TrollS

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Trolls



Du côté de Pont-Archen au nord de la mer des étoiles déchues...

Cela faisait plusieurs heures maintenant que les cinq étrangers étaient brinquebalés dans un rustique moyen de transport, un chariot à foin, deux chevaux tiraient ce singulier équipage et étaient aussi usés que leur guide, un bonhomme plutôt sympathique mais trop bavard.
- Crénom, vas-tu avancer la Ginette! Cria-t-il à la jument de droite, celle-ci s'intéressant plus à la feuille de pissenlit sur le bord du chemin que par le tracé de la route.
- Vieille carne, tu finiras dans mon assiette!
Féral Takien, un archer elfe, un des voyageur sourit, la viande de cette bête aura sans doute raison des quelques vestiges de dents du vieux.
- Alors vous aussi vous allez à « Glaun » pour les funérailles de la pauvre Elagie.
- C'est que mon chariot en a vu passer des gars comme vous! Marmonna le vieux. Faut dire qu'avec la prime qu'offrions le pov seigneur Rhiom, enfin quand je dis pov c'est façon parler paceque l'ai plutôt fortuné le gars! Paraîtions que c'est des loups qui l'ont crevé la p'tite, reprit le vieux.
- Tu vas te taire! Cria un costaud en cotte de mailles, un des comparses de voyage, guerrier pur jus au doux nom de Ramor. Tes histoires ne nous intéresse pas!
- Oh moi ce que j'en dis, c'est histoire de causer! Dit le vieux en crachant un glaire mêlé de poussière. Moi si on me dit de me taire je m'tais ! Paceque des fois y en n'a des qu'si on leur dit de se taire ben y cause encore alors que m...
- La ferme! Gueula le guerrier .
- Bon d'accord je me tais, hein que c'est vrai la ginette que j'étions point bavard ? C'est sûr que c'te vache pourrions vous le dire que je suis pas causant, bla bla bla, continua l'ancien un moment ...
Ramor comprit qu'il n'arriverait pas à empêcher le vieux de parler, tant pis pour sa gueule de bois, il se renfrogna en soupirant.

Un cahot plus violent projeta la jeune et jolie Luciole, un second voyageur, sur les genoux de Féral, d'un geste vif et précis il protégea son arc, non pas que la frêle femme puisse abîmer celui-ci, mais plutôt par réflexe.
Depuis son enfance, l'arc était dans son existence, il était une prolongation de lui, en prendre soin, l'entretenir, le protéger était devenu primordiale, de lui dépendait sa vie.

Le jeune archer Elfe s'excusa d'ailleurs avec toute la retenue qui caractérise sa race mais sans pouvoir masquer le voile de trouble qui traversa à ce moment ses yeux sombres. La beauté de cette femme était insolente et elle pétillait de vie, mais c'était autre chose qui le troublait, quelque chose d'indéfinissable, son métier de «tisseuse de sort » ne faisait aucun doute pour lui.
Mais c'était autre chose, son allure, ses gestes rapides, lestes, ses doigts si fins et ce corps si... gracile qu'elle aurait pu être une... elfe.
Comme un voile qui se déchire la vérité se fit jour dans son esprit.
"Observez et vous saurez", un axiome elfe...
Il observa et sut : une semi-elfe! elle était une semi-elfe!
Elle était le fruit d'une passion charnelle entre un homme et un elfe, la rencontre de deux races. Comment ne l'avait-il pas deviné avant?

Il voyait mieux maintenant comment elle dissimulait la petite ébauche d'oreilles pointues sous ses longs cheveux noirs, il respirait son parfum de violette si délicat. "Par tous les Ifs! que cette femme est belle!" Pensa-t-il .
Et elle le sait, la diablesse! La voilà maintenant qui jette son dévolu sur un troisième larron, Sayat Nova, un personnage assis à coté d'elle, plutôt beau gosse et habillé de couleurs vives mais subtilement accordées, barde de son état, celui-ci entame une mélodie sur un instrument fort bizarre et au nom imprononçable, histoire de tuer le temps, ce qui semble ravir la magicienne.

Les oeillades appuyées que celle-ci lui décoche prouve combien elle n'est pas insensible à son charme mais elles prouvent aussi combien cette belle semble peu farouche. Le parfum de violette/groseille de la jeune femme arrive à peine à masquer l'odeur plus virile de Ramor, qui porte bien son nom d'ailleurs tellement ses relents corporels en sont proches.
Lui aussi est sensible au charme de la musique et du musicien et il lui propose même dans un rire gras de jouer de sa flûte.
Sayat le barde refuse poliment, mais fermement, ce qui installe une tension palpable dans le chariot, mais sans conséquences.

Toutes ces roucoulades ne semblent pas intéresser Gangie, un jeune humain, plutôt taciturne en armure de cuir assis au fond du chariot, qui après avoir observer ses comparses, reporte son regard sur la forêt, semblant plonger dans une méditation profonde. A quoi peuvent bien rêver les rôdeurs ?

C'est donc par une belle matinée de juin que le chariot, cahin-caha, arrive au village de Glaun où l'atmosphère est à la frénésie.
L'agitation est le maître-mot, il est évident que les funérailles de la femme de Rhiom ont attiré beaucoup de monde et même l'auberge du village qui les accueille est en proie à une influence qui déborde le gros tenancier et sa jeune servante.
Un mélange de notable et d'aventuriers de tous poils ont envahi le bourg, et si les notables sont certainement là pour les funérailles d'Elagie le groupe découvre vite que beaucoup d'aventuriers sont venus pour la prime irrationnelle qu'a offert Rhiom dans son chagrin pour venger son épouse.
"Ah cette ambiance ! L'agitation caractéristique de l'argent, pensa Sayat, joli village !"

En groupe, ou bien solitaires, les prétendants à la vengeance de cette pauvre femme sont nombreux, le sens de l'honneur est en cause, bien sûr il est des mauvaises gens qui diront que les pièces d'Or proposées stimulent les actes de bravoure mais ce ne sont que des mauvaises langues. Le barde se frottait les mains d'avance...

Après s'être débarrassé de la poussière du voyage et avoir goûté au nectar d'hydromel bien réconfortant de l'auberge, offert sans rancune par le musicien, le groupe va visiter le village fouinant par ci, questionnant par là.
En interrogeant un vieux rebouteux, dont la fille a disparu dans les mêmes circonstance qu'Elagie, ils ne tardèrent pas à se faire une conviction: elle n'a pas été tuée par des loups mais certainement par des trolls!
Lorsqu'il entendit ce nom, Gangie eut un frisson qu'il ne put réprimer
- Pouah ! » cracha-t-il . Qui m' aime me suive, ce soir il y aura des trolls en moins sur cette terre, avec ou sans prime!
Luciole lui répondit :
- Tu souhaites donc que nous te suivions, pour ma part je suis d'accord.
Il est clair maintenant que l'amour confortable de Rhiom pour Elagie l'a rendu aveugle aux événements troublant qui touchent le village depuis quelques temps et que son épouse a été victime de quelque chose de plus dangereux que de simples loups.
Mais je pense que ce serait une erreur que de partir maintenant. L'après-midi est avancé et nous risquons de nous retrouver coincés dans les marais cette nuit: dangereux et imprudent...
- Elle a raison , approuva calmement Féral.
Il enchaîna :
- Je me joins volontiers à vous, la battue organisée par Rhiom démarre cet après-midi, et va semer un beau bazar, laissons partir le gros de la troupe, demain nous y verrons plus clair.

Sayat aussi était de cet avis et l'idylle entamée dans le chariot avec Luciole prenait corps, il devenait évident que le barde n'allait pas tarder à conclure... et que sa décision avait été prise par son bas ventre plus que par son esprit. Et puis la nuit tous les bardes sont gris...
- Soit, je me range à votre avis, laissa tomber Gangie dans un soupir,
mais dés l'aube mettons-nous en route alors!
- Voilà qui est bien dit!
- Tavernier! A boire pour mes nouveaux amis! S'écria Ramor .
A bien y réfléchir , tous étaient d'accord pour s'accorder une bonne nuit de repos avant de s'attaquer aux trolls.

La machine est en marche et c'est presque au pas de course que chacun y va de sa chasse au loups, avide de gagner un butin facile.
Tous se ruent vers le massacre annoncé des pauvres bêtes malgré les protestations vaines du rôdeur dont le coeur se soulève à l'évocation de se massacre.

A l'aube, comme convenu, la troupe prit le chemin de « Pont Branlant », là où fut trouvée la fille du rebouteux.
Qu'importe les loups, c'est du troll qu'ils chassent !
Il ne fut pas facile au rôdeur de repérer une trace dans toutes ces empreintes mais après moultes écoutes, pistages et pause casse-croûte ils trouvèrent une piste plus significative qui les emmena aux confins du marais. Au loin on entendait les chasseurs de primes massacrer sans remords et avec zèle les rares famille de loups de la région .

Avec en tête bien sûr le rôdeur, puis le guerrier, l'archer, le musicien, et enfin Luciole, qui sait bien que les bains de boue sont bons pour le teint car sa nuit fut courte et surtout épuisante en compagnie de Sayat Nova...
Les cris d'animaux inconnus inquiètent le groupe, mais tout semble calme, seuls les râles du guerrier pestant contre les moustiques brisent le silence.

Après six heures de marche, loin du village, loin des chasseurs de prime, le groupe décide de dresser le camp sur un rocher au bord d'un lac plus au Nord.
Le rôdeur, l'archer, le barde et la magicienne confient cette tâche à Ramor, pendant qu'ils explorent un peu les environs.
A peu de distance de la, ils trouvent enfin une trace récente.
Curieusement ces traces font demi-tour quelques deux cent mètres plus loin, puis obliquent encore pour disparaître dans le lac. Un curieux zig-zag!
Il faut peu de temps à Gangie pour réaliser que les traces qu'il observe à présent sont belles et bien celles de Trolls, mais il comprend aussi, un peu tard, l'horrible stratégie des créatures , attendant qu'ils se soient suffisamment éloignés pour s'en prendre à l'élément isolé du groupe: Ramor!
Cette avec la nausée au bord des lèvres que Gangie se rue en direction du camp, sa haine ancestrale du troll le fait hurler: « TROLLLLLLL! »

En écho le hurlement de douleur du guerrier lui répond.
Féral et Luciole ne réalise que trop tard la situation et seul Sayat réagit à temps et emboîte le pas de Gangie.

L'humain court de toute ses forces, le visage fouetté par le branches, la rage au ventre, mais lorsqu'il arrive en vue du rocher où se trouve le guerrier, il est trop tard: deux trolls sont en train d'éviscérer Ramor, le malheureux n'aura même pas eu le temps de dégainer son arme.

A distance, le rôdeur tire, une flèche siffle et va se planter dans le dos d'une des immondes bêtes, une autre flèche encore: il fait mouche à chaque fois mais les créatures semblent invincibles, surprises tout d'abord elles se dirigent maintenant droit sur lui.
Gangie lâche son arc et saisit son épée bâtarde, le troll frappe à son tour une fois, deux fois, le rôdeur fait face et d'un coup magistral fend pratiquement la bête en deux.
Sayat arrive hors d'haleine, découvre la scène et réalise qu'il n'est pas de taille pour affronter ces monstres et prudemment il décide de tirer les trolls du haut d'un arbre, hors de portée de leurs attaques, à la surprise de Gangie, qui n'a que le temps de se demander si son compagnon vient de la trahir ou non.
Malgré ses graves blessures, Gangie parvient à donner le coup fatal à l'un des trolls qui s'effondre.

Lorsqu'il parvient enfin au sommet d'un chêne, Sayat voit s'effondrer le rôdeur à son tour, les dents du deuxième monstre enfoncées dans son cou.
C'est à ce moment qu'arrive Féral et toute la puissance de l'art de l'archer s'exprime, il bande son fabuleux arc, deux flèches fusent coup sur coup, deux flèches énormes qui se figent dans le dos du troll, le tir est si puissant qu'une de celle-ci le transperce et continue sa route pour aller se perdre plus loin.
L'elfe saisit deux autres flèches dans son carquois et fait mouche encore au moment même où la petite Luciole arrive, un bref moment le regard de Féral croise celui de Luciole: disparue la jeune femme riante et taquine, Féral ne voit plus que détermination et sang-froid dans ce petit bout de femme.
Dans un geste lent, comme si elle se trouvait hors du temps, Luciole tisse son sort puis d'un mot en libère l'énergie.
§ !
Le troll rugit: ses yeux brillent d'une lumière surnaturelle.
L'archer est aux anges: la créature, aveuglée, frappe l'air de ses griffes et expose ainsi son large torse, le choc lourd de deux flèches et l'impact aussi lourd de deux autres encore la fait vaciller tandis que la magicienne tente de se rapprocher de Gangie.
Une troisième, plus fine, vient se planter dans l'oeil de la créature qui enfin s'effondre.
Sayat hurle sa joie.
C'est lui qui du haut de son arbre à porter le coup final, lui Sayat Nova , Barde de la contrée du Cormyr, déjà dans son esprit le refrain d'une ode héroïque se fait jour.

Quinze trolls longs et hideux au corps disgracieux.
Quinze trolls longs et hideux face à cet être lumineux
Quinze trolls chargèrent en hurlant
Quinze trolls que Sayat tua sur-le-champ


"Ouais, cela sonne pas mal !" Se dit le barde, mais il prit soin de ne rien dire pour le moment. Il descendit de son chêne et s'approcha des cadavres, fier et arrogant, il allait frapper du pied l'une des créatures:
- A votre place je ne ferais pas cela, murmura le rôdeur qui reprenait connaissance sous les soins conjugués de Féral et Luciole.
- Ces trolls ne sont pas encore morts. Seuls le feu ou l'acide peuvent les tuer définitivement!
Sayat avait pâli et recula discrètement mais résolument d'un bon mètre.
- Laissez moi faire, reculez-vous! Dit Luciole .
 !

La formule avait fusé de sa fine bouche, une langue de feu jaillit de ses doigts et vint se positionner sur les corps des trolls.
Dans un grésillement les chairs se consumèrent alors, l'odeur fut suffocante mais quelques temps après, il ne resta plus rien des montres qu'un tas de cendre inoffensif.
- Voilà qui est fait! Dit la magicienne d'un air joyeux.
Féral put constater qu'elle avait retrouvé toute sa joie de vivre, à croire que ce combat n'avait jamais eu lieu, ou qu'elle en avait une grande expérience...

Sa rapidité d'elfe ne fut pas suffisante pour lui faire esquiver l'étreinte de la semi-elfe, il eut le souffle coupé par le baiser fougueux de Luciole qui lui dit en riant:
- Joli combat et joli duo!
Sayat fronça les sourcils .
Longtemps encore le rire de la magicienne raisonna dans la tête de Féral .
Par tous les Ifs! Que cette femme est belle! pensa-t-il...


Fin ?



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