TerresDeSef

AccueiL :: ChronologiE :: SeRies :: GenRe :: AuteurS :: ExoDragon :: ConTact :: Vous êtes 34.225.194.144
<< LaPhoto Numero3 TraQue >>
  SeRies HmOne >>
<< LaPhoto ChronologiE TraQue >>
<< TrollS GenRe TraQue >>



Terres de Sef


Première partie :

Le Deuxième Age : Les Terres d'Arkady.



Les Dieux créèrent le monde tel que nous le connaissons aujourd'hui... Mais bien des choses restaient encore à faire de part et d'autre de l'univers, et les Grands Anciens vinrent trouver les Rakelins, ou Premiers-Sang, pour leur donner une quête et un pouvoir.
Les premiers habitants de ces contrées aussi infinies et inexplorées que vierges de vie humanoïde décidèrent de répondre à l'appel de leur Dieux, et de remplir le rôle qu'ils leur confièrent sans faillir ni se désister.
C'est ainsi qu'Arkady, un des Rakelins, vint attendre la Parole des Anciens dans le Temple qui leur était dédié, avec tous ses compères (qu'il ne connaissait d'ailleurs ni d'Eve ni d'Adam).
Les Dieux transmirent alors leur message :

" Vous, peuple primal de la grande Doyran, entendez nos paroles qui sont votre destin !"

La voie était forte et multiple, car tout les Dieux parlaient d'une même voie, chacun dans les accents les plus connus de leurs serviteurs, afin que chacun sache que c'était d'un commun accord que les Dieux avaient choisi le destin des Rakelins.

" Oyez, Premiers-Sang ! Les temps doivent changer, les temps vont changer, car bientôt nous quitterons le monde physique de Doyran pour rejoindre les sphères abyssales de la Vie ! Le monde est fini, mais le Grand Plan n'est pas achevé, car vous êtes encore trop peu nombreux à abriter la conscience en votre âme ! "
" Nous allons nous retirer...." Et un frisson de pure terreur ancestrale parcouru l'assistance. Chacun cherchait une réponse dans le regard des autres, en vain.
Après une pause, les voies reprirent :
" Mais nous ne vous laisserons pas démunis : vous porterez désormais la responsabilité de ce monde ! Tout un chacun, vous êtes désormais vos propres maîtres, et vos paroles feront lois sur ces terres fertiles ! "
" Nous vous dotons aussi d'un don à nul autres pareil : le pouvoir de peupler Doyran avec des enfants de votre âme, de votre sang ! ......... Partez maintenant ! Que ce temple s'écroule en notre absence et la votre, et que jamais il ne soit nécessaire de jeter le moindre regard sur ses ruines ! Une page du Grand Livre vient d'être tournée "

Les voies se turent, et les Rakelins tentèrent encore quelques secondes de croire que les Dieux reviendraient. Chacun réfléchi aux sombres paroles prononcées ici. Leur intelligence étant de première qualité, les Rakelins se mirent en route, chacun dans une direction différente, afin d'accomplir leur destin sur Doyran.
Arkady mis un pied en dehors du temple, réfléchi encore, puis se mit à marcher, d'un pas déterminé, en direction du Sef. Derrière lui, les derniers Rakelins partaient, et le temple s'écroula sur lui-même en un bruit qui en disait bien plus, mais personne ne se retourna, car cette page du Grand Livre avait déjà été écrite par les Dieux. L'avenir arrivait, une ère avait passé...


-2-

Arkady marcha longtemps, très longtemps, extrêmement longtemps. Il traversa des déserts de jade, des océans d'arbres. La Vie régnait souvent, mais parfois la Mort aussi, car le Cycle tournait déjà sa grande roue. Des mers d'eau claire et bleue, des étendus nécrosées, de petits animaux à fourrure, et des grandes bêtes décharnées. Les deux soleils se coururent longtemps après avant qu'Arkady ne s'arrête.
" Ici ........ Je proclame ces terres les Terres de Sef, et à plus forte raison le royaume d'Arkadis ! "
Arkady monta sur une colline au bord de la mer, il était sur une péninsule gigantesque, qui s'avançait dans les eaux comme un titan intraitable. Des forêts, des jungles, des cours d'eau, des rivières et des fleuves. Des hauts-fonds et des océans de verdure. Des montagnes, des plateaux et des rocs se dressant dans le ciel. Les mers gelées et les déserts calcinés, les marais fétides et les mangroves profondes.
" Voilà qui est bien ..."
Arkady regarda sous ses pieds, et sentit le nom que Doyran donnait à cet endroit :
" La péninsule Granakyn, face à la mer d'Esafry... Ici je bâtirais mon palais. Ici se dressera l'Orgathé ! "

Il se mit alors à bâtir son grandiose palais. Il se devait d'être si grand qu'on le confondrait avec une montagne à l'horizon, et si profond qu'on dira qu'il touche le centre de Doyran, là où repose les Drays.
Le treizième jour de la construction du palais, alors qu'Arkady lançait les énormes pierres qui serviraient de voûte aux portes colossales en place, une créature sortit des bois du Farlhox. Arkady n'avait pas remarqué cette créature avant qu'elle approche assez près.
Lorsqu'il sentit sa présence, il se retourna, et resta stupéfait devant ce qu'il voyait : une Elfe. Son nom de race le frappa de plein fouet, sans même qu'il cherche à le connaître. Il lâcha la pierre qu'il tenait, et offrit un visage méfiant, bien qu'accueillant, à la nouvelle venue. Elle se tenait bien droite, les mains dans le dos, une longue chevelure rousse tombant nonchalante sur ses épaules. Elle était habillée de peau de bête, tant et si bien qu'on aurait vraiment pu croire que c'était sa propre peau. Elle souriait à Arkady, tout en regardant son palais, et prononça d'une voie très douce ces paroles :
" Voilà une grande oeuvre pour un seul homme, fusse-t-il un Seigneur !
- Qui es tu ? Lui demanda Arkady. Ou plutôt d'où viens tu ?
- Mais de la forêt bien sûr, et le regard de l'elfe semblait amusé et plus espiègle que surpris de la question du Premier-Sang.
- Mais qui t'a créée ? Je suis le seul Rakelin de ces terres...
- Je suis une Incréé, et je viens te proposer mon aide."
Arkady se mit à réfléchir, comme seul les élus des Dieux étaient capables de le faire:
" J'accepte. "
L'Elfe s'approcha de lui, et lui murmura à l'oreille :
" Je me nomme Isayel..."
Arkady entrevit alors son destin s'agitant dans son cocon de temps...

Grâce à l'aide d'Isayel, la construction de l'Orgathé fut vite achevée. Lorsque la dernière enluminure fut posée, et que la dernière pierre fut scellée et gravée, Isayel vint prendre Arkady par la main, et l'amena dans la salle des Hauts Fourneaux, tout au fond du palais. Là, elle recula pour se rapprocher d'une des grandes Auges à Magma.
" Je suis une créature du Feu, messire, du Feu et de la Nature ! Approche, Grand Arkady, je vais te révéler un des Grands Secrets, et en échange, tu me donneras toi aussi un de ces secrets !
- Oui, il est grand temps de sceller notre alliance dans les flammes ! "
Arkady s'approcha en silence, d'un air déterminé, et révéla en premier le Grand Secret que lui avaient donné les Dieux : il apprit à Isayel la Danse d'Harmonie.
Elle en apprit chaque pas et chaque note, sentant la terre et tout Doyran se soulever avec elle, tandis qu'Arkady la guidait. Ils tournèrent et tournèrent encore, se fondant en une seule créature de pure plénitude, d'où les ténèbres émergeaient dans une explosion de Vie... La pulsation céleste s'enfla, et les Hauts Fourneaux crachèrent leur magma sur les Danseurs, ceux-ci modelant la flamme de leur rythme effréné que rien ne semblait pouvoir arrêter... Puis ce fut au tour de l'Elfe de révéler son Secret alors que le magma dansait à présent devant eux. L'Art de la Forge se noya dans l'âme d'Arkady, la connaissance s'incrustant dans son esprit supérieur, pyrogravant ses motifs géométriques dans de complexes figures endiablées.
Un Don pour un Don, une Vie pour une Mort. Les Ténèbres réconfortantes contre la Lumière brûlante. Des cendres de cet échange, l'Orgathé tira sa substance. Arkady et Isayel venait d'initier la nuit sur les Terres de Sef. La Pulsation avait démarré son cycle éternel et immortel : viendrait le jour, puis de nouveau la nuit, et cætera jusqu'à la fin du Temps lui-même !!
Ils remontèrent accomplir des oeuvres que seuls un monarque absolu et sa reine pouvaient mettre en place. Ils partirent créer les pierres précieuses et introduisirent de nouvelles espèces dans le grand biorythme de Sef. Ils remanièrent certains reliefs et égalisèrent les richesses de ce monde. Tout cela au son des pas cristallins d'Isayel, dansant tout et partout. Elle alla répandre l'Harmonie dans les confins des forêts, tandis qu'Arkady apprenait les secrets du cristal et du corail, un pied sur la montagne ou une jambe dans l'eau...
Neuf mois plus tard, de retour au palais de l'Orgathé, ils assistèrent avec sérénité et bonheur à la naissance de leurs quinze enfants, les Prima-Thétis des Terres de Sef. Ils leur donnèrent les noms que Sef leur murmurait aux oreilles, guidé par un instinct divin qui peuplerait ces lieux dans un avenir désormais proche.
Etëhyran, Molakan Irey, Ogier, Huon, Basteval, Mikhaïl, Felzohinius, Mallory, Nigel, Korian, Fiskrel, Royafhal et Skurse.
Oui, bientôt, Sef accueillerait ses dignes fils !


-3-

Ils furent élevés dans le plus strict respect de la nature et des Secrets et tous initiés aux secrets de la Forge et de la Danse, bien que leur talent alla plus naturellement au premier qu'au second, sauf pour Korian, Nigel et Skurse qui excellaient dans cette discipline compliquée.
Ils étaient par contre tous sur un pied d'égalité qui frisait l'impossible quand aux talents de forgerons, et bien qu'ils ne puissent surpasser leur père en cet Art, ils semblaient tous avoir leur propre vision clairement définie sur le sujet. Aucune dispute ni compétition maligne ne s'instaura entre eux, car ils avaient hérité de l'absence d'orgueil de leur mère, bien que Mallory semblait pouvoir éprouver une certaine arrogance qui restait inoffensive à ce degré, fort heureusement ...

Survint évidemment un événement qui marqua le début de la fin pour cette page du Grand Livre : la rencontre d'un être humanoïde qui n'était pas né d'Arkadis, près de quinze ans plus tard... Etëhyran revint un jour du nord-ouest du royaume de Sef, avec de bien sombres nouvelles : un groupe d'inconnus se dirigeaient vers eux ! Etant trop surpris de la chose, Etëhyran ne s'était enquit en rien de plus d'informations à ce sujet, et n'avait même pas osé s'approcher des étrangers sans l'accord de son père.
Celui-ci prépara quinze de ses plus beaux et plus rapides chevaux, et partit avec ses enfants et Isayel à la rencontre des inconnus.
Arrivés sur place, ils constatèrent que le groupe était en fait une armée, et une armée visiblement hostile. Durant quinze jours et quinze nuits, ils utilisèrent une coulée de lave et la montagne du Zhyr pour se forger armes et armures, pour eux et leurs chevaux. Lorsque les supposés ennemis arrivèrent en vue de leur campement, ils vinrent à leur rencontre, sans geste d'opposition ni de domination.
Une flèche vint se planter dans le torse de la belle Isayel, qui tomba de cheval. Tout le monde fut aussitôt sur le pied de guerre, mais Isayel se releva péniblement et les arrêta d'un seul geste :
" Pas de gestes mal intentionnés pour ce qui pourrait seulement être mal interprété, je ne suis pas encore morte ! "
Et effectivement, elle se remit en selle, une flèche plantée dans le torse. Elle cassa l'empennage, retenant un petit cri de douleur, et Arkady sentit la fierté autant que l'inquiétude le parcourir des pieds à la tête.
Leur délégation continua néanmoins sa route, et l'opposant fut à portée de voie : des reptiles à formes humaines, penchés vers l'avant et engoncés dans de lourdes armures de métal noir.
Il s'avéra rapidement qu'ils connaissaient la langue de Rakelins : ils disaient s'appeler les Trivurgues, et que leur première flèche n'avait pas été mal interprétée. Ils venaient conquérir les Terres de Sef et tué son seigneur en leur propre nom !
Après une sanglante échauffourée, et devant les renforts de leurs ennemis qui ne laissaient rien présager de bon, Arkady décida de se replier sur les flancs de la montagne, d'où ils pourraient mieux s'organiser.
Ainsi fut bâti la Muraille Moloïb : tandis que les fils d'Arkady bâtissaient une muraille gigantesque destinée à arrêter l'invasion Trivurgue, Isayel et Arkady lui-même partirent au devant de celle-ci gagner le temps nécessaire à l'achèvement de l'oeuvre. Ce temps fût précieux, mais il apparaissait que les Trivurgues ne pouvaient faire face au couple royal, et lorsque les enfants eurent fini la muraille, cela faisait près de dix jours que leurs parents avaient disparu derrière l'horizon avec leurs armures resplendissantes.
Ils attendirent cinq jours de plus, et virent poindre à l'aube de ce cinquième jour un cheval, lourdement chargé. Il avançait au petit trop, le soleil dans le dos, si bien que les fils devaient plisser les yeux pour apercevoir ce que leurs coeurs hurlaient déjà : leur père était mourant...
Leur mère arriva, portant devant elle en travers de la selle le corps inerte d'Arkady. Ils étaient boueux, blessés et exténués, les uns comme les autres, et les larmes silencieuses d'Isayel ne tardèrent pas à en attirer d'autres, murmures tenus dans un matin trop lumineux ...
Ils prirent le chemin du retour, la Muraille Moloïb désormais inutile, l'attaque du couple royal ayant laissée les armées d'invasion Trivurgues exsangues. Leurs larmes créèrent les flots des fleuves Ydak et Eyas, gonflant la mer d'Esafry d'une eau de tristesse que rien ne pu jamais dissoudre ...

Ils emportèrent leur père dans le palais de l'Orgathé, pour qu'il puisse en sa demeure trouver le repos éternel et le chemin du Temple des Grands Anciens. Là, sur l'autel de la grande chapelle, il prononça ses derniers mots :
" Allez, mes fils.... Allez peupler la terre de Sef, le royaume d'Arcadis ! ... C'est votre héritage... que personne ne vous le conteste... je m'en vais retrouver les miens, quelque part au delà des limites de Doyran..."
Ce furent ses derniers mots, et sur ces mots, il mourût... L'Orgathé prit son envol, et recouvrit de ses ailes d'un noir abyssal tout le royaume d'Arcadis, dans une nuit que rien ne semblait pouvoir traverser. Ce fut alors qu'ils entrèrent, ceux que les fils d'Arkady identifièrent directement comme les frères d'Isayel : les Elfes. Quatre d'entre eux venaient d'entrer dans la chapelle, et s'approchèrent solennellement et en silence du corps de leur père. Une aura de bonté émanait d'eux, et d'aucun n'aurait osé les arrêter tant leur rôle en cet instant semblait juste et primordial. Isayel ferma les yeux, et des larmes de sang coulèrent sur ses joues tandis que les Quatre emportaient le corps d'Arkady.
Lorsque la porte de la salle fut refermée, la blessure d'Isayel commença à prendre le pas sur sa volonté : la plaie de son torse se remit à saigner, et elle mourut à son tour, tombant au sol sans un bruit. Tous le savaient déjà, tous avaient vu la vie la quitter quand la flèche l'avait percutée la première fois, dans les champs mille fois maudits de Sogornia !
Ils se penchèrent sur elle, et lui donnèrent l'autel comme sépulture. Au centre de l'Orgathé se tiendrait désormais le corps d'Isayel l'Elfe, comme un affront à la Mort, un hymne à la Vie !


-4-

Dans une nuit qui ne semblait jamais s'arrêter, l'Orgathé fini par replier ses ailes, et l'aube pu se lever à nouveau. Les fils attendirent encore toute la journée durant...
Au crépuscule, les Quatre revinrent, leurs armes légendaires au fourreau, leurs armures revêtues. Ils s'arrêtèrent devant les fils d'Isayel.
" Nous veillerons sur elle. "
Et ils entrèrent dans le palais, pour ne plus jamais en ressortir.
Les fils se séparèrent sans un regard, et partirent chacun de son coté sans se retourner. Seuls Nigel et Royafãlh restèrent un moment, se retournèrent devant le palais, puis partirent à leur tour...

Ainsi s'achève cette page de l'histoire, mais le Grand Livre garde encore de l'encre pour le destin des quinze fils d'Arkady...



<< LaPhoto Numero3 TraQue >>
  SeRies HmOne >>
<< LaPhoto ChronologiE TraQue >>
<< TrollS GenRe TraQue >>

Il n'y a pas de commentaire sur cette page. [Afficher commentaires/formulaire]