de nouveau au cœur de ce regard, et n’y vit pas celui d’une bête, mais celui d’un Frère.

Plus, pour lui, qu’aucun des autres fils de sa mère, ou même qu’aucun des autres membres de sa pourtant nombreuse portée ne l’avait jamais été.

Sans peur, il étendit la main. Il ne tremblait plus, maintenant. La Guerre chassait la peur. La Meute aussi. La Guerre grondait, de tous côtés - saut à l’Ouest, mais il ne valait mieux pas penser à l’Ouest - c’était pour cela qu’ils étaient partis. Et celui-ci était son Frère de Meute. Pour la première fois de sa vie, malgré tout ce qu’il avait lu sur la question et toutes les considérations de ses professeurs de l’École de Lignage, il comprit ce que ça voulait dire. Ce que cela voulait vraiment dire. Il était un Fils de la Grande Meute, la Meute des Loups, le Peuple de la Guerre. Et la Guerre grondait. Il était partit en guerre parce que mourir libre valait mieux que de vivre sous le joug des Elfes Pourpres. Parce que la guerre était préférable à l’esclavage, avait-il dit à ses pairs, qui l’avaient approuvés. Bien sûr, c’était toujours vrai. Mais il savait maintenant que ce n’était qu’une demi-vérité. La guerre valait mieux que l’esclavage, oui. Toute chose valait mieux que l’esclavage définitif, même la mort. Mais la Guerre ne se résumait pas à ça. La Guerre valait mieux que la paix. Elle valait mieux que tout.

Ses doigts se posèrent sur la tête de son Frère, qu’il caressa comme un ami. Un Fils d’un autre peuple aurait peut-être dit comme une amante, mais son Peuple à lui ne caressait pas ses amantes. Il se contentait de rester aussi immobile que possible. Attendre que ça passe. Penser à autre chose. C’est exactement ce que le bas et profond grondement de l’être, très grave, lui permit de faire. Penser à autre chose. Penser à la Guerre. « Si les Loups aiment tant la Guerre, c’est pour échapper aux Louves », disait le proverbe. C’était peut-être vrai. Peut-être que c’était entré dans leur sang comme ça. Ou peut-être étaient-ce leurs femmes qui étaient devenues comme ça à cause de la Meute, parce qu’elle se renouvelait avec vigueur dans chaque portée, ou parce qu’ainsi les hommes n’étaient pas distraits par les plaisirs du lit. Il ne savait pas. Et son rire retentit, plus grave qu’avant, lui semblait-il, quand il réalisa à quoi il en était parvenu à penser, compte tenu de la situation.

Alors, en face de lui, bougeant légèrement sous sa paume, ce qu’il avait prit pour une sorte de gros loup étrange dévoila légèrement ses crocs, comme un sourire bestial, puis les déploya. Pas ses dents. Ses tentacules. Celles qui se trouvaient sur son dos, sur l’arrière de son crâne pour certaines. Des tentacules noires et l’air terriblement vives, précises et puissantes. Il les déploya totalement, les entourant tous les deux presque entièrement, masquant une bonne part de la lumière. Dans cette simili-pénombre, les yeux rouges semblaient brûler avec plus de profondeur encore. L’être aurait pu le tuer en un instant, il le savait bien maintenant. Le tuer, et le porter, vivant ou mort, à sa gueule, pour le croquer et le dévorer, se repaître de sa chaire et de son sang, comme il lui avait montré qu’il le faisait, comme il avait imaginé qu’il allait être manger, quelques instants plus tôt - quelques, vraiment ? Il lui semblait que ça faisait tellement plus longtemps que ça, dans une autre vie...

Il n’avait toujours pas peur. Et maintenant, ça rassurait une petite partie de lui, ou de ce qui avait été lui, il savait ce que c’était. Ce n’était pas un loup. Un fin sourire ironique étira ses lèvres. Il ne pensait pas qu’il serait mangé. Non, en fait il le savait. C’était son Frère de Meute. Mais l’ironie ne venait pas de là. Il venait juste de songer, en comprenant ce que c’était, et en se rappelant tout ce qu’il en savait, c’est-à-dire tout ce qu’il avait lu sur eux, qu’il aurait pourtant sans doutes bien besoin de le manger. On lui trouverait de la viande plus tard. Ils trouveraient. Ils chasseraient peut-être, ensemble. En tous cas il avait besoin de viande bien fraîche et gorgée de sang. C’était ce qui était bon pour lui, et il en avait vraiment besoin. Il était encore en pleine croissance, après tout, debout sur ces quatre pattes, il ne devait pas être plus haut que lui.

Ce fût cette pensée qui fit éclater son sourire en un nouveau rire. Un rire vraiment plus grave, plus profond. Comme le grondement de son Frère. Il n’était pas menaçant. Pas pour lui. Et, riant toujours, il le regarda se relever - il avait vu juste, il devait encore être jeune - et enserra le coup de l’être de ses deux bras - ou disons qu’il essaya - enfouissant sa tête dans sa fourrure tandis que quelques tentacules venait l’enserrer, mais sans lui faire le moindre mal. Alors, tout près de son oreille, il lâcha quelques mots, dans un murmure âpre et dur comme le serait sa voix, un jour prochain.


« Merci de m’avoir trouvé, Frère Wolfurion… »
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé Envoyer un e-mail MSN Messenger
aziraphale
Commandeur


Inscrit le: 31 Mai 2007
Messages: 948

MessagePosté le : Sam Oct 01, 2011 8:47 pm    Sujet du message : Répondre en citant

Medar

Réédition du 27 Février 2010

Citation :
Snovrins : « Les Loups n'ont jamais apprécié les déserts. La vie y est étouffante, bien trop lumineuse et manque cruellement de gibiers en tout genre (quand ceux ci ne sont pas les chasseurs eux même !) Les trois quarts des Loups donneraient une bonne partie de ce qu'ils possèdent pour quitter ce terrain honni. Mais certains Loups apprécient le désert. On les pense fous, et pourtant... Les snovrins, où 'renifleurs de sable', ont bien l'air d'avoir toute leur tête, aussi étrange que cela paraisse, et prennent beaucoup de plaisir à explorer le désert et ses possibilités. Piégeurs, chasseurs, harceleurs, ils sont à l'origine de toutes les tactiques louves sur le combat dans le désert, mais reste hélas trop rares pour constituer le gros des forces désertiques, au grand dam des contingents de l'armée régulière... »


Dans l'infinité ardente

Le sable. Juste le sable. Partout. À perte de vue. Rien d’autre que du sable. À l’infini. Comme si le monde avait cessé. Comme s’il avait à jamais été englouti. Réduit en poussière d’un jaune ocre. Comme si un grand linceul s’était étendu sur toute chose, chassant l’ombre et la fraicheur, l’eau et la verdure, jusqu’à la vie même. Comme s’il n’y avait que mort, une mort où le sang serait absent, où il n’aurait pas été versé. Une mort qui servait venue avec cette masse de sable parcourue parfois de reflets d’or. Lentement, délicatement, sous une pensée lente et inexorable.

Et que tout s’était endormi.

Contrepoint à l’infini du sable, il y avait l’infini du ciel. Un ciel bleu. Juste bleu. Sans nuage. Sans fumée grise et terne. Un ciel que n’assombrissait aucune nuée. Aucune volée de Corvusiers. Le passage d’aucun démon. D’aucune bête ailée. Juste le ciel. Dans sa plus simple expression. Sans rien pour en ternir la grandeur. Un ciel qui semblait lointain, plus lointain que jamais. Comme s’il s’était écarté de cette terre de sable sans fin, comme s’il avait voulu prendre cette distance avec ce linceul d’ocre et d’or. Comme s’il avait voulu éviter de se faire engloutir lui aussi.

Mais, dans le ciel, il y avait une irrégularité. Le soleil.

Le Soleil, avec un grand « S », car il le méritait bien, ce seigneur incontesté des cieux ! Il semblait énorme. Plus brûlant, plus incandescent. Comme si son feu avait été avivé, comme si sa taille même avait été augmentée. Et le Soleil était un marteau, et la terre de sable une enclume, sur laquelle était battu le fer de toutes les choses qui pourraient encore exister. Il frappait, et il frappait encore. Et le sable lui renvoyait cette chaleur, formant un étau, une fournaise face à la fournaise, un véritable enfer sur terre. Quel être fou et aliéné pourrait vivre, pourrait survivre là, dans cette immensité, faite de sable, de ciel et de Soleil, telle la forge d’un dieu, dément et cruel ?

Et pourtant.

Et pourtant il était un être qui survivait dans cette immensité infinie, de bleu et de jaune nuancé. Un être, et même deux, l‘un fournissant les muscles pour avancer, l‘autre la volonté insensée de le faire encore. Comme le Soleil dans le ciel, il allait son chemin dans la fournaise de sable. Il avait des compagnons, avant. Ils avaient rebroussé chemin depuis longtemps. Ou ils étaient morts. Peut-être même ceux qui avaient rebroussé chemin étaient-ils morts eux aussi, en tentant de revenir, ou bien avaient-ils été tués quand ils étaient revenu, pour avoir tourné le dos à l’enfer. La peur de revenir avait pourtant été moins forte que celle d’aller plus loin.

Sauf pour lui.

Lui, il continuait, communiquant sa force à son cheval, le soignant avant lui-même. Il avait rempli ses outres trois jours plus tôt, dans une petite oasis, qui aurait presque pu sembler une incohérence en ce lieu de double infini. Il avait encore de l’eau pour cinq jours, pour lui et son cheval. Il ne savait pas, il ne savait plus exactement, à combien de jour encore était le fort qu’ils avaient été chargés de rejoindre par cette route, parce qu’il n’y en avait pas d’autres de praticable. Parce que la guerre coupait les autres voies, et qu’il ne fallait bien sûr pas abandonner cet avant-poste.

Peut-être y arriverait-il, peut-être pas.

Il ne savait pas s’il était destiné à survire ou à mourir ici, dans ce que ses compagnons avaient appelé enfer. Les Dominants ne savaient pas combien était folle l’idée de maintenir cette forteresse, ou alors ils ne le savaient plus, ils niaient l’évidence, s’accrochaient obstinément par pure opiniâtreté louve. Ils ne pouvaient pas sincèrement croire, avec un minimum de réalisme, que grand-chose y arriverait jamais, et en tous cas pas la colonne de soldats qu’ils y avaient dépêchée. Du reste, il ne s’en souciait pas le moins du monde, lui, n’envoyait pas ses malédictions aux chefs de Meute.

Il était heureux.

Ses compagnons l’avaient dit fou, sans esprit, perdu. Il savait qu’il était un mot pour désigner ceux de sa sorte, ceux qui aimaient cette immensité faite de sable, de ciel et de feu. Ces chaleurs titanesques des jours, ce froid intense des nuits. Il réalisait que, s’il arrivait finalement à destination, s’il restait quelqu’un dans ce fort, et quelqu’un qui fut du Peuple Loup, si tout ceci ne se révélait pas finalement vain, il ne serait plus seulement un homme.

Non.

Il serait un amoureux du sable ocre, du désert sans fin, un de ces fous qui aiment explorer ces dunes infinies sous ce ciel si bleu et ce Soleil si puissant. Un renifleur de sable.

Un Snovrin.
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé Envoyer un e-mail MSN Messenger
aziraphale
Commandeur


Inscrit le: 31 Mai 2007
Messages: 948

MessagePosté le : Sam Oct 01, 2011 8:49 pm    Sujet du message : Répondre en citant

Medar

Réédition du 27 Février 2010

Citation :
Tranche-Meutes : « Là où le besoin d'une force rapide et puissante se fait sentir, les Tranche-Meutes montent sur leurs lourds destriers de guerre, prennent leurs hallebardes sanglantes, partent dans de grandes charges destructrices au travers des rangs ennemis, fauchant les têtes, les membres et les machines de guerre comme du blé mûr, sous les martellements de sabots d'apocalypse. »


Quand souffle le vent de l'apocalypse

Les cris d’alarmes retentissent, l’armée est remise sur pied. Les hommes et les femmes s’activent, sous le regard de leur morne commandeur. Il avait espéré un jour ou deux de répit, après avoir vaincu les hordes qu’il avait affrontées deux jours durant, mais l’espoir était un vain mot en temps de guerre, surtout cette guerre-ci. La Grande Guerre, la Guerre de Vengeance, qui avait secoué les Terre de Saïhan dès ses prémices. Et particulièrement contre ces adversaires-là, car les Loups ne connaissent ni la peur ni la raison, seulement le combat et ses sombres folies.

Au loin, il voit les éclaireurs qui reviennent, lançant leurs montures dans un galop effréné. Il sait bien que c’est vain. Complètement vain. S’il n’avait fallu compter que sur eux, jamais il n’aurait pu être prévenu à temps. Pas par un manque de vaillance ou de compétences de ces êtres, si courageux et vigilants, mais par la triste fatalité du destin. Quel homme pouvait être assez rapide pour prévenir une telle marée, un tel fléau ? Comment auraient-ils pu devancer assez le flot de mort qui avance si vite sur eux, qui ne les suit que de peu ?

Car maintenant, à peut-être deux kilomètres derrières les cavaliers solitaires et épars, il peut voir monter le nuage de malheur et de guerre, épais, dense, comme s’il devait cacher le soleil, étouffer la terre, soustraire tout ce qui vit à l’existence. Et il avance vite, très vite, aussi vite que ceux qui tentent frénétiquement de le distancer. Il sait que c’est la poussière des sabots qui s’élève ainsi dans l’air de la plaine, il sait qu’il faudra des années, nombreuses, avant que la mince végétation qui poussait là puisse jamais renaître au jour.

Il sait, et tous ses soldats le savent sans doutes.

Bien avant la poussière, avant même les premiers éclaireurs, il y avait eu le bruit, alors que l’aube pointait à peine sur l’horizon. Un bruit d’abord lointain, qui avait cru rapidement, puis de plus en plus vite. Un bruit à présent puissant, et qui deviendrait bientôt assourdissant. Puis pire encore. Un bruit qui naissait des sabots, à l’instar de la poussière. Des sabots innombrables, ceux de chevaux puissants, lourds, terribles, qui étaient capables d’écraser un homme normal sous leurs sabots dans leur charge effrénée et sauvage, bestiale, dangereux même sans leurs terribles cavaliers.

Maintenant, ses troupes se sont assemblées, et il les rejoints. Les éclaireurs passent derrière l’armée, s’y joignent. Ils sont plusieurs milliers. Forts. Fiers. Apathiques et dédaigneux. Ils sont Daronoans. Le commandeur se souvient de guerres anciennes, où ce même bruit qui approche maintenant, de plus en plus vite, de plus en plus fort, avait été signal de salut et d’espoir. Aujourd’hui, il n’annonçait que la mort et le malheur, qu’une apocalypse de violence et de lame, de sang versé, de membres broyés, de vies détruites dans une bestialité absolue.

Et puis les voici.

Leurs hallebardes, leurs casques, leurs protections, étincellent dans les minces rayons de soleil qui jaillissent du nuage de poussière, jetant des éclats éblouissants de-ci de-là. Il donne un ordre, et ce sont les machines de siège qui tirent. Les pierres, les pieux, tout ce qu’ils peuvent envoyer, fondent dans les airs et retombent sur cette marée d’hommes et de chevaux qui vient vers eux dans un galop sans pitié, sans limite, sans fin, et qui en précision comme elle se rapproche.

Une autre ligne invisible est franchie, et ce sont les archers, les arbalétriers de toute sorte qui déchaînent leur « feu ». Et on peut voir les hommes, les bêtes, tomber sous cette pluie de mort. Des centaines meurent. Il en reste dix, vingt, cent fois plus peut-être ! Impossible de le dire, mais ils sont plus nombreux, cela ne fait aucun doutes. Au moins dix milles, peut-être même plus que cela, qui viennent à toute vitesse, et dont l’élan n’est pas brisé par ce qu’il leur envoie, même si c’est ce qu’il aurait voulu faire, son dernier espoir.

Un espoir déçu de plus, semble-t-il. Il reste cent mètres. Cinquante. Vingt. Dix. Cinq.

Zéro.

Les deux armées s’emboutissent, et malgré leur courage inébranlable, malgré leur force, ils sont balayés. Les têtes, les membres, les os, les chaires, volent dans les airs, en compagnie du bois, de l’acier, de la pierre, et au milieu des rires déments et des cris, tout juste perceptible dans ce galop de fin du monde, qui assourdit tout. Certains ennemis tombent, oh oui, ils sont nombreux ! Mais ce n’est pas suffisant. Rien ne l’est, semble-t-il. Les morts et les blessés, amis ou ennemis, sont impitoyablement piétinés par cette marée guerrière qui monte encore et toujours, transformé en une bouillie sanglante.

Il fallait bien combattre, puisque fuir n’aurait servit à rien. Au moins le combat coûtait des vies à l’ennemi. Mais qui aurait pu, sans être en surnombre important, résister ou échapper à la charge dévastatrice de ces émissaires de l’apocalypse, qui ne laissaient derrière eux que mort et charnier ?

Qui pouvait se dresser à armes égales contre le flot des Tranches-Meutes ?
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé Envoyer un e-mail MSN Messenger
Montrer les messages depuis :   

Ce forum est verrouillé; vous ne pouvez pas poster, ni répondre, ni éditer les sujets.   Ce sujet est verrouillé; vous ne pouvez pas éditer les messages ou faire de réponses.    La Taverne de Nantys Cairn Index du Forum -> Concours de Background / Castels Voir le sujet précédent .::. Voir le sujet suivant
Toutes les heures sont au format GMT

Aller à la page Précédente  1, 2, 3, 4  Suivante
Page 2 sur 4

 
Sauter vers :  
Vous ne pouvez pas poster de nouveaux sujets dans ce forum
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Vous ne pouvez pas éditer vos messages dans ce forum
Vous ne pouvez pas supprimer vos messages dans ce forum
Vous ne pouvez pas voter dans les sondages de ce forum


Powered by phpBB © 2001, 2005 phpBB Group
Traduction par : phpBB-fr.com
Template by ..:: SGo ::..