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aziraphale
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MessagePosté le : Sam Oct 01, 2011 8:49 pm    Sujet du message : Répondre en citant

Medar

Chasse nocturne :

Citation :
Worgs : « On ignore qui, du Loup ou du Worg, descend de l'autre. Les Worgs sont incontestablement d'origine animale, et ressemblent à de vrais loups bipèdes, tout en crocs, en muscles et en griffes. Mais déployant les tactiques de leurs homologues humains, et incontestablement trop féroces et assoiffés de guerre pour de simples animaux, la différence est parfois ténue entre eux et ces barbares humains vivant presque en meutes. Il existe toutefois deux différences particulièrement notables : les Worgs ne comprennent pas les langages humains, et sont donc hermétiques aux négociations, et deuxièmement : sans armure pour gêner inutilement leur mouvement et aidé de leur musculature imposante, les Worgs sont incroyablement plus rapides et effrayants de puissance que les simples soldats humains... »


Un bond, un seul. Puissant. Terrifiant même, par la simple puissance qu’il sous-entendait. Le bond d’un être qui n’était pas Humain, indubitablement pas, même si c’étaient des Humains qu’ils étaient sensés affronter. Des Humains brutaux, rustres, barbares, tout juste différenciables, par leurs mœurs, des animaux, tant ils étaient sauvages et violents. En-dessous des bêtes, mêmes, car les bêtes avaient une certaine hygiène. Elles ne tuaient pas sans raison apparente, elles ne guerroyaient pas pour le simple plaisir de faire la guerre.

Ces Loups-Humains étaient bien pire que des loups véritables.

Mais la créature qui se tenait maintenant face à eux, à la lueur irréelle de la lune, n’était clairement pas Humaine, et plus seulement, alors qu’elle émergeait des ombres, par l’impossible puissance de son saut. C’était un être cauchemardesque, comme en enfantait les Terres de Saïhan, étrangères aux lois de la raison. Une masse de muscles et de poils, montée sur deux pattes terribles, marchant comme un homme, grognant sourdement comme une bête. Ses autres pattes - impossible d’appeler ça des bras - se terminaient par des griffes qui semblaient plus grandes, plus puissantes, plus acérés que celles de ses antérieurs, qui avaient cliquetés sur la pierre quand l’être s’était approché encore de quelques pas.

Lentement, avec une grâce animale et une puissance latente perceptible comme l’aurait été la chaleur ou le froid, la créature avança sa tête, révélant une gueule garnie de crocs encore plus inquiétants que ne l’étaient ses griffes. On les devinait capable, dans cette mâchoire terrible où ils étaient nichés, de déchirer les chairs et de broyer les os, d’arracher des membres, de trouer les protections, de broyer tout ce qui atterrissait dans leur monstrueuse étreinte. L’être de cauchemar huma l’air de sa truffe grossière, mais qui paraissait presque délicate dans cette face bestiale, tandis que ces yeux, petits, noirs, mobiles, se mettaient à briller d’envie et de cruauté.

Et puis il sourit.

L’effet fut saisissant, et ils reculèrent d’un demi-pas. Il avança d’autant, comme entraîné par eux. L’instant semblait suspendu, durée irréellement entre deux moments distincts, entre deux actions, entre deux réalités, fraction d’un autre monde au milieu de la vie battante et foisonnante, alors qu’ils s’observaient mutuellement, comme si l’un était fasciné par l’autre, et inversement. Le petit groupe de guerrier semblait hypnotisé par cette créature funeste, exultant la violence et la mort à chaque souffle, tandis que, lentement, très, très lentement, au cours de secondes infinies ou chacun entendant battre son cœur comme un millier de tambours, les coins des lèvres de la chose se relevaient de plus en plus sur sa dentition qui se révélait de plus en plus effrayante.

L’être grogna, et ils eurent un mouvement de recul instinctif, brandissant enfin leurs armes, alors qu’il se mettait en branle. Ils étaient courageux, et fiers. Leurs haches et leurs hallebardes luisaient faiblement dans la lueur lunaire, et ils s’ébrouèrent, comme pour rompre le charme, frémissant de chacun des poils de leurs robes. Ils étaient une quinzaine, et chacun d’eux était véritablement courageux, dans toutes les situations. Ils avaient déjà affrontés les Loups, victorieusement, fondant sur eux qui avaient trahis leurs alliances comme des messagers de morts. Ils savaient se battre, ils s’étaient déjà battu, ils s’apprêtaient à le faire encore une fois, ensemble.

Et, soudain, tout bascula.

La créature releva la tête pour hurler à la lune, et aussitôt, comme s’ils n’avaient attendu que ça, tout proches, là, dans les arbres, sur les rochers, d’où avait sauté l’être, d’autres lui répondirent. Un nouvel instant figé, les yeux des guerriers écarquillés, ceux de la chose brillants comme des onyx, exprimant une cruauté et une soif de sang sans limites.

Il s’élança.

Une douzaine d’autres créatures s’élancèrent avec lui.

Aucun d’eux n’était armé. Ils avaient leurs crocs, et leurs griffes, leur puissance terrible, et leur vitesse impossible. Si le groupe était resté unit, avait résisté, donnant des coups de sabots et de lames, se couvrant l’un l’autre, peut-être auraient-ils eût une chance. Du moins l’escarmouche aurait-elle été équilibrée, ou presque. Mais les bêtes avaient une autre arme que leurs griffes et leurs crocs, que leurs corps aux capacités exacerbés. Ils avaient la peur terrible qu’ils inspiraient, la peur de l’inconnu dans la nuit, la peur immémoriale de la proie pour le prédateur, qu’ils savaient insuffler comme personne.

Le groupe ne resta pas uni devant eux. Les guerriers ne se bâtirent même pas à leur plein régime individuel. Le premier tomba, une griffe enfoncée dans la gorge, sans avoir eût le temps ou le réflexe de lever son arme. Deux autres parèrent le premier coup, mais pas le deuxième, qui les touche, l’un en pleine poitrine, l’autre dans le bras, et pour ce second, des crocs bestiaux, aussi puissants qu’ils n’en avaient eût l’air, frappèrent juste au niveau de carotide, emportant un beau paquet de chair avec elle. L’action n’avait duré que quelques secondes.

Ils reculèrent, tous en même temps, armes levés, certains se détournèrent, les autres n’en eurent pas le temps. Un groupe les attaqua, aussi nombreux que ce qui restait d’eux, et ils parèrent comme ils purent, l’instinct du combattant reprenant le dessus. Complètement vain. D’autres bondissaient déjà, par-dessus leurs camarades, un bond aussi impressionnant, aussi puissant que le premier, celui qui avait ouvert la rencontre. Peut-être plus encore. Ils retombèrent sur leurs croupes, alors qu’ils luttaient toujours à l’avant. Ils n’avaient plus la moindre chance.

Cinq avaient réussi à se dégager, et fuyaient, éperdus, sur le sentier, celui par lequel ils étaient venus, le seul qui fût libre, de toute la puissance de leurs quatre pattes, martelant la terre de leurs sabots. La peur seule habitait leur cœur, puis, peu à peu, une étincelle de soulagement, d’espoir, car ils se disaient que, non, les bêtes ne pouvaient pas être aussi rapides. C’était impossible. Peut-être aussi endurantes, mais les bêtes ne donnent pas la chasse, pas quand elles ont déjà une dizaine de corps bien chauds à dispositions, n’attendant que d’être dévorés.

Les bêtes ne faisaient pas ça, n’est ce pas ? Ils étaient sauvés ? La mort de leurs compagnons, sûrement, c’était assez, maintenant eux, ils allaient survire, parce que de simples bêtes, si terrifiantes qu’elles soient, n’avaient aucune raison de les poursuivre.

N’est-ce pas ?

Les bêtes ne tendent pas non plus d’embuscade, et elles ne laissent pas un côté du piège ouvert, en apparence, exprès pour que leurs proies s’y engouffrent.

Et pourtant…

Et pourtant des créatures tombèrent soudain sur les deux guerrières de tête, leur ôtant la vie d’un geste précis et brusque. Un autre tomba sur le dernier, le tuant aussi prestement, et puis les mâchoires du piège se refermèrent sur les malheureux qui restaient, trop paniqués, trop perdus pour se défendre assez bien, contre les assauts coordonnées et trop vifs des choses, comme s’ils avaient été dotés à la fois de l’instinct meurtrier de la bête, de la rage sanguine des Loups barbares et d’une réflexion sommaire, brute, mais adaptée au combat. Les pauvres survivants d’un moment n’avaient pas une seule chance, en sous-nombre qui plus est, maintenant…

D’autres arrivèrent, près des trois qui s’étaient tenus en embuscades, les poils éclaboussés de sangs. Les corps inanimés furent ramenés dans la clairière. Une quinzaine de corps, au total, au final. Et au même total, au même final, une quinzaine d’adversaire. Pourtant, aucun n’était mort, et il n’y avait que quelques blessés assez légers, qui pouvaient encore se déplacer avec force et fluidité.

Les malheureux Tarpans avaient fait l’expérience d’une terrible réalité. Ils n’avaient pas les faiblesses des êtres « raisonnants », ils étaient prédateurs, dans le plus pure sans du terme. Mais ils n’étaient pas, ils n’étaient plus, des bêtes. Oh non, ils étaient aussi rusés et brutalement intelligents que des Loups.

Ils étaient les Worgs.

Avec des cris et des grognements, les corps des braves guerriers commencèrent à être dévorés par ces vivantes incarnations de la Meute, dans ce qu’elle avait de plus féroce et meurtrière…
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aziraphale
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MessagePosté le : Sam Oct 01, 2011 8:52 pm    Sujet du message : Répondre en citant

Funeste

Citation :
Seigneur Dragon : Les dragons sont des créatures ancestrales des Terres de Saïhan. Personne ne sait rien des cavaliers qui les chevauchent, nul ne sait d'où ils viennent. Certain murmure qu'ils sont appelés par delà le voile du temps et de l'espace, arrivant sur les champs de bataille pour déchaîner leur fureur ab-animale. On ne sait guère non plus quelles alliances et pactes le Roi Pourpre a pu nouer avec les Seigneurs Dragons pour les avoir comme alliés, mais chacun craint ces êtres aussi majestueux que mystérieux, et incommensurablement plus puissants que le commun des mortels de Saïhan...


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aziraphale
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MessagePosté le : Sam Oct 01, 2011 8:55 pm    Sujet du message : Répondre en citant

Medar

Pensées d'un Lycan

Citation :
Lycans : « Les archers Lycans valent bien les Arconos Daronoans et les arbalétriers Gobelyns, si ce n'est le plaisir sans équivoque qu'ils prennent à voir leurs cibles mutilées sous leurs flèches, et leur habileté à se battre aussi bien au corps à corps que n'importe quel troupier entrainé. Une unité polyvalente et prenant un dangereux plaisir à la guerre. Leurs adversaires devraient apprendre à les éviter ou à les tuer dès qu'ils en ont l'opportunité ! »


Un sourire sadique et cruel étirait ses lèvres, alors que son regard perçant, habitué à voir loin dans toutes les directions, et particulièrement vers le haut, scrutait le ciel où n’erraient que quelques rares nuages. Quelques rares nuages, et un vol de Seigneurs Dragons, bien entendu. Le soleil, qui commençait déjà à descendre sur l’horizon, derrière les montagnes lointaines, les nimbaient d’une aura de gloire pure et translucide, qui aurait sans doutes ému jusqu’au fond de l’âme une créature plus douce que lui. Lui ne voyait pas de la fierté, mais de l’arrogance. Oh oui, qu’ils étaient arrogants, ces maîtres de l’air, ces empereurs des vents, ces princes des nuées ! Arrogant leur vol même, dans la lumière du couchant, arrogants leurs cavaliers, presque indiscernables à cette distance, minces silhouettes dont on ne savait pas grand-chose. Arrogants, oh oui tellement, les reptiles ailés et géants qui parcouraient les cieux comme s’ils en étaient les rois.

Son sourire s’agrandit encore, alors qu’il rampait des les broussailles, les troublant à peine. Ses oreilles exercées entendaient les bruits infimes que faisaient ses compagnons, tout autour de lui, et, avec l’instinct qui était le sien, il les sentait encore mieux, tout autours de lui. Ils étaient des centaines, tapis dans les buissons, tout autours, dans les maigres bois, à la faveur des accidents de terrains. Ils formaient plusieurs groupes plus ou moins nombreux, venus d’armées différentes et unis pour un même raid. Il connaissait ceux qui se trouvaient autours de lui, il avait fait un long, bien long chemin en leur compagnie. Cela faisait plus de cinq ans qu’il avait rejoint cette unité, en prouvait sa valeur d’abord à l’entraînement, puis sur le tas. Cinq ans, et des dizaines, sans doutes des centaines de batailles derrière lui, chacune marquée par le sang et la mort. Celle de ses ennemis, celle de ses compagnons. Parfois la victoire, parfois la défaite. Mais il était passé au travers de cinq années de guerre, et quoi qu’il portât de nombreuses cicatrices, il connaissait son affaire.

Finalement, il arriva au bord de la colline couverte d’une végétation épaisse et propice à les cacher où se cachaient de nombreux hommes, et regarda en bas, dans la plaine, les silhouettes pour lesquelles ils c’étaient donnés la peine d’avancer au lieu d‘attendre que leurs proies principales volent jusque-là. Impeccables, avançant sur quatre colonnes, des Epéistes Daronoans. Peut-être deux cents, à vue de nez, confiant en la protection des Seigneurs Dragons qui chevauchaient au-dessus d’eux. Ils posaient un léger problème, parce qu’ils seraient forcément passé par une zone d’herbes hautes et denses, où ils auraient tout aussi inéluctablement découverts les archers embusqués. Mais le problème avait été vite résolu. Ils étaient toujours en surnombre après tout, et ce n’était pas la première fois qu’un cas comme celui-ci se présentait. Et sans doutes pas la dernière. Il suffisait d’attendre. Les Elfes Pourpres étaient aussi arrogants que leurs alliés célestes. Aussi sûrs de leur supériorité.

Et la haine mêlée de mépris qu’il avait pour eux était toute aussi forte.

Heureusement, il lui suffisait maintenant d’attendre, tout comme les autres. Attendre leurs proies, qui n’étaient plus très loin. Ils étaient invisibles du ciel, invisibles de la plaine, tapis dans leurs bois, dans leurs broussailles, leurs buissons, les herbes hautes, derrières leurs roches et leurs accidents de terrains. Attendre que les Daronoans et les Seigneurs Dragons franchissent chacun une ligne invisible. Une ligne qu’il avait parfaitement dans la tête, et dont il savait que de nombreux autres l’avait aussi. C’était une question d’expérience, et surtout d’instinct. L’instinct du chasseur face à la proie. Quelle qu’elle soit. Il pouvait presque compter les minutes qui devaient encore s’écouler, et les mètres qu’il restait à parcourir aux deux groupes. Puis les secondes qui restaient. Les Elfes Pourpres furent à porté intéressante légèrement plus vite, et il décompta dans sa tête, regardant les Dragons dans les cieux, son arc déjà prêt à tirer la première flèche. Son épée, à son côté, n’attendant que d’être dégainé.

Et puis l’instant fût là.

Il se dressa, presque en même temps que quelques autres, et, comme une vague, leurs frères se dressèrent derrière eux. Il vit sa flèche partir vers le ciel en une courbe mortelle, entendit des dizaines d’autres cordes se détendre, su que des centaines d’autres faisaient de même. Mais il ne vit rien de tout cela. Il encochait déjà sa seconde flèche, et, dans un même mouvement fluide comme la course d’un prédateur, la décochait. Bien plus bas, dans la plaine, directement sur les Daronoans. Et puis il se mit à courir, vers eux, en bas. Parce qu’il n’y avait pas que les Seigneurs Dragons dans la vie, et que le sang des Elfes Pourpres avait lui-aussi le droit de couler à flot, à torrent, dans la plaine qu’ils avaient choisit de traverser ce jour-là. C’était d’ailleurs un bon plan. De puissants champions célestes pour assurer la couverture aérienne, des troupes régulières bien entraînées pour se charger de débarrasser les éventuelles unités spécialisées dans la traque des monstres volants.

Dommage qu’ils soient passés par là eux aussi, hein ?

Tout en courant, encochait d’autres flèches, et s’arrêtait régulièrement pour les tirer, avant de repartir, et de recommencer. Une fois remis de leur surprise, aussi efficace que d’ordinaires, les Daronoans avaient chargés ces hommes qui avançaient sur eux. Une fois leur mouvement bien amorcé, il posa un genoux à terre, en position de tir, sachant que tout autour de lui, ses camarades faisait de même, et commença à tirer sur l’ennemi, enchaînant les trais plus vite maintenant qu’il était de nouveau immobile. Au-dessus de lui, il entendait le vrombissement des flèches et les rugissements des Seigneurs Dragons, et il ne fût pas surprit d’entendre ce dernier bruit se rapprocher, comme un flot de rage tombant du ciel. Eux aussi contre-attaquaient, mais pour eux aussi c’était déjà trop tard. Pour eux tous. Ils pourraient peut-être faire des dégâts, mais cette petite Armée Pourpre était morte dès que les premières flèches avaient été tirées, pour n’avoir pas su venir l’embuscade.

Quatre.

C’était le nombre de flèches qu’il avait sentit qu’il laissait dans son carquois, derrière son épaule. Il tira celle qu’il avait encoché et prit la suivante. Trois. Une ombre se profila au-dessus de lui. Il décocha son trait, sans se troubler, trouva le prochain. Deux. Projeter la flèche, lever brièvement les yeux, la main déjà dans le dos pour en ramener une nouvelle, dans un geste machinal tant il avait été répété souvent. Une. Il roula sur le côté, évitant de justesse l’immense corps reptilien qui vint s’écraser sur ses frères, dernier geste de vengeance aveugle d’un être qui avait été prince des nuées et maître du ciel, et qui expiait maintenant sur la terre. Il pivota, avec l’instinct du chasseur, vit que le cavalier n’était pas mort. Décocha la flèche qu’il venait d’encocher, alla chercher la dernière qui reposait dans le carquois. Zéro. Il sauta par-dessus la queue agiter de spasme, trouva le premier Daronoan dangereusement plus prêt qu’il ne l’avait penser, et projeta son ultime trait dans son œil droit, avec une précision glacée.

L’enchaînement n’avait duré que quelques instants, et déjà il roulait sur le sol poussiéreux, lâchant son arc inutile et qui l’encombrerait trop. Il se releva d’un mouvement d’une souplesse animal, dégainant et enfonçant sa lame dans la cuirasse d’un nouvel adversaire dans le même mouvement brusque. Et puis tout se perdit dans la brume rouge de la rage, du sang et de la bataille. C’était toujours comme ça. Il pouvait se souvenir de chaque flèche tirée, mais de presque aucun coup d’épée. Il se contentait de survivre entre des instants fugitifs, porté par sa brutalité guerrière. Il évitait les corps des gigantesques mastodontes célestes, et les piqués, au début, des rares encore capable d’en exécuter un, et qui ne gagnèrent que de se faire larder totalement les ailes par les archers restés en arrière. Il esquivait les coups de lame, ripostait quand il en avait l’occasion, tuait ou mutilait dans de grands éclats de sang et de sueur, continuait de se mouvoir dans le combat comme une bête féroce.

Et puis ce fût fini.

Il venait de blesser gravement un Daronoan par derrière, à l’aine, d’un coup vicieux dans une large entaille déjà pratiquée par un autre dans une armure. Il se releva, et ne vit plus d’ennemi debout, sauf, à quelques mètres de là, un Cavalier Dragon qui se faisait descendre de sa monture par trois flèches cruelles qui frappèrent aux points les plus douloureux. L’ivresse de la bataille se dissipa, et il entendit enfin, comme à chaque fois, les râles des blessés et des mourants. On s’écartait des Seigneurs Dragons impuissants mais qui se débâtaient encore. Quelques-uns passaient entre les corps pour achever leurs hommes aux seuils de la mort ou pour ramener ceux qu’on pouvait encore sauver. Personne n’achevait les Daronoans, les reptiles volants ou ceux qui les montaient. Pensivement, il essuya sa lame sur la cape d’un Elfe Pourpre mort, puis il soupira et se mit à l’œuvre.

Il lui fallait un autre arc, s’il ne retrouvait pas le sien. C’était stupide de l’avoir laissé tombé, mais il s’était laissé emporté. Repoussant d’un vicieux coup de pied la main implorante d’une Daronoanne dont le casque éventré laissait voir la beauté et la noblesse, il en saisit un avec un grognement de satisfaction, le testa un instant puis le passa à son dos. Il allait encore voir s’il ne trouvait pas de bonnes flèches ou des choses intéressantes dans tout ça avant de repartir, mais il avait un arc, et c’était encore le plus important.

Si cruel et sanguin qu’il fut, un Lycan se devait avant tout d’avoir un arc, au même titre qu‘une lame.
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aziraphale
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MessagePosté le : Lun Oct 03, 2011 8:12 am    Sujet du message : Répondre en citant

Nhaderil

Citation :
Les fauniarques ne sont pas des êtres vivants à proprement parler, mais des entités constituées de millions de créatures végétales et animales, rassemblées de manière inconsciente en un monstre titanesque fait de feuilles, de terre et de matière vivante indéfinissable. Les fauniarques naissent par l'accumulation de vie en leur sein, et représente la conscience de la Nature, sa volonté, faite vivante.


Extrait du journal de Menninkäinen


Extrait du journal de Menninkäinen, à cette époque Défenseur assigné à la Passe Verte, Marche des Déchus.


Je ne suis pas comme eux.
Je ne serai jamais comme eux...


Un maître des bêtes et des créatures…
On me dit maître de celles-ci, mais ce n’est qu’à moitié vrai.
Ce sont elles qui m’habitent, et je parle en leur nom.

J’ai pu croiser sur le champ de bataille ces abominables humains, sortis de la fange, et qui se targuaient de mériter ce titre, celui de Bestilige. Même si, d’après mon expérience, ils sont aussi rares que ces beaux jeunes hommes drapés d’étoffes et équipés d’armes précieuses et distinguées au sein de leurs armées crottées. (Nota: Car je crois que ce n’est tout simplement pas dans leur nature; il doit y avoir un lien entre leur passion des rouages, des constructions de poulies et d’essieux, et leur contact limité voire débile à la réalité du Magyön qui nous entoure).
Je ne les ai croisés que par deux fois, jusqu’à maintenant. Et je m’en souviendrai pour toujours car mon cœur s’était mêlé de dégoût et de peine. Dégoût et haine pour ces imposteurs, mais peine pour leurs victimes, qui n’étaient pourtant pas dans notre camp, mais bel et bien du leur.
Il n’y a ni art ni raffinement dans leur façon de faire; je me demande encore si ces pauvres Diables, ces démons infâmes et créatures purulentes et visqueuses méritent ou non leur sort… Car le moyen de contrôle de ces bourreaux est la servitude, l’esclavage, et la cruauté pour seule récompense. Comment une telle aberration permet encore de rassembler la vie, sans qu’elle ne dépérisse? Maltraitées et affamées, dressées dans la violence, elles ne distinguent que les rires gras de leurs oppresseurs et le cliquetis des chaînes, la cuisante douleur de la punition, souvent sadique, et le contact de leur peau avec le métal froid; et leur seule liberté, leur seule délivrance temporaire de ces immenses cages, est de s’élancer, enragés, contre nos rangs.
Voilà ce que sont les Bestiliges Loups. Des humains de basse caste dotés d’une brutalité sans limite et, comme le hasard ne fait pas bien pas les choses, d’une patience extrême pour annihiler toute personnalité, tout bonheur, aux pauvres ères qui leurs servent d’armées.
(Nota: souvent, après la victoire, ces créatures encagées se doivent d’être exécutées car les années de traitements infâmants les ont rendues dangereuses pour quiconque les approche, même leurs congénères, l’euthanasie se révélant être la seule et unique libération… Ce n’est certes là qu’une solution prise dans l’urgence afin de protéger mes propres soldats, et que je ne préconise nullement. J’aimerais demander audience au Synode des Vénérables et leur soumettre ce problème délicat, afin de savoir si nous pouvons faire quelque chose pour ces êtres nés dans la souffrance… Lorsque le front sera enfin calme, je partirai à leur rencontre et entamerai mon jeûne rituel.)

Je reste profondément révolté et marqué par ces deux rencontres. Ce que j’ai pu y voir de mes propres yeux est en complète contradiction avec ce qui m’a toujours été inculqué…

Tous font partie du Magyön, qu’ils soient humanoïdes, ou bêtes. La plus petite fourmi en est dépositaire, un nid d’oiseau en est le réceptacle. Notre nature ou nos besoins ne changent rien à cette réalité si parfaite et logique. C’est là la base de notre enseignement; ceux que nous, Gobelyns, nommons Bestiliges. Et si notre caste n’était pas marquée par la plus grande discipline, empreinte de respect, nous ne pourrions tout simplement pas appréhender l’une des formes d’existence la plus singulière qui soit…

Après avoir vécu pendant des mois dans les demeures Troglodytes Fymirs, afin d’y gagner leur estime; après avoir caressé les ailes d’un Méphyr, aussi solides que la pierre, et d’avoir perçu sous cette couche d’obscurne la vitalité qui les anime; après avoir gravi seul les plus hautes falaises afin d’y découvrir une tanière d’Ectaryon solitaire; après avoir compris le langage des Gränits et des Tremble-Terres; et après être devenu le berger d’un troupeau de placides Talams, mon maître me fit chercher et déclara que j’étais prêt. Je devais quitter les collines dans lesquelles mon troupeau paissait paisiblement, et me rendre aux Marais de l’Ouest, pour ma Confirmation. Je savais très bien que l’expérience la plus incroyable et en même temps la plus dangereuse de ma vie m’attendait, et que je n’en reviendrai peut-être pas…
Depuis la Marche de la Lyre, je partis seul; je préférai laisser au Plateau d’Ishter son lot de batailles et de destructions, et décidai de contourner pas le nord, par le Désert d’Ishanä. Ma présence ne serait pas passée inaperçue, et mes frères m’y auraient bien accueilli; j’aurais fini par remettre ma Confirmation à plus tard, et me serai dévoué à la cause de notre peuple, contre notre terrible et néanmoins noble ennemi.
Comparés à Ishter, les Marais de l’Ouest étaient si vides, si calmes; et pourtant toujours bruyants, bruissants d’une vie combattive, toujours alerte. Et c’est ainsi que je fis les derniers pas qui me conduisaient vers ma destinée, sans d’autre confort que ma bure, ma gourde et mon couteau.
Plus seul que jamais jusque là, je marchais, m’enfonçais dans la boue, au milieu des roseaux et des joncs. Au début, je ne me nourrissais que de baies et de tubercules comestibles, souhaitant ainsi ne pas briser la première règle des apprentis Bestiliges, qui est de ne pas blesser la vie autour de moi, peu importe sa forme, et de tâcher d’en comprendre la moindre esquisse.
Puis, je ne pus trouver de quoi m’alimenter. Les moustiques se repaissaient de mon sang à la moindre occasion.
Après trois jours sans manger, je perdis l’énergie de faire du feu pour filtrer puis chauffer l’eau boueuse. Je m’écroulai sur une berge humide, hagard, étourdi. Je devins une proie encore plus aisée pour les moustiques; les fourmis commencèrent également à explorer les contours d’une créature aussi inattendue et peu farouche.
Immobile, je me sentais progressivement m’éloigner de ce qui m’avait toujours habité: la vie, le Magyön qui lie l’existence. Et c’est alors que tous les principes de ma conscience, ma volonté, mon éducation, ma discipline, me quittèrent progressivement; et que, sans m’en rendre compte, une seule pensée, un seul principe prirent contrôle de mes membres de poupée de chiffon: la survie.
J’attrapai ces fourmis vagabondes, et les avalai aussi sec. Je dû m’évanouir ensuite; mais ce maigre repas devait avoir apporté un peu de vie dans mes membres épuisés, et je repris mon errance, aussi futile fut-elle.
J’avais cependant brisé la loi première de mon ordre: des années de discipline alimentaire étaient perdues. Toute la pureté du corps durement acquise était vaine; alors que mon but même avait été d’aller au bout des préceptes de ma caste et ce, en rejoignant cet endroit; j’avais échoué.
Lamentablement échoué.
Mais tout cela n’avait plus d’importance dans ma conscience réduite; toujours fiévreux, j’avançai encore et toujours, peut-être pour me perdre encore plus, ou peut-être pour naïvement trouver une sortie, un village.
Les fourmis, les puces d’eau, les moustiques, une souris prise au piège; tels étaient les quelques repas que je pouvais m’offrir. Pitoyable, infâme. Je ne valais pas mieux que ces charognards qui m’épiaient, tapis sous la surface de l’eau noire, leurs yeux globuleux me fixant au raz de l’onde.
Enfin, mon existence sous cette forme s’arrêta alors que la maladie embrumait mon esprit. La fièvre était montée terriblement; je frissonnais de tout mon corps, je perdais tout contrôle sur mes actes. Marchant, je me mis à ramper, et rampant, je finis par m’affaler dans la vase.
Dans mon délire, j’énumérai tout ce que j’avais pu voir, faire, créer, et échouer; la règle maîtresse de notre enseignement, brisée, durant une perte momentanée de la raison.
Et c’est à ce moment que je compris.

Je compris qu’il n’y avait pas de règle. Pas de discipline, pas de sacré.
Je sentais les insectes courir sur ma peau; les anguilles s’agiter dans l’onde à mes pieds; la brise porter l’odeur de l’humus et des feuilles pourrissantes.
Il n’y avait pas de règle, seulement la vie. Luttant pour survivre, mangeant, étant mangée, mais sans cesse agissant, jamais abandonnant.
Et c’est en ouvrant à nouveau les yeux sur le monde que je pensais quitter, et que j’ai quitté d’une certaine façon, que ce miracle du Magyön se produisit.
(Nota: Je compris plus tard que de réaliser la véritable nature de la vie par moi-même, seul, et d’en faire ainsi partie, aussi humblement et sûrement que tous les autres êtres vivants, en faisant don de mon existence aux cycles éternels, je compris, que la Vie autour de moi sentais dorénavant ma présence, et m’acceptait, se dotait d’une forme palpable devant mes yeux ébahis.)

Les fourmis en étaient le mortier ; elle avait un cœur fait d’une ruche d’abeille. Les tubercules et les racines étaient sa chevelure, les branches d’ébènes étaient ses os. Des nuées de moustiques vrombissaient dans ses énormes poumons de terre, qui se gonflaient d’air putréfié et de bruine. Les araignées tissaient d’immenses toiles qui lui servaient de muscles, liant touffes d’herbes et feuilles mortes. Elle n’avait pas de visage, pas de gueule, pas de cervelle; mais tout en elle ne faisait que s’agiter, dévorer, grandir, se multiplier, mourir.
Elle se dressa de toute sa hauteur devant moi.
Un appendice préhensible apparut, fait de brindilles, de vers à soie et de mycoses.
Cette patte, ou ce bras, me pris, alors que je perdais contact avec la réalité.


Je ne sais toujours pas comment ces Orkelyns ont pu me retrouver aussi près de leur campement, comme par enchantement, nu et inconscient. Ni comment j’ai pu venir à bout de la maladie qui me rongeait.

Je me dis quelquefois que mon corps et mon esprit ont combattu et survécu ensemble, et que cette rencontre singulière a fait de moi un Gobelyn plus résistant, et désormais entièrement lié à la vie qui m’entoure.


Et parfois, je songe au fait que je suis mort, là-bas, loin dans les Marais, et que ma chair est depuis bien longtemps décomposée et mes os avalés par des Rasygators… Cette humble enveloppe terrestre, retournant aux cycles éternels… Et qui a nourrit cette étrange créature, dénuée de cruauté ou de bienveillance. Simplement faite de ce qui est, de ce qui toujours sera.
Et elle est donc, sous une forme unique, autant que nous, Gobelyns, et peut-être même plus, une véritable enfant du Magyön.
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MessagePosté le : Lun Oct 03, 2011 11:52 am    Sujet du message : Répondre en citant

Medar

Réédition du 27 Février 2010

Citation :
Berzerks : « Le Silence qui plonge les marais de l'Ouest dans la folie n'a pas le même effet sur chacun. Sur beaucoup de Loups, par exemple, il a des conséquences que ceux ci apprécient particulièrement : il rend certains gorgerins complètement furieux et indomptables. Ces berzerks sont alors lâchés, vociférant et terrifiants, sur les rangs ennemis. »


La fureur du sang

Un cri.

L’expression d’une rage immense, inhumaine, dénaturée. L’annonce d’une furie indomptable et incontrôlable, trop grande même pour un Loup, pour un des soldats barbares de ce peuple guerrier. Les rangs des Fangeux bruissèrent de craintes, quelque chose, un léger flottement se fit sentir dans les rangs de leurs adversaires prêts à attaquer, des Orkelyns pourtant résolus. Il y avait de la folie dans ce cri plein d’une colère absolue, constante, dévorante.

Des dizaines de cris.

Répétés, unis, se répondant les uns aux autres, s’alimentant, succédant au premier comme pour assoir la folie furieuse qu’il proclamait. Se rapprochant de plus en plus. Les soldats Loups de basse-classe commencèrent à paniquer, certains amorçant un mouvement de fuite, d’autres un mouvement d’attaque, tous retenus par l’inertie du groupe, l’instinct de meute profondément ancré dans leur gênes, qui courait dans leur sang, qui leur hurlait de rester groupés, que leurs chances de survie seraient plus grandes ainsi.

Des centaines de cris. Tout proches.

Les Fangeux commencèrent à charger. Les Orkelyns aussi. Mais trop tard. Les premiers étaient désordonnés, affolés, c’était plus une fuite vers l’avant, car ils ne pouvaient fuir vers l’arrière. Les seconds féroces et prêts à combattre. Les cris, les vociférations, les hurlements, se rapprochaient de plus en plus. Ce n’était pas une simple rage de vaincre qu’ils traduisaient, un simple amour du sang et de la guerre, qui coulait dans les veines de chaque membre du Peuple Loup, une simple soif de bataille. C’était plus absolu, plus primaire, plus effrayant. Ils faisaient naître une terreur sans nom dans le cœur des Fangeux, qui oubliaient les craintes qu’ils nourrissaient sur leurs adversaires.

Mais ce ne fut pas suffisant.

Soudain, ils furent là, surgissant des rangs de cette plèbe guerrière. Bousculant les hommes, fracassant les crânes de ceux qui n’étaient pas assez prompts à s’écarter, franchissant d’un bond les quelques mètres qui les séparaient encore des Orkelyns. Déferlants, en un groupe puis en plusieurs, en une Meute, comme le leur commandait encore leur instinct animal, fondant sur l’ennemi en considérant les Fangeux comme de simples obstacles. Les loups ne se mangent pas entre eux, ou tout du moins pas quand il y a une autre proie de disponible. Et ils étaient des Loups, eux aussi.

Ou tout du moins ils l’avaient été.

Leurs yeux étaient fous, injectés de sang, emplis d’une fureur absolue. Leurs visages tordus par une démence totale. Ils avançaient trop vite pour leurs armures lourdes et leurs puissantes armes, et maniaient celles-ci avec une vélocité et une force qu’on n’aurait pas attendues de simples humains, faisant reculer leurs puissants ennemis, déchaînant le chaos de la bataille. Les quelques Fangeux qui survivaient encore ici et là, emportés par le flot guerrier, contraint de se battre et de mourir face à l’ennemi pour ne pas se faire piétiner, écraser, massacrer par l’allié montraient bien la différence qu’il y avait entre eux

La différence de la folie.

Les nouveaux venus possédaient la force de la démence totale et profonde, la puissance de leur coup démultipliée, leur instinct de survie occulté. Ils se frayaient un chemin dans les corps de leurs adversaires, continuant de se battre malgré les blessures qui auraient dû les mettre à terre, le sang coulant à flot de leurs cuirasses brisées, leurs larges lames ébréchées, leurs masses d’armes édentées ou leurs haches fendues. Certains jetaient leurs restes et empoignaient d‘autres armes en meilleurs états sur les cadavres, alliés ou ennemis, d’autres n‘avaient même plus la lucidité nécessaire à cet acte, aveuglés par le sang, frappant et frappant encore.

Comme s’ils devaient frapper toujours.

Depuis longtemps les Fangeux étaient morts, quelques uns d‘entre eux avaient réussi à se dégager et à fuir. Et les terribles fous combattaient encore. Là un manchot, son bras tranché par son habile adversaire, du sang jaillissant de sa terrible blessure, magnait encore d‘une main son épée, comme si c‘était un gourdin. Là un autre, saignant de mille blessures, se vidant de sa vie à chaque mouvement, qui fracassait frénétiquement ses adversaires, les repoussant de sa puissante hache. Là encore un autre, les yeux fous, la bave aux lèvres, les yeux plus que déments, totalement déconnecté du monde, qui ne semblait voir que le sang et le sang encore, frappant l‘allié quand il se présentait à lui. Et leur férocité furieuse rencontrait le mur martial et puissant des Orkelyns.

Et puis ce fut fini.

Les deux derniers guerriers furent massacrés, hachés, transformés en bouillie, par la cohue bestiale des Loups rassemblés autour d‘eux. Pas le temps de pousser un cri, pas le temps de sentir la mort qui s‘en venait. Une boucherie, dernier acte de la scène barbare, et sans doute le plus barbare de tous.

Durant quelques instants, il y eut le silence, seulement troublé par les halètements rauques des gorges, les infimes gémissements de ceux qui ne pourraient jamais se relever mais qui n‘étaient pas encore tout à fait morts. Quelques dizaines de combattants tombèrent soudain face contre terre, leur dernière rage envolée. Ils avaient été près de huit centaines, il en restait à peine cent. Ils avaient tué, avec les deux cents Fangeux, plus d‘un millier d‘Orkelyns. Vaincus par cette soif guerrière absolue. Ceux qui étaient tombés l‘avaient fait décapités ou démembrés, dans un dernier spasme, le cœur ou le cerveau arraché du corps. Ou alors de fatigue, quand le sang n‘avait plus pu soutenir, malgré leur volonté démente, leur soif de massacre absolue.

Une soif qui ne s‘était pas tarie.

L‘instinct de la Meute, profondément enraciné en eux, au cœur de leur nature de Loup, les avait empêchés jusque là de s‘entre-déchirer, ou de bondir sur leurs frères. Mais maintenant, gorgés de l‘odeur du sang, des massacres, pour certains en piteux état, ne trouvant plus d‘adversaire, ils s‘entre-regardaient, hagards, perdus, leurs yeux dilatés, injectés de sang, plein de quelque chose qui avait cessé même d‘être de la furie, quelque chose qui était au-delà. L‘Esprit de la Meute peu à peu se fissurait, s‘écroulait, prêt à céder devant ce besoin obsédant de tuer, de détruire. Ils étaient prêts à bondir, à se combattre jusqu‘à ce qu‘il n‘en reste qu‘un seul, le plus maudit, destiné à mourir du seul épuisement.

Et puis un bruit.

Le son d‘un pas cadencé, martial, puissant. Cinq cents paires de pieds marchants à l‘unisson, du même pas de guerrier. Et ils surgirent de derrière une colline, des hommes, des femmes, que savaient-ils et qu‘importait, une hache à la main, le visage neutre, figé, comme fondu dans l‘airain le plus pur par quelque sculpteur génial mais à l‘humeur morne. Ils venaient finir le travail, achever l‘ennemi agonisant qui avait réussi à survivre à l‘autre.

Un cri, puis une centaine. L’Esprit de la Meute refit surface.

C’était l’ennemi. Il fallait le combattre. Ils étaient à un peu moins de cinq contre un. Ils étaient presque tous blessés, les autres épuisés. Leurs armes et leurs armures avaient pour la plupart grandement souffert. L’adversaire était frais, dispo, son équipement impeccable, en une masse compacte et ordonnée. Et puis, c’étaient des Daronoans.

Mais ils s’élancèrent tout de même.

Que savaient-ils de la peur, ou de la raison ? Les miasmes de l’Ouest leur avaient ravit tout cela. Ils avaient été hommes, ils avaient été Loups. Avaient aimé la guerre, la vie, la conquête. Maintenant ils couraient vers la mort, pour la donner et pour la recevoir. Pour le sang et pour le combat. Non pas, non plus, parce qu’ils aimaient ça, mais parce qu’ils n’étaient plus que ça.

Ils étaient les Berzerks.
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MessagePosté le : Mer Déc 14, 2011 8:34 pm    Sujet du message : Répondre en citant

Helian Liadon


Citation :
Tarbhates : Les tarbhates sont les catapultes gobelynes. D'un principe similaire, leur cuillière est néanmoins en oblique, projetant les pierres et boulets d'un mouvement partant du haut vers le bas plutôt que le contraire, ce qui leur assure un gain de puissance au départ, le poid du projectile aidant.



Roches et Sang


Les Tarbhates étaient positionnés non loin des Treuils-Worgs, à bonne distance du castel loup.
Silan soupira, tout en observant la lune. Ce siège durait... depuis la construction même du castel. Cet avant-poste loup n'avait pas connu plus d'un jour, son premier, sans siège... Et pourtant, il restait debout, à les défier, à les narguer par ses bâtiments en ruine mais toujours debout, toujours actifs. Des jours et des jours de siège, et le castel ne faisait que grossir. Il avait l'impression qu'ils n'arriveraient à rien.
Dans le camp, on parlait de l'arrivée possible de renforts gobelyns. Un deuxième Maître de Siège viendrait aider à détruire ce castel, disait-on. A cette pensée, le gobelyn sourit. Deux Maîtres de Siège... Cela suffirait largement à mater ces insolents... Mais en attendant, il préférait ne pas croire à ces rumeurs, pour ne pas prendre le risquer de se bercer d'illusions... Il pensa à son ami qui s'était engagé dans l'armée des Sigisbées affrontant ailleurs les Elfes Pourpres, dans cette même région...
- Maudite Passe...
La Passe Verte... Probablement le pire endroit qui existait. Des marais à perte de vue, des zones si bourbeuses que toute fondation s'y enfonçait, du petit castel à la plus majestueuse forteresse. Et cet environnement... Dans cet enfer, toute forme de vie était nuisante... Et potentiellement mortelle. Même les plus petits animaux ne pensaient qu'à agresser les intrus. Nombre de ses frères étaient morts suite à la morsure ou la piqure d'un petit insecte ou animal apparemment inoffensif. Et ceux qui n'avaient pas l'air pacifiques... Donnaient raison à l'observateur. Pénétrer dans ces marais, c'était s'attirer l'animosité de tous ses habitants... Y compris les loups...
Pourquoi, mais pourquoi les généraux gobelyns avaient-ils décidé de combattre ici ? Ces terres si dénuées d'intérêt, ces terres si repoussantes, ces terres si... mortelles. Certes, la campagne avait très bien avancé, les loups ayant été peu à peu repoussés du Nord-Ouest, de l'Ouest et du Centre... Mais ils s'étaient repliés au Sud-Ouest, où les conflits faisaient désormais rage... Et l'armée gobelyne s'étaient enlisés. Les combats faisaient rage, mais nul véritable changement n'apparaissait, nul victoire décisive ne se profilait à l'horizon... C'était un enfer.
L'enfer...
Un cri s'éleva, et Silan sursauta, la main près de la poignée de sa dague, la seule arme qu'il avait avec lui. Il tendit l'oreille, tentant de percevoir d'autres bruits à même de lui révéler ce qui se passait, mais il n'entendit rien... Fronçant les sourcils, il scruta attentivement les alentours. Des ombres... Une ombres ne bougeait pas ! C'est alors qu'ils comprit, lorsqu'il vit les ennemis fondre sur eux. Certains à pied, d'autre à cheval, ils fonçaient dans sa direction, sans émettre le moindre bruit. Silan écarquilla les yeux. Impossible, ils ne pouvaient pas être aussi furtif, surtout pour des loups ! Peu à peu, d'autres cris résonnèrent dans le camp, alors que les ennemis s'enfonçaient dans leurs lignes, détruisant tout sur leur passage, tailladant gobelyns, jetant des brasiers un peu partout dans le camp et piétinant les cadavres des sentinelles supprimées.
Ils étaient sûrement venus détruire les engins de siège... Il devait les en empêcher. Non ! Fuir... Ce n'étaient pas que les machines que les loups attaquaient, mais également leurs servants. Il jeta rapidement un coup d'œil derrière lui , et vit que le camp était sens dessus dessous. Se retournant, il eut le réflexe de plonger à terre pour éviter le coup porté par un cavalier passant en trombe. Se relevant à moitié, il voulut courir accroupi pour aller se réfugier. Un projectile l'atteignit dans le dos alors qu'il s'apprêtait à contourner un engin. Le gobelyn s'effondra.
Silan observa rapidement sa blessure, et grimaça. La plaie était sérieuse, il n'en avait plus longtemps, aucun carabin, aucune aryale ne le sauverait... Se tournant lentement pour s'allonger sur le dos, il tourna la tête pour observer ce qui se passait. Plusieurs colonnes de fumée s'élevaient déjà du camp. Les tarbhates... Comment avait-il pu ne pas y penser ? Les engins de siège étaient souvent les premiers visés... Lui qui croyait qu'il serait en sécurité, loin des remparts, à manipuler les armes qui abattraient les derniers remparts loups...
Il entendit des exclamations, et des cris guerriers, accompagnés des rugissements caractéristiques des bulkors. Du coin de l'œil, il aperçut les fangeux et les furetions battre rapidement en retraite. Le reste des troupes était là et les loups se repliaient, mais le mal était fait.
- M... maudits l...
Sa phrase se finit dans un gargouillement étranglé... Sa fin... était proche... Mais il ne voulait pas.. finir comme cela ! Mourir... Debout...
Silan s'agrippa au tarbhate à côté de lui, qui commençait déjà à brûler, et tenta de se relever dans un effort titanesque.
Mourir... Debout...
Debout...
Silan lâcha prise.
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MessagePosté le : Mer Déc 14, 2011 8:36 pm    Sujet du message : Répondre en citant

Nom de joueur: Silence
Type: Infanterie légère
Titre: Moi Oracle, intendant : Le récit d'un siège
Unité choisie : L'intendant
Citation :
Toute machinerie à ses rouages, et toute structure compliquée, ses pièces maitresses. Dans la gestion des villes et forteresses, des cohortes d'intendants responsables et compétents sont absolument indispensables pour tenir les rênes de toute cité, lorsque ses forces se font trop fragiles ou turbulentes, et que leurs gouverneurs s'en vont en guerre...



Moi Oracle, Intendant, récit d'un siège
Ceci n'est pas la fin de mon histoire, mais le récit du premier siège auquel j'ai assisté...
C’était le jour de garde, et Oracle, et comme d’accoutumé, patrouillait dans la capitale avec les cadets soldats.
L’ennui, toujours l’ennui !
Qui accompagnait inlassablement ses rondes interminables. Alors Oracle regardait les monuments, sommets majestueux de l’architecture. En se rendant au cœur de la cité, car aujourd’hui c’était jour de marché son regard se posa sur les ruines de l’arène de la cité ou, dans des temps anciens, on disait des exécutions y étaient organisés. Des grands événements s’y étaient déroulés, dans des "temps anciens", avait on coutume de dire.

Le dernier Mur de l'enceinte intérieure avait une hauteur totale d'environ 50 pieds et un attique, partiellement détruit vers le sud-est, couronnait l'édifice.
Les piliers ornés de pilastres soutenaient quatre arcades placées aux extrémités de ce qui fut jadis une ellipse, de grandes, magnifiques, colossales arches.
L'entrée, qui était au nord possédait un fronton triangulaire, décoré de deux avant-corps de Dragons.
Des inscriptions qui existaient encore, renseignaient, à qui comprenait les langages oubliés, sur les identités des bâtisseurs.
La pierre dont on avait fait usage pour la construction provenait des carrières loin d’ici et l’on y voyait gravé les représentations telles que les chasses. Alors qu'Oracle se perdait dans ses pensées de temps anciens, de bêtes fauves il fut interrompu par les cris de la foule.

Arrivé devant le marché, il contempla le désordre. Au milieu des étals renversés, les marchands, les habitants et les badauds étaient agités, en proie en je ne sais quelle folie.
Oracle fit sonner le corps de la garde, et disciplinée comme une troupe surentrainée, les soldats rétablirent l’ordre, séparèrent les belligérants et imposèrent le silence. Une fois le calme apparent revenu, Oracle fut informé de ce qui venait de se passer.


Mais à peine avait-il eu le temps de comprendre ce qui se passait, qu’on hurlait du haut des murailles
- Siège ! Siège !
- Mais que se passait il donc ?
Oracle, partit à grande enjambées en direction de la porte du nord de la cité, puis monta 3 par 3 les volées d’escaliers de pierres qui menait, via l’intérieur de la muraille, au sommet et au chemin de garde.

Une fois au sommet de celui-ci, il ne pu s’empêcher de s’exclamer
- Mon dieu ! Qu’est ce donc ?
Devant ses yeux ébahis, les contreforts se noircissaient des machines de guerre et autres tour de sièges et panchins qui encombraient la ligne d’horizon. Tandis que sous ses yeux, la porte d’accès qui d’habitude grouillait des vas et viens des visiteurs, habitants et autres commerçant de la ville, était étrangement calme, car seules quelques rares personne passaient encore.

Alors du haut du sommet de la muraille il interpella un marchand, qui, haletant, se pressait de passer l’arche d’entrée.
- Toi là, dis-moi ce que tu as vu.

Alors le pauvre homme lui dit
- Protégez nous de ce fléau !
Une armada a bloqué tous les accès à la ville. Ils déplacent de lourdes machines de siège, mais ce n’est rien en comparaison des armées d’assaut qui les suivent, c’est une véritable armada, nous allons tous mourir !
Oracle jaugeant de l’urgence de la situation donna l’ordre de faire rentrer au plus vite les derniers arrivants et fit déclarer le couvre feu.
Puis intima l’ordre aux arbalétriers et archers :
- Sonnez la garde, faites descendre les grilles, verrouillez tous les accès, nous sommes attaqués.

La ville fortifiée, que les mains des générations précédentes avaient pourvue aux endroits opportuns, de défenses solides, ses murs, ses tours de defense. Elle ne serait pas d’un accès facile.
Les douves profondes de la cité, qui la protégeait, les profonds tourbillons de la rivière qui passait dans les temps anciens, avaient formé sur le pourtour de la ville, à l'aide de son courant infranchissable, une barrière naturelle profonde au cavalier comme au fantassin. La hauteur des tours et plus encore, par la très puissante enceinte implantée au bord des douves, qui se lézardait sous les coups des blocs de pierre qui s'écrasaient au hasard des tirs. La ville se devait d'être inexpugnable, sauf si le sort n’en décidait autrement...
Mais que pouvait il faire avec ses quelques gardes, qui officiaient comme d'accoutumé sur les remparts, et les soldats en charge du maintient de l'ordre....
La majorité de l'armée avait quitté le château, l'intendant se retrouvait seul



Alors Oracle donna l'ordre :
- Faites appeler les renforts, réquisitionnez tous les hommes valides en âge de porter une arme ou de tendre un Arc. Armez le peuple, et faites monter tous les archers sur les remparts.
Puis en interpellant un soldat lui dit :
- Toi, va à l'écurie située non loin, réquisitionne les montures et fait préparer la cavalerie lourde à la charge, il faut briser ce siège avant que ces murailles ne nous tombent sur la tête.

Excités par les exhortations d'Oracle et au son de la trompette, La garde rassemble les archers, paysans armés de fourche. Comme il convient à un homme courageux, il s'avance le premier. Revêtu de son haubert à mailles entrelacées, la tête couverte d'un casque à cimier étincelant, ceint de ses armes, le visage terrible, il descends avec fougue et véhémence des remparts pour donner confiance à ses hommes et rendre à ceux de l’intérieur la résistance possible.
Oracle ordonne aux archers de tirer en direction des assaillants et de se classer en fonction de la longueur du tir. soudain l’incendie, les boulets enflammés tombaient avec violence autour d'eux. Des haies de feu tout autour d'eux d'où jaillissaient de multiples foyers, et l'on voyait les flammes s'élancer vers le ciel qui s'illuminait de rouge en cette nuit.
Oracle voyait les habitants, commerçant et soldats, errants de droite à gauche, les rochers, boulets et projectiles divers anéantissaient tout sur leur passage et, attisé par un vent violent, les incendies redoublaient de violence. Les épines et les haies, matériaux combustibles, cédaient très rapidement et si l'on ne faisait rien la voie d’accès, bientôt s’ouvrirait, béante.

Abandonnant, alors les soldats il envoya un éclaireur marquer sur le sol à l'aide de cailloux aux distances respectives des archers. il fallait tirer juste et anéantir les premières lignes qui viendrait.
Les défenseurs, vite réfugiés sur les Tours et chemin de ronde, leur principal ouvrage défensif, voyant de tout côté le château être la proie des flammes, et tout ce que le feu n’avait pas encore atteint. Ils ne pouvaient pas laisser la ville et les trésors qu'elle contenait, tomber au pouvoir de l’ennemi.
Il fallait renverser le siège, qu'ils perdent confiance et décident entre eux de négocier pour sauver leur vie....
Mais le feu ignore la modération !
Il ne sait pas se calmer, il n'a pas pour habitude de pardonner, et les flammes toujours plus puissantes approchaient du seuil des battisses plus facilement inflammables, les boutiques, les échoppes qui étaient en bois, car dans ces quartiers populaires et marchands il n’existait que peu de fondations maçonnées. Or, tandis que les flammes s'approchaient de l'entrepôt à grain de la ville basse, l'incendie se calma brusquement et, comme repoussé par tous les souffles contraires du vent nocturne et les seaux d'eau que l'on s'évertuait à lui opposer se mit à reculer, le feu perdait force et puissance.



Le cadet l'informa que 350 cavaliers lourds étaient en train d'être sellés et que l'on pouvait compter sur 600 soldats, 300 créatures en arme.
Oracle hurla :
- Recrutez plus d'hommes, faites appel aux monstres volants, nous ne pouvons pas compter que sur nos seules forces terrestre.
Ils vont devoir rapprocher les engins de siège, ils sont trop loin, que la cavalerie d'assaut se tienne prête dés le mouvement des engins de siège, nous chargerons avec les monstres volants, car sans eux, ils ne pourront jamais rentrer ici.
Vérifier le mécanisme du pont levis, faites venir les menuisiers pour réparer.




Les archers maintenant étaient en place entre les créneaux et les meurtrières, bien à l'abri derrière de hauts boucliers de bois et classés par longueur de tir.
On avait pu sauver quelques engins de siègequi avaient été remis en état par les rares menuisiers disponibles, ainsi que la machinerie complexe du Pont Levis.

Il ne restait plus qu'à attendre que les assaillants s'avancent et là le plan de défense d'Oracle pourrait se dérouler. Mais les défenseurs ne tiendraient pas une nuit de plus sous le feu des pierres qui effritaient les murs et du feu qui brulait les toits. on ne comptait plus les blessés civils, meurtris par les flammes ou blessés par les chutes de toits.

N'ayant pas le temps de chercher les d'explications, l'Oracle, les soldats et les créatures ne pensaient qu'à sauver leur vies et celles des habitants innocents.
On avait mis les engins de sièges au plus proche des Murs , et les servants s'attelaient déjà à stocker les projectiles. et ils ne manquaient pas, les assaillants recevraient bientôt à leur tour ce qu'ils avaient détruit...leur destin serait ironique.
Les débris des brasiers qui finissaient de se consumer avaient été regroupés en plusieurs foyers et de l'huile, et de l'eau avaient été mises à chauffer pour alimenter les brule eau , cela réchaufferaient les ardeurs des assaillants si ils tentaient d'escalader les murs à l'aide d'échelles.

La cavalerie de charge était prête et n'attendait plus que de voir le lourd pont levis s'abattre pour éventrer les lignes ennemies qui oseraient se confronter à eux. Ils étaient pour certains, vétérans, et aguerris à la guerre. Le Castel ne tomberait pas aux mains de ces sauvages, même si il fallait donner sa vie, l'intendant ne pouvait permettre cela.
il donna l'ordre d'armer les engins de siège et toutes les défense possibles qui se trouvaient au niveau du sol et de les faire placer prés des meurtrières prévues. et tout ce que ces flèches, projectiles, rochers, lancés avec force par le mécanisme ou les soldats rencontraient, ils le transperçaient, écraseraient.



Une immense explosion avait lézardé une partie de la muraille extérieure. Et les assaillants concentraient leur tir sur cette première brèche, le mur céderait bientôt.
Récupérez les toits effondrés pour en faire des barricades, dressez des boucliers de bois !
L'étroitesse et le dénivelé des douves, l'amoncellement des cadavres d'hommes les débris tombés au cours des premières vagues d'assaut, ne permettront pas non plus le déploiement d'une masse d’assaillants.
Même si ils s’aventurent à donner l’assaut à travers cette brèche, ils seraient décimés par les carreaux des arbalétriers, ils ne rentreraient pas si facilement. Se dit-il.


Devant l'échec à contenir les assaillants dans leur entreprise de destruction et d’effondrement des murailles, il devient évident à Oracle de riposter. Ce serait le dernier rempart sur lequel s'appuieraient les défenseurs.
La nuit touchait à sa fin et les dégâts sous la pâle clarté de l’aube étaient impressionnants. Sous le bruit du bombardement des catapultes qui avaient repris leur office avec plus de précisions encore, car elles s’étaient rapprochées, les assaillants renouvelaient leurs assauts contre le bastion, provoquant encore de nouveaux incendies.
Les boulets roulaient dans les lignes des soldats alentours, mutilant les soldats, les civils ou semant la mort.
Oracle fit replier ses hommes des remparts pour leur éviter de subir cette canonnade, extrêmement violente. Il est vrai que le Castel n'avait pas connu les feux d'enfer des grandes batailles depuis des temps immémoriaux.

Oracle assiste à ce mouvement rétrograde que le recul des archers mêlés aux civils. Aveuglé par la fumée ambiante, Oracle y voit une retraite générale, comme un cauchemar, ce ne pouvait être prémonitoire, il fallait l'empêcher !


Ils subissaient et s’il ne faisait rien la voix était ouverte au flot de haine, de rage et de sang des assaillants. Il décide alors d'engager la cavalerie lourde pour casser l’offensive adversaire et abattre leur cavalerie.
Pour cela, Oracle va chercher les régiments de charge, ces formidables cavaliers sélectionnés. 350 chevaux, soit l'ensemble du corps de cavalerie lourde, participerait à cette action
- Faites descendre le pont levis, ne le remontez que quand nous reviendrons. Nous chargerons les servants des engins de siège et reviendrons immédiatement. Privés de leur mains ils ne seront plus que d’inutiles géant de bois et de fer.
Quand nous serons à distance faites tirer les archers sur nos poursuivants par distance de tir avec les repères disposés au sol, le jour est là, ils seront bien visibles.

Le pont levis s'abaisse dans un fracas immense et ouvre sa gueule béante sur la plaine et les armées ennemies. Quand Oracle s'élance à leur tête, c'est maintenant une masse de 350 hommes et chevaux qui va s'abattre sur l'infanterie et les servants.
Le sol de la plaine qui s’ouvre devant le Castel est à demi-boueux et jonché de cadavre de bêtes et de débris de muraille, ce qui ralentit la progression des chevaux.
- Il fallait compter sur l’effet de surprise d’une telle audace ! Espérât il



Quand la pluie de flèches s'était abattu sur eux il se rendit compte qu'il était trop tard.
Sa monture blessée par plusieurs d'entre elles, l'avait fait chuté et s'était effondrée miraculeusement sur lui, le protégeant des carreaux des tireurs ennemis.
- Un piège !
Ils étaient tombés dans un piège !

Les assaillants avait volontairement mis leurs engins de siège en leurre, il était tombé dans ce piège grotesque, sur de sa victoire et de la faiblesse de son ennemi...
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MessagePosté le : Mer Déc 14, 2011 8:40 pm    Sujet du message : Répondre en citant

Vickielle


Citation :
Aryales
Des bois secs et paisibles que l'on peut parfois étrangement trouver au fond des marais de l'Ouest, les dryades ont envoyé une nouvelle aide aux Sharras, en vertu de leurs alliances ancestrales et secrètes.
Les Aryales sont apparues dans les camps gobelyns, prodiguant soins et attentions aux plus souffrants et démunis des guerriers de Wysfäll et de leurs alliés, tel un songe étoilé d'automne...


Ode

Pour soigner les blessés,
Je déclare la guerre officielle,
Aux puissants et aux cruels,
Qui leur doivent le respect !

Je deviendrais infirmière,
Pour soigner les blessures,
Je guérirais meurtrissures,
de ma main si légère.

De chaque désastre je pèserais le poids,
Pour ériger des murs de pierres,
Une enceinte pour ces colères,
Qui perfides, sommeillent en moi.

Je poignarderais en plein cœur,
La peur d’un autre trahison.
Je l’étranglerais sans concession,
Et j’en panserais les douleurs.
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aziraphale
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MessagePosté le : Jeu Déc 15, 2011 4:14 pm    Sujet du message : Répondre en citant

philou

Sharras


Citation :
Sharras

les Sharras sont des incarnations de la nature. Elles prennent généralement la forme de grandes femmes musculeuses, faites de lumière blanche et liquide qui tire sur le vert clair sur leur pourtour. Des flammes d'émeraude viennent lécher leurs silhouettes et se prennent dans leur chevelure, la prolongeant comme une couronne de feu vert jade flottant vers des cieux improbables. Les Sharras ont perdu leur visage bienveillant depuis la mort de leur Reine, n'affichant plus qu'un rictus convulsé par la haine qui les dévore. Derrière leur passage pousse l'herbe et la terre, le vent y souffle comme cherchant à les suivre, et le sable volète, entremêlé de gouttes d'eau apparaissant spontanément dans l'air. Tout le règne végétal leur obéit, et elles semblent toujours flotter plus qu'elles ne marchent ou ne courrent. Les Sharras sont légèrement plus grande qu'un Daronoan adulte, mais c'est leur marche légère et envolée, ainsi que les flammes d'émeraude capricieuses qui les entourent qui leur donne leur stature si grandiose et terrible à la fois...



-Sigisbée zarkan! le coursier du duc Khro vient d'arriver.
-ah ,peut etre enfin de bonnes nouvelles mon cher Ryïss,fait le entrer!
-Salut a toi ,Sigisbée zarkan! mon maitre m'envoie vous dire que les renforts n'arriveront pas !
les loups ont bloqués tous les acces et meme moi ,seul j'ai mis plus de quinze jours pour atteindre votre chateau!
Nos position tombent les unes apres les autres et je craint que cela ne s'empirent dans les semaines a venir......
zarkan continua a ecouter avec grande attention le messager,une fois qu'il eu terminer ,il le remercia et lanca a Ryïss
-occupe toi bien de lui ,qu'il ne manque de rien!!!!
une fois que tu en auras fini ,revient au plus vite ,de graves decisions doivent etre prise!
zarkan ,replongea dans ses pensées!
une heure plus tard Ryïs revint dans la grande salle,mais a peine avait -il franchit le seuil que zarkan lui saisit le bras et l'entraina sur la plus haute tours du chateau....
-regarde ,le messager disait vrai ,nos forces disparaissent ,ils seront a nos portes d'ici peu .....
-nous les attendons de pieds ferme,et nous les repousseront encore une fois...
zarkan ,esquiva un leger rictus....
-oui je sait que je peux compter sur vous ,mais je doute que cette fois cela suffisent ,nous ne pourrons compter que sur nous!
mais il nous reste peut etre encore une chance!
il y a fort longtemps,le père de mon père,avait le pouvoir d'invoquer le Magyön!
Ryïss,n'en revenait pas ,il en avait deja entendu parlé ,mais il avait toujours cru que cela appartenait aux legendes ......bientot il reverra peut etre les Sharras...son rêve!!!!
-maintenant va prevenir la garnison et qu'elle se tienne prete a combattre!
-oui Sigisbée!!
Ryïss,le fidele intendant s'executa et redescendit la grande tour ,afin de prevenir les troupes que la bataille allait bientot commencer!
zarkan ,lui,commença ses invocations.....
Trois heures avait passées et les premiers signes des invocations apparaissaient.....
Ryïss se tennait au millieu de la grand place et inspectait les defenses,quand il se retrouva nez a nez avec les ...Sharras!
il faillit tressaillir ,mais l'amour qu'il portait a ses creatures,lui fit tennir bon!
Son maitre avait reussi.....
elles etaient belles et envoutantes,lui qui aurait donné sa vie pour en apercevoir une ,se trouvait au beau milieu de toutes une armée plus belles les unes que les autres!!!
Quand zarkan reapparut sur la grand place de Primagyon Rocre,le silence fit place au cri d'emmerveillement de la garnison et tous se mirent en place attendant les ordres de leur chef!
zarkan avait quelque chose de changé....
Ryïss se plaça a ses cotés et s'apperçut a son tour que son maitre avait changé;lui qui etait sensiblement de la meme taille ,etait obligé de lever la tête pour le regarder ,son aura etait bien plus puissante aussi,il avait cette lueur dans les yeux qu'ont les sharras!
-Mes freres!lança zarkan, le Magyön est avec nous !les Sharras sont arrivées et avec elles tant de creatures et monstres!!bientot nous livrerons combat a ses puants de loups et nous les repousserons encore une fois !!!
Son nouveau statut lui donnait encore plus de prestance et aussitot que ses paroles furent absobées par ses armées un cri de furreur sorti du chateau, en reponse,qu'on pu l'entendre jusqu'a Mok Jäll Syllin!
Les Sharras brillaient de mille flammes ,elles etaient pretes a en decoudre...
-Ryïss,souffla zarkan a son intendant,ce soir sort les tonneaux de vin et prepare leur un festin, les prochains jours risquent d'etre dur!!!
zarkan s'eloigna sous les houras de la garnison,suite a lannonce de l'intendant Ryïss!
Trois des Sharras lui enboiterent le pas, en laissant derriere elles un chemin d'herbe verte.....Mais où pouvaient ils aller?
une petite demi heure plus tard,le petit groupe se trouvait en dehors de l'enceinte du chateau ,aux abord des bosquets de Primagÿon!
Depuis la sortie du chateau ,pas un mot n'avait été echangé et pourtant la communication etait bien la !Les Sharras lisaient dans ses pensées et zarkan lui aussi .....a son grand etonnement!!!!
une fois arrivé au bosquet,ils deciderent de l'emplacements des premieres defenses,poserent les pieges et toujours dans un silence de cathedrale ils rentrerent au chateau!!!
Des les portes franchit ,zarkan envoya ses ombres au bosquet et allentour!
voila demain tout sera en place!
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MessagePosté le : Jeu Déc 15, 2011 4:24 pm    Sujet du message : Répondre en citant

Eroahon - Carcanier
texte en multi-catégorie (cf cavalerie lourde et siège assaut)

Citation :
Carcaniers : certains daronoans ont eu l'esprit trop fortement marqué par la guerre pour en revenir, et pour être dignes de confiance. Incapables de se maitriser, on envoie souvent ces derviches au coeur des batailles, où ils excellent sur le dos de montures carnivores et féroces.


Le sable fin, soulevé par le vent, baignait l'étendue sans fin du désert comme une brume aride.
Dans ce brouillard de pierre, les cavaliers daronoans avançaient, chargeaient vers le Nord. Rien n'entrave la charge des colonnes de chevaliers pourpres, ni la distance, ni les deux soleils brûlants, ni la mort certaines face aux multitudes.
Ils chargent inexorable, sans, crainte et sans colère. Ils sont l'avalanche guerrière venue des Montagnes de Sang, ils sont les fleuves parcourant les Landes éternelles. Ils sont cette force que rien n'arrête.
Le sol trembla. Le sol tremble toujours devant ces chevaliers.

Le Baron Udaon, fier combattant des plaines du sud, vétérans de bien des batailles. Le baron s'arrêta net. Des milliers de chevaliers en firent de même comme un seul homme !
Il leva sa hallebarde vers une dune. A sa droite l'un de ses fils acquiesça du regard.
Il chargea, sans un mot, sans un cri et son armée lui emboita le pas.

Au loin se distinguais à peine les bannières funeste du royaume worg de Gris-Fenery, bien connu dans l'Est pour ses exactions innombrables, pour ses rebellions violentes et ses massacres sanglants.
Le Baron avait perdu un fils dans les marais, et bien qu'aucune rage n'ai jamais trahi son visage implacable, son coeur se consumait d'un désir de vengeance sans limite.
Il chargeait, son esprit hésita un instant, sur un détail, un problème dans la charge même. le sol ne semblait plus être du sable.
Mais sa raison ne put faire cesser la charge menée par son coeur.

Son fils leva le bras et l'armée s'arrêta. Seul le baron continuait la chevauchée !
L'abîme s'ouvrit sous sa monture, l'armée toute entière assista à la chute du Baron dans les gueules Louves.

-Carcanier, murmura le dernier des fils du Baron. Cette folie guerrière à laquelle son père venait de succomber. Cette folie qu'il semblait avoir ramené de ses batailles dans l'Est sauvage des Worgs, cette différence qui l'habitait durant les combats depuis la mort de son premier héritier.
L'armée fit demi-tour, il est impossible aux cavaliers de prévoir les fosses géantes des Worgs.
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MessagePosté le : Ven Déc 16, 2011 9:18 am    Sujet du message : Répondre en citant

Erohaon

Citation :
Archers sertiliens

Les Daronoans ont eu tout le mal du monde à s'implanter dans les marécages. De bonnes tractations diplomatiques étaient alors primordiales... Bien vite, les Sertiliens apprirent qu'ils gagneraient beaucoup à s'allier aux affables elfes pourpres, et montrèrent que deux mondes radicalement différents pouvaient quand bien même parfaitement s'entendre et se compléter...



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MessagePosté le : Lun Mar 19, 2012 1:34 pm    Sujet du message : Répondre en citant

Elah P'Ariza

Citation :
Feulards

Dans les déserts où les ressources se font toujours vite rares, cela fait un moment que les armées louves Fappris à s'adapter. Les gorgerins vivants là depuis pas mal de générations ont depuis longtemps troqués leurs armures, pour mieux aiguiser leurs crocs et leurs lames ! Ces 'feulards' ont fait la réputation des Loups en territoire désertique, où les rumeurs commencent à naitre ici et là, mettant en garde contre ces groupes d'hommes en maraude, au teint sale et aux manières plutôt rustres !




Citation :

Duellistes Daronoans

Les épées ne sont pas souvent appréciées chez les Daronoans, qui préfèrent de loin les hallebardes et les haches, ou bien les flamberges, à la limite. L'art des duellistes est donc réservé à la minorité qui s'y intéresse, mais qui excelle souvent dans l'utilisation envolée de fleurets tranchants comme des rasoirs. Ces duellistes n'appartiennent à aucune élite, et sont parfois déconsidérés, mais personne ne s'est jamais moqué de leur efficacité redoutable, ce qui est devenu avec le temps le seul critère de qualité pour juger de la valeur d'un guerrier pourpre...



Mauvaise journée

Nantys Cairn, avant la Guerre de Vengeance

Putain de journée !

Ah ça, ça avait plutôt bien commencé. Réveil en douceur à la Maison de la Mère Picho avec les services appliqués de la petite Karmina, une chique fille pas avare de ses services. Puis un bon gueuleton, bien savoureux, celui réservé aux clients réguliers. Bien quoi !

Puis c’est parti en vrille. D’abord les nouvelles de Rash’ik, le bookmaker : Tarponien le Rouge s’était fait éventré par un Fymir dans l’arène. Tarponien qui était grand favori, «Rien à voir avec un pari, qu’on lui avait dit, ça mon gars, c’est un placement sur l’avenir, du tout cuit ». Bah tiens, mon cul ouais ! Tarponien l’invincible, le massacreur, l’inébranlable, s’était pris une branlée par un foutu cyclope exilé. Cinq mille cailloux passés à l’as, vas-y bibi.

Ensuite, si seulement ça s’était arrêté là. Mais non ! La loi des séries, l’emmerdement maximum, quand ça part, ça s’arrête plus, ces conneries là…

Un petit tour au dépôt, pour savoir si la livraison de rêve-vert était enfin arrivée. Que dalle ! Pas de nouvelles de la caravane, juste des rumeurs de Goliath Silicans sur la route de l’ouest qui foutraient le boxon. Avec cinq jours de retard sur le programme, fallait plus trop y compter sur la marchandise. Avec en plus les rats qui demandaient à renouveler leurs stocks, qui trainaient autour de la cache comme un tas de cloportes, sous prétexte que leurs clients en réclamaient… Mon cul ouais ! La moitié avait les yeux sanguins et les doigts jaunis. Ils les bouffaient eux-mêmes leurs stocks, c’était clair et net. Plus possible de trouver des dealers sobres de nos jours, tout fout le camp.

Évidemment c’est le moment qu’avait choisit Thof pour se rappeler à lui. « Mon ami, je suis plutôt coulant, tu le sais. On se connaît depuis un bail et ça a toujours collé entre nous, mais là, j’ai des frais et je ne vais pas payer tes pots cassés. Les affaires, c’est les affaires. Règle tes comptes ou on va devoir se fâcher » qu’il lui avait dit, l’ « ami » Thof. Foutu charognard de Trappe-coeur, ouais ! Il n’attendait que ça pour essayer de lui couler son affaire. Les livraisons de drogue qui n’arrivaient pas, les lupins du Quartier de Basnami qui étaient en pleine guerre civile depuis la mort du Belte et qui ramenaient plus une caillasse, c’est clair que les affaires pouvaient pas aller bien fort en ce moment.
Comme si j’y pouvais quelque chose moi ! Putain de journée !

Sam marchait à grand pas dans les rues de la basse ville, à ruminer ses malheurs et à chercher des solutions. Là, il devait faire la tournée des tripots pour relever ses taxes sur la protection des tenanciers, tout ça parce que ce balourd de Kernin avait choppé une chaude pisse, trop bourré qu’il avait été pour choisir ses gueuses, l’abruti. Au passage, Sam essaierait de trouver une nouvelle filière d’approvisionnement mais elles étaient rares en ce moment, avec les Goliath à l’Ouest et la saison des pluies dans la Vallée. « Putain de journée » comme il disait. Il aurait bien eu besoin de se passer les nerfs. Sur n’importe quoi, ça lui aurait fait du bien. Il en était même à faire des écarts pour tenter les mendiants de l’alpaguer.

Aller le cloche, viens ! Viens, vielle outre à vinasse ! Viens me réclamer la piécette et me tirant par la manche, que j’ai une bonne excuse pour t’éclater la fosse à purin qui te sert de bec à coup de beigne !

Mais Sam avait beau prier intérieurement, son regard rageur devait le trahir et les mendiants prenaient grand soin de baisser les yeux et de se coller au mur sur son passage. Mauvaise chose pour lui, ça le frustrait et ne faisait qu’augmenter sa colère.

Soudain, en tournant au coin d’une rue, une silhouette sur son passage. Pas le temps de réagir, la bousculade. Oh pas grand-chose, juste un choc entre deux épaules, mais l’étincelle suffit pour que Sam explose comme une bombarde.

« Oh ! La grange gigue, tu peux pas regarder où tu vas là ! », aboya-t-il, les deux pieds déjà bien campés dans la poussière de la rue, prêt à en découdre.

Pourtant, la grande silhouette qui l’avait bousculé, réagit à peine. Cachée comme elle l’était sous la capuche d’une cape de voyage, elle se contenta de tourner un peu la tête, juste le temps de tendre l’oreille puis poursuivit son chemin. Un jour normal, un bon jour disons, Sam aurait laissé courir si le gars avait baissé la tête et accéléré le pas, honteux et effrayé. Et encore, si Sam avait été pressé… mais là ! Là, le gars, tout grand, tout fin comme il était, n’accéléra pas le pas une seconde, ne baissa pas la tête d’un millimètre. Il l’ignorait royalement ! et se prendre le mépris d’un inconnu en pleine rue, dans une « putain de journée » comme celle-ci, ça, ça ne passait pas une seconde pour Sam.

En trois pas, Sam fut sur le gars. Il tendit le bras pour l’empoigner par l’épaule mais l’inconnu se dégagea à la dernière minute, comme s"il avait des yeux dans le dos et, dans la foulée, il fit volte face et trois pas en arrière, se mit hors de portée. Sam était prêt à lui bondir dessus mais dans le mouvement, la capuche de l’inconnu avait glissé. Un Elfe Pourpre, seul, ici, dans l’un des quartiers les plus mal famés de la basse ville ! Le truc qui n’arrive jamais ! Sam hésita. Il n’était pas un couard mais provoquer un Elfe Pourpre dans Nantys Cairn avait des conséquences et, dans tous les cas, un Daronoan n’est pas exactement le genre de bougre sur qui on passe ses nerfs sans difficultés.

Putain de journée de putain de journée !

- Il y a un problème ? interrogea l’Elfe, le visage figé mais le regard amusé, chose qui ne faisait rien pour calmer Sam.
- Ouais, y’a un problème, le Daro, tu m’as bousculé sans t’excuser, et ça, ça passe pas, je suis chez moi ici !
- M’excuser ? Vous avez déboulé du coin de la rue comme un enragé, et ce serait à moi de m’excuser ? Répondit l’Elfe d’un ton égal mais concluant son propos d’un petit sourire cynique.

Là, Sam avait deux possibilités. Laisser courir, balancer un bon gros glaviot sur les bottes de l’Elfe pour marquer le coup et tracer sa route. Option difficile maintenant qu’il avait braillé assez fort pour attirer tous les regards des mendiants et des gueux du carrefour. Or, Sam avait une réputation à tenir et les bruits couraient vite dans la basse ville… Restait la deuxième option, la confrontation directe contre un Elfe. Il avait ses chances : visiblement, le Daronoan n’avait pas de hache ou de flamberge, il était donc a priori désarmé. D’autant que l’Elfe n’avait pas la carrure d’un guerrier. Grand, fin, il avait tout l’air d’un nobliau pas trop porté sur les armes. Le seul impératif : en finir vite et s’éclipser avant que le Guet de la ville ne débarque. Les autorités locales voyaient d’un très mauvais œil qu’un Loup s’en prenne à l’un des leurs…

- Et bien mon lapin, tu as bien de la gouaille pour un blanc-triste. Tu vas t’excuser fissa et ça nous épargnera des soucis à tous les deux. Moi, ça évitera que tes petits copains viennent chouiner ta perte dans le quartier, et toi, ça te permettra de retourner par tes propres moyens dans ton joli clapier de minet, là-haut dans ton pigeonnier. » Pour appuyer son propos, Sam posa ses mains sur les poignées des dagues qui ne quittaient jamais sa ceinture, prêt à dégainer.
- Lapin ? Clapier ? Je ne sais pas si j’ai de la « gouaille » mais je n’ai pas l’habitude de me laisser insulter, Loup ! » Si Sam avait presque l’écume aux lèvres en parlant, l’Elfe avait à peine un ton agacé. Il se contenta surtout d’ouvrir son manteau de voyage, révélant ainsi la poignée ouvragée d’un fleuret accrochée à sa ceinture.


Putain de journée de putain de journée de merde ! Faut que je tombe sur un de ces duellistes à la mord moi le nœud. Là mon Sam, va falloir se la jouer finaud sinon t’es cramé. Putain de journée…


Plantés comme ils l’étaient au milieu du carrefour, ils avaient maintenant complètement bloqué la circulation. La foule s’amassait, attendait le spectacle. Plus aucune échappatoire, Sam dégaina ses lames : des dagues robustes, longues d’un pied et large d’une main à leur base, avec une garde crochetée qui assuraient des parades bloquantes et équilibraient les lames en cas de lancé. Il fut suivit immédiatement par l’Elfe qui tira l’épée : une arme de bretteur, longue d’un bon mètre, fine de deux doigts à peine à sa base, souple mais vive, avec une garde à main pleine. Bien que richement décorée, elle semblait particulièrement tranchante et effilée.

- Et tu comptes faire quoi avec ton cure-dent, mon lapin ? Ma tringle est carrément plus costaud que ça ! Tu t’es cru encore à l’école des tafiolles pour sortir avec une babiolle pareille ?

Les insultes de Sam n’eurent strictement aucun effet sur le Daronoan. De toute façon, il n’y comptait pas trop. Il voulait juste gagner un peu de temps, juste de quoi reculer de deux pas pour amorcer un lancé de dague directement dans la poitrine de son adversaire. Pas très reluisant comme méthode mais efficace, et pour les Loups, seul le résultat compte. D’autant que Sam savait exactement à quoi s’attendre en cas de combat direct avec un bretteur. Une allonge pas possible, des pas de danse dans tous les sens et une vitesse de frappe accrue par la légèreté du fleuret. Sam était sûr de ses capacités au combat. Cinq ans à grimper les échelons de son peloton de feulard, à arpenter le désert dans tous les sens, à chasser pillards nomades et créatures. S’il avait fini Champion de son escadron, ce n’était pas dû au hasard. Mais là, il aurait clairement un problème pour arriver au corps à corps.

Il amorça donc son lancé mais, aussi rapide qu’il était, cela ne suffit pas. Le bretteur fit un pas en avant, se fendit et le visa à la poitrine. Sam eu juste le temps de parer de sa deuxième dague et de bondir sur sa droite. Il avait retenu son lancé juste à temps : sans ses deux dagues il était foutu. Le Daronoan revint à la charge : un moulinet, une feinte qui visait l’épaule gauche puis un piqué sur sa cuisse droite. Sam ne se fit pas leurrer et para d’un mouvement descendant de sa senestre, afin de déséquilibrer l’Elfe vers l’avant et attaquer d’un pointe ascendante de la droite. L’elfe conserva de justesse son équilibre et réussi à interposer sa garde entre la dague et son visage.

Le combat s’engagea pour de bon. L’elfe harcelait Sam de toute la vitesse de son fleuret, faisant siffler l’air de fouettés rageurs. Le Loup contrait les attaques d’une dague et contre-attaquait de l’autre, sautait et se baissait comme un diable pour esquiver. Il cherchait à avancer toute en se déplaçant sur la gauche de l’Elfe pour qu’il soit gêné par la longueur de son épée mais celui-ci avait un jeu de jambe parfait et enchainait ses appuis avec un art consommé.

Sur un piqué un peu trop appuyé de l’Elfe, Sam utilisa exceptionnellement ses deux dagues croisées pour bloquer l’épée qui glissa entre ses jambes. Bien campé sur ses appuis, il bondit et lança sa botte droite au visage de l’adversaire. L’elfe recula mais reçu l’assaut en pleine épaule gauche et tomba à la renverse. Sam eu l’impression de frapper dans un rocher, lui aussi perdit l’équilibre et les deux combattants roulèrent dans la poussière sous les exclamations de l’assistance.

Aussitôt sur pieds, l’elfe et le loup se toisèrent un instant à trois pas de distance. Ils jouaient leurs vies mais il était clair qu’ils étaient faits pour ça, qu’ils en redemandaient.

- Et bin mon grand, ces excuses, elles arrivent ou il faut que j’aille les chercher directement dans ta gorge ?

L’elfe, évidemment ne dit rien, il analysait la situation. Ce coup de pied venait de lui rappeler que cela n’avait rien d’un combat à la loyale. Avec ces Loups sans honneur, tous les coups sont permis. Après son attaque, son adversaire avait visiblement perdu en qualité d’appui sur le côté gauche. Cela ne durerait pas mais il y avait là une ouverture.

Il avança en assénant deux grands fouettés au niveau du visage, obligeant Sam à se baisser, puis, d’un lacet, redescendit d’un tranché sur l’épaule gauche. Sam para le coup au dessus de sa tête de sa senestre et tourna le poignet pour emprisonner la lame dans le crochet de sa garde, mais déjà l’épée n’était plus là et piquait droit sur son côté droit. Il tenta de rouler à gauche mais ne fut pas assez rapide. La pointe entama son gilet de cuir et glissa sur ses côtes. Lorsqu’il se releva, il avait une belle balafre sur le flanc qui commençait à perler de son sang.

Ce ne fut pas la blessure qui l’enragea le plus mais le regard narquois de l’Elfe lorsque celui-ci lui fit une révérence moqueuse

- Alors ça, mon lapin tu vas me le payer, j’vais faire un porte bonheur de tes oreilles !

Et Sam se jeta sur lui, feignant la rage aveugle. L’elfe lança une pointe en plein sur son ventre, le feulard se jeta alors en arrière, le buste et les cuisses à l’horizontale. Dans sa glissade, l’épée lui passa à une pouce au dessus du ventre et du menton. En appui sur les mains et sa jambe gauche, il lança son pied droit en direction du bras d’épée de l’Elfe. Sa botte coquée le cueillit juste au dessus du coude, le luxant partiellement. L’Elfe reculait tant bien que mal lorsque Sam se redressa comme un ressort et lacéra la poitrine de son adversaire de ses deux dagues en ciseaux.

Le duelliste constata les dégâts. Rien de mortel, il devait remercier sa cotte d’écailles sous son pourpoint mais il était bon pour une vingtaine de points de sutures. Le plus pénalisant était son bras droit, son premier bras d’épée. Il allait feindre d’être irrémédiablement handicapé puis il changerait de main au moment opportun, de quoi surprendre copieusement son adversaire. Il regrettait cependant de ne pas s’être autant entrainé de la senestre que ce que lui avait toujours recommandé son maître d’armes.

Sam savourait l’instant. Voir l’Elfe contempler son pourpoint s’imbiber de sang et remuer son bras mollement présageait une excellente conclusion à ce petit combat.

- Faut que je te dise un truc, mon grand. Tes excuses tu les gardes bien au chaud, je viens les chercher. Salutation à votre altesse ! railla-t-il en se palpant copieusement l’entre-jambe.

L’elfe pointa son épée vers Sam, difficilement, et de sa main libre lui fit signe d’approcher. Sam bondit. Il comptait faire simple, accrocher de sa dague gauche l’épée rendu molle par la blessure au coude, l’écarter et planter dans le ventre de sa dextre mais, en un éclair l’épée changea de main, s’infiltra dans sa garde le long de son bras. Le Daronoan fit un pas chassé sur sa droite et lui épingla l’épaule. Sam avait freiné son mouvement, sans cela, il aurait pris l’épée en plein cœur. Il réussit néanmoins dans son élan à planter sa dague droite dans la cuisse du pourpre.

Tout deux aveuglés par la douleur, ils restèrent un instant entremêlés, l’arme de l’un plantée dans le corps de l’autre. Lorsqu’ils se repoussèrent, ils grognèrent de concert lorsque les armes se retirèrent des blessures infligées. Ils remarquèrent alors que la foule s’agitait dans la rue des Tanneurs et que des injonctions retentissaient « Place au Guet ! Dégagez mécréants ! Place au Guet ». Dans une volée de badauds outragés, six gardes royaux débouchèrent dans le cercle des combattants. Ils étaient armés de hallebardes et caparaçonnés d’armures aux couleurs de la cité, scorpion or sur fond pourpre et sable.

- Vous là ! Vous êtes en état d’arrestation pour trouble à l’ordre publique et voie de faits. Déposez vos armes et rendez-vous, ordonna le capitaine de la patrouille.
L’elfe soupira, comme gêné de ce qui allait suivre.
- Messire, je ne puis vous confier mon arme, il en va de mon honneur et de celui de ma lignée ». De sa main valide, il dégagea de son pourpoint un médaillon portant rubis et ouvragé de runes elfiques. « Je suis Aerius Manutor, de la lignée des Manutor, cette épée appartient à ma famille auprès de qui j’ai fait serment de ne jamais la quitter tant que vie me portera. »

Le capitaine hésita quelques instants. La lignée des Manutor faisait partie des légendes Darononans depuis des éons. Arrêter un tel personnage, s’était risquer le conflit diplomatique et le courroux du Baron du Scorpion à coup sûr. Cela dépassait de très loin ses prérogatives.

- Maître Manutor, veuillez m’excuser, je ne pouvais savoir, s’excusa le capitaine. Se tournant vers Sam, il reprit d’un ton plus autoritaire : toi, là, tu vas nous suivre gentiment ou il t’en coûtera !

Sam recula lentement derrière son Daronoan. Apparemment un gros poisson qui avait autorité sur le Guet. Il se sentait bel et bien acculé, avec le bras gauche inutilisable, il allait y passer mais il défendrait chèrement sa vie. « Putain de journée… ». A moins que…

- Capitaine, intervint Aerius Manutor, je ne puis tolérer une telle arrestation. Ce mécréant m’a provoqué en duel singulier et mon honneur est engagé. Laissez nous conclure, sa vie m’appartient.

Le capitaine hésitait. Il se tourna vers ses soldats mais ceux-ci paraissaient déjà bien occupés à contenir la foule excitée par le combat. Il eut le sentiment dérangeant qu’ils mettaient un peu trop de zèle à l’œuvre et qu’ils fuyaient volontairement son regard.

- C’est que, Messire, j’ai des ordres… Les combats de rue sont formellement interdits par le Baron… De plus, les Loups sont indisciplinés, il faut faire exemple…
- Vous êtes homme d’honneur Capitaine et vous comprenez, j’en suis sûr, ma position…

Sam n’entendit pas la suite de la conversation, il venait de s’esquiver en douce au milieu de la foule qui, en bonne meute, s’était ouverte puis refermée aussitôt derrière lui. Ce Manutor, en jouant de son autorité et en faisant diversion, venait de lui sauver la mise volontairement, il n’en doutait pas une seconde. L’instinct de survie avait beau prévaloir, il l’avait mauvaise. Devoir sa vie à un Blanc-Triste, ça la foutait vraiment mal…

Une putain de foutu journée de merde, ouais !
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MessagePosté le : Lun Mar 19, 2012 1:34 pm    Sujet du message : Répondre en citant

Arckal

La chute d'un Rorkünge

Citation :

On raconte que les Déchus seraient les derniers survivants d'un peuple oublié de tous. On raconte qu'Ils seraient aussi anciens que la naissance des gobelyns sur les Terres de Saïhan. On raconte que les Sharras sauraient qui Ils sont en vérité, et que le secret des Aëwills n'en serait pas un pour Eux. On raconte des choses sur une guerre... une guerre effroyable... une guerre née à l'Ouest...



Wyljöhon Bastyde, cette forteresse à peine achevée que nous étions d'ores et déjà en grande difficulté pour la défendre …

Un Rorkünge, un maudit Rorkünge avait été lancé, il massacrait nos troupes, nos défenses et se moque de nous. Nous peinions à retenir les attaques de cet être monstrueux, nos armées étaient déchiquetées et apeurées. Nos troupes l'égratignaient, et il les envoyait six pieds sous terre, nombre de troupes gobelynes avaient succombé sous la puissance de ces terribles frappes.

Je n'étais présent que depuis quelques jours, mes troupes fraichement recrutées avaient montré une férocité hors norme, et avait acquis une certaine expérience. Des Déchus, ces êtres de mort ne faisaient qu'un. A l'unisson, ils terrassaient tous ce qui se présentait à eux. Après avoir reçu une demande de mon chef de secteur, j'avais pris la route vers Wyljöhon Bastyde où il fallait des renforts.

Je savais ce qui m'y attendais, moi et mes déchus, bien qu'aguerris par l'entrainement que je leur apportais grâce à mon statut, Fënris et Haut Eclaireur; j'avais envoyé mes êtres de mort sur la terrifiante bête louve. Une erreur, un regret, j'aurai dû écouter les conseils que l'on m'avait donné. Sur mes douze guerriers, seulement la moitié revint. Ils étaient blessés et hargneux, désireux d'y retourner pour venger leurs camarades. La nuit tombait, et je les empêcha d'y retourner. Notre campement était établi, la douceur de la nuit m'emporta dans un sommeil léger.

Ma nuit fut écourtée par le bruit de lames, je me réveilla en sursaut et avec difficulté, je sortis de ma tente. Ce que je découvris, c'était que le sol était jonché de cadavres et de débris, mes soldats et mes machines de siège avaient été détruites. Il ne restait que mes six déchus, épuisés, les yeux emplis de haine, ils avaient encerclé un être imposant, bien plus grand qu'eux et d'une férocité comme je n'en avais vu que rarement. C'était le Rorkünge., il venait détruire mon armée et mon campement.

Le Rorkünge posa ses yeux sur chaque déchu, puis émit un son ressemblant à rire, un rire moqueur. Je pensais que sa provocation allait marché, mais rien, mes déchus sombraient, ils étaient épuisés et blessés. Le Rorkünge, vexé fonça sur l'un des déchus qu'il empoigna et écrasa au sol sous le regard surpris et rageur des autres déchus. Ma haine grandissait, le déchu au sol, agonisait et tenta de se relever, mais sa tentative fut vaine,un pieu lui avait transpercé la poitrine. Soudain un déchu fonça sur le tueur loup, qui non sans surprise tenta d'attraper le déchu quand une lame s'enfonça dans ses côtes. L'hystérie le prit et il réussit à attraper son agresseur et lui écrasa le cou. Il se retourna et tua deux autres déchus, il souffrait, il avait reçu plusieurs coups bien placés. Il ne restait plus que deux déchus, il les regardait, et s'avança lentement. En réponse les deux derniers survivants coururent dans sa direction, et l'empalèrent de leur lame, pourtant, il résista et fracassa l'un des deux déchus. Le Rorkünge regarda son dernier ennemi, à genoux, il avançait vers lui très péniblement. Il essaya de rire puis s'effondra, l'immonde ennemi qui avait détruit mon armée venait d'expirer.

Wyljöhon Bastyde n'avait plus rien à craindre, son assaillant était tombé...
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aziraphale
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MessagePosté le : Lun Mar 19, 2012 1:35 pm    Sujet du message : Répondre en citant

Nom de joueur: Nhaderil
Type: Infanterie Légère
Unité choisie:

Citation :
Incarnals Daronoans
La nation daronoan est vaste, et ses légendes, innombrables. L'une de celle ci, discrète, ne peut être entendue que lorsque l'on s'approche des étendues putrides et silencieuses des marais de l'Ouest.
Elle parle de guerriers et de guerrières elfiques, qui partent dresser des étendards de guerre dans des contrées hantées par les morts, comme des échos d'armées glorieuses des temps passés, aujourd'hui et à jamais oubliées...
On raconte que ces daronoans ont cessé d'être mortels, même si la mort frappe toujours trop vite à leurs portes, dans leur quête chimérique et solitaire à travers les Grands Marais.
On les appelle les Incarnals... Les Chevaliers-Lyres sont le bras armé des légendes elfiques, les Incarnals, eux, en sont le coeur brûlant, si faibles et pourtant si glorieux et immortels à la fois.
Certains laissent des gestes et des mythes derrière eux, les Incarnals, eux, ne laissent que de rares souvenirs de guerriers solitaires disparaissant à jamais dans les brumes et l'oubli...


Une halte



Sur la route qui les menait vers leur destin, vers l'Ouest primal et mortel, le groupe décida de s'accorder un repos bien mérité. Ils avaient voyagé tout le jour, et toute la nuit qui précédait, ainsi que tout le jour avant cela; leurs adversaires avaient pris pied à la Passe Verte, et la Couronne d'Or avait détaché leur maigre régiment pour venir en aide aux siens.
Ils allumèrent un feu. Les quelques guerriers se rassemblèrent; leurs regards restaient fixés vers le Sud-Est, vers leur origine, leur cité. Mais la mélancolie ne vint pas éroder leurs coeurs de roche; ils appréciaient pleinement cet instant, havre de paix cristallisé dans une guerre sans fin. L'une des seules nuits qu'ils pourraient passer en paix, sans entendre au loin le vacarme des pillages et les cris des blessés.

Lentement, le soleil se couchait, leur enjoignant la route qu'ils suivraient dès l'aube...
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aziraphale
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Inscrit le: 31 Mai 2007
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MessagePosté le : Lun Mar 19, 2012 3:43 pm    Sujet du message : Répondre en citant

Skatlan

Citation :
Esquiveurs gobelyns

Ces gobelyns sont tellement vifs et rapides qu'on a parfois l'impression qu'ils disparaissent quelques instants au moment de charger, comme invisibles au regard ennemi.




Note de l'auteur : le décor n'est pas de moi, seuls le perso et sa colorisation le sont.

Version grande taille :
http://saihan.enix.org/artworks/blog_goblyn_lancer.jpg
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