TyronMatteoThree

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Tyron & Matteo


[Episode 3 : Tyron]



Le jeune homme blond dansait à en perdre haleine sur la piste obscure du night club. Au fin fond du complexe-planètoïde de Clomat, où l'ASE tenait leur siège social constamment opérationnel, les endroits un peu "privés" de loisirs ou de vente n'étaient pas nombreux. Non pas par une quelconque loi ou mode, mais parce que les trois quart de la planète étaient occupés par des bureaux, des complexes et des laboratoires de recherche et d'entraînement en tout genre. Il fallait aller loin sous la surface, dans les zones en construction, pour trouver de petits revendeurs d'alcool, même licite, ou des bars dignes de ce nom.
C'était donc très loin des tours blanches et ovoïdes typiques de l'architecture Clomatienne, que Tyron trouvait régulièrement refuge et occupation...
Dans son grand imper de cuir noir comme le jais, l'agent secret bougeait son corps en une démarche chaloupée qui ne manquait pas de succès auprès de quelques jolies célibataires venant ici pour se sentir moins seules. Vu que Tyron aussi se sentait un peu seul, ils s'entendirent rapidement, les jeunes femmes se lançant de sournois coups de coudes pour savoir qui aurait le droit de s'abîmer dans les grands yeux verts de l'homme blond aux joues râpeuses de l'aventurier...
Une brune à la robe moulante finit par s'accorder avec une femme à la chevelure bouclée et à l'allure moins orthodoxe pour se partager l'homme à l'air de félin.
Ils dansèrent tous trois un bon moment sur des rythmes plus ou moins effrénés, mais tous entraînants. Il faut dire aussi que Tyron avait l'art et la manière de plaire et séduire...
La soirée s'annonçait comme cousue de fil blanc pour l'agent, qui avait délaissé, le temps d'une permission entre deux missions, les locaux aseptisés de l'ASE, et son compagnon de route de toujours : Matteo. Alors que Matteo avait été retenu par son employeur, sieur Poltersan, Tyron en avait profité pour rapidement s'éclipser et partir à la recherche d'un endroit abrité de la pluie, ou coulait du ciel un autre genre de liquide. Dans les bas-fonds de la ville-planète, il eut tôt fait de trouver un endroit à son goût, et avait passé calmement son temps de répit...

Il ignorait l'heure qu'il était et franchement, il s'en fichait. Les filles dansaient, la musique chantait, donc tout allait bien dans le meilleur des mondes...
Qui aurait cru, à le voir ainsi s'amuser, qu'il était le produit d'une longue série d'expériences de renforcement musculaire et d'amélioration des capacités humaines ? Qui aurait cru que cet homme pouvait soulever une voiture, courir pendant deux heures sans se fatiguer ou voir un faucon plonger sur sa victime à cent mètres ? Allié à un caractère mauvais, digne des plus méchants prédateurs terrestres, et à une discipline de fer, Tyron pouvait facilement passer en mission pour un fauve en chasse d'un gibier perdu d'avance...
Son air félin, oui, c'était surtout cela, associé à sa carrure fine et musculeuse, qui faisait tout son charme en ce moment même, alors que les haut-parleurs invisibles crachaient une musique d'enfer : "Can you copy this ? Can you receive...." Tyron continua de se déhancher en cadence, point d'orgue à toute l'assistance, si quelqu'un avait pu voir la scène avec une vision d'ensemble...

Une des femmes, celle aux cheveux bouclés et au jean troué, proposa à Tyron d'aller terminer la soirée devant un verre, un peu plus au calme, lorsque les choses commencèrent à aller de travers. Les oreilles affûtées par des années de combats mortels, entendirent la dispute à l'extérieur du dancing avant même que l'action se rapproche.
Les haut parleurs entamaient automatiquement une nouvelle chanson : " I was down at the New Amsterdam..."
La double porte d'entrée du dancing s'ouvrit à la volée sur les videurs massifs, en train de planer au-dessus du sol à grande vitesse. Ils percutèrent le sol deux mètres plus loin, alors qu'une autre paire de videurs s'élançaient déjà vers la porte, armant leurs équipements bioniques de synthèse, matériel requis pour former un videur efficace en ces époques troublées par la contrebande d'armes en tout genre.
Alors que le videur en première position atteignait la porte et armait son poing pour frapper, la silhouette en armure urbaine d'un homme des forces de l'ordre se glissait dans la salle, collant un coup de crosse magistral au videur sur son passage. Ce dernier alla rejoindre ses collègues au sol alors que deux autres militaires entraient en profil légèrement bas caractéristique. Un peu appuyés sur leurs genoux, pour rester bien stable en toute situation, avec un oeil collé au canon de leur carabine à impulsions, ils envahirent l'entrée avec une coordination parfaite. Le dernier videur debout dans ce coin de la salle s'arrêta net, leva les mains bien haut en signe de pacifisme. Les casques effilés continuèrent leur entrée un à un alors que la voix amplifié du premier décréta :
- PERSONNE NE BOUGE !
Un tumulte d'indécision et de flottement s'abattit sur la salle. Depuis que les terriens avaient conquis toute la galaxie, les forces de police avait été dissoutes en polices privées mercenaires. Seule l'armée avait la logistique et les fonds disponibles pour rétablir l'ordre à tous niveaux. Mais quand l'armée s'en mêlait, il valait mieux vite obtempérer...

Tyron avait été un des rares à ne pas céder au chaos ambiant et à la panique, fort heureusement pour lui d'ailleurs. Il vit le premier militaire, celui qui avait décoché le coup de crosse, s'accroupir et faire un panoramique de la salle avec le canon de son arme. Lorsqu'il croisa son regard, l'homme écarquilla les yeux, et ouvrit le feu. Tyron eu le temps de voir ses deux yeux bien noirs avant de se jeter au sol, son amie brune prenant la rafale de plein fouet.
Le GHOST ! Infiltré chez les militaires !?! Se dit Tyron avant de saisir l'ampleur de ce qu'avait déclenché le militaire masqué, l'imposteur du GHOST.
Les militaires eurent un sang froid sans pareil, évidemment, et commencèrent à rapidement scanner toute la salle de leurs propres yeux pour comprendre ce qui avait déclenché une rafale sans sommation de la part de leur collègue. Dire que l'atmosphère était tendue était un doux euphémisme. Débarquer ainsi dans un night club des bas-fonds mettait déjà à mal les nerfs de tous les petits dealers et revendeurs hors-la-loi, alors tirer une rafale sans sommation dans une salle bourrée à craquer !
Devait arriver ce qui arriva : les danseurs avaient les nerfs moins accrochés que les militaires, et, la chaleur jouant, cela tourna à la panique...
D'autres rafales fusèrent, bon gré mal gré, traçant des sillons sanglants parmi la foule malmenée. Qui avait tiré, personne ne le saura jamais, car la scène tourna à l'émeute. Les militaires prirent du champ, ressortant du night club en toute hâte. Sans perdre leur organisation, ils mirent leurs fusils en mode assommant, et formèrent un cordon de sécurité étroit autour de l'entrée.
Ils ouvrirent le feu sur toute personne essayant de sortir, tandis qu'une autre escouade de soldats, bardés de capteurs et de munitions, pénétrèrent par la porte du fond et les accès isolés. Tyron, comme d'autres, compris qu'il ne pourrait par sortir de ce guêpier gigantesque. Une opération militaire de cette envergure, dégénérant aussi salement, aurait forcément une fin désagréable pour lui, pris en pleine tourmente. Une émeute, oui, le mot était bien choisi. La fille aux cheveux bouclés, encore agenouillée près du corps sans vie de la brune, les yeux en larmes, vit apparaître dans les mains de Tyron deux pistolets d'argent, d'un geste si vif qu'on les aurait cru sortis de nulle part.
Partout les cris et les bruits de rafales éclataient. Dans le feu de l'action, qui pouvait différencier en un seul coup d'oeil un corps inconscient sous une rafale assommante d'un mort abattu froidement ? Et les bandits et gangsters n'aidèrent pas à calmer la situation désormais aussi incontrôlable qu'irréparable : aucun d'entre eux ne voulant se faire arrêter, les douilles et chargeurs de vraies balles commencèrent à remplacer les bâtons étourdisseurs...
Tyron pouvait faire la différence dans une telle situation, mais la foule était brutalisée par les soldats parfaitement disciplinés qui dispensaient de leurs armes impressionnantes un ordre incompréhensible à l'heure actuelle. L'agent de l'ASE ne pouvait qu'espérer se sauver lui-même, et peut-être cette fille au jean déchiré. Il vit un militaire tenter de l'assommer d'un coup de crosse. "Militaire", se dit Tyron, qui esquiva sans trop de difficultés son coup pour lui coller un coup de sa crosse de pistolet dans la nuque, dans un renfoncement faible de l'armure urbaine.
Un autre soldat le mit en joue. Le regard de l'homme blond se focalisa sur le bout de visage visible et le comportement du soldat. "Pas militaire", décréta dans sa tête Tyron, avant de tirer deux balles de gros calibre dans le crâne du soldat, qui partit en arrière. "GHOST", termina-t-il, la mâchoire crispée.
Les gens couraient de partout, tirant pour certains, tombant au sol ou se relevant pour d'autres, parfois militaires, parfois civils. Une confusion totale. Tyron serra la femme apeurée contre lui, tournant la tête en tout sens pour saisir l'essence du combat sans loi qui se déroulait dans le night club. Lorsqu'il crut percevoir l'algorithme de mouvement de la cohue, il rangea un de ses pistolets pour prendre la main de la femme. Il partit en courant sur la droite, vers le fond de la piste de danse...


Calissa ne comprenait rien de ce qu'il se passait. Il y a trois minutes de cela, elle pensait avoir trouvé son copain pour la soirée, un beau blond au regard ténébreux et à l'allure franchement classe. Et maintenant elle assistait à l'enfer sur Clomat. Sa rivale était morte, elle avait vu un morceau de son corps voler dans un coin de la grande pièce. Le beau blond lui avait soudain paru très rassurant. Tout le monde cédait à la peur, au chaos, à la précipitation désordonnée. Lui, non. Il se dressait tel un roc dans le vent, indémontable. Il avait regardé, il avait jugé, jaugé, puis agi. Il avait assommé un des soldats en armure bleu nuit d'un seul coup. Il en avait tué un autre, le visage de marbre, figé comme si rien de tout cela n'arrivait. Il l'avait prise dans ses bras, puis lui avait pris la main, son regard vert croisant le sien...
Ils étaient partis en courant, elle se laissait guider... Un regard d'émeraude qui lui disait : "fais-moi confiance, je nous sortirai de là...". Un regard de jade qui disait : "fais-moi confiance, je m'occupe de tout...".
Calissa aimait bien ce regard, surtout avec ses clés de moto volées en poche et le nombre de militaires au mètre carré. Si elle se retrouvait dans le panier de crabe, elle n'irait jamais au concert des "Exakan" la semaine prochaine...
"Calissa, ma petite, t'as eu du nez sur ce coup-là !" Se dit-elle en voyant s'approcher la porte de sortie et l'impossibilité des militaires à les arrêter devant la fougue de son compagnon en imper noir...


Déboulant dans la ruelle, Tyron repéra deux choses, toutes les deux attendues de pied ferme par l'agent : les trois escouades de soldats qui surveillaient cette ruelle et ses alentours, et le couvert providentiel d'une petite benne antigrav déjà bien remplie. La première de ces choses le faisait sourire, la deuxième encore plus...
Il jeta la jeune femme sans ménagement derrière la poubelle. Vu que la ruelle était une impasse cinq mètres plus loin, elle ne risquerait rien de là où elle se trouvait maintenant, et elle pourrait admirer le spectacle si l'envie lui en prenait.


Calissa écarquilla les yeux en se remettant sur ses pieds après la chute douloureuse mais néanmoins nécessaire. Son bel étalon se jetait sur les forces militaires massées dans et aux portes de la ruelle ! Il prit appui sur le mur d'un pied, effectuant un superbe bond au dessus des forces de l'armée régulière, avec une acrobatie d'une souplesse consommée. Il dégaina dans le même temps ses deux revolvers au brillant argenté incomparable. Les deux pistolets estampillés "Pierce Factory" entonnèrent leur chant connu, rugissant avec une précision incroyable compte tenu des circonstances.
Quatre militaires gisaient par terre quand Tyron toucha le sol. Il enchaîna immédiatement avec une balayette qui faucha les jambes de trois autres hommes en armure bleu nuit. Tournant continuellement sur lui-même, son imper flottant sur sa trajectoire, l'agent surentraîné abattit les trois soldats avant qu'ils ne puissent se relever.
Tyron se glissa ensuite, zigzagant avec fluidité entre les rafales des militaires, vers les hommes bouchant l'accès à la rue principale. Il déchargea ses Pierce sur ses assaillants tout en fonçant vers eux, assommant d'un coup de genou un soldat à portée, d'un coup de tête un autre.
Il rangea ses armes pour attraper au vol une carabine à impulsion, faisant croire à ceux qui lui tiraient dessus qu'il tombait au sol avant de se rattraper d'une roulade. Quelques rafales circulaires plus tard, l'armée n'avait plus de ligne de vue directe sur la ruelle...
Il revint chercher en courant la jeune femme, qui se mit à courir vers lui pour venir à sa rencontre.
- Je m'appelle Calissa.
- Tyron, enchanté.
- Moi aussi, j'espère que je vous ralentis pas.
- Aucunement.
Il lui lança un sourire charmeur, avant de mettre un doigt sur ses lèvres pour lui intimer le silence. Elle piqua un fard et une carabine, pour dissimuler son émotion.

Il lui retira des mains et laissa tomber l'arme avant de l'entraîner dans la rue principale : un boyau creusé sous terre, suffisamment consolidé pour permettre l'accès aux engins de chantier qui travaillaient continuellement à agrandir la ville-planète par le fond.
En débarquant dans la rue, elle comprit son geste : partout des petits groupes de gens se battaient avec les militaires, qui tiraient, sans chercher à comprendre, sur tous les gens qui se présentaient à leur yeux avec des armes visibles ou des intentions hostiles. La plupart des corps qui jonchaient le sol étaient seulement inconscients, mais il y avait assez de sang pour prouver qu'il y avait un certain nombre d'exceptions...
Calissa vit avec une stupeur que partageait presque Tyron, qu'un car entier de transport de troupes attendait là, appuyé par un char, dont l'homme à la mitrailleuse de tourelle semblait assez nerveux pour les inciter à la prudence. Ils longèrent un mur et rentrèrent dans les premières maisons qu'ils trouvèrent, les appartements de ce secteur communiquant tous entre eux par des galeries souterraines non-étayées.
Arrivé dans l'abri relatif d'une des maisons, Tyron constata que dehors, le bruit des combats diminuait dans leur secteur, pour grossir dans d'autres. Il prit son petit ordinateur de contrôle.
- Mais qu'est-ce qui se passe bon dieu, demanda Calissa.
- Ca, c'est ce que j'aimerais savoir, dit Tyron, très concentré sur le petit cadran qui tenait dans sa main.
Il tenta de joindre le central de l'ASE : rien. C'était contrariant, mais pas terriblement étonnant. Si l'armée prenait le contrôle de manière aussi brutale et excessive sur toute la planète, elle devait sûrement avoir coupé ou dévié la plupart des canaux de communication. Et Tyron, parti en permission, n'avait pas emmené avec lui de quoi lui ouvrir un canal prioritaire secret. Il pensait juste passer la soirée dans un night club, pas devoir gérer une crise nationale sans avoir reçu de transmission d'avertissement de la part de son bureau !
Qu'à cela ne tienne, il se connecta sur l'ordinateur central de Clomat, qui lui restait constamment ouvert à toute demande d'informations.
Calissa garda respectueusement le silence pour ne pas déranger son compagnon qui savait visiblement ce qu'il faisait. Et puis il devait sûrement avoir autre chose à faire que de rassurer une petite nerveuse, même mignonne, se dit-elle assez ironiquement...
Tyron accéda grâce à des codes de protection, aux réseaux de cartographie de Clomat, et commença à faire défiler les cartes des galeries souterraines des secteurs en construction.
Calissa, qui regardait au dessus de son épaule, ne put s'empêcher d'hoqueter :
- Je croyais qu'il ne pouvait pas exister de plans précis des galeries des bas-fonds, vu qu'elles changent constamment ?
- Oui, bien sûr, et les dealers ne sont pas filmés et répertoriés, ainsi que leurs clients, dans les fichiers centraux de la police-militaire... Fit Tyron, très sarcastique...
- ...
- C'est bon, j'ai notre secteur. Par ici...

Ils progressèrent un moment dans les galeries avant que Tyron ne reprenne la parole, sans même regarder la jeune femme qui le suivait comme une ombre :
- Tu es très mignonne...
Calissa émit un petit rire :
- Merci...
Il se passa quelques secondes avant que Calissa murmure :
- Dommage...
- Oui, moi non plus je ne voyais pas la soirée finir comme ça...
- On a deux secondes ? Demanda-t-elle gentiment.
- Ca peut se trouver, pourquoi ?
Il se tourna vers elle, elle l'attrapa des deux bras et l'embrassa à pleine bouche. Il lui rendit son baiser fougueux, dans les galeries exiguës de terre froide. Ils restèrent accrochés quelques secondes avant de s'arrêter d'un commun accord.
- C'est vraiment dommage, dit Calissa...
- A qui le dis-tu, ajouta Tyron en se re-concentrant tout de suite sur son écran-plan.
- Où est-ce qu'on va ?
- Le "Fire Angels", tu connais ?
- Le bar à catins ? Oui, un peu...
- C'est vrai que les danseuses forcent un peu sur le cuir et les tenues légères, mais c'est surtout un repère à agents secrets et autres mercenaires qualifiés...
- Donc, si je te suis bien, commença la jeune femme, c'est le meilleur endroit pour trouver des informations sur ce qui se passe ?
- Bingo, dit Tyron en souriant...

Calissa réfléchit pendant quelques secondes en avançant dans le boyau, avant de demander, hésitante :
- Et... et toi, t'es un bon agent secret ?
- Le meilleur, répondit-il sur un ton amusé.
- Ah.....et sinon, c'est quoi l'objectif ?
- ...je ne sais pas trop... alors je pensais tenter de forcer le passage jusqu'à mon agence. Là-haut, je saurais vite ce qu'il se passe... et puis.... Surtout, je devrais pouvoir y retrouver mon... mon équipier...
Calissa avait tout de suite sentit le ton nostalgique que l'homme blond donnait au mot "équipier". "Ton ami, plutôt..." Se dit-elle très justement...
- On arrive bientôt, dit Tyron d'un ton neutre et parfaitement contrôlé.
- Dingue, on croirait presque que tu sais ce que tu fais, ironisa quelques peu la femme en jean...
Tyron ne releva pas la pique...


Pendant ce temps, au "Fire Angels"...
Giny dansait encore comme une déesse, ce soir-là. Des cheveux roux courts, et un justaucorps de cuir noir qui contrastait avec sa peau laiteuse. Des cuissardes et un porte-jarretelles complétaient sa tenue de scène. La femme, d'un certain âge, mais oubliée des ans, faisait frémir l'assistance de ses déhanchements sensuels et de sa voix sublime. Elle et ses danseuses mettaient le feu à la salle, comme d'habitude, malgré son attitude parfois austère de fille inaccessible...
Et pour être inaccessible, Giny s'y connaissait. Un des meilleurs agents secrets indépendants, plus compétente qu'une armée d'espions, plus dangereuse qu'une armée de scorpions. Une mutante dont les pouvoirs et la beauté froide avaient déjà acheté dix fois le prix du silence sur ses activités : en même temps que sa réputation s'était accrue, sa notoriété publique avait régressé. Sauf dans les hautes sphères, elle passait désormais pour une simple danseuse de talent dans un bar sordide de lingerie fine. Elle riait tous les soirs de voir des agents et des mercenaires soi-disant doués la regarder comme si elle n'était que ce qu'elle semblait être. Si seulement ils pouvaient se douter qu'elle avait cent fois plus de salaire qu'eux, parce que cent fois plus d'expérience...
Mais même si elle atteignait les sommets dans sa tranche, c'était loin d'être la meilleure, faute d'agence attitrée pour lui payer des programmes d'amélioration et d'entraînement perfectionné. Sans compter qu'elle préférait danser que de suivre des années et des années d'entraînement intensif...

Sa piste de danse était en face des portes d'entrée, placée en contre-haut de la salle. On y accédait par deux petits escaliers, d'où on arrivait aux tables rondes et, plus loin, à la piste de danse pour les clients et au bar sur la gauche.
Elle était donc parfaitement placée pour avoir une vue d'ensemble de toute la salle. Elle était d'ailleurs en même temps danseuse en chef et responsable de la sécurité. Par de petits signes très discrets, des hommes et des femmes dispatchés dans la salle suivaient ses ordres silencieux, sortant telle ou telle personne, vérifiant tel ou tel côté de la piste de danse. Quand la porte s'ouvrit sur les forces armées de Clomat, ils furent donc surpris par la rapidité de la réaction.
- PERSONNE NE BOUGE !
D'un signe, Giny ordonna le déploiement et l'assaut aux forces militaires, au moment où tous les gardes du Fire Angels se tournaient vers elle pour prendre ses ordres. Elle avait tout de suite vu la lueur de meurtre briller dans les yeux des deux premiers soldats entrant.
Son tir précéda d'une fraction de seconde celui du soldat aux yeux noirs.
Elle se tenait bien droite en avant de la scène, un Beringer fumant en main. Le très long pistolet noir se fondait le reste du temps parfaitement avec sa tenue, dans le creux de ce dos que tant de poivrots avaient admiré sans voir l'arme, pauvre d'eux...
Le match démarrait, et tous ceux qui le purent se jetèrent au sol ou à couvert. C'était un des côtés pratiques d'un bar regorgeant d'hommes de combat, c'est que très peu de civils obstruaient la vue après les premières secondes de combat, quand commençaient les vrais feu-croisés.

Les militaires ouvrirent le feu, touchant quelques agents en permission, quelques gardes et deux danseuses trop lentes à s'abriter. Toutes les tables avaient été jetées en couvert de fortune.
L'intervention militaire fut vite stoppée, trop peu de troupes en armure bleu nuit ayant eu le temps de prendre position. Une demi-douzaine de soldats gisaient au sol quand Tyron débarqua par la porte de service, manquant de se faire tirer dessus par le barman.
- Tyron ? S'exclama Giny.
- L'ASE pour vous servir, m'dame, plaisanta ce dernier.
Tyron n'avait jamais pu obtenir les faveurs de la belle rousse, comme tant d'autres prétendants déçus avant lui. L'ASE était aussi assez haut placé pour avoir eu vent de la condition de Giny, Tyron avait donc appris à l'époque où il tentait de la séduire que la belle avait un sacré fichier dans l'ordinateur central. Il avait dû s'avouer vaincu, laissant à d'autres le soin de prendre des risques avec ce brin de femme...
- La porte, dit Giny en se relevant sur ses deux jambes interminables et en se jetant vers la double porte de plasticier. Tyron suivait derrière.
Dans la rue sombre aux abords de la ville haute, ils rattrapèrent et assommèrent en silence les quelques soldats qui restaient en faction devant le bar, ces derniers se demandant s'ils devaient tenter d'entrer ou prévenir leur capitaine. Ils ramenèrent les corps avec l'aide de quelques gardes et constatèrent que leur résistance victorieuse était passée inaperçue dans la rue, la seule présence armée étant un char leur tournant le dos quelques vingt mètres plus loin.
- Inespéré, dit Giny.
- Mal organisé, rectifia Tyron d'un regard lourd de sous-entendus et de questions sans réponses, auquel répondit celui de la danseuse exotique, les yeux cerclés d'un maquillage noir qui la rendait envoûtante...
- Qu'est-ce qui t'amène, demanda de but en blanc la femme-espionne.
- Des questions sans réponses... murmura Tyron alors que tous deux repartaient dans le bar, rejoignant les gardes de la sécurité du Fire Angels et une Calissa un peu mal à l'aise.

Une fois la tension retombée, Tyron se tourna vers la danseuse rousse :
- Alors ? Questionna-t-il.
- Alors quoi ? Rétorqua-t-elle un peu méchamment.
- Quels sont tes tarifs ?
Calissa dut se méprendre sur ce dont ils parlaient car elle piqua un fard, mais n'ajouta rien à ce rouge témoignage.
Les deux agents secrets l'ignorèrent.
- Me dit pas que tu n'as pas envie de rempiler ? Ironisa le jeune homme blond en rajustant son imper noir.
- Qui t'as dit que j'avais jamais arrêté ? Le coupa net la femme aux cheveux de feu en souriant. Qu'est-ce que tu veux de moi, exactement ?
Le séduisant agent de l'ASE ne releva pas, gardant un minimum de sérieux compte tenu que son coéquipier, voire même peut-être son agence, étaient probablement en grande difficulté en ce moment même.

Tout autour d'eux, les videurs et autres gardes mécaniquement améliorés ne cessaient d'aller et venir, barricadant les portes, isolant les réseaux ou sécurisant les fichiers clients illégaux. Les armes passaient de main en main.
- J'ai besoin de ta polyvalence, commença Tyron. Je ne sais pas ce qui se passe dehors, et il faut absolument que je rejoigne mon agence de sécurité. Matteo est là, dehors, à affronter je ne sais quoi ! C'est pas normal ce qui se passe, et être maintenu dans l'ignorance m'exaspère ! Je veux retrouver mon coéquipier.
- D'accord. Si j'ai bien, compris, tu veux un rapport de la situation géopolitique de Clomat dans ce secteur, tu veux rejoindre ton agence et tu veux retrouver ton coéquipier, s'il ne se trouve pas à l'agence, c'est bien ça ?
- Oui, fit sombrement l'homme aux allures de félin.
- Trois objectifs, et pas des moindres, pour ce que j'en sais... Qui paie ? Posa-t-elle avec un ton qui n'admettait aucune négociation.
- Mon agence pour les deux premiers objectifs, éventuellement moi pour le troisième, si cela ne concorde pas avec les buts de l'ASE.
- Très bien, je marche. Donne-moi dix minutes...
Sur ce, elle partit à grandes enjambées graciles vers la porte de service.

Tyron laissa son regard vagabonder dans la salle principale, rechargeant machinalement ses deux revolvers d'argent. Son regard tomba sur la silhouette fine de Calissa, qui se mordait un ongle en dansant d'un pied sur l'autre, un peu nerveuse.
- Calissa, tu vas...
- Venir avec toi, termina-t-elle à sa place. Je suis majeure et vaccinée, et si je dois y laisser ma peau, dans ce fichu bordel, ça sera selon mes conditions.
Tyron lui lança un sourire conciliant. La jeune femme bouclée continua :
- Et je ne te demande pas de me protéger... enfin, si, un peu quand même. Enfin, je veux pas être la cinquième roue du shuttle, quoi...
- Rassure-toi, tout ira bien, petite fille...
Elle lui décocha un coup de pied dans le tibia.
Sur ces entrefaites, Giny revint, une cape et un châle passés respectivement sur son corps désormais caché et sa tête. Ne dépassaient que quelques mèches rousses de son front, et son visage d'ange au regard de démon.
Elle ne chercha pas à comprendre ce qui arrivait à Tyron, qui clopinait maladroitement en maugréant dans sa barbe naissante.
- Très bien, tout le monde est prêt ? Dit Giny en pianotant sur un petit clavier attaché à son poignet.
Tout à son clavier, elle dit d'un air absent :
- Azone, Kurt, préparez-vous, vous venez avec nous.
Deux grands gaillards, plus carrés et grands que Tyron, probablement un peu cyborgs, mais moins bien bâtis que certains gardes du bar, opinèrent du chef et partirent dans une remise s'équiper.
Un écran holographique sortit du poignet de la danseuse espionne et vint envahir une bonne partie de l'espace visuel, un peu surélevé. Il éclaira la salle de sa lumière vert pâle.
Un homme d'un certain âge apparaissait, sale et reniflant, et visiblement éreinté :
- Quoi ? Qu'est-ce qui y'a, belles gambettes ?
- Qu'est-ce qui se passe par ici, Marty ? Fit l'intéressée.
- Ce qui se passe ? C'est la guerre civile, chérie, la vraie !
Des rafales d'armes automatiques et le brouhaha d'un combat proche du dénommé Marty vint appuyer sa déclaration, faisant crépiter les micro-enceinte surpuissantes de la projection holographique. Marty se détourna de l'écran pour regarder par-dessus son épaule, offrant aux spectateurs du Fire Angels une vue monochrome du filet de liquide sombre qui coulait sur son oreille et son côté de visage.
- Par ici, par ici, t'en a de bonnes, Giny ! Déclama en riant Marty, se tournant de nouveau vers l'écran de transmission. C'est tout Clomat qui implose, oui ! Une de ces bonnes vieilles guerres entre agences d'espionnage et de sécurité de tous bords ! Je t'accorde que l'intervention de l'armée a rendu ça plus spectaculaire, mais c'est un tel bordel maintenant que je m'estimerais heureux si j'y survis !
- Tout ça pour quoi, Marty ? Je dois savoir !
- Tu seras pas la dernière à le demander, Giny, et j'ai pas grand chose à proposer, niveau explications ! Peut-être que les militaires ont voulu faire un coup d'état. Pourquoi, par qui, comment, me le demande pas. Certaines agences en auraient profité pour réveiller leurs troupes infiltrées dans l'armée régulière. De très bonnes troupes, d'ailleurs. Quelques objectifs ratés, quelques cibles déviées, et la situation a vite dégénéré. C'est surtout le GHOST, toujours selon mon avis, qui a dû provoquer le plus "d'incidents" et mettre le feu aux poudres.
Maintenant, c'est impossible à vérifier, dans ce bordel ! C'est devenu ingérable : les militaires agissent sans ordres, les taupes supposées les poussant dans de mauvaises opérations éclairs. Les agences répliquent ou en profitent pour attaquer afin de servir leurs buts personnels ou de prendre l'initiative sur leurs opposants. Les généraux ne savent plus si on s'en prend aux taupes ou à leurs troupes, et ordonnent à droite et à gauche de tirer dans le tas dans le doute.
Le résultat, vous le connaissez : vous n'avez qu'à regarder dans la rue. Chacun tente de tirer son épingle du jeu avant que l'armée calme tout le monde... enfin du moins c'est ma vision des faits...
- Oui, je comprend, dit Giny. Et dès que l'armée régulière aura "épuré" les taupes qui les ont sabotées, les huiles feront appel aux forces fédérales galactiques pour imposer la loi martiale sur Clomat le temps que les choses se tassent...
- Ca va donner lieu à des purges sanglantes parmi les agents secrets classés dans les fichiers centraux de l'armée ! Appuya Tyron d'un air incrédule.
- Ouais, répondirent Giny et Marty d'une seule voix, la mine grave.
- Comment cela ? Demanda Calissa qui avait du mal à suivre.
- Tout le monde a les coudées franches, en ce moment, résuma Tyron. Tant que l'armée n'aura pas pris le contrôle par la force, tout le monde va pouvoir faire ce qu'il veut. Du point de vue des agences de sécurité et de l'armée, ça veut dire pouvoir massacrer sans scrupules tout ceux qu'ils ont dans le collimateur. Délit de sale gueule.. même les agents protégés par les états fédéraux risquent d'y passer, s'ils ne font pas attention...
- Oh.
Ce fut tout ce qu'elle réussit à dire avant qu'un lourd silence s'installe.
Le calme avant la tempête...

- En avant, finit par dire Giny.
Ils sortirent dans la rue : Giny, Tyron, Calissa, Azone et Kurt. Tyron prit le temps de s'apercevoir que la longue nuit Clomatane avait commencé, et que les réverbères bleutés éclairaient faiblement les ruelles de la méga-cité...

Les trois quarts de leur voyage se déroulèrent sans accrocs... enfin sans accrocs pour eux, mais un peu plus pour les militaires et autres gangsters opportunistes qu'ils rencontrèrent.
C'était d'ailleurs assez étrange, du point de vue des natifs du "Clomat underground" comme Tyron ou Giny, qu'une guerre civile soit aussi calme. Cela pouvait s'expliquer par le fait qu'ils étaient dans une région qui possédait plus d'agents secrets et de bureaux que d'habitants, et que les vrais combats n'avaient pas dû durer longtemps dans le secteur, mais quand même... Quelque chose se préparait...

Tyron s'engagea dans la ruelle qui menait au boulevard Cykros, celui qui les mènerait rapidement aux bureaux officiels de l'ASE. Suivaient Kurt, Calissa, Giny et Azone, qui couvraient ses trace... Tous couraient à petites foulées pour éviter de se faire prendre en ligne de mire d'un sniper quelconque.
Tyron allait déboucher dans le boulevard quand Giny vit un détail presque anodin dans la ruelle perpendiculaire à celle qu'ils empruntaient en ce moment, et parallèle à l'avenue Cykros. Elle eu juste le temps de reconnaître ce que c'était avant que cela disparaisse au coin du mur, vingt mètres plus loin : un casque de militaire, et qui regardait dans leur direction.
Elle attrapa Calissa de justesse par le col en criant :
- TYRON, ATTENTION !!!
"Trop tard..." se dit ce dernier alors qu'il prenait conscience du piège : un char de l'armée bloquait l'accès à l'avenue, et les militaires en soutien se faisaient très discrets pour repérer les arrivants.
Tyron fut éclairé par deux projecteurs puissants à l'avant du char, ainsi que Kurt qui n'avait pas eu le temps de s'arrêter derrière le couvert relatif du mur de la ruelle.
D'instinct, Tyron se baissa, et sauta dès qu'il entendit la détonation. Kurt fut mis en pièces par la déflagration. Tyron fut projeté dans les airs par le souffle de l'explosion de l'obus d'un bon gabarit. Il avait donc évité l'obus, chance ou hasard, et pouvait profiter de la puissance de l'impact pour franchir les vingt mètres qui le séparaient du monstre d'acier invulnérable.
Le problème était qu'il percuta le char en étant déjà bien sonné. Ses oreilles sifflaient, des étoiles dansaient devant ses yeux, il ne sentait plus ses membres.
A peine trois secondes s'étaient écoulées mollement depuis qu'il avait franchi la limite de la ruelle...

Il ne prit pas conscience immédiatement de tout ce qui défilait devant ses yeux. Couché sur le char, il voyait sa main dégainer un de ses revolvers Pierce et abattre violemment avec une précision fluide les militaires entourant le char, tirant dans les points faibles des armures anti-émeute des soldats. Il se voyait donnant un coup de talon vicieux à un militaire voulant monter. Il se vit ramper difficilement au bord de la carcasse de géant du tank, et tirer sur le militaire encore au sol qui tentait de se relever. Ses adversaires à l'extérieur du char morts ou sur le point de l'être, il se tourna lorsqu'un bruit sourd lui parvint de derrière. Il l'identifia facilement alors que ses sens lui revenaient. Un voile se leva sur son esprit, lui permettant d'analyser un peu mieux la situation, malgré les vertiges qui le prenaient quand il voulait bouger.
La trappe d'accès du char s'ouvrait. Tyron y était déjà, légèrement nauséeux sous l'effort. Un buste sortit du trou sur le toit, un buste armé d'une mitrailleuse. Quelques balles fusèrent, à côté malheureusement, Tyron faisant sauter l'arme des mains de l'homme.
Voyant son adversaire tituber en se relevant, le militaire voulut saisir sa chance. Il prit une grenade froide en main, la dégoupilla, et s'apprêta à la laisser sur le toit du char alors qu'il était déjà en train de fermer la trappe d'accès.
Tyron, l'air mauvais, perça les brumes de son oreille interne malmenée et de ses vertiges pour frapper d'un grand coup de poing au visage l'homme, qui alla percuter la trappe dans son dos (qui par conséquent se rouvrit en grand).
D'un geste très large du bras, l'homme-fauve attrapa et serra dans la sienne la main du soldat qui tenait la grenade. Le militaire, comprenant que sa grenade serait totalement inutile si l'homme ne lui lâchait pas la main, tenta de sortir son couteau. Cela s'avéra très inutile face à un homme de l'ASE évidemment, qui, même sonné, restait un maître en combat au corps à corps. Tyron se laissa tomber sur les fesses, la main toujours serrée. Il commença à filer de grands coups de talons dans le visage du soldat. Il continua jusqu'à ce que le soldat laisse échapper un grognement et tombe à la renverse. Tyron lâcha alors la main grenadée et ferma d'un mouvement circulaire la trappe. Il bondit du dessus du char, son imper volant derrière lui.
Un choc sourd se fit entendre, et de la fumée s'échappa des interstices de visée du tank...

Calissa, accourant, aida l'agent à se remettre de son combat contre des dizaines de tonnes de force brute et de métal, tandis que Giny couvrait leurs arrières. Un petit contingent d'hommes du GHOST tenta bien de leur tirer dessus, mais firent office de punching ball à la mutante danseuse. Levant deux bras graciles, une bourrasque d'énergie rosâtre souleva sa cape, révélant un corps sublime zébré d'éclairs de pouvoir. Plusieurs rayons partirent d'une trajectoire zigzagante pour aller consumer les hommes du GHOST, qui s'écroulèrent à grand renforts de cris et d'appels à l'aide futiles devant le visage méprisant et le regard froid cerné de noir de Giny...
L'ex-agent secret sentit le vent du changement souffler sur la rue. Elle leva les yeux vers un réverbère, soudain en prise à une peur qui lui venir un grand frisson le long du dos.
Elle écarquilla les yeux..

Xinoflu...


Tout se mit à bouger comme par inertie dans un environnement sans gravité... Tyron ne se souciait plus le moins du monde de Matteo, Calissa n'avait plus peur, personne ne pleurerait plus jamais... La béatitude du Xinoflu a tout fait disparaître, ne laissant que la sérénité infinie partout et à jamais...


Par Skatlan.



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